‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 85 sur 336 · BON · texte numérisé non relu

BON

Nul n'est aussi hon quïl se lait lui-même, ni aussi méchant que le ïont les autres.

Honnos gens font les lions pays; Hun cœur fait le bon caractère; Bons comptes font les bons amis :

Bon fermier fait la bonne terre ; Bons maîtres^ les bons serviteurs ; Le bon goût fait les bons écrits ; Bons maris font les bonnes femmes ; Bonnes femmes font bons maris.

— Il est bon comme le pain : il est trop bon. Il est si bon qu'il en est bête. C'est la bête du l)on Dion. C'est une bonne pâte criiomme : il est bonasse.

— Vous croyez l)onnement, est pour; vous croyez Ijêtement. Qui se fait brebis, le loup le ravit. (Meurier, .xvi« siècle.)

Qui se fait miel, les mouches le mangent.

— Bon-clirétien (poires de). Poires apportées d'Italie sous Charles VII, de Bonn Crustumina, nom d'une ville où ou les cultivait. Pline (liv. XV) fait mention de cette poire. (Voy. poire.)

— Bon enfant, liomme facile à vivre, accommodant.

L'if des jardins, ce pauvre arltre que l'on tourmente, dont on lait des boules, des vases, dos pyramides ; arbre bon-enfant qui se prête à tout, et dont naturellement on abuse. (A. Karr.)

Bonheur, de hon et heur, augurunn, bonne fortime.

Le ])onheur n'est qu'un plaisir partagé.

Il n'y a pas de bonheur pour les honnêtes gens.

Le l)onheur est une abstraction, un mirage insaisissalile, un fantôme après lequel on court, et qui ne prend un corps que dans nos souvenirs ou nos espérances.

— Le bonheur est dans le repos. Les vents et les tempêtes ne troublent que la surface du globe ; descendez au fond de la mer, vous trouverez le calme absolu. Elevez-vous dans l'atmosplière, au-dessus des nuages, vous trouverez encore le calme, l'immol»ilité.

Sur notre planète, le séjour de l'homme est la région des or.ages, et c'est une fiction qui ne manque pas de vérité, que de placer dans l'élévation des cieux et dans les abîmes de la terre, les lieux du repos éternel.

— On appelle volontiers meilleur ce qu'on n'a pas.

L'homme place son bonheur dans les choses impossibles, et son malheur dans les choses inévitables.

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— Le bonheur est un rayon de soleil que le moindre nua.Lie intercepte.

L'adversité est quelquefois la pluie du printemps. (Maxime arahe.)

— Le bonheur est une rbimère. c'est une idée abstraite et relative, que l'esprit ne saurait définir ni préciser. Les proverbes : « On ne saurait disputer des goûts » et « Cliacun prend son plaisir où il le trouve )) prouvent bien que le bonheur change selon les circonstances, les tempéraments, le point de vue.

Tout le bonheur consiste à porter de préférence nos regards sur ce que notre situation peut otTrir d'^ivantageux. (Lady Montagne.)

Le l)onlieur est roml)re de l'iiomme : souvenir, il le suit : espoir, il le précède. (Petit-Senn.)

Le l)onheur est d'avoir l)eaucoup de passions, et iieaucoup de moyens de les satisfaire. (Fourier).

L'élévation a son assujettissement et ses inquiétudes: l'obscurité, ses liumiliations et ses méprfs : le monde, ses soucis et ses caprices : le mariage, ses antipathies et ses fureurs ; l'amitié, ses pertes et ses perfidies : la pitié elle-même, ses répugnances et ses dégoûts ; enfin, par une destinée inévitable aux enfants d'Adam, chacun trouve ses propres voies semées de ronces et d'épines... (Massillon, S. sio' les afflictions.)

Le bonheur est pour les riches, la félicité pour les sages, la liéatitude pour les pauvres d'esprit. (Girard.)

— Jouir d'un bonheur sans nuages.

Bonhomme, paysan, homme du commun avant 1793.

— Jacques Bonhomme, surnom donné au Moyen-Age. par les seigneurs, aux paysans et aux liourgeois.

C'est Jacques supportant tout : taillable et corvéable à merci.

C'est le cultivateur, l'honnête ouvrier, proie ordinaire des gens de guerre qui vivaient à ses dépens.

Rabelais appelle Jacques Bonhomme, au ligure. \\\\ homme grossier, un paysan, un rustre revêtu de la jaque ou jaquette.

Le chef de la Jacquerie, révolte de 1318. s'appelait Jacques Bonhomme.

— Bonhomme comme bonhomie, vient de bonté, comme prud'homie de probité, ou plutôt de proz, bon et brave.

On dit encore, en bonne part : le bonhomme un tel, la bonne femme une telle, de personnes âgées, comme on dit le père X, la mère Y.

— Faux bonhomme, celui qui atïecte une bonté qu'il n'a pas.

— Petit Bonhomme vit encore. Jeu de salon, qui est une tradition

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do la fête des Lupercales (?), où des jeunes filles couraient en se passant de main en main un flambeau allumé, emblème de la vie.

