‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 75 sur 336 · BET · texte numérisé non relu

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petits enfants dans le Berry. C'est un animal qui ne ressemljle précisément à aucun quadrupède, et qui pourtant ressemble un peu à tous. C'est parce qu'il a échappé à toute classification qu'on l'a appelé la grand'héte.

— « Du temps que les bêtes parlaient. » D'après Pytbagore et Timée, les animaux ne sont que des hommes transformés, qui gardent dans leur métamorphose le souvenir de leur premier état, et quelques philosophes anciens leur donnent les trois âmes : raisonnable, sensitive, végétative.

Par suite de ces croyances, il était naturel que les fabuhstes fissent converser entre eux les animaux. De graves historiens, et Pline lui-même, affirment qu'à diverses époques mémorables les animaux ont parlé la langue des hommes.

— L'homme ne passe pas pour avoir la même aptitude à parler la langue des animaux, et, dans toute l'antiquité, on ne cite que Tirésias, Hélénus, Cassandre, Apollonius de Tyane, et Mélampus qui aient possédé cette science merveilleuse.

Suivant la tradition du Moyen-Age, la science augurale fut fondée par Adam, qiii savait la langue des bêtes, et perfectionnée par Noé. De Noé, elle passa à Cham, à Salomon, à Tagès.

Tout parle eu mon ouvrage, et même les poissons.

(La Foxtainf:, I, prol.)

— Un homme contrefait entendit quelqu'un dire de lui en le montrant : « Regardez donc cet Esope. — Vous avez raison, dit le bossu, car je fais p.-nier les bêtes. »

— Etre livré aux bêtes. Supplice des anciens ; encore usité dans certaines sociétés de bavards, d'ennuyeux, qu'on appelait fâcheux du temps de Molière.

Sous quel astre, bon Dieu ! faut-il que je sois né. Pour être de fâcheux toujours environné ?

(Moi.iKRE, Fâcheux.)

Chez les Romains, les bestiaires étaient ordinairement des condamnés à mort, qui étaient livrés sans armes aux bêtes. Très rarement il fallait lâcher deux bêtes contre le même homme. Il arrivait plus souvent qu'une même bête tuait plusieurs condamnés. Cicéron {Pro S'est) parle d'un lion qui seul avait suffi contre deux cents bestiaires.

Les chrétiens étaient livrés aux bêtes.

— Faire la bête. « L'homme n'est absolument ni ange, ni bête... qui veut faire l'ange fait la bête. » (Pascal.)

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— Faire la bête à deux dos. « J'y veids des liestes à deux dos... » (Ral)elais, V, 30) id est vir et mulier in copulatione. Coqnillard s'est servi de cette expression avant Rabelais.

Sbakespeare, dans Othello (1G04) l'a aussi employée, dans une scène qui n'a pas été traduite dans les éditions françaises :

Iago. — Tételileu! un i)élier noir monte sur votre brebis blancbe. Allons, debout ! Descendez, ou le diable va faire de vous un grandpère.

Le Sénateur. — Quel profane coquin me parle ainsi ?

Iaco. — Eb ! oui. Sacbez que votre fîUe Desdémona et le More Otbello font à présent la bête à deux dos.

Cette locution a été empruntée par Sbakespeare à la langue française. Rabelais l'emploie souvent, ainsi que les auteurs du temps.

Sire Dieu, fais croistre les bledz.

Afin que ne soyons trouvez « > En faisant la beste à deux dos !

Te rogamu-s, audi nos.

(Ane. thràl. /'/•«nf..n, p. 121.)

On avait même fait de cette locution le verbe dnsnoyer, c'est-àdire amori Indulrjerc.

— Quand Jean Bête est mort, il a laissé bien des béritiers. Que les gens d'esprit sont bêtes !

— Chose prend la signification de bêle dans la locution : Il a l'air tout cbose.

Bêtise. La bêtise est l'absence d'esprit, comme la sottise est l'absence de jugement.

Synonymie : baUverne. l)alourdise, boulette, bourde, briocbe, fadaise.

— La bêtise bumaine a des profondeurs incoumiensurabies. Elle reconnaît rarement ceux que le génie a nuirqués au front, et elle monte souvent au C apitoie pour y couronner les oie&.

Ce dont on se repent le plus sincèrement, c'est d'une bêtise. La l)êtise est une maladie qui ne fait soufTrir que ceux qui n'en sont pas atteints.

Il y a des ftétises que les gens d'esprit acbèteraient. (Yoisenon.)

Beurre, de bu.tyrum, bous, bœuf, tyros, fromage.

Au prix où est le beurre : c'est-à-dire par ces temps de grande cbèreté.

Beurre, en argot, est synonyme d'argent : banquier se traduit par beurrier.

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C'est la mort an heiirre.

Ce n'est pas tout que des choux, il faut encore du beurre. Ces gueuses d'épinards, c'est la mort au beurre. (Brazier.) Il ne faut pas tant de beurre pour faire un quarteron. (Molière, G. Dandin, II, 1.) Promettre pbis de l^eurre que de pain.

Bévue, du latin bis vulere, voir double. Ce mot est fait comme le provençal bessah voir double, erreur grossière.

Biais, biaiser : celtique /»///eM, de travers.

Prendre une cbose en biais, sionifie entreprendre une cbose de côté, et non de front.

Biais est le même mot que bief. Le bief d'un moulin est une prise d'eau qui détourne une partie de la rivière. Gomme ce canal est oblique au cours d'eau qui l'alimente, le mot 6/e/" entraîne toujours l'idée d'obliquité.

Ce mot s'écrit bief -aw sens propre et biais au figuré, parce que dans l'ancienne ortbograpbe, l'/" était muette. On prononçait biais, comme les paysans prononcent encore le biais d'un moubn, tandis que les citadins, qui ne connaissent la chose que par l'écriture, prononcent 1'/'.

Bibelot, pour bimbelot. Objet de fantaisie, de curiosité, dont on décore un petit-dunkerque, ou étagère: joujou de grande personne, comme le l)im])elot est un jouet d'enfant.

On nomme bibelots, en style d'amateur, cet inimaginable amas de bronzes, chinoiseries, filigranes, ivoires, porcelaines, médaillons, éventails, écaille, laque, nacre, lapis, poignards, bijoux, qui doivent orner, oi* pour mieux dire, encoml)rer les étagères des femmes à la mode... (Fél. Mornand.)

Bible, du grec biblos. roseau d'Egypte, dont l'écorce servait de papier, et dont on a fait biblos, livre.

Le livre par excellence. (Corail signiûe lecture.)

— Il existe deux traductions principales de la Bible.

L'une, de l'hébreu en grec, appelée traduction des Septante, du nombre des soixante-dix traducteurs. Elle fut ordonnée par Eléazar, grand-prétre des Juifs, pour Ptolémée, roi d'Egypte, 277 av. J.-G.

L'autre s'appelle la Vulgate, c'est-à-dire communément reçue. Elle a été faite de l'hébreu en latin, et déclarée authentique par le Concile de Trente. (Voy. obscène.)

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