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COMPRESSEUR

d’hui, ces appareils sont les plus usités. Dès que la pression devient trop douloureuse sous une première pelote, on comprime, au moyen d’une seconde pelote, un autre point du trajet de l’artère et on relâche la première. Ces compresseurs ont été, pour la plupart, décrits, figurés et discutés à l’article Anévrysmes (t. II, p. 260 à 446). Nous n’avons pas la prétention de rien pouvoir ajouter à ce long et intéressant article dû à la plume savante du professeur Richet. Nous y renvoyons le lecteur pour les compresseurs de Broca (t. II, p. 585), de Velpeau (p. 586) et de Miction, comme nous l’avons déjà fait pour ceux de Nélaton, de Signorini et de Charrière.

Deux compresseurs nouveaux ont été proposés depuis 1865. L 'appareil à pression élastique Mathieu (fig. 79) rappelle celui de Broca, dont il ne diffère que par le mécanisme. 11 se compose d’une gouttière matelassée munie à sa face externe d’une règle plate sur laquelle glissent les armatures que l’on peut descendre ou remonter à volonté, et que l’on fixe au moyen de vis de pression. Ces armatures , grâce à une charnière et à une vis de rappel B, peuvent varier leur inclinaison. Elles sont courbes, rondes, en acier poli, et sur elles, glisse le chapiteau C traversé par la tige de la pelote compressive. La tige

est lisse.

glisse

à frotte-

Fig. 7!l. — Appareil à pression élastique de Mathieu pour la compression continue et alternante de l’artère fémorale.

ment dans une mortaise ; une vis de pression la fixe lorsqu’elle est abaissée au degré voulu ; elle est pourvue d’une pièce mobile A, comme dans les appareils de Carte et de Broca , mais ici le caoutchouc est remplacé par des ressorts à boudin. La même clef fait mouvoir toutes les vis de ce compresseur qui, bien que compliqué, est d’un maniement facile.

L 'appareil de Benjamin Anger (fig. 80), se compose d’une gouttière A, en fil de fer bien matelassée et modelée sur les faces postérieures et latérales du membre. Les armatures C, C, C glissent sur une tringle B fixée aux côtés de la gouttière. Elles sont munies d’une vis qui les fixe II, et d’une pièce mobile G arrêtée par une vis et traversée par la tige D qui supporte

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la pelote compressive E, F. Les armatures sont très-rapprochées de la surface du membre,

Fig. 80. — Appareil de Ben). Anger pour la compression continue et alternante de l’artère fémorale. — K, Tumeur anévrysmale. — a, Artère fémorale repoussée en avant par le coin (M, lig. 82).

Fig. 81. — Coupe de la cuisse et de l’appareil au niveau de la deuxième pelote, montrant la disposition et l’effet du coin destiné à faire la contre-pression. — a , Artère fémorale. — l), Fémur.

de repousser l’artère vers la pelote compressive. Cet appareil nous semble plus simple que les précédents; il présente de meilleures conditions de fixité, son application a déjà été suivie de succès. Nous voudrions y voir ajouter des pelotes à pression élastique.

Tous ces compresseurs sont d’un mécanisme assez compliqué et partant

COMPRESSION. — COMPRESSEUR

dispendieux et difficiles à se procurer. Ils ne s’appliquent pas à tous les membres, ni même à tous les individus; et le chirurgien ne peut en faire bénéficier les classes nécessiteuses de la société, que s’il dispose des ressources d’un grand hôpital. Il fallait donc trouver pour le praticien un compresseur plus simple, peu dispendieux et facile à improviser. Nos expériences nous ont conduit à l’appareil suivant, au moyen duquel on peut facilement obtenir la compression continue, alternante et élastique de toutes les artères accessibles aux compresseurs que nous venons de décrire.

Appareil de l'auteur. — Nous entourons tout le segment du membre sur lequel doit porter la compression d’une couche d’ouate ou d’une bande de flanelle, puis de deux ou trois bandes, solidifiées au moyen de la dextrine ou mieux du silicate de potasse. Tout mélange solidifiable, un peu résistant peut remplacer ces deux substances. Le membre se trouve emprisonné, mais non comprimé dans un appareil inamovible, exactement moulé sur lui. La solidification une fois obtenue, nous dessinons sur la surface de l’appareil le trajet de l’artère, et sur ce trajet, nous pratiquons deux fenêtres ovales ayant les dimensions des pelotes compressives ordinaires. Nous taillons ces dernières dans du liège en leur laissant de 5 à 8 centimètres de hauteur, suivant la profondeur à laquelle elles doivent agir. Placées sur l’artère et séparées de la peau par la couche de coton cardé ou de flanelle, elles sont assujetties au moyen d’une bande en caoutchouc dont les tours, en se multipliant et en se superposant, augmentent à volonté la compression de l’artère sans comprimer le membre protégé par l’appareil. On peut, si on le juge nécessaire, placer en dedans des bandes solidifiées, le coin de bois de B. Anger, ou même l’appliquer en dehors de l’appareil qu’il déprime avant la solidification et le retirer lorsque la carapace a acquis une dureté suffisante.

Pour juger delà valeur comparative de cet appareil, voyons en quelques mots quelles sont les indications que doivent remplir les bons compresseurs : 1° Il faut que le membre soit bien maintenu pour que les pelotes compressives ne puissent pas se déranger : il est évident que l’appareil de B. Anger et le mien l’emportent à ce point de vue sur tous les autres. 2° La contre-pression doit porter sur une large surface, afin d’être moins douloureuse, un appareil moulé sur le membre arrivera plus sûrement à ce résultat qu’une gouttière matelassée. 5° La compression doit être énergique à volonté et élastique : je puis lui donner toute l’énergie voulue sans la priver d’élasticité, en multipliant les tours de la bande en caoutchouc, qui passe sur les pelotes. 4° Enfin, la compression doit être continue et alternante : je change de place à volonté mes pelotes compressives et je peux même facilement les multiplier. L’immobilité du membre n’est plus indispensable pendant la compression, et tout individu, même étranger à l’art, peut être chargé de placer et de serrer les pelotes, car il est impossible de les mettre à côté du trajet de l’artère, à côté des fenêtres qui sont taillées pour les recevoir.

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BIBLIOGRAPHIE

Quant à l’étude critique de l’emploi des compresseurs et des services qu’ils sont aptes à rendre, elle a été faite en partie à l’article anévrysme , et elle sera continuée au sujet des hémorrhagies.

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Ch. Sarazin.

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