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Les plus grands artistes sont de véritables oiseaux, dont lé râmagé nous- enchante : sortez-les de leur art, faites-les rentrer dans la vie privée, ce sont des serins... (Taine.)

— Artiste excellent, virtuose. Etoile se dit d'une cantatrice de grand talent.

Artiste idéaliste, artiste ou écrivain qui met l'idée au-dessus de la réalité, dans l'exécution de son œuvre.

Les artistes chinois ont en quelque sorte horreur du vrai dans l'ensemble de leurs compositions. On dirait qu'ils ont pris pour maxime la formule paradoxale : l'art ne doit pas ressembler à la nature.

As, chez les Romains (du latin œs, airain), signifiait trois sortes de ciioses : 1° une unité quelconque : 2° l'unité de poids, ou la livre, de 12 onces environ ; 3° l'unité de monnaie.

217 ans avant J.-C, l'as fut réduit à une once ; c'est pour cela qu'aux jeux de cartes, il vaut un ou onze. A la bouillotte, l'as percé se dit par corruption de l'italien asso per se, l'as qui se trouve seul dans sa couleur.

Asperge. Rabelais (V. 7) fait ce mot mascuhn. « Plus tost que ne sont cuitz asperges. » C'est la traduction du proverbe familier à Auguste : Citais quam asparafji coquuntur.

Assassin, bravo, coupe-jarret, de l'arabe aassa, qui tend des embùclies, ou de Haschichin, buveur de bascbicli, nom que l'on donnait, à l'époque des Croisades, à une secte de musulmans fanatiques qui se signalèrent par leurs meurtres. Ils avaient pour chef le Seigneur, ou Vieux de la Montagne.

Les Grecs des îles Ioniennes prononçaient le mot Hachichin en changeant le ch en ss : d'où assissin, puis assassin. (Voy. Marco Polo, I, 28 et Join ville, ch. 56.)

On dit que les Druses descendent des Assassins.

— Le haschich, substance qui produit des halhicinations, et dont se servait le Seigneur de la Montagne pour s'attacher ses séides, est extrait des tiges et des fleurs du chanvre indien {cannabis indira), appelé en arabe kif. On le fume dans de petites pipes ; on le mêle avec du miel, après l'avoir réduit en poudre pour en faire une sorte de confiture.

Les Thraces respiraient la fumée de chanvre pour se procurer l'ivresse.

Le Népentbès, dont parle Homère, et qu'Hélène donna à Télé-

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)ii;iqiu' dans un repas, pour lui procurer une i\resse aoréable, n'était sans doute autre chose que le Haschicli.

— On fait aussi venir assassin du vieux saxon sahs, glaive : (juippe, brevis, gladius apud illos saha vocatur.

Mathieu Paris, dans la Vie de Henri III d'Angleterre, désigne les assassins par l'épithète de porteurs de couteaux : assassinas, quos cultelliferos appellamus.

Lamartine, dans les Girondins, appelle Charlotte Gorday « l'ange de l'assassinat » .

La Biltle glorilie l'assassinat dans la personne de Juditii, qui aujourd'hui serait envoyée en cour d'assises.

— Les escarpi'S ne se trouvent pas chez les leniuies, leur faiblesse ne les porte pas à la violence. Charlotte Corday assassine Marat pendant qu'il est sans défense, malade et au bain. Judith et Jahel tuent Holopherne et Sisara pendant leur sommeil, et c'est aussi pendant qu'il dort que Dalila prive Samson de ce qui fait sa force.

— On disait autrefois assassin, pour assassinat, comme on continue à l'employer dans le langage populaire.

Louis XIY, le 30 août IG62, écrivait aux cardinaux : « L'assassin commis le 20 courant, sur la personne de mon cousin, le duc de Créqui, mon ambassadeur extraordinaire... »

— L'article 296 du Code pénal qualifie assassinat tout meurtre commis avec préméditation ou guet-apeus, Ce crime est puni de mort, sauf le cas de circonstances atténuantes.

Asse, suffixe péjoratif : bonasse, filasse, populace, savantasse.

Asseoir, du latin ad sedere, être assis : d'où siège, assiéger, assises, assiette, assesseur, séance.

Assez, de ad safis : en provençal, proun : prou signifiait autrefois assec, beaucoup.

Si Dieu ne nous avdc, nous aurons prou d'affaires.

(Rabela.s.)

J'ai prou (le ma frayeur en cette conjecture.

(Moi.iÈiiE, Étourdi, U, i.)

— Assez est ce qui suffit à un désir ; suffisamment, ce qui suffit à un besoin. Le sage, qui se contente de peu, dit assez dès qu'il a suffisamment. L'avare n'a jamais assez d'argent; le prodigue n'en a jamais suffisamment.

Mieux vaut assez que trop.

— Assez est un peu plus que ce que chacun a. (Fi-anklin.) — iVil

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satis est. (Horace. Sat., I, G2.) Rieu u'est assez. — Quod satis est ciii contingit, nihil amplius optet. (Horace, Ep.) Celui qui a assez ne doit rien désirer de plus.

Assignat, du latin as, signatus. parce que Servius Tullius fit frapper des as avec l'empreinte d"une brebis, jjeciis: d'où pecimia, argent monnayé.

L'assignat moderne est un billet-monnaie émis en 1789 par l'Assemblée nationale. Le porteur avait assignation sur le prix des biens du clergé. Cette monnaie fut vite dépréciée.

Astrologue. Les astrologues sont les ancêtres des astronomes, comme les alcbimistes sont les prédécesseurs des cbimistes.

Athènes (la nouvelle). « Paris représente l'ancienne Atbènes. On voulait être loué des Atbéniens ; on ambitionne aujourd'bui le suflrage de la capitale de la France. Alexandre, au moment qu'il combattait Porus, s'écriait : Que de fatigues pour être loué de vous, ô Athéniens ! Quel peuple était-ce donc que ces Atbéniens ! »^ (Mercier, Tableau de Paris, cb. IX.)

Atlas, recueil de cartes géograpbiques.

Au xvie siècle, Mercator ayant publié une collection de cartes, dont le frontispice représentait Atlas portant le globe sur ses épaules, depuis, ce nom fut donné à tous les recueils du même genre, et même à tout recueil de planclies de grand format.

Les anatomistes ont donné le nom d'atlas à la première vertèbre cervicale, qui supporte immédiatement la tête, comme Atlas portait le monde.

— On a nonmié atlantes (pluriel û'allas) des figures d"bommes employées en guise de colonnes ou de pilastres, pour soutenir un balcon, une corniche.

Atmosphère, du grec atmos, vapeur, et sphaira, spbère.

On présume que l'atmospbère a 47 kilomètres d'épaisseur. Les plus hautes montagnes n'ont que o.OOO mètres (?).

Gay-Lussac, en 1804, s'est élevé en ballon à 7.000 mètres. Cette banteur paraît être la limite où l'iiomme puisse arriver.

On appelle atmospbère l'unité de comparaison pour mesurer la pression, et particulièrement celle de la vapeur. Elle équivaut au poids d'une colonne de mercure de 7o centimètres de bauteur sur un centimètre carré de surface, soit 1 kilom. 33. La vapeur à 100 degrés a une pression ég; le à celle de l'atmospbère.

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