‹ Dictionnaire de locutions proverbialesChapitre 9 sur 336 · ACA · texte numérisé non relu

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cela lui faisait plaisir », répondit-il. Un empereur romain, dont on avait mutilé les statues, dit : « Je ne me sens pas blessé. »

Absinthe, vert-de-gris liquide (allusion de couleur.) Boiro un verre d'alisintlie : étoulîer un perroquet. A la hussarde, en versant l'eau goutte à goutte. En purée, eu mélangeant l'eau et l'absinthe brusquement, moitié par moitié. Suissesse, absinthe et orgeat mélangés, boisson qui est plus douce que l'absinthe : s'appelle aussi bavaroise aux choux (allusion de couleur.) Panachée, mélange d'al)sinthe et d'anisette.

Abstinence. Latin abs, loin de, tenere, tenir.

S'alistenir et soiitïrir. (Epictète.) S'abstenir pour jouir. (Epicure.) Toujours du plaisir n'est pas du plaisir. (Sadler.) Il est plus facile de s'abstenir que de se contenir. (Fonten.) L'abstinence des sexes se confond quelquefois avec la sobriété (?). Le grand jeûne, dit saint Augustin, est rabsllnence des vices.

Académie. Ce mot vient à'Académos, dans les jardins duquel Platon rassemblait ses disciples. 11 sert à désigner toute réunion qui se propose d'encourager et de propager le travail intellectuel.

Le jardin planté d'arbres, où les philosophes s'abritaient, a fait dire à Horace (Epist. IL 2. 45) : « Afque inter sylvas Academt. cfuœt'ej^e venun. » C'est de là que Rabelais (Liv. II. C. 12) appelle l'Académie une forêt : « Penses-tu estre en la forest de l' Académie avecque les ocieux veneurs et inquisiteurs de vérité ? » C'est la traduction du vers d'Horace. Quant à cette qualification û'ocieux, elle a été prise volontairement par plusieurs académies, notamment par celle de Bologne, dont les memlires s'appelaient oriosi. (Johanneau.)

Académicien se dit d'un membre d'une société savante : académiste. de celui qui enseigne les exercices du corps.

L'Académie française, aréopage littéraire de quarante uu'iiibres. a été instituée, en '163o, par le cardinal de Richelieu, pour perfectionner le langage. Sa devise est une couronne de laurier avec ces mots : <( A l'immortalité. »

Le cardinal d'Estrées, devenu \ieux et infirme, demanda ({n'oii lui permît de faire apporter un siège plus commode que les chaises alors en usage à l'Académie. On en rendit compte à Louis XIV. qui. pour ne pas attenter à l'égalité des quarante immortels, fit apporter du garde-meuble quarante fauteuils.

Piron disait plaisamment, en passant devant le p;;lais de l'Académie française : « Ils sont là quarante qui ont de l'esprit comme

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quatre. » Fontenelle dit. après sa réception à l'Acadéinio : « Il n'y a plus que trente-neuf personnes qui aient plus d'esprit de moi... » L'Académie pourrait répondre à toutes les critiques qu'on lui adresse :

Quand nous sommes quarante, on se moque de nous, Sommes-nous Irentc-neul, on est à nos genoux.

Académie des Jeux lloi-aux. (Vo\ . Floraux.)

Acagnarder (s'), devenir paresseux, s'acoquiner: du lat. canis, cliien.

Je m'aeagnarde dans Paris Parmi les amours el les ris.

(BoisiioBKnr, Ejiitres.)

Je m'aeagnarde au cabaret ' Entre le blanc et le clairet.

(May.narij.)

Accent, du lat. accentus (ad cantus) : manière particulière à chaque peuple do prononcer les mots : sonus cocis. Les deux accents les plus prononcés en France, sont le normand et le provençal.

Ou appelle accents ai«"u, .arave, circonflexe, des signes de grammaire qui indiquent un son pluâ fermé ou plus ouvert, ou une contraction, une suppression de lettre dans un mot.

