‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 35 sur 336 · ANN · texte numérisé non relu

ANN

peutiqiies de l'antimoine, en remarquant que des animaux qui avaient mangé du sulfate d'antimoine étaient devenus très gras. Des chèvres araltes, qui avaient mangé des fèves de café, en révélèrent par leurs bonds les propriétés excitantes. Les animaux, guéris de la lièvre après avoir bu de l'eau où avait séjourné du bois de quinquina, firent connaître la vertu de ce médicament. Une opération qu'un ibis constipé pratiquait sur lui-même avec son bec, a fourni aux apothicaires de l'antiquité la première idée et presque le dessin de la canule.

« Le chien, l'éléphant... ont de l'esprit; le rossignol, le ver à soie, les abeilles, le castor, ont du talent. » (Rivarol.) On peut aussi expliquer le proverbe : « Les animaux nous apprennent à vivre » , d'une façon contraire, et, en prenant animal dans le sens injurieux de bète, slupide, dire que l'on mettra à profit l'exemple des hètes en ne les imitant pas.

Annates, impôt que lec papes percevaient sur les domaines territoriaux du clergé. Les rois de France s'emparèrent de l'iuqKM : puis la Révolution de 1793 simiililia la question et prit les domaines eux-mêmes.

Annales, signifie revenu d'une année. Cet impôt consistait à percevoir la première année des revenus d'un bénéfice vacant.

Anneau, du latin annelluni, même sens.

L'anneau du mariage était en usage chez les Hébreux.

L'évêque porte un anneau comme symbole du mariage qu'il a contracté avec lEglise.

L'anneau de Polycrate rappelle aux gens les plus heureux (pie la fortune est inconstante et peut les abandonner. Ce tyran de Samos jouissait depuis dix ans d'une parfaite féhcité. Fatigué de cette monotonie, et voulant se préserver de la jalousie des dieux, en se créant une infortune, il jeta son anneau à la mer ; mais il le retrouva peu de temps après dans le ventre d'un poisson servi sur sa table. Persuadé dès lors qu'il possédait un bonlieur inaltéral)le, il se rendit sans défiance chez le gouverneur de Sardes, qui le lit mettre en croix.

L'anneau de Gygès rendait invisilHe celui qui le portait. Le casque de Plulon avait la même vertu. (Voy. Colloque^ (/'Erasme j

Année, du latin annus ou anneau, cercle, parce que dans un an la terre décrit un grand cercle autour du soleil. L'année est la mesure du temps que le soleil emploie pour revenir

ANT 5o

au même point du Zodiaque. L'année solaire est de 36o jours, o heures 49' 10".

En France, on n'a commencé à compter par les années de J.-G. que dans le viii^ siècle. (Voir année ch'mntérlque.)

Annonce, verbal de annonce?^ du latin annuntiare.

La piiiilicité" de l'annonce est le seul moyen de répandre un produit. Dieu lui-même a besoin qu'on sonne les cloches pour lui. (Voir réclame.')

Anse, du latin ansa, poi,unée, attache.

Faire danser l'aqse du panier. (Voir panier.) Un pot à deux anses : un homme qui a une femme à chaque bras. Plante a dit dans le même sens : ansatus homo. L'amphore était un vase à deux anses [amphi, phéro).

Antan, du latin ante, anmun, l'année antérieure.

Mais où sont les neiges d'autan? (Villon.) Comme le chien qui les os d'antan ronge. (B. Desperriers.)

A7 non sut cel que era antan. (Raym. de Solas.) Je ne suis pas tel que j'étais l'an dernier.

Antéchrist, anli contre, chri^tus, ante, est pour anti.

Nom donné aux adversaires du Christ, qui niaient qu'il fût le Messie. Ennemi de Dieu, que les Ecritures annoncent comme devant précéder le second avènement de .J.-C II traversera en conquérant toute la terre, et surpassera par ses crimes et son impiété tout ce qu'elle a produit de plus atïreux. (Daniel, VII, 7, 19 ; Zacliarie, V, IG ; Math., XXIV, 4 : Ep. de saint Paul aux Thessaloniciens. ch. II ; Apocalypse, XIII, XVI.)

Ce mot, qui se trouve dans les Pères de l'Église, est souvent antéchrist en français, par suite «d'une règle générale, en vertu de laquelle e du latin devient / en français, tandis que i des mots latins se transforme en e. Ainsi in devient en ; inter, entre : implere, emplir. Par contre, légère devient lire; fallere, faillir.

L'adverl)e ante s'est transformé en anti : antichambre, antidater, antidéluvien, quoique N. Landais traite ce mot de barbarisme, et que l'Académie ait approuvé cette erreur en adoptant antédiluvien. C'est ainsi que notre orthographe fourmille d'erreurs et s'est écartée souvent des règles primitives par les réformes des faux savants, qui ont voulu y retouclier et ont ainsi altéré la pureté de ses origines.

Il résulte de ce tripotage des faux savants que, parmi les mots de même origine, il en est qui sont de la première époque de la langue.

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