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COMA. — DÉFINITION ET HISTORIQUE

nant que de tous temps les médecins aient étudié ce symptôme. Seulement il s’en faut de beaucoup que tous l’aient considéré de la même manière, et surtout que tous l'aient regardé comme un symptôme. En effet, à propos du coma, comme, du reste, à propos de presque tous les phénomènes morbides, les anciens voyaient une maladie, une véritable entité morbide, là où aujourd’hui nous ne voyons qu’un simple phénomène. Seulement, il faut dire en toute justice que si, au point de vue de la pathogénie, leurs travaux sont nuis pour ainsi dire, il n’en est pas moins vrai qu’ils savaient tirer de l’apparition d’un symptôme, de sa marche, des déductions diagnostiques et pronostiques qui, même de nos jours, ne sont pas dénuées d’intérêt. Je ferai remarquer, en outre, qu’ils considèrent le coma comme une perturbation du sommeil, qu’ils l’étudient à propos des modifications (pie présente cet état physiologique au même titre que l’insomnie. Du reste, la plupart des auteurs de notre époque suivent le même errement; quelques-uns à peine font une étude à part du coma. Toutefois je ferai une exception en faveur du docteur William Hammond. Cet auteur, dans un travail sur l’insomnie qu’il fait précéder d’une introduction sur la physiologie du sommeil, cherche à différencier le coma du sommeil en se basant sur l’état anatomique. Ainsi, pour lui, le sommeil est dû à une anémie cérébrale; il répond à l’état de repos du cerveau. Le coma, au contraire, est toujours produit par une congestion des vaisseaux du cerveau, distendu par un sang altéré par suite d’un trouble de l’hématose. Il y a, dit-il, compression et présence d’un sang chargé d’acide carbonique. Tout en admettant, comme cet auteur, qu’il faut établir une différence entre le sommeil et le coma, je crois qu’il est allé trop loin en voulant établir cette différence sur la congestion ou non congestion de l’encéphale. On verra en effet, lorsque je m’occuperai de la physiologie pathologique, que l’anémie cérébrale, tout aussi bien que l’hyperémie, donne lieu au coma, et non simplement au sommeil. Pour ma part, je crois qu’il faut faire intervenir une autre action, je veux parler de l’action des globules du sang et par suite de l’oxygène du sang qui, on le sait, est fixé par ces globules et par eux est distribué dans tous les éléments de 1’ organisme. Quoi qu’il en soit, le coma a frappé, ai-je dit, de tout temps l’attention des médecins.

Depuis Hippocrate jusqu’à nos jours, il n’est pas un auteur qui ne se soit occupé de ce phénomène morbide. Par conséquent, s’il me fallait les citer tous, s’il me fallait citer les opinions, rappeler les divisions qui ont eu cours dans la science, je serais obligé d’outre-passer les limites qui me sont données. Je dirai seulement, à propos d’Hippocrate, que ce médecin a bien connu ce phénomène, car dans l’un de ses aphorismes il s’exprime ainsi : « Après un coup sur la tête, la stupeur ou le délire sont de mauvais signes. » Je rappellerai de même que Prosper Alpin paraît être le premier qui ait insisté sur la compression des centres nerveux comme cause productrice du coma, et que Willis localisa dans la substance corticale du cerveau, qu’il considère comme l’organe de la mémoire, le siège des affections comateuses. Quant aux noms des autres auteurs, à l’indication

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