SCORBUT
A recevoir. — Tout proposant radicalement guéri d'une légère atteinte de scorbut ne paraissant pas devoir se renouveler.
A refuser. — 1° Tout proposant ayant eu une atteinte de cachexie scorbutique, fût-elle guérie en apparence.
SGROFULOSE
2° Tout proposant ayant eu une atteinte scorbutique légère ou grave, disparue au prix de traces indélébiles.
OBSERVATIONS
Dans la majorité des cas, le scorbut doit être considéré comme un antécédent fâcheux, nécessitant le refus des proposants.
Toutefois, lorsque le scorbut n'a pas atteint la période cachectique, sa gravité est considérablement amoindrie.
Mais le scorbut, sans être arrivé jusqu'à celle période ultime, laisse bien souvent des traces : douleurs névralgiques, faiblesse, atrophies musculaires, indurations de la région poplitée ou des muscles du mollet.
D'autre part, le scorbut laisse une prédisposition aux rechutes.
Ces diverses conditions sont évidemment peu favorables à l'acceptation des proposants."
Le médecin ne peut admettre que les proposants qui ont eu une légère atteinte scorbutique pendant une épidémie, par privation de végétaux frais : épidémies qui s'observent parfois sur les vaisseaux et dans les villes assiégées.
— Voir l'article : Purpura.
SGROFULOSE A recevoir, — 1° Tout proposant issu de pa-
SCROFULOSE
renls scrofuleux, s'il est sain et indemne de scrofulose.
2° tout proposant radicalement guéri d'accidents scrofuleux bénins (avec ou sans cicatrices d'écrouelles), non héréditaires, survenus dans l'enfance.
3" Tout proposant radicalement guéri d'accidents scrofuleux bénins, non héréditaires, survenus dans l'enfance, l'adolescence ou l'âge mûr, à la condition que ces accidents aient été limités à la peau (lupus excepté) et aux ganglions sous-cutanés.
A recevoir avec réserves. — i° Tout proposant âgé de 40 à 50 ans, radicalement guéri d'accidents scrofuleux héréditaires, survenus dans l'enfance.
2° Tout proposant, jeune ou âgé, issu de parents scrofuleux, indemne d'accidents scrofuleux mais présentant la complexion scrofuleuse.
A refuser. — '1° Tout proposant, jeune encore, atteint d'accidents de scrofuloso héréditaire.
2" Tout proposant, en parfaite santé, ayant eu autrefois des accidents graves de scrofulose héréditaire ou acquise : adénopathies profondes, caries, lumeurs blanches, mal de Pott, etc..
3" Tout proposant atteint de manifestations scrofuleuses graves ou souvent répétées.
OBSERVATIONS
La scrofule joue un grand rôle dans la pathologie humaine,
SCROFULOSE
Elle a une marche lente, mais elle laisse une empreinte indélébile à l'organisme, et présente une extrême gravité par suite des accidents souvent mortels qu'elle détermine.
La scrofule est une maladie de misère physiologique qui a de nombreux points d'identité avec la tuberculose.
L'hérédité a une influence marquée sur le développement de la scrofule; elle s'observe au moins dans le tiers des cas, surtout lorsqu'elle provient des deux parents à la fois ou alors du père seul plutôt que de la mère.
Tout sujet, issu de parents scrofuleux, n'est cependant pas fatalement voué à la scrofule.
D'autre part, la scrofule peut être héréditaire sans avoir existé chez les parents; beaucoup de sujets, en effet, naissent scrofuleux uniquement parce qu'ils sont issus d'un mariage entre consanguins, ou de parents affaiblis, soit par l'âge, soit par la cachexie tuberculeuse ou syphilitique.
La scrofule héréditaire se déclare toujours dès les premiers mois de la naissance; elle peut se montrer cependant jusque vers l'âge de lo ans. Après cet âge, elle devient tout à fait rare.
La scrofule acquise débute, au contraire, après la première dentition, principalement entre 8 et 7 ans.
Gomme lascrofulose héréditaire, elle survient rarement après la puberté; toutefois, elle peut apparaître exceptionnellement chez des sujets de 40 et même de 60 ans, n'ayant encore jamais eu le moindre accident héréditaire ou personnel.
SCROFULOSIC
Bien que la scrofule s'observe presque aussi souvent chez l'homme que chez la femme, il est certain que le sexe féminin y est un peu plus prédisposé.
En revanche, la femme est peut-être moins sujette aux formes graves que l'homme.
Au point de vue des assurances, il faut donc distinguer, tout d'abord, la scrofulose héréditaire et la scrofulose acquise, car la première est beaucoup plus grave que la seconde à l'exception de la scrofulose sénile.
En second lieu, il importe de s'enquérir de la gravité de la scrofulose pre'sentée par le proposant.
Qu'un proposant soit de complexion scrofuleuse, qu'il ait même été atteint de manifestations scrofuleuses cutanées ou ganglionnaires superficielles (écrouelles), il n'y a pas lieu d'y attacher grande importance, car à l'âge où se contractent les assurances sur la vie, la diathèse tend à s'éteindre plutôt qu'à se réveiller.