Les peuples asiatiques chantent ; les Allemands râlent ; les Espagnols déclament ; les Italiens soupirent ; les Anglais sifflent ; il n'y a que les Français qui parlent. (Bouhours.) Charles-Quint disait : « Il faut parler espagnol à Dieu, français à son ami. itahen à sa maîtresse, allemand aux chevaux, anglais aux oiseaux » : pour exprimer que ces langues se distinguent par la noblesse, la clarté, la douceur, la rudesse el le sifflement de leur prononciation.

Accident. Ce qui arrive fortuitement ; sert à désigner un fait malheureux de peu d'importance. Quand l'accident est grave, il prend le nom d'événement : un événement horrible, une catastrophe épouvantalde. un afTreux malheur, en réservant le mot accident pour les cas peu importants.

Accise, du lat. accidere. coupei- ; eu anglais, excise : impôt ancien analogue à nos contrihutious indirectes. (Yoy. Tailles.)

Accointances a i)ei-du son simple, acco/n/'. c'est-à-dire familier; du lai. ad rtnjuilarc. s'accointer.

Accommodement, capitulation de conscience.

Le ciel détend, de vrai, certains contentements: .Mais il est avec lui des accommodements.

(rarlullr. lV,f;j.j

Acn 11

Tous les charlatans de vertu n'appartiennent pas à rEùiise* : il y a aussi les cliarlatans de morale et de prol)ité : les cliarlatans en politique, en littérature, etc., et l'on peut croire que la race de Tartutle n'est pas près de s'éteindre.

Un Marseillais avait reçu, pour pénitence de son confesseur, de faire le pèlerinage de Notre-Dame-de-la-Garde avec des pois pointus dans ses souliers : trouvant la tâche trop pénihle. il lit ciiirc les pois avant de partir. .

Accommoder. Latin ad ruin, inodus, mesure, convenance : accommoder les viandes : les rendre commodes à l'usage (j'um condimentis) : les confitures, le hœuf à la mode ou à la daulte. Provençal adouhar, arranger, apprêter.

Accoucher. Littéralement mettre à la couche, au lit. Accoucher se dit par extension pour enfanter. En provençal s'accoucher, faire des cris de Mélusine, ponr mère Lucine. Mater Lucina, déesse des accouchements, de lux, lumière, mettre au jour. C'est le mal joli : quand il est passé, on en rit.

Accroche-cœur. Petite mèche de cheveux, en forme de crochet , que les femmes se collent sur les tempes, afin de se rendre plus séduisantes et d'accrocher ainsi les cceurs.

Accuser. Latin accusai^e , ^lq ad causa, mettre en cause, appeler en justice, hlàmer, incriminer.

Accuser réception d'une lettre, signaler... Accuser le contour d'un dessin: dans cet emploi, il ne signifie rien (?)■ (H signifie faire ressortir.)

Daguesseau disait : « Si on vous accuse d'avoir mis les tours de Notre-Dame dans votre gousset, commencez toujours pai- vous sauver. »

Accroupir, ad et croupe: croupir s'est dit pour accroupir. C'est proprement s'asseoir sur son derrière, sur son croupion (le derrière sur les talons) ; comme affaissé, de faix, être assis sur ses fesses (!) ou succoml)er sous le faix.

Acheter, has-lat. ad captiare, fréq. de capere, prendre. Acaptare se trouve dans les capitulaires de Gharlemagne. Capere vient, selon Scaliger, du syriaque /.«;)//. paume de la main, d'où captieux, qu'on a fait sien : ou du has-latin comparare, qui signifie acheter dans la loi salique et dans les capitulaires, parce qu'un achat est un rapprocliement de l'ohjet el du prix qu'on en demande. En provençal on dit. par métathèse, croumpar.

Achille. Le talon d'Achille. Achille n'était vulnéralile ([uau talon :

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