— Si ne peuvent-ils faire qu'il n'arrive toujours quelque désordre par lequel le bonbomme est foulé. (Saint François de Sales.)

Bonnes (Être dans ses) : être de ])onne liumeur.

Vous ne poviez à beure venir plus opportune, ...nostre maistre est en ses lionnes : nous ferons tantost bonne clière. (Rabelais, IV, 12.)

Bonnet, de bon, à cause de quelque qualité.

Un a dit : cbapel de bonnet, puis bonnet ; comme cbapeau de castor, puis castor. (Littré.)Ou de Saint-Bonnet, nom de la ville où furent fabriqués les premiers bonnets de coton.

— Avoir la tête près du bonnet : être porté à la colère. ■

C'est l'équivalent de « avoir la tète cbaude », parce que la cbaleur du bonnet fait monter le sang à la tète.

C'est dans le même sens qu'on dit : « Vous m'écbaulTez la bile », et, dans le slang- parisien : « Vous me bassinez. »

— Jeter son ])onuet par dessus les moulins, se dit d'une femme qui se moque de l'opinion. Cette locution s'applique aux femmes d'une vertu équivoqne, amies d'une lil)erté d'action qui \a toujours jusqu'à la licence.

Il y en a qui dénouent les brides de leur bonnet, 'dès qu'elles aperçoivent seulement l'ombre d'un moulin.

— Bonnet de la liberté ; calotte grecque. Castor et PoUux sont les premiers qui l'aient porté. On les désignait sous le nom de pileati, et le bonnet s'appelait pileus. Cette coiffure était une allusion à l'œuf de Léda, dont irs étaient nés ; leurs calottes représentaient les deux moitiés de cet œuf. Plus tard, le bonnet pbrygien qui était la coiffure. des Partlies, devint la coiffure des esclaves atîrancbis, et le signe de la lil^erté reconquise.

— Gros-bonnet, c'est-à-dire grosse tète, gros personnage. Faire le grobis (Rabelais II, 30) : faire l'important.

Grobis venant de gros vis ou visage, s'est dit aussi pour gros fessier. C'est de grobis qu'est fait Rominagrobis, qui signifie Arménien à gros visage.

Bon sens. Lamartine a dit : • Le l)on sens est la moyenne de l'esprit bunuiin, dans tout l'univers et dans tous les temps. C'est certainement la qualité la plus précieuse dans la pratique de la vie ; on peut être sot avec de l'esprit, on ne l'est jamais avec du bon sens. »

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L'esprit est au bon sens ce que le luxe est au nécessaire. (M. G.) Il avait du bon sens, le reste vient après. (La Fontaine.) Le sens commun est le génie de l'humanité. (Gœtlie.)

Bonsoir, la compaonie. — Un lioronereoardait jouer à la paume, lorscju'une balle lui pocha l'œil qui lui restait ; sans s'émouvoir, il salua et dit : « Bonsoir, la compagnie... »

Bord, de l'ancien haut allemand horf, ancien gaélique bord, planche. Ce qui limite le vaisseau, d'où border (limiter).

— Cest un terme de marine, qui se prête à de nombreuses acceptions. Le bord se prend pour le navire tout entier. C'est aussi un des côtés du navire : tribord, bâbord, sont les deux lianes.

Signifie encore la route qu'on suit ; on court un l)ord dans telle direction, et les matelots disent « courir bon bord » ou « courir bordée », pour exprimer l'idée d'une escapade suivie de bombance.

— On se promène sur le Itord d'une rivière, et non sur les l)ords. Le colosse de Rhodes seul aurait pu se promener sur les bord? du

goulet où il posait les pieds.

De même on doit dire qu'on a rencontré quelqu'un dans la rue, sur le quai, plutôt que sur les quais, dans les rues.

Bord igné, dim. de borde, cal)aue.

Terme de pêche. Enceinte formée de claies, de perches, sur le bord de la mer, pour prendre du poisson ou en conserver vivant.

Bossu, jadis bochu : du provençal boche, Itoule.

Celui qui a une épaule mieux faite que l'autre (?).

L'ablié de Clérembault, qui était l)Ossu, fut nommé à l'Académie pour succéder à la Fontaine. On dit qu'il fallait Esope pour l'emplacer La Fontaine.

Bot (pied). En anglais bot signifie un corps arrondi. En suédois, il signifie tronqué.

Botte de paille, de foin : du grec ôo.vco, paitre : botanê, d'où botanique. C'est de là qu'on dit botte de foin, d'asperges, de légumes.

— Botte, bouciiou de paille, signe qui indique qu'une marchandise est à vendre. Spécialement, enseigne de marchand de vins. Dans ce cas, il vient peut-être de bottrine, qui s'est dit pour bouteille.

Une grosse botte de ce bon vin de Languegoth (Ralielais, IV, 43.)

— Avoir du foin dans ses bottes : c'est être riche : dans le même sens on dit qu'un cheval a de la litière jusqu'au poitrail.

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