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NÉVROSES

Voyez la bibliographie des articles Angine de poitrine, Goître, Svncope.

Maurice Raynaud.

COLCHIQUE. — Histoire naturelle. — Le genre Colchique ( Col chicum ), de la famille des Colchicacées, renferme plusieurs espèces - mais celle qui est le plus souvent utilisée, en médecine, est celle qu’on désigne sous le nom de Colchique d’automne (C. ctulumnale Linn.), et à laquelle on adonné plusieurs surnoms, entre autres ceux de : Safran des prés, Tuechien, Flamme nue , etc. C’est une plante très-commune, trop commune même, et qui est fort remarquable en ce qu’elle ne présente jamais simultanément ses fleurs et ses feuilles. Ses fleurs se montrent les premières et émaillent nos prairies en septembre et octobre, ses feuilles au contraire ne paraissent qu’au printemps au moment de la complète maturité des fruits. On lui a donné le nom de Colchique cà cause, dit-on, de l’abondance avec laquelle elle croît en Colcbide.

Description. — Les fleurs présentent les caractères suivants : elles sont d’un violet-rose et se disposent, comme H. Bâillon l’a signalé lepremier,

682 COLCHIQUE. — description.

en cimes unipares scorpioïdes (fig. 58). Elles ont un périanthe simple, à six divisions ovales, lancéolées, de 2 et 5 centimètres de longueur, étalées à la partie supérieure, réunies inférieurement en un tube très-long qui est directement porté par le bulbe.

Sur la gorge du périanthe, on trouve six étamines alternes avec ses divisions ; ces étamines sont composées de filets filiformes qui supportent des anthères allongées, vacillantes, s’ouvrant par deux fentes longitudinales. Le pistil présente un ovaire situé au fond du tube ; cet ovaire possède trois loges remplies d’ovules portés sur un placenta axile; trois styles très-déliés parcourent toute la longueur du tube et arrivent à la hauteur des étamines. Pour s’élever ainsi à ce point, où s’opère la fécondation, ils se sont aidés des trois étamines qui leur correspondent, en s’accrochant à elles à l’aide de leur extrémité recourbée. Si, à ce moment, on examine les organes de végétation, on les trouve représentés par un bulbe plein, par des racines fibreuses-fasciculées et par des feuilles qui, nées avant les fleurs, se sont arrêtées dans leur développement.

Pendant l’hiver le périanthe disparait et avec lui l’androcée et les styles; l’ovaire fécondé reste sous le sol, grossit peu à peu, puis bientôt sort de terre, s’élève à son tour et apparaît en février et mars, entouré par les feuilles qui, enlin, commencent à se manifester et à vivre. Ces feuilles sont grandes, planes, glabres, ovales, lancéolées, d’un beau vert, longues de 12 à 15 centimètres, larges de 2 cent. 1/2, s’embrassant les unes les autres par leur pétiole élargi, s’étalant à la partie supérieure en une rosette au milieu de laquelle est le fruit. Ce fruit est une capsule triloculaire, trilobée, qui se sépare du sommet vers la base en trois valves par trois fentes longitudinales, laissant échapper un grand nombre de graines petites, arrondies ou ovales, rugueuses, mates, d’un brun noirâtre, s’approchant de la teinte de suie. Elles sont pourvues d’un arille, court, renflé, spongieux de la même couleur que la graine ou plus foncé. Le bulbe est alors devenu mou et flasque; il a tini sa vie, mais il donne à l’aisselle de l’une des feuilles un bourgeon latéral qui grossira pendant la belle saison et fleurira au mois de septembre suivant.

On utilise en pharmacie le bulbe, les graines et les fleurs. Le bulbe tel

Fig. 58. — Colchique d’automne ( Colchicum aultnnnale Linn.).

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