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Spécialement : individu qui réunit les deux sexes. Synonyme de androgyne.
Équivoque, des mots Ijizavre lioi'maplu'odile.
(Boii.KAi:.)
— Chez les Grecs, l'hermaphrodite était un symiiole religieux. Fils de Mercure et de Venus, il devait représenter la beauté unie à l'esprit, et le type primitif n'avait rien de commun avec les androgynes, êtres monstrueux et rebutants, créés par l'imagination des artistes.
Platon pense que la personnification de l'androgyne n'a été imaginée que pour rendre raison des différents penchants amoureux de l'homme et de la femme, soit pour un sexe différent, selon le vœu de la nature, soit pour leur propre sexe, selon une aberration trop commune chez les anciens.
— Ovide a composé un récit plein de ciiarme sur l'aventure de Salmacis et d'Hermaphrodite. {Met a m., lY, 285.)
Hermaphrodite fut aimé parla nymphe Salmacis, dont il dédaigna l'amour. Salmacis, l'ayant vu se baigner dans une fontaine, s'élança dans les eaux à côté de lui, priant les dieux de les unir de sorte qu'ils ne fussent jamais séparés. Sa prière fut exaucée et la fontaine Salmacis conserva la propriété d'opérer le même prodige sur tous ceux qui s'y baigneraient.
Une épigramme de Martial résume l'épisode en deux vers :
Masculus intravit fontes, emersit utrumque : Pars est nna patris, cœlera matris habet.
(Ep.. XIV, 174.)
— Plus 'tard, les arts plastiques multiplièrent les figures hermaphrodites, et le sujet, d'abord rehgieux, se transforma en image lascive, faite pour exciter des sens énervés, des imaginations blasées. C'est sans doute à cela qu'est due la répétition si fréquente des ligures androgynes trouvées dans les fouilles.
— L'impératrice Eugénie, en décorant Rosa Bonheur (1860), a fait de l'étoile des braves une décoration hermaphrodite.
Hermétique, du nom de son inventeur, Hermès Trismégiste. L'art hermétique : l'alchimie.
Hermétiquement fermé se dit en souvenir du fntaf/e dont on se sert pour clore les vases.
Hermine, pour armine. arménienne.
L'hermine, animal voisin de la belette, se trouve dans le A'ord de
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la Sibérie. Sa fourrure, fanve-pàle en été, devient, en hiver, (riin lilanc éliloiiissant, cVoii : blanc comme riiermine.
■■ L'berraine, si blanche, si attentive à ne pas souiller sa robe éclatante, apprend au chevalier qu'il doit garder son honneur intact et sans tache. »
Brll'e hliuica plua c'it-'i Itriiiiix.
(Cercamos.)
En blason. Ihermine est la couleur blanche, opposée au sable (noir).
— On a usé et abusé de riiermine en poésie. Si vous enlevez la blancheur à l'hermine, vous cassez le cou à 20.000 vers au moins. Eh bien ! l'hermine n'est Idanche que l'hiver. Dans certains pays, elle ne l'est jamais complètement. Quant à son horreur des taches, il suffit de dire qu'elle se creuse des terriers...
Hérode, nom historique.
Vieux comme Hérode. Les Hérodes sont une dynastie de rois juifs, dont le premier est appelé le vieux Hérode.
Héros, mot grec devenu latin, héros, que Platon dérive de e)'os, amour.
— //. aspirée dans, héros, ne l'est point dans ses dérivés.
— Héros est synonyme de guerrier. Cependant Boileau a dit j udicieusement :
On peut être un héros sans ravager la terre.
Le grand liomme, en effet, se trouve dans tous les états : et le grand homme et le héros pris ensemble, ne valent pas un homme de hien.
Les grands hommes ne doivent être vus qu'en grand. (Clément XIV.)
Tel est miraculeux dans le monde, à qui sa femme et sou valol n'ont rien vu seulement de remarquable. (Montaigne.)
Hétai're, du grec hétaira, courtisane.
Dans l'origine, c'était une femme libre qui s'attachait à un soldat et le suivait à la guerre.
Hétéroclite, du grec hétéros, autre, klineln, fléchir.
(jiii s'écarte des règles ordinaires, en grammaire.
Hêtre, néerlandais heester.
Autrefois f'au ou fou, fagus.
Tili/re, lu, pntnUi' rcculnnis snh leqmine fagi.
lV,n....K.I
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Heur, du latin augurjum, anciennement aiir, eûr, eur.
