‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 27 sur 336 · PONSARD · texte numérisé non relu

PONSARD

Rétlexion amère d'Ovide exilé par Auuusle et aljaudonné de ses amis.

Les taux amis sont comme les hirondelles, qui paraissent dans la [telle saison et disparaissent dans la mauvaise. (Cicéron.) L'accueil est un thermomètre qui indique le degré de la fortune ;... il descend cà zéro devant l'homme sans le sou. Les faux amis sont comme l'ombre du cadran solaire : ils s'évanouissent avec le soleil.

Il faut tenir le pot de cliamlire aux ministres tant qu'ils sont en place, et le leur Nider sur la tète quand ils n'v sont plus. (M. de Yilieroy.)

Dans l'adversité de nos meilleurs amis, nous trouvons souvent quelque chose qui ne nous déplaît pas. (La Roch.) Le malheur d'autrui rend l'homme plus heureux de son propre bonheur.

Il est bon d'avoir des amis partout.

Evitez de n'avoir pas d'amis, ou d'en avoir trop : Nequc nullls sis amicus, neque multis.

Ques ami de cadun, l'es de derjun. (Prov. prov.)

C'est un assez grand miracle de se doubler, et n'en connaissent pas la hauteur ceux qui parlent de se tripler. (Montaigne, I, 27.)

Vulf/are amici nomen, sed rara est fuies. (Pliœdre.)

0 mes amis, il n'y a plus d'amis ! (Aristote.)

Une vieille femme ayant allumé deux petits cierges, en mit un à l'image de saint Michel, et l'autre à celle du diable qui est à ses pieds. Son curé lui ayant demandé pourquoi : « Il faut avoir des amis partout, dit-elle ; on ne sait pas où l'on peut aller. »

Les amis de nos amis sont nos amis. M^^e de Sévigné appelait les amis de ses amis, des amis par réverbération. Ou ne peut pas dire.

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à l'inverse de celle maxime, que les ennemis de nos ennemis sonl nos ennemis, car un vieux proverlte dil cpron ne hait pas Tennemi de son ennemi.

L'intérêt est la pierre de touche de l'amitié (Ghilon), c'esl-à-dire qu'il éprouve l'homme, comme la pierre de louche éprouve l'or.

Les hons comptes font les hons amis. — Ami jusqu'à la hourse.

Le plus sûr moyen de conserver ses amis, c'est de ne les mettre à aucune épreuve. Ainsi, pour vous déharrasser d'un ami qui vous juène, empruntez-lui de l'aroeul : ... ou mieux, prétez-lui-en .

L'amour est phis généreux que l'amitié, car un proverhe grec a dil : « La ])Ourse d'un amant est liée avec des feuilles de porreau. »

Prêter, c'est perdre son argent et son ami. (Coran.)

Deux moineaux sur le même épi ne sonl pas toujours amis.

Vieux amis, vieux écus. Ce proverl)e remonte à l'époque où les gouvernements se permettaient d'altérer le litre des monnaies d'un pays, et où. par conséquent, les vieux écus valaient mieux que les nouveaux. Il n'y a plus de vraie aujourd'hui que la première partie du dicton, qui est heureusement à l'ahri de la perversité humaine.

Un vieil ami est une chose toujours nouvelle.

Ne derelinquas amicum nnfiquum, novus en/m non erit siniills un. (Ecclés.)

Les vieux amis se recherclient, phis encore pour le plaisir de regretter ensemlde le temps passé, de critiquer le présent et de se rappeler leurs souvenirs d'enfance, que pour eux-mêmes.

Un hon ami vaut mieux que cent parents.

Ami jusqu'à l'écliafaud. (Balzac, Peau de chagrin.) C'est un être liien précieux, que celui cpd s'afflige, qui espère, qui s'égaie avec nous. (Sévigné.) Un ami est une âme dans deux corps. (Cicéron.) Quand je suis avec un ami, je ne suis pas seul, et nous ne sommes pas deux. (Pythagore.)

Amis célèhres : Castor et PoUux, devenus le syml»ole de l'amitié fraternelle; Achille et Patrocle; Enée et Achates; Nisus elEuryale : Oresle et Pylade : Saint Roch et son chien : Thésée et Pirithoùs.

