‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 266 sur 336 · GYN · texte numérisé non relu

GYN

sainte Agathe. Les religieuses conservent ce voile, parce qu'elles sont regardées comme les épouses de Jésus-Christ.

Guingois (de), origine inconnue.

Aller de guingois :. aller de travers.

Yiendrait-il de (jigue, jamhe, et du provençal goi, hoîteux?

Guinguette, origine inconnue.

On a proposé gulnguet, vin sans force : ou gigiter devenu guinguer, jouer des jamhes, danser.

Pasquier dit qu'en 1554 on ne recueillit que des vins faihles et verts, que l'on appela guinguols.

Guirlande, du germanique wiara, couronne, avec un suffixe qui se retrouve dans glrande, d'oii girandole.

— En 1641, le duc de Montausier offrit, le jour de la Sainte JuUe, à la reine des Précieuses, JuUe d'Angenne, un bouquet allégorique, la Guirlande de Julie.

Celait un volume où l'on avait peint vingt-neuf Heurs et écrit soixante madrigaux. Jouy, le célèbre calligraphe, avait écrit le texte, et Le Gacon avait rehé le volume.

Tallemant des Réaux, qui a écrit l'histoire de Julie d'Angenne, a composé le madrigal sur le lis, fune des fleurs de la guirlande.

Devant vous je perds la victoire Que ma lilancheur me fit donner.

Et ne prétends plus d'autre gloire Que celle de vous couronner.

Desmaretz composa le quatrain de la violette.

Modeste est ma couleur, modeste est mon séjour. Franche d'ambition, je me cache sous l'herbe ; Mais si sur votre front je puis me voir un jour, La plus humble des fleurs sera la plus su|)erbi'.

Guise, de l'allemand weim, mode, manière. A donné déguiser : faire à sa guise.

Gymnase, du grec gymnos, nu.

On se mettait nu pour les exercices du gymnase.

— La gymnastique est la statuaire animée : elle sculpte la matière vivante.

La décadence de la race entraîne celle de l'art ; laites des modèles, vous aurez des chefs-d'œuvre ; les gymnasiarques ont autant de pai't ([ue Phidias dans les chefs-d'œuvre de l'art grec.

Gynécée, du grec gunaika. femme.

HAB 5i9

Appartement des (eiiunes dans rantiquilc grecque. (Voy. harem, fiera il.)

Gyrie, ûe gijriu/i ? Plainte hypocrite, jérémiade ridicule.

Habeas corpus, expression latine : Sois maître de ta personne.

Premiers mots d'une loi anglaise, écrite en latin, qui donne à tout prévenu le droit d'attendre en liberté son jugement, moyennant caution. C'est, en Angleterre, le palladium de la liberté individuelle.

Habileté, de hahilem. habile.

L'habileté est l'esprit en action. (Maxime persane.)

Habillé, dérivé de liabitum, manière d'être. Synonymes : bien ou mal ficelé: pimpant; tout battant neuf: pavoisé : sur son trente et un.

Les Précieuses disaient : être sous les armes.

Habit, du latin habiium. qui avait i)arl'ois en latin le sens de vêtement.

Hahitus solemnis : habit de cérémonie. (Tite-Live.) De la même racine viennent : habiter, habile.

— Habit doré, ventre de son. (Voy. Bourguignon.)

L'habit ne fait pas le moine. {Roman de la Rose: Rabelais) : c'est-à-dire il ne faut pas juger sur l'extérieur.

Tel lia robe religieuse, Doiicques il est religieux ; Cet argument est vicieux Et ne vaut une vieille guaine.

Car la robe ne fait le moyne.

{Roman de la Rose.)

Les Latins disaient : Isiacum linosfolia non facit. (La robe de lin ne fait pas le prêtre d'Isis.)

On lionore ooiiiinunéineiil

Ceii\ (iiii ont beaux liabillenients.

— On reçoit un homme selon Thabit qu'il porte ; on le reconduit selon l'esprit qu'il a montré.

ooO ÏÏAB

Il y a des sottises liien habillées, comme il y a des sots bien vêtus. (Chamfort.)

Dun magistrat ignorant (Test la robe qu'on salue.

(La Fumaink.)

Ma foi, les lieau\ lial)ils ser\enl fort à la raine.

