‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 309 sur 336 · X... a l'àme d'un lâche, et l'esprit d'un sycophanle · texte numérisé non relu

X... a l'àme d'un lâche, et l'esprit d'un sycophanle

Laconisme, du grec /nronis/non, manière de parler des Laconiens. I.angage concis, propre aux Lacédémoniens.

Exemples : Léonidas répond à Xerxès qni hii demandait de rendre les armes : « Viens les prendre". »

Une mère^ Spartiate, en remetlant le boucher à son fils, lui dit ces deux mots : « Dessus ou dessous ! »

On peut citer encore le mot de César : « Veni, vieil, i-ici. »

La réponse du dernier général des jésuites : « Sinf ut sunt, aul non s in t. »

Faut-il rappeler le mot de Cambronne ?

L'ambassadeur d'une île de l'Archipel fut envoyé à Sparte pour obtenir des secours pendant une famine. IL fit une longue harangue, et les Spartiates le renvoyèrent, en disant : « Nous n'avons rien compris à votre discours, et quand vous avez terminé, nous avions oublié le début. » Un autre envoyé fut plus concis. Ouvrant un sac devant l'assemblée, il ne dit que ces mots : « Il est vide, remplissez-le. » On le renvoya avec des provisions, lui faisant toutefois remarquer qu'il eût du se contenter de montrer son sac vide.

« Serrez ! serrez votre discours, disait un président à un.avocat. — Je ne puis cependant pas, reprit-il, me borner à dire au tribunal : Moi raison, lui tort, vous bons juges. »

— Le laconisme est fréquent dans les proverl)es, les devises d'armoiries, les inscriptions monumentales.

L'écueil de ce style est l'obscurité. (Yoy. ôre/*, concis.)

Lacs, du latin lar/ueus. filet, piège. Radical lacère, prendre par artifice.

Le diminutif est lacet.

En provençal, on désigne sous le nom de /èr/ue un piège à prendre les oiseaux.

Lacune, latin lacunam, fosse ; d'où vient aussi, par Titahen, lagune.

Laousti^e, mot forgé par les savants, sur lac,

624 LiET

Cités lacustres : bâties sur pilotis à quelque distance de la rive des lacs, par des populations qui ont précédé les Celtes. On en trouve des traces en Savoie et en Suisse.

Ladre, autre forme de Lazare {LacariDii). Personnage de l'Évangile, tout couvert d'ulcères. Son nom a désigné, au Moyen-Age, les lépreux. D'où le nom de ladreries donné aux léproseries.

— Dans le sens d'arare. il indiquerait que l'avarice est une lèpre

morale.

Car enfin en vrai ladre il a toujours vécu : It se ferait fesser pour moins d'un quart d'écu.

(MoMKRE, Étourdi. 1. i.)

Lady, titre qu'autrefois on ne donnait, en Angleterre, qu'aux femmes des lords et des baronnets, mais qui s'applique aujourd'bui à toutes les dames de la bonne société.

Lœtare, mot latin : réjouis-toi.

Le quatrième dimancbe de Carême est ainsi désigné des mots Lœtare, Jérusalem, qui sont les premiers de lintroït de la messe du jour.

Fête canonique instituée par Grégoire XIII.

Elle a été inspirée par une liomélie que fit Innocent III pour préparer les fidèles à la joie universelle que doit faire naître la fête de Pâques.

— Des esprits accommodants ont traduit ce mot littéralement et en ont pris prétexte pour célébrer la mi-carême bien autrement que par des réjouissances religieuses.

— Un auteur qui ignorait sans doute la véritable origine, a écrit cette Ixuitade bumoristique :

« Le nom de cette fête signitie-t-il qu'il faut se réjouir ce jour-là, sous peine de manquer à ses devoirs de cbrétien ? Je serais tenté de le croire, car Grégoire XIII s'appelait huon compagnone, nom assez jovial : et c'est peut-être de lui que la cbanson dit :

Moi, je pense comme Grégoire :

J'aime mieux boire.

Lœtare i voilà un impertinent impératif. Cela ressemble assez aux ord'res de Scbabababara, dans ÏOurs et le Pacha, de Scribe (Se. YIII), où Scbabababam dit : « Ainsi donc, il est censé que nous sommes ici pour nous amuser : en conséquence, je déclare que le premier qui ne s'amusera pas, sera empalé tout de suite. »

— A Rome, le jour de Lœtare s'appelle le « Dimancbe de la

Page 1