CŒUR. — RÉTRÉCISSEMENT AVEC INSUFFISANCE DE L’ORIFICE MITRAL
tantôt sous forme de sang pur, tantôt caractérisée par une expectoration plus ou moins analogue aux crachats rouillés de la pneumonie, mais moins aérée et toujours striée de quelques filets sanguinolents. Celte variété de crachats est en rapport avec les infarctus hémoptoïques et l’induration pigmentée du poumon. On conçoit d’ailleurs avec quelle facilité doivent se produire ces hémorrhagies des voies aériennes, depuis la simple exsudation de matière colorante du sang jusqu’aux noyaux d’apoplexie les mieux caractérisés, quand on songe que le sang de la petite circulation se trouve en quelque sorte comprimé entre deux forces antagonistes : celle du ventricule droit, portée au delà de ses limites normales, et celle du cœur gauche s’étendant par régurgitation jusqu’aux veines pulmonaires#
Ces diverses complications du côté de l’appareil respiratoire constituent l’un des modes les plus fréquents de terminaison fatale dans l’insuffisance mitrale.
Rétrécissement arec insuffisance de l'orifice mitral. —
Après tout ce qui précède, il serait désormais superflu d’insister sur ce fait, que l’association des deux lésions, rétrécissement et insuffisance, est, sans comparaison, plus fréquente que l’existence de l’une à l’exclusion de l’autre. C’est même par une analyse un peu artificielle qu’il nous a été possible de les séparer. Cette analyse était nécessaire : la synthèse sera maintenant bien facile. Nous avons étudié en détail l’altération anatomique qui donne le plus ordinairement naissance au résultat complexe qui nous occupe en ce moment. Contentons-nous de rappeler que, par suite de la soudure des deux moitiés de la valeur mitrale, l’orifice se trouve transformé en une sorte d’entonnoir rigide, dépourvu de toute mobilité, permettant au sang un mouvement de va-et-vient, et disposé de telle sorte, que le point de communication entre l’oreillette et le ventricule se trouve descendu, et rapproché de la pointe du cœur.
Au point de vue du fonctionnement du cœur, on peut dire, en thèse générale, que les conséquences fâcheuses de l’insuffisance s’ajoutent à celles du rétrécissement. Le reflux dans l’oreillette aggrave la stagnation du sang en amont de l’orifice rétréci, et cette double cause contribue par là même à diminuer la tension du sang dans le système artériel.
L’hypertrophie avec dilatation du cœur droit, la distension de l’oreillette gauche, concourent à donner à l’ensemble de l’organe cette forme globuleuse sur laquelle nous avons appelé déjà l’attention du lecteur. Quant au ventricule gauche, il présente les caractères intermédiaires à ceux que nous avons cherché à faire ressortir pour le rétrécissement et pour l’insuffisance. Il y a, au surplus, tant de variétés dans les cas individuels, pour mille raisons faciles à comprendre, que l’on s’exposerait à être démenti par les faits, si l’on voulait donner, à cet égard, des règles trop précises. Le résultat général est, en définitive, une augmentation du volume total du cœur, surtout dans ses diamètres transversaux, avec inclinaison de sa direction dans le sens horizontal.