Ce dernier, roi des Lapilhes, frappé du récit des exploits de Thésée, voulut se mesurer avec lui et le provoqua en coml)at singulier. Thésée accepta le déli, mais quand ces deux héros furent en présence, saisis d'admiration l'un pour l'autre, ils s'emhrassèrent el se jurèrent une amitié éternelle.

Amitié, pacte de sel : «w/t7'^/a pacLum salis. Aristote et Plutarque ont employé celte figure pour exprimer que l'amitié ne peut

AMO :{î)

se former subitement; et Gicéron {De Amkif): « Il f;iiit in;iiT,L^er ensemble pbisieurs minots de sel pour couronner liimilié. » Le temps, qui détruit tout, resserre les liens de l'amitié. Les vieilles aniités, dues souvent à des contrastes de caractères, ne sont pas exemptes de dissentiments et d'aigreur, et se conservent à la façon des petits oi.unons, dans le vinaigre.

Les Romains avai nt fait de ramitié un dieu, qn"ils représentaient la main sur le cieur, avec ces mots écrits en bas : « De près et de loin. )> Amilié, servitude volontaire.

Il ne faut pas laisser croître l'herbe sur le chemin de l'amitié. (M'"« Geolfrin.)

Mots d'amitié : Bébé. (Voy. ce mot.) Mon bon (sous-entendu ami), locution provençale. Mon Jtonhomme : amical et protecteur. Mon chat, ma minette, ma petite chatte chérie. Enlanguedocien, chatonne signilie une jeune fille. Mon chien, chien chéri ; mon gros. Mon petit chou (voyez), se dit aussi aux petits enfants, de même qu'on leur conte qu'ils ont été trouvés sous un chou. Fil! se dit aux petits enfants et aux petits oiseaux. Mon vieux, pour mon vieil ami.

Amour, en latin amorctn, subst. masc, et quelquefois féminin au pluriel.

Nous plaçons l'amour dans le cœur, les anciens le plaçaient dans le foie.

L'amour est le paradis des fous. L'amour est la Heur de la jeunesse.

L'amour n'est pas un mot profane, mais un mot profané. (Bauer.) L'amour est la passion des espritz otieux. (Ral)elais.) En amour, trop n'est pas assez ; on en peut dire autant de l'argent.

L'amour est une passion qui clu^rcJu:» son lionheur dans celui des autres. L'amour est un grand maître : niagisler artis amor. (Mol. Ecole (les femmes, III, 4.)

L'amour est l'âme de l'humanité. Il est représenté sous les traits d'un enfant, les yeux bandés, pour exprimer qu'il porte à des actes déraisonnables ; mais ses altril)uts les plus ordinaires sont ses armes, qui lui donnent une puissance invincible, et la plupart des termes qui désignent ses divers états sont militaires, et exprinnuit la guerre, la victoire, la défaite, la captivité, la force, la violence.

— Enj(iler, pour engeôler, de l'itaUen yabblola, cage.

— Attirer, captiver par de douces paroles, comme font les oiseaux

captifs, pour attirer les autres qui viennent se faire prendre. Les termes AYime, maîtresse, expriment aussi l'idée de domination, de victoire.

Les précieuses disaient : être sous les armes, pour exprimer qu'une femme est parée d'un costume séduisant.

Enchaîner les cœurs, donner des chaînes ; une chaîne désigne en amour une liaison indissoluhle. Les anciens adoraient Vénus vitrix, c'est-à-dire qui lie, qui enchaîne, de vitta lien, handelette. L'amour me fait sentir ses plus funestes coups.

(Racine.)

Vos rej^ards sont mortels : leurs coups sont redoutables.

(Racune.)

Crois (pi'il m'en a coûté, poiu- vaincre tant d'amour, Des combats dont mon cœur saignera plus d'un jour.

(Racine.)

Moi-même à votre cliar je me suis enchaîné.

(Racnr.)

Chateaubriand a dit dans ses Mémoires : « Je portais mon cœur en écharpe » ; c'est-à-dire j'étais hlessé au cceur.

Ses sourcils sont des arcs, et ses coups d'œil des flèches qui percent les cœurs. (Max. arabe.)

Les Lacédémoniens adoraient Vénus armée. Nocturna bella. (En. XL 735.)

