‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 296 sur 336 · JEU · texte numérisé non relu

JEU

Jeton, dérivé Aa jeter : anciennement avec le sens de rejeton.

Liisage des jetons remonte au xiv« siècle; on les appela d'abord (jetteurs, t/et foins, dont on a fait Jetoii au xvii* siècle.

Il vient de Jeté?' dans le sens de compter : on s'en servait, en etîet, pour compter.

Les plus anciens portent la date du. règne de Charles VII.

On lit sur quelques-uns : gardez-vous de mescompte. Calruli nd numernndum.

Qui bien jettera, son compte trouvera.

Aujourd'hui l'usage des jetons pour le calcul est restreint aux tables de jeu.

— Faux comme un jeton. Distant œra lupinis. (Horace.)

Jeu, du latin ./oc?/w : d'où aussi jouer, jouet, etc

Une distraction, dont les oisifs ont le talent de se. faire un travail.

Ne pas marquer au jeu : être capot : bredouille : faire chou blanc : baiser le cul de la vieille. (Voy. nmrtinfjale. paroU.)

Maison de jeu : étoulïoir, tripot.

Voleur au jeu : aigrefin, escroc, étoufl'eur, lloueur, frimousseur (qui se donne les figures), grec, pripeur, tricheur, roustisseur.

— Jeu de mains, jeu de vilains.

— Le jeu n'en vaut pas la chandelle.

L'amour du gain prend moins souvent sa source dans l'intérêt que dans l'amour-propre. Gagner, c'est imposer à autrui, c'est faire acte de pouvoir et se donner le droit de mépriser la faiblesse de son adversaire.

— Jeux innocents. (Voy.) Jadis, le jour des Saints Innocents (28 décembre), lorsqu'on pouvait surprendre, au matin, une jeune fille au lit. on se permettait de lui donner des claques sur le derrière, et Ion appelait cela « donner les innocents ».

Marot fait allusion à cette coutume bizarre, dans l'épigramme

qui commence ainsi :

Très chère sœur, si jo scavoye ou couclie Votre personne au jour des Innocents, De bon matin, j'iroye à vostre couclie Voir ce genl cors, que j'aime entre cinq cents.

(Voy. Jeux floraux.)

Jeudi, provençal dijous (Jovis dieni.J

— La' semaine de^ trois jeudis : jamais.

Rabelais (II. 1) remontant aux origines de Pantagruel, dit qu'il y eut une année <■ très fertile en nèfles, pendant laquelle le moys de

Page 1