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LUXATIONS

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CLAVICULE

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CLIMAT

CI* l MAT. — Le mot climat (du grec y.A'gx, région) n’a pas la même acception dans toutes les sciences: pour les astronomes, c’est une bande de terre comprise entre deux cercles parallèles à l’équateur; pour les météorologistes , une zone dont tous les points présentent les mêmes conditions de température; les botanistes et les agriculteurs fondent leurs distinctions sur la llore, ou le genre de culture des différentes contrées qu’ils étudient; le médecin ne peut adopter aucune de ces bases. Pour lui, l’étude des climats ne se résume même pas dans celle des influences atmosphériques; l’envisager ainsi, c’est faire, d’une question d’hygiène, une question de météorologie. Le globe et l’air qui l’entoure réagissent perpétuellement l’un sur l'autre, et les êtres organisés, placés au point de contact, subissent toutes les conséquences de ce conflit. La configuration du sol, son orientation, les miasmes qui s’en dégagent, la présence des grandes masses d’eau, la direction des courants marins, modifient de la manière la plus puissante la température, l’état hygrométrique et la pureté de l’atmosphère. Ces trois conditions sont inséparables pour le médecin. La climatologie comprend donc, à la fois, l’étude de l’air, des eaux et des lieux, ainsi que ses applications à l’hygiène et à la pathologie; c’est ainsi qu’Hippocrate l’avait comprise, c’est ainsi que nous l’entendrons à notre tour, et nous désignerons, sous le nom de climats, les différentes parties de la surface du globe qui présentent les mêmes conditions physiques et qui réagissent' de la même manière sur la santé de leurs habitants.

Ainsi envisagée, l’étude des climats est une des branches les moins avancées de l’art de guérir et la plus difficile à aborder, parce que tout y est à refaire. Il est impossible de continuer à marcher dans la voie qu’on a suivie jusqu’ici, et les indications manquent pour en tracer une nouvelle. Il y a un demi-siècle, ces questions paraissaient simples et faciles à traiter; on se bornait à disserter sur les effets connus du chaud et du froid, du sec et de l’humide, en appliquant ces données aux trois espèces de climats qu’on avait" créés de toutes pièces, à l’aide de coupes arbitraires. L’été de la France servait de type pour les pays chauds, son hiver, pour les pays froids, les saisons intermédiaires, pour les pays tempérés. Plus tard, lorsqu’on ne se contenta plus de banalités pareilles, quand on voulut faire intervenir l’observation dans l’étude de ces problèmes , on partit de ce principe erroné, que le température décroît régulièrement de l’équateur au pôle, et que tous les pays situés sous la même latitude jouissent du même climat. Dès lors, on prit pour type ceux qui étaient le moins imparfaitement connus : les Antilles représentèrent les pays chauds ; la France, les pays tempérés; et les contrées du nord de l’Europe, les pays froids. Il n’est plus possible aujourd’hui de procéder de cette façon. Tout le monde sait qu’il n’y a pas deux localités qui soient semblables, qu’il suffit de l’interposition d’une chaîne de collines, d’un lac ou d’un bras de mer, pour établir des différences radicales dans le climat de deux points rapprochés, et que, dans la même ville, tous les quartiers n’ont pas la même valeur hygiénique. La nécessité de changer de méthode est donc

CLIMAT

évidente, mais quand on veut en adopter une autre, on se trouve en face de deux difficultés à peu près insurmontables : la première résulte de l’impossibilité de faire entrer dans un cadre de généralités des éléments aussi dissemblables ; la seconde consiste dans l’insuffisance des matériaux dont on dispose. Pour comprendre à quel point la climatologie est peu avancée, il suffit de jeter un coup d’œil sur le globe et de comparer le petit nombre de points que nous connaissons, à l’immense étendue des contrées vierges encore d’observations sérieuses. Ces obstacles ne sont pas de ceux que peut surmonter un effort individuel; ce sont les faits qui font défaut, et pour les recueillir il faut du temps et le concours patient d’un grand nombre d’observateurs. En attendant que cette œuvre soit accomplie, la probité scientifique fait un devoir de n’aborder ces questions qu’avec une extrême réserve, car en hygiène, comme en pathologie, dans tout ce qui touche à l’étude de l’homme, dix lacunes valent mieux qu’une erreur. 11 semblera surprenant, peut-être, que nous parlions de voies nouvelles à tracer, de renseignements à réunir, lorsqu’il a paru, depuis vingt ans, un si grand nombre de travaux sur le su jet qui nous occupe ; mais cet étonnement cessera si l'on songe que presque tous les médecins qui en ont fait l’objet de leurs études, ne l’ont envisagé que sous un seul point de vue et n’ont traité que le côte thérapeutique de la question. Elle se résume, pour eux, dans la recherche des conditions susceptibles de prolonger l’existence des phthisiques et dans la détermination des localités qui leur conviennent. C’est Là, sans doute, une intention louable, mais la climatologie nous paraît avoir une mission plus étendue que celle-là. Pour nous, son véritable terrain c’est l’hygiène générale, son but c’est la prophylaxie. Guider les populations dans ce grand mouvement d’émigration qui commence à peine et qui est la voie de l’avenir; diriger les gouvernements dans leurs entreprises de colonisation, dans le choix de leurs stations militaires et du siège de leurs comptoirs commerciaux; indiquer aux différentes races les pays qu’elles peuvent habiter sans péril et ceux dont elles doivent fuir le séjour; fixer le cadre nosologique de chaque contrée, signaler les maladies qui y régnent et les moyens de s’en prémunir : telle est, à notre sens, la véritable mission de la climatologie et la voie dans laquelle elle peut rendre le plus de services. L’histoire des colonies européennes ne nous offre qu’une longue suite de désastres, que des notions plus exactes auraient permis d’éviter. De pareilles erreurs se traduisent par d’immenses sacrifices d’hommes et d’argent, et chacune de ces fautes a coûté plus d’existences que to.utes les stations médicales réunies ne pourront jamais sauver de malades.

Telle est la pensée qui nous a dirigé dans la rédaction de ce travail. Nous n’avons pas la prétention de remplir un pareil programme, mais nous aurons accompli notre tâche, si nous sommes parvenu à montrer le but et à planter quelques jalons sur la route qui y conduit.

NOUV. DICT. MÉD. ET CIIIll.

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