L'amour vénal emprunte ses analogies de la chasse, de la pêche. L'amant dupé est un pigeon qu'on plume, un gibier qui tombe dans le panneau. Manon Lescaut, dans sa lettre d'adieu au chevalier Desgrieux : « Laisse-moi quelque temps le ménagement de notre fortune : malheur à qui > a tomber dans mes filets ! d Quos nuda allicit, non immerito nudos dlmillit Venus. Amour, lu jterdis Troie.

(La Fontaine.) IHon, Ilion, Fatnlis incestusque judex Et mtUier peregrina verlit In puiverem.

(Horace, Od. UI. 3.)

(Ilion, Ilion, un juge adultère et une femme étrangère font réduite en poussière.)

Pour être aimé de cette femme, je brûlerais une autre Troie.

(Byron.)

Amour, amour, quand tu nous tiens.

On peut bien dire adieu prudence.

(La Fontaine.)

Le premier soupir do r.imoiii' est le dernier de la sa.uesse. A battre fuit l'amour : les mauvais traitements chassent l'amour. Ce proverbe n'est jtas d'une vérité absolue, s'il faut en croire la vieille clianson lanu'uedocienne :

Lei caslinino il on hrnsii' Pétonn (jHnn sDiiii plis mon Index ;

Lei plies ili' Mimnpelié Plom-onn i/^im snun poji Ixisludes .

(Les châtaignes éclatent au feu (|uand elles ne sont pas mordues ; les mies de Montpellier pleurent quand elles ne sont pas battues.)

Une loi du xii" siècle, rapportée par Beaiimanoir, autorise le mari à l)attre sa femme, pourvu que ce soit modérément.

Les femmes sont comme les côtelettes : plus on les l)at. plus elles sont tendres. (Frédéric.)

Amantium ira\ amoris intpr/ratio est. (Ter. Andr. III, 6.)

Brouilleries d'amants, renon^ell('mpnt d'amour. (Prov. ar.)

I\'lUcs qiiorolles et noisettes Sont aigiiitlons d'amourettes.

Ces petites noisettes, ces riottes cjui sourdent entre amants, sont nouveaux rafraîchissements et aiguilles d'amour. (Rabelais, III, 12.)

... Et cinq ou six coups de bâton, entre gens qui s'aiment, ne font que ragaillardir l'affection. (Molière, Médecin, act. I, 3.)

Ne frappez pas une femme, eût-elle commis cent fautes, même avec une fleur. (Max. ind.)

Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, c'est ce qui distingue l'homme des bétes. (Beaumarchais.) La deuxième partie de cette pensée se trouve dans les Entretiens de Socrate, I. 19, et aussi chez Rabelais, I, 3.

Ali ! que l'amour est agréajjlc !

11 est de toutes les saisons,

dit la chanson populaire.

On disait à Ninon de Lenclos que les animaux n'avaient qu'une saison pour faire l'amour : « Oui, réi)Oiidit-elle, mais ce sont des bétes. »

Piron disait (jii'il ne faisait ianiais l'amour, qu'il aimait mieux l'aclieter tout fait.

Filer le parfait amour, est une allusion à la fal»le d'Hercule lilanl au\ pieds d'Omphale. C'est nourrir longtemps un amour tendre et passionné.

Il n'y a pas de belles prisons, ni de laides amours ; c'est-à-dire que la passion embellit ce qui est laid.

Qiinrid nous aimons quc4qirnn. la passion coum'C tous ses défauts:

la haine les met en relief. (Malebranche.)

. . . Un amant dont lamour est evtrèmo

Aime jusiiiraux défauts des personnes (lu'il aime.

(Moi.iKiii;. MUaiillinipc, 111, :i. -- Vei-.s iiiiilés de Lucrèce.)

Quisquis (unul ranain, vdiKun puUif esse Dlnncun. (Diane Lininatis, déesse des marais.) Les Romains adoraient Vénus loucha. (Ovide, Art d'almci\ II.)

('nid'it: co.s qu'ien non conosca iJ'aiiior, v'/v orbn o louai.

(MAiicAmiUs.)

(Croyez-vous (jue je ne connaisse pas si l'amour est aveugle ou. louche ?)

On ne saurait imaginer l'amour sans le bandeau.

