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Blond, de l'nnglo-saxon hJonden, enduit d'une mixture colorante.
Les Gaulois et les Germains avaient coutume de se teindre les cheveux en rouge; et, plus tard, d'une nuance plus douce et plus conforme à la nature, pour imiter la chevelure des enfants du Nord, dont ils se disaient avec orgueil les descendants.
Au Moyen-Age, une chevelure hlonde était un des principaux éléments de la heauté physique.
Chez les Romains, les perruques se faisaient de cette couleur.
— Le ])lond Phœhus : la pfde Phœhé ; la hlonde Gérés, hlonde comme les l)lés.
Bœuf, du latin bovem.
Le roi René avait pour devise un hœuf avec les mots : « Pas à pas. »
Un hœuf avec les mots : Tarde sed tuto, signifie la prudence.
Henri Farnèse avait pour devise un hœuf à la charrue, avec les mots : Arte et virihus.
— Les Egyptiens, par reconnaissance des services que le hœuf rend à l'agriculture, l'avaient mis au nomhre de leurs dieux.
Les Romains, moins scrupuleux, offraient des hœufs en sacrifice. Ces sacrifices s'appelaient taurobolla.
Les.Lacédémoniens avaient les premiers offert des sacrifices de cent hœufs à Jupiter. (Voy. hécatombe.)
— Bœuf, l'oiseau de Saint-Luc (Rahelais) : Saint-Luc a pour attrihut un hœuf ailé, qui rumine à ses côtés.
— Bœuf saignant, mouton hélant : viandes peu rôties. Rahelais (111, lo) veut parler, sans doute, du I)oeuf houilli, quand
il dit que le hœuf doit être mis au feu de honne heure :
Plus y estant, plus cuyct rcstoyt Plus cuyct restant, plus tendre estoyt.
— Bœuf gras. La promenade du hœuf gras est un reste des cérémonies païennes des anciens Gaulois.
Rahelais dit : le bœuf violé, à cause des violons qui accompagnaient la marche du hœuf gras.
— Bœuf à la mode, ou en dauhe.
— Il est de la paroisse de Saint-Pierre-aux-Bœufs, patron des grosses hêtes.
Vers 1830, l'église de Saint-Pierre-aux-Bœufs fut démolie pour le percement de la rue d'Arcole. Le portail, reinarquahle par les têtes de hœuf qui la décoraient, et qui rappelaient l'ancienne paroisse de
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la corporation des boucliers, a été détaclié avec soin pierre à pierre, et transporté par l'architecte Lassiis, pour orner une porte latérale de Saint-Séverin.
. — Les condisciples du Doniiniquin, l'avaient surnommé « le Bœuf », à cause de sa lenteur à travailler. Annibal Carrache leur dit un jour : « Ce bœuf tracera si bien son sillon, qu'il rendra très fertile le champ de la peinture. »
— xMettre la charrue devant les bœufs. Ciirrus hovem trahil : faire une chose à rebours.
Quand les bœufs vont deux à deux.
Le labourage en va mieux.
(Sedaine.)
— Être le bœuf, être dupé.
Bohémien (on croyait les bohémiens originaires de Bohême), vient de beatanc, qui habite les cavernes.
Vivre en bohémien, c'est-à-dire en vagal)ond.
Malheureux sans feu ni heu, allant où les porte le vent de la misère.
Les bohémiens sont une race antique et nomade, dont les derniers représentants parcourent encore nos campagnes. Ils campent sur la lisière des bois, le long des haies, sous les ponts, avec une petite charrette attelée d'un àne 'ou d'un mauvais cliev al ; exercent divers métiers, surtout ceux de vanniers et jde maraudeurs. Ils passent lK)ur sorciers, et disent la bonne aventure.
On les a appelés aussi Egyptiens, parce qu'ils se disent originaires d'Egypte, ce que semblent conlirmer le nom de gllanos, qu'ils portent en Espagne (corruption de Efjyptianos), et celui de (jypsies qu'on leur donne en Angleterre.
On les nomme zingans ou zlmjari en Moldavie.
On a dit à tort qu'ils étaient descendants de Gain, dont la race a péri dans le déluge.
Théophile Gautier dit qu'aucune civilisation n'a pu résorber ces hordes nomades, qui llottent sur l'Europe comme une écume.
On a supposé aussi que, vers le milieu du xiv^ siècle, l'Allemagne ayant été ravagée par la peste, les chrétiens s'imaginèrent que les juifs avaient empoisonné les eaux et les aliments. Il en résulta un massacre général de ces malheureux. Un certain nombre parvinrent à s'échapper, et se réfugièrent dans les forets, où ils se creusèrent des retraites impénétrables.
