BIS
Les Latins disaient : Age quod agis. Fais ce que tu fais, c'est-àdire : sois à ton alTaire.
Bischof, mot allemand, signilie évéque ; du latin episcopus.
Se dit poui- désigner une boisson iroide et tonique, composée de vin sucré, de citron, de muscade ou d(* cannelle, et (jui tire son nom de sa couleur violette.
Bise, vent du Nord en général, particulièrement N.-N.-E.: de bis, sombre, noir, comme aquilon, de aquilus, de couleur foncée.
— Dans les langues celtiques, bis signilie noir, brun. La bise, ou aquilon, couvre le ciel de nuages épais et noirs.
— Se dit poétiquement pour l'biver :
Oiiaïul la liiso fut venue.
(L\ FONTAI.NK.)
Adonc vent Esclamar sus son caval mot bis. {Roman de Fierabras, y. 347.) Alors vint Esclamar sur son clieval très brun.
— Un dit aussi « temps gris ». à cause de l'aspect du ciel... froid noir.
Ral)elais (IV, cb. 59) décrit ainsi le costume de Caresme-Prenant : « Ses lial»illements sont joyeulx, tant en faczon comme en couleur ; car il porte gris et froid ; rien devant et rien' derrière, les niancbes de mesnie. »
— De bis on a fait pain bis, noir, de seconde qualité, qu'on appelle en provençal méjan {medianus), pain de qualité moyenne, entre le blanc et le noir.
— Basane (Yoy.).
— Bistre, couleur obtenue avec de la suie. Ne pas confondre avec bis, deux fois.
Bissextile (année), du latin bissextilis, de bis sexta {die anie calendas Martias), le jour intercalé après le o des kalendes de Mars, ce qui fait compter deux fois le sixième, et donne vingt-neuf jours au mois de février, qui d'ordinaire n'en a que vingt-huit.
Tous les quatre ans, l'année compte un jour de plus, pour que les révolutions de la terre autour du soleil, qui durent 305 jours, 5 heures 49" se retrouvent sensil)leraent égales à l'année civile.
Lorsque le calendrier fut réformé à Rome (46 avant J.-C), sous Jules César, alors grand pontife, on ajouta ces 5 heures 49 minutes, qui forment tous les quatre ans un jour supplémentaire, au mois de février. Le quantième assigné à ce jour fut le 24 février, et. pour ne rien changer aux noms ordinaires des jours de ce mois, on
désipna le 25 février pour les années allongées d'un jour, par bis sexto kalondas niaiHii : c'est-à-dire le second 6 des calendes, ou second 24.
— Toute année divisible par 4, sans reste, est bissextile.
Bizarre, de bis, deux fois, ixiruis, varié, fantasque, extravagant. Ou plutôt italien bizarro, colère, entêté : espagnol biznrro, chevaleresque, magnanime.
Blanc, en allemand blanck, clair, anagramme de albus (?). Blanc comme cygne, ... comme l'ivoire, l'hermine, le lait, la neige.
— Blanc est remplacé par clair dans le provençal : clara d'hueù, blanc d'œuf. De clara est venu glaire : Âb clara d'u?i hueii deslrempat. (Prades.) Détrempé dans la glaire d'un œuf.
— Ancienne monnaie de billon, qui valait six deniers tournois. Le petit blanc ne valait que cinq deniers.
Vers 184o, on supprima une monnaie nommée six blancs, qui valait trente deniers, ou deux sous et demi.
Un usurier à la tète pelée
D"un petit blanc acheta un cordeau
Pour s'éti'an^ler...
(MAnnr.)
— Il n'est pas blanc... Il s'est mis dans de beaux draps; il est dans lin mauvais cas. C'est une allusion à la coutume d'exprimer les suffrages favorables par des boules Idanches.
— Se faire blanc de son épée... Dans l'ancien jugement de Dieu, par les armes, le vainqueur était absous, l)lanchi du crime dont on l'accusait.
Le blanc est la couleur de l'innocence et de la loyauté.
On lit dans Perceforest que les rois et les reines de la Grande- Bretagne avaient coutume de prendre, la veille au soir de leur couronnement, des habits blancs, en signe de pureté. C'était aussi l'habillement des novices, la veille de leur réception dans l'ordre de la chevalerie.
Dans les cérémonies de la Fête-Dieu à Aix, en Provence, le lieutenant de Prince était vêtu d'un corset et d'une culotte à la romaine, de moire blanche et argent. Leiuanteau, déglacé d'argent tout uni.
— Blanc est dit pour sans tache, sans souillure :
Joachim près un ngnel Sens litcu que ne blanca pel.
Joachim prit un agneau sans tache, à blancbe toison. (Evang. apocryphe.)
