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un logis pour cette nuit, et Dieu veuille que ce soit dans un endroit où il n'y ait ni iierne ni iterneurs.
Suétone rapporte que Tenipereur Ollion prenait [)laisir à se faire Ijerner.
Berthe. Du temps que Bertlie filait, c'est-à-dire au ])on vieux temps. On trouve, dans une ancienne charte, que Berthe, épouse de Pépin, et mère de Gharlemagne, fdait pour orner les églises.
Les Provençaux disent : du temps que Marthe (liait.
Besace, du latin bis saccus, double sac.
On trouve bisacium dans Pétrone.
Une besace bien portée nourrit son maître.
Aux pauvres la besace ! Ce proverbe signilie que les charges retoml)ent ordinairement sur le pauvre.
La l)esace est comme une sorte de blason du mendiant ; c'est dans ce sac à deux poches, qu'il recueille les aumônes. Il y a tel mendiant qui ne voudrait pas renoncer à la besace, quelquefois si lourde, et qui préfère les hasards de la charité à la certitude d'un revenu fixe qu'il devrait à son travail. La paresse le séduit plus que la misère ne l'effraie : c'est ainsi qu'on a pu dire que la servitude avilit l'homme jusqu'au point de s'en faire aimer.
Besicles, du latin bis oculus, deux yeux. On a fait de même binocle.
Vous n'avez pas mis vos besicles : vous avez mal vu. On le dérive aussi de bis cyclus, deux cercles, ou de heryUas, au Moyen-Age. lunette, d'oii aussi briller.
Besogne, Besoin. Besoin vient de l'anglo-saxon bysog, affaire. En itahen, bisoyna, travail, besoin.
Le double sens de ce mot, qui exprime travail et manque, résulte sans doute du rapport naturel qui existe entre un besoin etle travail destiné à le satisfaire.
Besoin, dans le sens de misère, pourrait bien venir de bis soinnlum (?), qui dort double, paresseux.
— Il y a à Gènes la rue Bisogna, habitée par la classe pauvre. Toulon possède aussi un grand quartier (la vieille ville) surnommé ironiquement Besayne, peut-être par les Génois qui le peuplaient en partie ; ce serait un souvenir de la patrie absente.
— Besoing si fet vieille trotter. (Boni, de Benart, t. I, p. 183.)
— Besognes signifiait jadis bardes, effets, ustensiles : les objets de première nécessité qui font besoin. Cette manière de s'exprimer
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est très usitée en Provence, et on applique bemin dans le sens le plus absolu, en disant : faire ses besoins, pour aller à la selle.
Aussi bien vous fera-t-il besoin pour apprêter le souper. {Avare, III, G.)
Vous chercherez vos Itesognes demain. (La Fontaine, les Trois Convnères.)
Bête, du latin bestia, autrefois besle: provençal besti.
On dit bète par défaut d'intelligence ; idiot, par défaut de connaissances ; stupide, par défaut de sentiment ; imbécile, par défaut d'esprit.
— Synonymie : Agnès, Aliljoron, âne bâté, balourd, c'est-à-dire lourde béte ; bécasse, benêt, béotien, bêta. Biaise, Boniface, bouché, brute, bûche, l)use, butor, cornichon, crétin, cruche, dadais, dindon, godiche, hébété, huître, idiot, imbécile, Jean-Farine, Jean-Jean, Jocrisse, melon, niais, Nicaise, Nicodème, nigaud, oie, oison bridé, pécore, serin, sot, souche, stupide. (Voir ces mots.)
— Béte à manger du foin. « Quand mon estomacli est bien à poinct affené et agrené. » (Babelais, III, 15.)
Ces deux êtres ont l'air de manger avec plaisir le même foin au même râtelier. (Molène.;.)
— Béte, échappé du massacre des innocents. Il est si bête qu'il semble le faire exprès.
Il n'a pas inventé la poudre.
Il n'est pas cause que les grenouilles n'ont pas de queue.
Le bon Dieu l'a fait et l'a laissé là... On dit aussi : la nature, en le créant, n'a pas voulu se mettre en frais.
Il est si bon, qu'il en est bête.
Bête comme ses pieds, ... à rendre rêveuse une oie grasse.
Bête à couper au couteau ; à trente-six carats ; comme un dindon ; comme chou.
C'est l'hermine de la stupidité, sans aucune tache d'intelligence. (Y. Hugo.)
— La plupart des hommes sont plus près de la brute que de Newton. Montaigne disait : « Il y a plus loin d'Epaminondas à mon valet de chambre que de mon valet de chambre à mon cheval. »
— Un Français heurta un jour un Vénitien sur la place Saint- Marc. Celui-ci lui demanda gravement quelle béte il croyait la plus lourde : « L'éléphant, répondit-il. — Eh l)ien ! apprenez monsieur l'Eléphant, qu'on ne heurte pas un nol)le Vénitien. «
— La graud'bête : animal fantastique dont on fait peur aux