Ils n"osèrent se montrer aux environs des villes que cinquante
ans plus tard ; et, pour dissimuler leur origine, ils disaient que leurs ancêtres avaient demeuré en Egypte, et en avaient été chassés pour avoir refusé de recevoir la Vierge Marie et l'enfant Jésus. Ils s'étaient créé, dans le même but, une langue de convention, ou argot, dans laquelle ils appelaient : un enfant, criard ; un soulier, marclieur : un oiseau, volant. Cette langue contenait aussi beaucoup de mots hébreux. Ils prétendaient avoir la connaissance de la chiromancie et disaient la bonne aventure.
— Dans le langage familier, on appelle bohèmes, déclassés, irréguHers, réfractaires de la civilisation, des personnages originaux, figures, vulgaires et bizarres, dignes du pinceau de Callot et de Rembrandt ; victimes comiques ou funèbres, jetées dans la vie d'aventures par la fantaisie ou la fatalité.
Artiste, Uttérateur, génie incompris, mourant tout entier, le bohème est voué à la fosse commune de l'inditïérence et de l'ouljli.
« La l)0iième de Paris, c'est le stage de la vie artistique ; c'est la préface de l'Académie, de l'Hôtel-Dieu ou de la Morgue... » (Miirger, préface de la Vie de Bohême.)
— Suivant une croyance répandue, il y a chaque jour à Paris plus de vingt mille personnes qui ne savent pas le matin comment elles dîneront le soir. Des poètes étranges, des écrivains qui n'écrivent pas, des fantaisistes financiers, forment les compagnies de ce régiment d'indisciplinés qui passent leur vie à envier le tonneau de Diogène. ,
Boire, jadis hèrre, heure ; du latin hibere. La forme latine est plus sensil)le dans imbiber, biberon.
Le peuple dit : nourri et bu, pour abreuvé (imbu).
Synonymie : chautïer le four, chopiner, se donner une culotte. Mieux vaut s'acheter un pantalon que se donner une culotte. {Tintamarre.)
Se dessaler, entonner, gobelotter (de gobelet), fiaconner, fiûter, se gargariser, hausser le coude, godailler (de godale, Ijonne chère dans Rabelais), licher (xiii^ siècle), pinter, pomper, siffier la linotte, siroter, soitïer.
— Roire sec, ou rubis sur l'ongle : jusqu'à la dernière goutte. Roire à tire-larigot.
Roire à la grande tasse : tomber à la mer. Roire à la régalade : la tète en arrière et versant dans la bouche. Roire le caUce jusqu'à la lie : Dibere mrerorem.. (Plante.) Roire le coup de l'étrier (voy. é(rier), ...le coup du médecin.
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Boire après le potaoe.
Lit vîtes pœnam, de potibus incipe cœnam (école de Salerne), c'est-à-dire pour vous bien porter, commencez le repas par boire.
Tuer le ver : boire du vin blanc ou de l'eau-de-vie à jeun. L'alcool pris à jeun passe pour causer de vives contrariétés aux ascarides intestinaux.
Qui boit en mangeant sa soupe.
Quand il est mort, il n'y voit goutte.
(Rabelais, H, 12.)
La rime de ces deux vers s'appelle une rime plate (ou plutôt une simple assonance). On cite ce proverije aux enfants pour les empècber de mêler dans l'estomac une boisson froide à un potage cbaud. Gela s'appelle boire entre deux soupes.
Boire un coup de vin.
Boire par procuration : « Je ne hoy que par procuration. » Rabelais (1, 5) veut sans doute faire allusion aux vieilles gens qui mangent la croûte de leur pain amollie dans le vin, et qui ainsi ne boivent que par procuration, le pain ayant bu pour eux.
Boire comme un cbantre, une éponge, un musicien, un Polonais, un templier, un sonneur.
Boire comme un Polonais vient peut-être du vers : Qnand Auguste avait bu, la Pologne était ivre.
— Au xir siècle, la culture de la vigne, à Paris, était très florissante. Les tonneaux se faisaient rue de la Barili^rie (aujourd'liui boulevard du Palais), et allaient meubler les caves de nombreuses corporations religieuses. Une cbanson l'indique :
Boire à la capucine, C'est boire pauvrement :
Boire à la célestine.
C'est boire largement ; Boire à la jacobine.
C'est chopine à chopine ; Mais boire en cordelier.
C'est vider le cellier.
— Après la poire, l'iiomme veut boire. Après la pomme, boire veut l'bomme.
C'est la mer à boire (grande difliculté).
Il boirait la mer et les poissons.