Blasé, invalide de l'oisiveté.
Les lioinmes l)lasés croient avoir épnisé les plaisirs : ce sont les plaisirs qui les ont épuisés. (M. G.)
Blason, de l'allemand blasen, sonner du cor, proclamer les chevaliers dans les tournois.
— La science héraldique, ou du blason, est la connaissance des armoiries et renseral)le des principes qui permettent d'en expliquer cliaque partie selon les termes propres.
L'écusson d'une famille, ou d'une ville, n'est autre chose que son nom, traduit en langage visible, ou le fait le plus saillant de son histoire, peint en une sorte de tal)leau.
Les symboles des l)lasons furent souvent des objets faisant allusion à leur dénomination, ce ciui constituait des espèces de rébus, ou armes parlantes.
Tels sont : le château de Castille ; la Grenade, du royaume de ce nom ; le caUce, de Galice ; le lion, de la ville de Léon ou de celle de Lyon; la menthe, de Mantes; le créquier, de. la famille de Gréqui ; les rinceaux, de Reims.
En Provence : les mains, de Manosque ; le mont fortifié, dé Montfort ; les clefs, de Claviers ; le soleil, de Soleillas.
Gémenos (B.-du-Rhône), porte : d'argent à un arbre de sinople, au pied duquel deux petits enfants d'or, assis et s'entretenant. Gémenos, en latin fjemini, jumeaux ; c'est le cas de dire « armes parlantes ».
C'est à l'époque des Croisades, qui commencèrent en 1069, que les villes de Marseille, Toulon, Antibes, Fréjus, où s'embarquaient des milliers de croisés, adoptèrent la croix simple, qui orne encore aujourd'hui leur ])lason.
— Les armoiries comprennent trois choses principales : le champ de \écu, Xémail, les figures ou meubles.
Du CHAMP. — Le champ, ou écu, est le fond sur lequel sont représentées les armoiries. Il rappelle la surface du Itouclier ou de la bannière, où l'on peignait les pièces.
L'écu porte les partitions, les répartitions, les figures.
Les partitions sont au nombre de quatre : 1° le coupé, qui partage l'écu horizontalement ; 2° le parti, qui le divise verticalement : 3° le tranché, qui le divise obliquement, de droite à gauche ; /^^letait/é, qui le divise en diagonale, dans le sens inverse.
Les quatre partitions donnent lieu aux répartitions suivantes : lo Yécartelé, qui est fait du parti et du coupé ; 2° Xécartelé en sau-
toir, qui est fait du tranché et du taillé : 3° le f/ironné, résumant à lui seul les quatre partitions : 4° le tiercé, résultant du partage en trois parties égales.
De l'émail. — L'émail se compose de deux métaujc, de cinq couleurs (ou émaux) et de deux fourrures.
Les deux métaux sont : or (jaune), argent (blanc).
Les couleurs sont : azur (bleu)., gueules (rouge), slnople (vert), sable (noir), jjourpre (violetV
Les fourrures soniY hermine et le ralr.
En gravure, les couleurs sont représentées par des signes particuliers. L'or est pointillé ; l'argent, blanc ; l'azur s'indicjue par des lignes horizontales ; les gueules, par des lignes perpendiculaires : le sinople, par des diagonales de droite à gauche : le pourpre, par des diagonales en sens inverse ; le sable,* par des Ugnes horizontales et des lignes verticales croisées ; l'hermine, par l'argent moucheté de sable : le vair, par l'azur, cliargé de petites clochettes renversées d'argent.
Des figures. — Les ligures ou meubles, sont de quatre sortes : 1° jjropres, qui comprennent les partitions, les pièces honorables du premier et du deuxième degré ; 2^ naturelles, résumant tous les éléments de la nature, arbres, animaux, etc. ; 3° artificielles, figurant les objets créés de main d'homme, tels que châteaux, instruments de guérie, d'industrie, etc. ; ¥ c/ntnériques, comme les monstres, diables, etc.
— Les pièces honoral)les du premier degré sont au nombre de sept :
Le chef, qui occupe horizontalement la partie supérieure de l'écu. 11 a la largeur du tiers de celui-ci.
Le 7m/ est formé par deux hgnes parallèles posées perpendiculairement au milieu de l'écu.
La fasce est la même hgure que le pal, mais posée horizontalement au milieu de l'écu.
La bande va obliquement de la partie dextre du chef, à la partie senestre de la pointe.
La barre va obliquement en sens inverse.
La croix est formée du pal et de la fascé réunis.
Le sautoir se forme de la l)ande et de la barre.
— Les pièces honorables de second degré sont nombreuses.
On peut citer : les bordures, le franc-quartier, le chevron, York, \q canton.