CAB
Ça, opposé à là, autrefois céans, léans.
On écrivait csa, avant l'usage de la cédille.
Or viens cza, que je te donne un tour de pigne. (Ral)elais, II, G.)
Cabaret, du latin capa, cai)ane, abri où l'on mange: comme taverne, de taberna, aliri en planches.
Cabinet, du latin Ijarbare cavinum, r. cavum, cavité, ou du kymris caban, maisonnette de chaume : plutôt que du latin capio, contenir.
Cf. caban, cappe : « Quod totum /lo/m'nem copiât. » (Saint Isidore.^
Chasuble, de casiihi : « Quia i?isfar casu/œ totum liominem tegebat. »
Lieux d'aisance. Il vient alors du grec kaptein, cacher (?).
Dans le Misanthrope, Alceste dit du sonnet d'Oronte : Franchement, il est bon à meUre au cattinet.
Le mot cabinet, du temps de Mohére, n'avait pas quelques-unes des acceptions actuelles ; en revanche, il en avait d'autres qu'il n'a plus. Il servait à désigner un coffret ou petit meuble de bois odorant où les femmes renfermaient les lujoux, les petits vers et les mille l)riml)orions qu'elles voulaient conserver.
Régnier dit des ouvrages futiles dont les gens sérieux dédaignaient la lecture :
Les dames, cependant, se fondent en délices, Lisant leurs beaux écrits, et de jour et de nuicl, Les ont an cabinet sous le chevet du lict,
(Sat. H.)
Molière se souvenait sans doute des vers du poète satirique, en écrivant le sien, et il devait être d'autant plus porté à lui conserver le sens que lui donne Régnier, qu'à cette époque une société de petits rimeurs à l'eau de rose s'était formée, sous le nom de cabinet, dans le but avoué de parfumer le monde de leurs poésies. (Yoy. La Bruyère. Edit. elzévirienne, t. I, p. 395.)
C'était aussi un meuble à tiroirs.
Caboche, tète dure, mauvaise tète, de Caboche, boucher de