Il ne faut pas dire : « Fontaine, je ne Iwirai pas de ton eau. »
On ne saurait faire lioire un âne, s'il n'a soif. C'est, dit le Moyen
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de parvenir, parce qu'il ne boit que de l'eau ; s'il buvait du vin, il boirait à tout moment comme un bon théologien.
Qui a 1)U l)oira : il a un défaut incorrigible.
Quo plus sunt potœ, plus sitluntur aquœ. (Ovide.) Plus on boit, plus on a soif.
Je bois pour la soif advenir. — Beavez toujours avant la soif, et jamais ne vous adviendra. (Rabelais.)
(( Boire sans soif et faire l'amour en tout temps, il n'y a que ça qui nous distingue des autres bétes », répond le jardinier Antoine dans le Mariage de Figaro.
Le roi l)oit. On joua Marianne, de Voltaire, en 1724, la veille des Rois. Au moment où Marianne . prend la coupe de poison, un plaisant cria : « La reine boit ! » Cela lit rire, et il fallut changer le dénoûment.
— Pourquoi se sert-on à boire le premier ? Cette coutume, qui remonte à l'antiquité, signifiait : « Je bois le premier, pour témoigner de la loyauté de mes intentions. »
Les échansons, comme le raconte Xénophon de Sacas, buvaient de tous les vins avant d'en servir à leurs maîtres.
Aujourd'hui, cette précaution a pour but de ne pas exposer les convives à recevoir dans leur verre des fragments de cire ou de Itouchon, ou, si le vin a quelque défaut, d'éviter à ses hôtes le désagrément de la surprise.
Bois, en latin bo.-.cus, grec boscô, paître.
Rois, matière, s'est dit autrefois fust, d'où futaie.
0 créateur, ô maitre.
Dis-moi à cette fois De quel bois voulut être Le fût de la vraie croiv.
(Ane. cantique./
— A bois, pris dans ses divers emplois, se rapportent : Attelf.es, lattes minces pour maintenir une fracture. On disait
jadis astelles, de haste.
Le provençal stèle signifie copeaux menus.
Raliveau, jadis bois vieux (?), d'où liahvernes (?).
RoucHON, pour l)oschou, petite boule de bois, cochonnet.
Roule, d'où bouleau.
Roquet, petit morceau de bois, d'où ])ilboquet. où bil est pour boule ou bille.
Boi'QUET OU bosquet, (le l'italien bosclieto, petit bois, bouquet d'ari)res : d'où embusqué, débusquer.
Brosse, de brusciis, broussailles, bruyères.
Brouiller, brouillon, de ritalien broglio, imbroglio.
Brouter, manger le brout, les jeunes pouces des taillis.
Fouet, du vieux mot fouteau (bêtre). les fouets se taisaient de ce bois ifogus, fau, fayard).
Lambrisser, de lambruscnre, couvrir d'un revêtement de liois.
Travée, du latin trabs, poutre.
— Donner une volée de bois vert, réprimander fortement.
— Il est du bois dont on les fait, c'est-à-dire il est capable de remplir cet emploi.
Non e rjuovis ligno fiai Mercurlus. (Apulée.) Un tronc de liguier sufllsait pour faire la statue d'un dieu aussi grossier que Priape : mais il fallait un bois plus précieux pour celle de Mercure.
— Le mot lignage, qui s'est dit pour parage, parenté, vient de llgnitm, l)ois. et non de Unea, ligne, quoiqu'on ait dit forligiier (Voy.), sortir de la ligne tracée par l'bonneur :
Mais fussicz-vous issu d"HerciiIe en droite ligne...
(BoiLEAt, Satire V.)
En ellot. eu blason, on appelle arbre généalogique, la suite des aïeux et des parents à divers degrés, issus de la même souche, appartenant à la même race {racUcem). c'est-à-dire aux racines du même arbre. On dit seigneur de baut lignage, de haute futaie {fusils, tronc, branche) ; rejeton se dit pour lîls.
On voit par ses nombreuses analogies avec l'idée d'arlu-e, de plante, que cette locution doit tirer son origine de //^;H/m,etnon de litiea, et que lorsqu'on dit : « descendu de quelqu'un en ligne droite, ou collatérale », on devrait traduire par //ûrn«^m, bois, branche : car on dit dans le même sens : branche aînée, branche cadette.
Boisson. En dehors de l'eau et du lah, toutes les boissons au moyen desquelles riiomme apaise sa soif, sont les produits de son industrie, et la plupart sont des liqueurs qui ont subi la fermentation spiritueuse.
