‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 25 sur 336 · AME · texte numérisé non relu

AME

Amasser, du «rec amoô, accumuler (ou bien plutôt du latin /nassa. masse : mettre en tas ou en masse). Dans le Berry. on dit f/ésamassor, qui est mieux que dissi2)e?\

Amateur. Homme curieux de tout apprendre, de tout savoir: le second en tout, sans être premier en rien. C'est le plus terrible des défauts: aoréable pour un homme riche, mortel pour un homme ruiné.

Le féminin amatince n'est plus usité ; il l'a été jusqu'à Malherbe. J.-.I. Rousseau l'a employé.

Amativité, penchant (pii porte un individu à en aimer un autre.

Ambidextre, ûwVàX. ambo, àaiw, dextra. droite: qui se sert avec la même adresse de ses deux mains.

L'homme serait ambidextre, comme le sin,ae, s'il y était exercé par l'éducation. Dans certaines professions, où l'on exerce haiùtuellemeut les deux mains, on devient ambidextre: tels sont les chirurgiens, les pianistes, les tourneurs, les prestidigitateurs, etc.

Ceux qui reçoivent des deux mains possèdent cette faculté.

Les cpiadrumanes (nom donné par Cuvier aux singes à cause de la conformation anatomique des extrémités de ces animaux, et qui sont réputés très adroits), sont douidement ambidextres.

Ambitieux. Ce liiot eut beaucoup de peine à s'introduire dans la langue, et les chflîcnhés qu'il éprouva justifièrent le mot de Balzac : « S'il n'est pas français cette année, il le sera l'année prochaine. » — Le verre de l'ambitieux est le tonneau des Danaides. (R.-Collard.)

Amble, vient d;i lat. ainbularc.

Ambroisie, du grec «, privatif et hrotos, mortel : nourriture d'un goût et d'un parfum exquis, dont usaient les dieux dans l'Olympe, et qui donnait l'immortalité à ceux qui en goûtaient.

Elle était neuf fois plus douce que le miel. (Voy. neclarS)

Ame, du lat. anhna: ce qu'il y a de plus immatériel au monde, le principe de la vie des êtres.

La science de l'âme est la psychologie: du (^roç psi/chc, principe de la vie, de la pensée. Les plantes ont une âme végétative ; les animaux, une âme sensitive; l'homme, une âme raisonnable.

Les Epicuriens pensaient que l'âme était un air subtil ; les Stoïciens, une portion de la lumière céleste. Les Platoniciens enseignaient l'immortalité de r.ime. Les Cartésiens définissaient l'âme: une substance qui pense.

Les principales facultés de l'àme sont : l'entendement, la volonté,

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la lil)erté, le sentiment, la mémoire et l'imagination. En résumé, les deux principes de l'àme sont l'esprit et les sens : d'où la vertu ot le vice, riiéroïsme et la lAcheté, le bien et le mal. Malherbe a dit des rois :

l'^t dans ces grands tomlwaux, où leurs ànics liaulaiin's Font encore les vaines.

Ils sont mangés des vers.

(Par.mhi. 1>s.)

On dit d'un homme très gros : son âme est hien logée. La reine Elisahelh appliquait ce mot au chancelier Bacon, cpii était très obèse.

Amen, nu)t hélircu : sign. ainsi soit il.

Dire, amen à tout : consentir à tout.

M. de ïureniie a bien envie de revenir et de mettre l'armée dans les quartiers d'hiver : tous les ofticiers disent amen... (Sévigné.) Lorsqu'il dit la messe, c'est le diable qui dit amen... (Sévigné.) Si la femme dit amen, le mari dit ainsi soit-il.

Amender, du latin emendare, corriger, menda, tache.

Amende pécuniaire. On amende un projet de loi, sa conduite, ses terres, en en moditiant la nature, en y corrigeant les défauts. Amende a été dit pour faute :

Si un jjorgeoiz t'et une amende.

Soixante sols on lui demande.

(Loc. prov.)

Jamais cheval ni méchant homme N'amenda pour aller à Rome.

(l.oc. prov.)

Le comte de Cilley, adonné à la déitauche depuis longtemps, fit, en 1450, un voyage à Rome, à l'occasion du Jubilé. A son retour, comme il ne s'était pas amendé, on lui demanda à quoi avait servi son voyage : « Mon cordonnier, dit-il, a aussi été à Rome, et, à son retour, il s'est remis à faire des bottes. « (Voyez conversion.)

Cœlum, non ani/num mulaiit qui d'ans /nare eurrunt. (Horace.)

La Fontaine dit, en parlant d'un pèlerin :

Prou do pardons il avait rapporté :

De vertus, point, chose assez ordinaire.

Ami, {' a m iras. On disait jadis amie :

Oue uun lait languir son aiii'.c.

(l''i..\Mr;xcA.)

- Aimez votre ami, disait Cbilon, comme ayant quelque jour à le haïr, n xMontaigue, L 27. Aristote, Uh. IL 13. Gicéron, Amitié.

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