CŒUR. — PATHOLOGIE GÉNÉRALE I COMPLICATIONS
aux obstacles mécaniques. Que la congestion soit active, qu'elle soit passive, il y a toujours une condition nécessaire à sa production : c’est que le système capillaire de l’organe où elle se manifeste se laisse distendre par le sang. Or, la facilité plus ou moins grande avec laquelle cette distension s'accomplit, dépend et du degré de résistance propre cà chaque tissu et de l’innervation vaso-motrice. Aussi les hyperémies n’ont-elles rien de fatal. Elles sont sujettes à de nombreuses oscillations, augmentent et diminuent dans un même organe, sans qu’il soit toujours possible de s’en rendre compte par l’obstacle au courant veineux; elles disparaissent souvent dans un organe pour se porter sur un autre, de sorte que l’on pourrait croire à une espèce de balancement, et qu’il est peut-être prudent quelquefois d’accepter les congestions dans les points où elles ont le moins d’inconvénients comme une sorte de sauvegarde pour des organes plus essentiels à la vie.
Certains viscères sont plus prédisposés que d’autres aux hyperémies passives. En première ligne se place le poumon, ce qui tient, sans aucun doute, à ce que la petite circulation, grâce à sa proximité, ressent immédiatement le contre-coup des lésions du cœur gauche, les plus fréquentes de toutes. En second lieu se rencontre le foie, organe éminemment dilatable, et qui se ressent, le premier, de tout obstacle au dégorgement de la veine cave inférieure.
Il semblerait qu’étant donnée une lésion du cœur gauche, un rétrécissement de la valvule mitrale, par exemple, la congestion secondaire du foie dût supposer de toute nécessité, comme intermédiaire, la congestion préalable des poumons, puisque le ralentissement circulatoire a dû 'se faire sentir dans les veines, puis dans les artères pulmonaires, avant de produire ses effets sur le cœur droit et consécutivement sur la glande hépatique. C’est, en effet, ce qui arrive le plus ordinairement. Mais on peut citer nombre de cas dans lesquels cet intermédiaire semble faire défaut; et c’est un des exemples que l’on peut citera l’appui de l’indépendance des congestions locales, à laquelle nous faisions allusion à l’instant, et qui n’est elle-même qu’un corollaire de l’indépendance des circulations locales à l’état physiologique. Il serait facile de multiplier ces exemples.
-° Inflammations. — Les inflammations qui se développent dans le cours des maladies du cœur peuvent être franches, légitimes : ainsi, il n’est pas rare d’observer, dans ces circonstances, des pneumonies lobaires qui suivent leur évolution habituelle et se terminent par résolution du huitième au dixième jour, et qui n’ont de remarquable que la facilité avec laquelle elles sont contractées sous l’influence du moindre refroidissement.
Cependant, ce n’est point ainsi que les choses marchent pour l’ordinaire. La plupart des phlegmasies que l’on a l’occasion d’observer chez les sujets porteurs d’affections cardiaques, ne sont qu’un résultat secondaire de la congestion. Elles lui empruntent une marche subaiguë, ou même une notable tendance à la chronicité. Presque jamais elles ne se