Heur, dit La Bruyère, se plaçait dans le vers où bonheur ne peut entrer... Heur a fait heureux, qui est si français, et il a cessé de l'être... (Voy. bonheur.)
0 paix, ù toi (jiie tout lieiir accompagne !
(La Fontaine.)
Vous deviez liéiiir l'iieuv fie votre destinée.
;.\Ioi.iKRK, Ecole des Femmes.]
— Il n'y a qu'heur et malheur dans ce monde.
Dans ce vieux dicton, heur, dans son acception ancienne, a le sens étymologique. Bonheur- éidXl inutile à faire, et constitue un pléonasme.
Heure, du latin horam. saison, heure.
Les Heures étaient les divinités qui présidaient aux saisons.
Celeres deœ (Ovide) : les déesses rapides. Elles étaient fdles de Jupiter et de Thémis ; leur mission était d'ouvrir et de fermer les portes du jour, (Voy. quaj't-ù'henre de Rabelais.)
— Heures, ou livre d'heures. Heures canoniales.
L'Église a divisé la journée en quatre termes, de trois heures chacun : prime, 6 heures du matin : tierce, 9 heures ; none, à midi : vêpres, de 3 à G heures.
Par extension, on appela heures les prières vocales qui se disaient à ces heures du jour, et le livre qui contient ces prières, instituées par les « canons » .
. Elles sont au nombre de sept, conformément aux paroles du Psalmiste : « Sept fois chaque jour i"ai ciianté tes louanges. » (Ps. XVIU.) — Matines, laudes, prime, tierce, sexte, none, vêpres. (Voy. nocturnes.)
Je avoie deux cliapelaius a\ec m-oi, qui me disoient mes bores. (Joinville.)
— Heure du berger : le moment propice en amour.
Lorsque le temps que fAmour donne N'est pas employé prudemment, ('e dieu pardonne rarement.
Amants, l'heure du berger sonne, Mais ne sonne qu'im moment.
(GoixÉ.)
Heureux, dérivé de heur.
Synonymes : chançard, veinard, né sous une lionne étoile.
Heureux ceux qui croient l'être !
Pour être heureux, il ne faut pas regarder au-dessus de soi avec
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jalousie, en se plaigiianl du sort; mais au-dessous, avec reconnaissance, en remerciant Dieu. (II. Rioaud.)
— Heureux comme le poisson dans l'eau, ...connue un roi... Heurter, anciennement hurler, origine incertaine.
Ou se heurte toujours où l'on a mal. Le moindre choc est très dotdoui-eux sur une partie déjà malade, tandis qu'il est sans effet sur une partie saine.
Hiatus, du latin h lare, l)aîller.
(lacopliouie produite par la rencontre de deux voyelles : « Il alla à Athènes. »
Boileau, après Malherhe, le proscrit en ces termes :
Gardez qu'une voyelle, à courir trop hâtée. Ne soit d'une voyelle en son chemin heurtée.
Hic, adverbe latin ; ici, là.
Yoilà le liic : la difficulté.
Hoc (jpus, /lie lahnr est,
(ViRGii.t:, Enéide, VI.)
Hier, du latin herL adverbe, même sens.
D'où : avant-hier.
Souvent 7nonosyllabe chez les anciens poètes.
— Il est né d'iiier : il est sans expérience.
Hiérarchie, du grec hiey^os, sacré, arkhê, pouvoir. Ordre et subordination des neuf chœurs des anges.
— On appelait hiérarchie, dans l'origine, le gouvernement de l'Église chrétienne, la subordination de tous les degrés de l'état ecclésiastique, depuis le pape jusqu'aux simples clercs.
Aujourd'hui ce nom s'applique à l'ensemble des pouvoirs civils, subordonnés les uns aux autres, selon l'importance du grade do chacun.
Hières, ville de Provence fVar) ; du grec Hiéros (?).
— On dit communément, dans le Nord de la France, que les malades vont, pour rétablir leur santé, aux îles d'Hières. C'est une erreur, due sans doute à la célébrité dont ces îles jouissaient dans l'antiquité, par leur position dans la Méditerranée.
Les îles d'Hières sont des rochers presque inhabités et battus par tous les vents, et c'est dans la ville d'Hières, située sur le continent, à quatre lieues de Toulon, et qui se trouve abritée du mistral et garantie du froid par la montagne du château de Feiiouillet, des Fourches, et le grand angle du Coudon, que sont envoyés les uialades