‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 321 sur 336 · LEV · texte numérisé non relu

LEV

Lettre, du ialin litteram.

— Lettres de ralplmbet: les noires filles de Cadrans. (Ansone.)

— Lettres dominicales : celles qui marquent, dans le calendrier, les dimanches pour toute l'année.

— Lettres onciales : celles qui, dans les inscriptions, avaient la douzième partie du pied romain ; latin uncia.

— Lettres ramistes : le V et le J, inventées par Ranius, en loo9 (semi-voyelles).

-- Lettre de cachet. Ordre scellé du sceau royal, en vertu ducjuel une personne pouvait être envoyée arbitrairement en prison.

Ces lettres furent imaginées par le P. Joseph, capucin, espion do Richeheu. Comme les lettres closes, qui les avaient précédées, c'étaient des lettres fermées, contenant des ordres de diverse nature : mais, comme on en abusa pour exiler ou emprisonner, elles acquirent une triste célébrité. Elfes furent considérées comme une des violations les plus odieuses de la hberté individuelle.

— Il ne reste plus anjourd'liui que la lettre de carhel médicale, qui autorise une famille à faire enfermer un de ses membres atteint de folie.

La loi sur les ahénés permet, en effet, la séquestration sur 1 ' rapport d'un médecin. C'est ainsi que furent détenus, plusieurs années, Commerson et Sandon, sous prétexte de délit d'injures ; le premier, contre Guizot, le second contre Billaud, ministre du second Empire. Cela, en vertu d'une loi qui fait de Charenton une succursale de la vieille Bastille, et met, mal à propos, la pathologie au service de la pohtique.

— Lettre close : chose qu'on ne sait pas. Les sciences sont lettre close pour les ignorants.

Au propre, ce sont des lettres d'Etat, qu'on ne peut lire sans briser le cachet, par opposition à letti'es patentes, qui sontûéWyréei non cachetées, patentes, ouvertes.

Le fond de cette intrigue est pour moi lettre clcse.

(Moi.iKRE, Dépit, II, 1.)

Leurre, anciennement loire, du vieil allemand luoder.

Tromperie.

Terme de fauconnerie. Poupée en cuir rouge, en forme d'oiseau, à laquelle on attache un morceau de chair, et dont se servent les fauconniers pour dresser les oiseaux de proie.

Levant, du latin levare, levantem.

LIfi G41

F^Orient. le côté où lo soleil se lève, par opposition an Ponant, ou Occident, ou Couchant.

On appelle XW/i^Z/c-sw/// Lcntni les dilTérentes stations des navires dans ces contrées.

Levée, participe passé du verbe lexer.

.Main qu'on a levée au jeu de cartes. Pli.

Ceux qui disent: « J'ai fait un levé «, parlent bien... comme au temps de François I"''.

Pour ce jeu. nous ne volerons pas. car j'av faict iin.u- levé. (Rabelais, I, 5.) '

Lévite, du latin lacilani.

Chez les anciens juifs, membre de la tribu de Lévi, laquelle fournissait tous les ministres du culte.

Ce mot a désigné un vêtement d'homme, à pans très longs. Synonyme de redincjole.

— Le I.éritique (3" livre de Penlateuqne), traite du culte et des atti-ibutions des Lévites.

Lez, de latus, à côté, proche. (Voy. les.)

Liard, étymologie incertaine.

On a proposé le noiu de.Iean Liard, viennois, qui l'inventa, en 1430.

Le liard valait le quart d'un sou, ou trois deiliers.

D'autres le font synoivyme de noir, à cause de la couleur de la monnaie de hillon, par opposition à la monnaie blanche d'argent.

On dit aussi que liard (ronuui ardit) serait une contraction de Philippe le Hardi.

Faga un aniil dr |Kiiilat;v.

(Paie un liard pour le passage.)

— En Provence, jusque vers 1840, on s'est ser\ i d'une pièce de billon valant deux liards, anciennement six deniers, et appelée dardenne, d'un Marseillais de ce no'm, qui fut chargé par Louis XIH de fondre quelques vieux canons de cuivre pour les convertir en monnaie.

— N'avoir pas un rouge liard : être sans aucune ressource.

Liardeur, qui liarde, lésine sur tout, qui entasse liard sur liard.

Libation, du latin libatio7iein.

Cérémonie rehgieuse qui consistait à verser du vin. du lait ou autres liquides, en l'honneur d'une divinité. 11 a fait d'amples libations : il a trop bu.

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