‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 261 sur 336 · GRI · texte numérisé non relu

GRI

De l;i ou nomma rjrive l'oiseau qui se .erise daus les vioues, et qui s'appelait autrefois mauvis.

De là aussi est venu l'adjectif ^ru^o/^, et le nom de Saint-Grh, le vin (?), qui semble avoir été canonisé par la corporation des ivrognes.

On lit dans le Roman d'Alexandj-e :

Et lui lji(?n oscouti' d'Alexandre et des Gris.

Mais comment le mot gris est-il arrivé à désigner la couleur grise ? Peut-être parce qu'on tirait du Levant quelque étoffe de cette nuance ; de même qu'on appelait Inde l'indigo. En vieux français, le mot usité est liart.

— Ventre-Saint-Gris. Ce saint manque au calendrier, dans le savant traité des BoUandistes, et dans tous les Martyrologes. C'était par lui qu'aimait à jurer Henri lY : sans doute par réminiscence de son ancienne religion.

Yentre-Saint-Gris d'hiver, quel enfant ! (N. du Fail.)

— Saint-Gris est peut-être Saint-François d'Assise, appelé ainsi à cause de la couleur de son capuclion, et ceint d'une corde (^calembour pour ceint gris) ?

— Il y avait dans la commune de Cours-les-Barres (Cher) une communauté religieuse appelée Saint-Gris.

Le nom venait de la couleur de rha])it. ■

— Yillehardouin emploie l'expression « moine blanc » :

« Et ne vous émerveillez raie se laïc gent estoient en discorde, quand li blanc moine i estoient. »

— Peut-être encore Saint-Gris est-il pour Saint-Graal. (Yoy.)

G risette, diminutif de gris.

Désignait, au xiF siècle, une étoile grise, commune.

.4/^ capa qriseta ses pel.

{t\. n'HAini'oi;!..)

(Avec cape de grisette sans poil.)

On a appelé par métonymie grisettes. les jeunes ouvrières qui usent plus particulièrement de cette étoffe. Les femmes de la bourgeoisie affectaient de se vêtir de brun et de gris, et ne portaient le blanc et le noir que dans les grandes occasions.

Dans VÉcole des Maris, Sganarelle dit qu'il veut que sa femme

soit toujours vêtue de gris.

Si les femmes blanches et bises Hantaient voluntiers les églises...

■ (.M\THF.OI.rs.)

D'ans la vie imprimée de M-"" de Haiiteforl (kvii'' siêrle), il est dit qu'elle se déguisa en grisette.

— On a appelé solitaire, la couleur enfumée du froc des moines On appelait aussi brunette, une étotïe teinte, dont on faisait des

cotillons.

Aussi bk'ii sont amourettes.

Sous bureau i|uc sous i)i'unette.

[Itotnaii dr lu Rase.)

Grivois. Étymologie douteuse.

Bon compagnon, qui aime à boire; soldat maraudeur.

— Propos grivois : gais, mais immodestes.

Grogner, latin grunnire (comme yroin et f/rorjnard). C'est, an propre, le cri du cochon.

— Se dit, au figuré, d'un homme qui exprime sa mauvaise humeur par un bruit inarticulé.

Plus poliment : gronder.

Gros, du bas latin, yrossum.

Gros comme un muid. comme une tonne ; pain de suif. Un gaillard qui se porte si bien, ...qu'il ne peut se porter. Un bel exemple de dilatation de la peau humaine.

Gros-Jean, qui en remontre à son curé. (Yoy.) Gros-Jean est un personnage de comédie en proverbe. C'est un cabaretier qui porte ce nom dans la pièce.

Grosse. Expédition au créancier d'une obligation, ou d'un contrat en sa faveur, dont la minute reste en l'étude de l'officier public. Appelée grosse parce qu'elle est écrite en gros caractères, tandis que la minute l'est en caractères menus (minnfus).

Grossier, opposé à : fin, délié, déUcat. Chemise de toile grossière.

Grossier comme du pain d'orge.

Grosso modo, expression adverbiale en latin peu classique. Signifie « à la grosse «, sans s'occuper des détails.

Grotesque, de l'italien g?'otesco, grotte ; grec kruptos.

Ce nom vient des peintures trouvées dans les grottes ou ruines, notamment dans les Thermes à Rome. Le sujet ni le dessin ne sont boufïons. C'est par un sens détourné qu'on a donné le nom de grotesques à des figures outrées, comme celles de Callot.

— Les grotesques ou araliesques, sont des sortes d'ornements

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