‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 244 sur 336 · FRE · texte numérisé non relu

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A cela John Bull répond que " les Français sont un peuple de saltimbanques » .

— Il n'y a rien de changé en France : il n'y a qu'un Français de plus.

Cette phrase attribuée au comte d'Artois, à sa rentrée à Paris, en I810, n'est jamais sortie de sa bouche. Il s'était servi d'un style beaucoup moins élégant, et avait balbutié ces mots: « Je suis Français, ...vous êtes Français, ...nous sommes Français! » Beugnot, ministre de l'Intérieur, se garda bien d'envoyer ce galimatias au J/o;«//p?<A'; il substitua la phrase qui eut un grand succès et est devenue iiistorique.

— On dit: les Français, pour la « Comédie-Française «.

Cette expression vient du temps où il n'y avait à Paris que le Théâtre de Molière et la Comédie Italienne. Ou disait alors, en prenant les acteurs pour le théâtre : les Français, les Italiens. La tradition s'en est conservée.

Franque (langue). Langage corrompu, mêlé d'itaUen, d'espagnol, de portugais, etc., qu'on parle dans les États barbaresques, et dans lequel les verbes sont employés à l'intlnitif seulement, comme dans le jargon des nègres des colonies.

MoUère en a donné un exemple dans la cérémonie turque du Bourgeois gentilhomme (IV, oj :

.S> li .sabir. Si tu sais,

77 respondir; Réponds;

, Si non sabir. Si tu ne sais pas,

Tazir. tazir. Tais-toi, tais-toi.

Franquette (à la bonne) : franchement, sans façon.

Hé ! tétigué ! ne lantiponez pas davantage, et confessez à la bonne franquette que vous êtes médecin. (Molière, Médecin, I, 6 )

Frappant, adjectif dérivé de frapper: bas allemand, frappen. Employé au tiguré depuis 1789, il a déjà vieilU ; mais on dit encore : un portrait frappant (de ressemblance) ; une v(^rité frappante.

Le mot saisissant est plus récent et plus à la mode: mais les dilettanti commencent à le remplacer ^Sir empoignant, qui présente à l'esprit une idée de violence désagréable.

Frasque, italien frasca, baliverne, embarras (Ménage.)

Mauvais tour joué à quelqu'un, extravagance imprévue.

Fredonner, du latin fritinnire, gazouiller.

...Ronsard, sur ses i)ipeaux rustiques.

Vint encor fredonner ses idylles gothiques.

^BoiLKAU, Art poétique.)

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F re\uquet,dG freluche, petite houppe de soie servant de parure : de l'italien fanfaluca, fanfreluche.

Car aujoiird'huy ilc (loiiv froliKjuos De clieveiiv. trun polit, niorceaii, Il semble qiril y en ait jnsqiies An collet, et plein un boisseau.

(ConLll.l.AR r.

Fréquenter, du latin frequentare.

Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es : (■est-à-dire on prend les mœurs de ceux avec qui l'on vit. ou : il vaut mieux être seul c[u'eu mauvaise compagnie.

Qui chiens hante, puces remporte.

Fréquente les hons: Cum bonis ambitla. (Gaton.j

Celui qui fréquente les cuisines, ne sent pas hon : Non bene oie/, qui in culina habitat. (Pétrone.)

« Es-tu de l'ambre ? disait un sage ;i un morceau de terre odoriférante. Tu me charmes par ton parfum. — Je ne suis qu'une terre vile : mais j'ai longtemps îréciuenté la rose. »

On reprochait h. Diogène de fréquenter des lieux ignobles : « Le soleil, dit-il, pénètre dans les lieux les plus impurs. »

Frère, du latin frater: provençal fraire.

Celui qui soutient la sœur.

C'est le second degré de la parenté.

Les frères sont germains, quand ils ont même père et même mère : consanguins, quand ils sont du même père seulement : utérins, s'ils n'ont que leur mère commune.

Un frère est un ami donné par la nature.

(lUcL.oiN, 1781.)

Ce vers, reproduit par Legouvé, dans la Mort d'Abel (1792), est un non sens dans sa tragédie, parce que du vivant de Caïn et d'Abel, il ne pouvait y avoir d'autres amis que des frères.

Fresque, de l'italien fresco, frais.

Peinture exécutée sur un endroit encore frais, de chaux et de sable mélangés, et au moyen de couleurs détrempées dans l'eau. (Yoy. aquarelle.)

Fricassée, dérivé de fricare, frire.

11 n'a pas de bonheur en fricassée : il n'attrape que les os. (Oudin.)

Frime, du vieux mot frimousse (?) ligure. En argot, frinwusser signilie voler au jeu.

FRO oOo

Ou de frimas, comme brouille vient de brouillard (?). Pourquoi toutes ces frainies-là ? (Molière, MéderAn mal y ré lui.) Fringant, du vieux français fringuer, sautiller. Semlile remonter à une racine />/«</ : d'où friiujUla. pinson.

Fripe, du vieux verl)e friper, gâter, détruire. Ragoût, toute chose qui se mange sur le pain. En Anjou, fripe est l'accompagnement du pain, depuis le beurre j usqu'aux confitures.

— Robe fripée : souillée, cliilïonnée.

D'où: fripier, marchand de vieilles bardes; et fripon, voleur de vêtements.

Fripon, de friper, dans le sens de manger avidement. J3'où fripe-sauce, appliqué aux parasites.

— Friper, avait pris le sens de dérolier, prendre en cacliette. comme font les enfants pour les friandises.

— Un œil fripon est celui qui dérobe les cœurs. Frire, du latin frigere ; provençal fregir.

De là : friture, fricassée, fricot, friandise, friand. Frigere est l'onomatopée du bruit produit par la chute d'un corps froid dans l'huile bouillante.

— Être frit : être perdu, mort.

Le comédien Poisson étant sur le point de mourir, dit au prêtre qui lui apportait l'extrême-onction : « Remportez votre huile, je suis frit ! »

Frison, de frise : origine incertaine. En provençal copeau.

Roucle de cheveux frisés.

Son père qui la regarde.

Qui regarde son trison :

Ah ! ma lillo, (jne ta z'es helle !

(Vieille cii.iiisoii.)

Froc, provençal lloc, de /loccus, habit de moine. Jeter le froc aux orties : quitter le froc ...pour le frac. Froid, du latin frigidum.

Un grand froid pique, pince, mord.

Mftlulina paruin caato-s juin fi-iijora inordent.

(UORACE.)

On dit : un froid noir, un froid de loup, un froid de :!iien.

De saint André vient-il le jour, I>e Iroid te dit : .Me \oilà de retour.

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