GUI
— Le grand Condé appelait les émeutes populaires « une guerre de pots de chambre ».
La guerre civile est pire que la tyrannie ou un gouvernement njuste. (Plutarque, Vie de Brutus.)
Guet-apens, autrefois g uet-appe?} se (on prémédUé) •. de guel . allemand wncht, et appenser. pour penser; d'oii apens.
Einbnscade préparée par une personne pour en surprendre une autre et lui nuire.
Mes gQ nicltrai tout mon apeiis (attention).
[Roman de la Rose.)
— D'après d'autres, guel et ^^^e/Zx^r viendraient du latin caftare, voir, épier comme le chat.
Gueule, du latin gulam.
On a appelé la cuisine 1' «art de la gueule» ; d'où le nom de « lines gueules » appliqué aux gourmands.
— Gueuler, gueulard (trivial), fort en gueule : idée de crier fort.
...Vous êtes, ma mie, une fille suivante Un peu trop forte en gueule.
(),loiAi.RE, Tartuffe.) ^
— L'argot bagou d'où déJxigoiiler, vient aussi de gueule, dans le sens de « parler beaucoup ».
Gueux, forme particulière de queux : du latin coquus, bien plutôt que de cjuœsitor, mendiant.
Jusqu'au xv« siècle, il a gardé la signification de cuisinier ; il a pris finalement celle de cociuin, misérable.
On appelait les mendiants gueux, parce' qu'ils fréquentaient les cuisines des moines, pour qu'on y remplît leur écuelle.
L'ancienne locution « gueux de l'hostière » signifiait gueux de l'hospice.
Rabelais appelle les gueux guenaulx. Les guenaulx des Saints Innocents étaient réputés pour leur gueuserie.
— Gueux comme un peintre ; comme un rat d'église.
Mais la plupart sont gueux comme des rats d'église.
Guignon, du verl)e guigner (^ï), regarder du coin de l'œil. Regarder de travers portait malheur, dans la croyance antique.
— Porter guignon, avoir du guignon.
C'est, mallieureuse^ loi (|ui me portes guignon.
(Rkgnier, Satire X.)