Tout est prétexte d'amour pour ceux qui aiment, et de haine pour ceux qui haïssent.

On re\ient toujours à ses premières amours.

Les atlections de jeunesse sont les plus durables et s'embaument avec le temps. (Philémon et Baucis.)

Oui aime Ijien. tard oublie.

On a peine à liaïr ce qu'on a iiien aimé, Et le feu mal éteint est hieiib'it ralltnné.

(C(ji;.NEii.i-E, Sertoriiis.)

Le grand charme qui reste du souvenir de Manon Lescaut, c'est l'amour constant de Desgrieux, qui survit à toutes»les intldélités de sa maîtresse. Heureuse femme ! pense-t-on, elle fut toujours aimée.

— Ai/iour se dit dans le sens d'aimable, de joli : un amour de petit chien, un amour d'appartement. Mourir d'amour : « Elle est morte d'amour... et d'une fluxion de poitrine. » (Parod. de Werther.)

Amour-propre, est le corollaii^e de l'orgueil et de la vanité.

Lam()iu'-[>i-()pre est le plus grand de tous les flatteurs. (La Bruyère.)

L'amour-propre modéré est une vertu que Jésus-Christ nous recommande dans le précepte d'aimer notn; prochain comme nousmêmes.

L'amour-propre est un hatlon reuqjli de veut, dont il sort des tempêtes quand on lui fait une piqûre. (Voltaire.)

La \anité est l'amour-propre qui se montre, la modestie est l'amour-proprc qui se cache. (Fontenelle.)

Son amour-propre le disposait sans cesse à s'appliipier en toute rencontre le fameux bulletin de victoire de Jules-César, résumé en trois mots latins : Veni, vidi, vici.

AMP 43

Amoureux. Elre iinioiircux: être coiffé, avoir un hôuuiii (ar.ijiolj. avoir iine loquade (l'ain.)

— Bioudin : vieux amoureux, invalide du sentimenl^ amoureux des onze milje vierpes. On dit aussi : « Il aimerait une clirvi-e coiffée )', d'un liomme trop enclin aux plaisirs amoureux.

Quand une femme hésite entre deux amoureux, c'est le troisiéiiu' qu'elle choisit.

Amoureux transis, ou de carême : « Lesquelz point à la chair ne touchent. » (Ral)elais, II, 20.) Les femmes peuvent les admettre sans dan.uer dans leur intimité, car ils ne dépasseront jamais, dans leurs voyauvs en |)li'iii n<'u\(' du Tendre, le hosquet des petits soins et le hameau des soupirs. (A. Brot.)

Amphibologie, du ,a:rec amphibolos-Iogos, discours amhiuii : Aice du discours, qui ixMit le faire iulerpréfer dans deux sens dilterents. L'art des anciens oracles consistait à parler par amphiholojiies : telle fut la réponse de celui que Pyrrhus consulta avant d'entreprendre la uuerre contre les Romains : « Dico te, Œacide, Homanos rinrcre j)<)ssi>. » L'amphiholouic dans ce vers consiste en ce qi]e te et Roinaiios peu^ent être (''ualcnieut pris comme sujet et couime conqiléiiuMit.

Amphigouri, du ,urec conplti, autour, gypos, cercle: discours couq)osé d'idées incohérentes, cousues au hasard :

Alaric '■

A Daiitzic,

Vit Pégase, Qui jouait avec Bréljœuf Au volant dans un œuf.

Au pied (lu mont Caucase.

(Vadk.;

Un jour qu'il faisait nuit, je dormais éveillé. Amphitryon. Celui chez qui l'on dine. Se dit depuis la comédie de ce nom. on Molière fait dire à Sosie (III. 5) :

Le \(Tilai)lc Ani|»hili'\on

Esl l'Ani[iliilr\()ii où l'on dine.

Boilean critiquait dans ce vers où, mis pour rhe: qui.

Rotrou dit : « Point, point d'Amphitryon où Ion ne dine pas. »

Ampoule (Sainte), du latin ampulla, houteille à col lon.Li- et étroit.

La Sainte Ampoule, petite houteille d'huile conservée à Rimuis pour le sacre des rois de France. Elle fut apportée, à la prière de saint Remy, des cieux par une colomhe, pour le sacre de Clovis.

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