Un tailleur lait plus d"un graud seigneur. (Proverbe liollaudais.) Un mors doré ne rend pas le cheval meilleur.

— Un peintre, voulant rivaliser avec Apelle, fit une Vénus rouverte d'or et de riches liabits. « Tu Tas faite riche, lui dit Apelle, n'ayant pu la faire l)elle. x

— ...Oli ! oh ! dis-je en moi-même, il faut prendre garde à vous, monsieur La Vallée, et tàclier de parler bon français. Vous êtes vêtu en enfant de famille : soutenez l'honneur du justaucorps, et que votre maintien réponde à votre figure... (Marivaux. Pai/smi 2)orvfi?iu.)

— L'Athénien Cimon ayant fait prisonniers des Perses de distinction, exposa séparément les hommes et leurs liabits. Gomme ceux-ci étaient très riches, ils se vendirent cher, mais il ne se troina personne pour aclieter les hommes.

— Cet habit fait peur aux voleurs, il montre la corde.

, — Les habits sont comme les maîtresses : il faut les quitter avant qu'ils ne nous quittent.

Vous entrez dans une boutique de fripier, qui vend des vieux habits dans des magasins mal éclairés, dont les vitres sont enduites d'une crasse lucrative, et où les taches et les couleurs disparaissent. ...Quand vous êtes au grand jour, vous croyez avoir acheté un lia bit noir : il est vert, violet et marqueté comme un léopard. (Mercier.)

Habitude, du latin liahltialinem.

L'habitude est une seconde nature. (Cardan.; Fontenelle demandait quelle était la première.

L'usage fait la mode: la mode, la coutume: cette dernière, l'habitude. Ainsi l'habitude devient une seconde nature, après avoir passé par toutes ces transformations, qui font sanctionnée et, en quelque sorte, naturalisée.

Tant va lâne au moulin, Qu'il en sait le chemin.

...Depuis trente ans qu'il rempht ces humbles fonctions d'employé

haï ool

avec la régularité d'une machine, il tourne dans le même manège, de façon à rendre jaloux un cheval aveugle.

Haillon, du vieil allemand hadil. laml)eau. Synonymes : loque, guenille.

Haine, comme le suivant. Anciennement haine.

On a de la haine pour le vice ; de l'aversion pour ce qui est nuisible ou désagréable : de l'antipathie pour ce qu'on ne peut souffrir ; de la répugnance pour ce qui dégoûte.

La haine et le mépris sont des erreurs de notre esprit, qui prennent leur source dans un vieux préjugé. On hait un méchant, on méprise un lâche, sans se demander s'il était en leur pouvoir d'être bon ou courageux. Les hommes, comme les animaux, sont ce que la nature et l'éducation les ont faits. Est-ce qu'on méprise un lièvre ? est-ce qu'on hait un loup ?...

Haïr, anciennement hadir, du gothique hatan. (On ne saurait le dériver du latin iram.)

Je hais, tu liais, il hait, et impératif hais, s'écrivent sans tréma. Synonymes : abominer (argot parisien) : avoir quelqu'un dans le nez : ne pouvoir sentir quelqu'un.

Haïssez et attendez. (Devise de Gatlieriue de Médicis.) Tant que l'on hait beaucoup, on aime encore un pou.

(Deshollif.res.)

C'est-à-dire : la haine est plus près de l'amour que l'indifférence.

L'amour est mal guéri quand il l'est par la haine ;

L'indifférence est plus certaine ; On revient aisément de la haine à lamour.

(Th. COR.NRILLE.)

Il faut être bien malheureux pour n'avoir pas d'ennemi : Jliserrima fortuna est, quœ inimico caret.

Les haines et les querelles ont encore quelque chose de familier et de réciproque. Elles annoncent une communauté d'intérêts et d'existence ; elles prouvent l'ancienneté des relations, et partent d'un sentiment qui n'est pas sans rapport avec l'amitié.

Haire, ancien allemand har'ia, crin.

Chemise faite de crin ou de poil de chèvre non foulé, que l'on porte sur la peau par esprit de pénitence et de mortitication. (Voy. cilke.)

Laurent., serrez ma haire avec ma discipline !

(MoLiKui;, Tartuffe.)

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