— Les boissons alcooliques employées par les différents peuples du globe sont très nombreuses et extraites de substances très ditlé rentes.
L'alcool, pris modérément, est un aliment hygiénique, qui agit à la façon du café. Il remplace les substances farineuses et sucrées, et
permet à l'estomac de se saturer avec une quantité moindre d'aliments.
Les alcools prennent dans le commerce les noms d'eaux-de-vie, esprits, etc.
Bière, boisson l'ermentée. de lioiiMon et d'orge : en Flamand, hier :
BiscHOFF (Yoy.)
BouzA, boisson faite en Egypte avec l'orge fermentée. Brah, vin de cocottier, dans l'Inde.
Brandevln, eau-de-vie de grain.
Brûlot, mélange de sucre et d'eau-de-vie brûlés. Cervoise, boisson de céréales fermentées. On l'appelait en Gaule cerevina. (Vin de Gérés ?)
Ghamporeau, nommé de son inventeur. Gomposé de café au lait étendu d'eau, additionné de rlium, de kirscb, etc., mélange très goûté en Afrifpie.
Chica, boisson péruvienne, faite de farinedemaïs fermentée dans de l'eau. Les femmes araucanes le fabricpient en màcbant du maïs qu'elles cra client dans un vaste pot oi'i il fermente. GiDRE, jus de pommes fermenté.
Guraçao, liqueur venue de l'ile de ce nom. Eau-de-vie, résultat de la distillation du vin, de la fécule, etc. Gin, alcool de céréales fermentées.
Grog, boisson cbaude, composée d'une partie d'eau-de-vie et de trois d'eau sucrée acidulée de citron.
Hydromel, du hudôr. eau, et méli, miel. KiRscH-wASSER, eau-de-vie de cerises noires ou merises. KwAs, boisson russe, faite de farine de seigle fermentée. Marasquin {amara cerasus?) espèce de kirscb qui se fait en Illyrie et sur les bords de l'Adriatique, avec des marasques, sortes de cerises ou de griottes très petites. Marquise, mélange de vin blanc, d'eau-de-seltz, sucre, citron. xMastic, eau-de-vie de ligues de Barl)arie, fruit du cactus. MÊLÉ, mélange d'eau-de-vie et de liqueur. (Yadé, 177o.) MuLsuM, mélange de vin et de miel, que les Romains buvaient avant le repas.
Poiré, jus de poire fermenté.
PuLQUE, Ijoisson faite au Mexique a\ec l'aloès.
BON loi
Rack, alcool de riz fermenté.
Rhum, alcool du jus fermenté de la canne à sucre.
Snap, eau-de-vie danoise.
Sarki, eau-de-vie de riz au Japon.
Saxjris, vin de Madère, tlié, sucre, citron, cannelle ; boisson aromatique des Antilles.
SoRBKT, boisson glacée : de sorbere, boire, absorl)er.
SuissEssK, mélange d'absintlie et d'orgeat, I)oisson plus douce que l'absintlie suisse, et destinée aux dames.
WisKi ou f/in, alcool de céréales fermentées, contenant 54 0/0 d'alcool pur ; en usage chez les Américains.
Boiter, manière de margher vicieuse, due au dérangement de la boite de l'articulation du genou. En provençal goï, boiteux, d'où : aller de guingois (?).
Boléro, du latin ballare, par l'Espagnol.
Le i)oléro se danse à deux personnes ; son mouvement est moins vif et plus no])le que celui du fandango.
Bombe, du grec bombas, liruit. Onomatopée du liruit que fait la bombe en éclatant.
Schloppetus tuflaf, bombom coJobrinu sboronat. (L'escopette part avec des tuftaf, la couleuvrine avec des bomliom.)
— La bombe et le mortier furent inventés par Malatesta, prince de Rimini, mort en 1417.
— Arriver comme une bomlie : à limproviste. Gare la bombe ! se dit d'un danger à éviter.
Bon, bonum.
A quelque chose malheur est bon.
A quoi bon ? Cui boiio f (Cicéron), à qui cela est-il utile ? Ces mots étaient souvent en usage à Rome dans les débats judiciaires, avec le sens de : « A qui le crime a-t-il profité ? » Actuellement : « A quoi bon ? » est la maxime des Epicuriens, des quiétistes et des ignorants.
Ci git Louis, le pauvre roi :
Il fut 1)011, dit-on, mais à quoi ?
{/->//. salir, de Lniii.t AT.)
Pour être assez bon, il faut l'être trop. i^Marivaux.) Il n'y a que les grands coeurs qui saciient combien il y a de gloire à être bon. (Fénélon.) Soyez bon, vous plairez. (Gresset.)