Qu'un proposant, au contraire, ait présenté ou présente encore des traces de scrofulose des ganglions bronchiques ou mésentériques, des os ou des viscères, il doit être impitoyablement refusé.
La scrofule, en effet, tue non pas tant par épuisement général que par adénopathie bronchique (phtisie caséeuse), adénite raésentérique (carreau, péritonite tuberculeuse), altération amyloïde des reins ou du foie, méningite tuberculeuse, sarcocèle tuberculeux, ostéites, nécrose et carie (tumeurs blanches, abcès ossifluents, abcès froids et par congestion,
SCROFULOSE
mal de Polt, etc.). C'est, d'ailleurs, le même motif qui rend la scrofule sénile si redoutable: elle ne donne généralement lieu à cet âge qu'à des manifestations graves.
En principe, on peut établir que la scrofule se manifeste, chez les enfants vers les yeux et les muqueuses, chez les adolescents vers les ganglions, et chez les adultes vers le tissu osseux.
Les scrofulides des ganglions sous-cutanés du cou (écrouelles) et des aisselles (abcès tubéreuxouhidrosadénites), celles des muqueuses (ophthalmies avec ou sans kératite, coryzas chroniques ulcéreux ou non avec ou sans ozène, amygdalites chroniques, vulvo-vaginites des petites filles, etc.) ne doivent pas être considérées comme susceptibles de faire refuser un proposant. Seule, parmi les scrofulides des muqueuses, l'otite chronique doit éveiller l'attention j car elle peut amener la perforation du tympan, la carie du rocher et des cellules mastoïdiennes avec ou sans accidents méningo-encéphaliques mortels.
L'eczéma, l'impétigo scrofuleux ne sont également pas des causes de refus. Le lupus, au contraire, ne doit jamais être accepté.
Ajoutons que la scrofule donne souvent un cachet de gravité tout spécial à certaines maladies, ou bien se réveille à leur occasion et de bénigne qu'elle était devient maligne.
La syphilis est au nombre de ces maladies ; loin d'exclure la scrofule, elle s'associe volontiers à elle pour former une sorte de scrofulat de ve'role toujours
SPERMATORRHÉE
grave pour l'une et l'autre diathèse. La même observation est applicable à la tuberculose.
Lemiidecin ne doit jamais négliger de rechercher la coexistence de ces diverses aiïections.
— La mortalité annuelle de la scrofule, est, en moyenne, de 4 décès pour une population de ■100,000 habitants. Sur 100 scrofuleux adultes, des deux sexes, il en succombe environ 1 par ari; Le chiffre des décès est le même pour l'homme et la femme.
—Voir les articles : Abcès froids, Adénites chroniques, Carie, Nécrose, etc..
SPERMATORRHÉE
A recevoir. — 1° Tout proposant atteint de spermatorrhée imaginaire.
2° Tout proposant atteint de spermatorrhée physiologique.
3° Tout proposant atteint de spermatorrhée par irritation locale bénigne des voies génito-urinaires.
i" Tout proposant atteint de spermatorrhée neurasthénique, si l'état neurasthénique est sans gravité.
A recevoir avec réserves. — i° Tout proposant atteint de spermatorrhée par irritation locale modérée des voies génito-urinaires.
2° Tout proposant atteint de spermatorrhée neurasthénique intense.
A refuser. — Tout proposant atteint de sperma-
SPERMATORRHÉE
torrhée symptomalique d'une maladie du cerveau ou de la moelle.
OBSERVATIONS
Il ne peut être question ici que de la spermatorrhée pathologique, car la spermatorrhée physiologique n'est, en réalité, qu'un besoin de copulation et le résultat de la réplétion des vésicules séminales ; une véritable pléthore spermatique.
Cette variété, représentée par des pollutions nocturnes avec rêves erotiques ou par des pertes séminales survenant sous l'influence de la défécation ou de la miction, n'est que salutaire; les compagnies n'ont pas à s'en inquiéter.
Mais les descriptions qui ont été données de la spermatorrhée pathologique sont, en général, bien exagérées ; bon nombre de symptômes qui ont été mis sur le compte de cette maladie, doivent, au contraire, être envisagés comme causes de la spermatorrhée.
La spermatorrhée pathologique comprend plusieurs variétés : la spermatorrhée par irritation locale du canal (cystite, prostatite, etc.), la spermatorrhée par irritation nerveuse ( neurasthénie ) et la spermatorrhée par lésion cérébro-spinale.
La première variété est presque toujours sans importance; la seconde est liée comme pronostic à la neurasthénie elle-même ; la troisième étant l'indice d'une affection grave doit être indirectement considérée comme incompatible avec les assurances sur la vie.
SrVIYGMOGRAPllIE
Nous ne parlons pas des spermatorrhéiques iniaf ginaires ; ils sont nombreux , mais il n'y a pas lieu d'attacher la moindre importance à leurs do-
léances.
SPHYGMO GRAPHIE
OBSERVATIONS
Le sphygmographe de Marey permet d'enregistrer le pouls avec ses qualités de fréquence, de régularité, d'intensité et de forme.
Pour les lésions du cœur et des gros vaisseaux, le tracé du pouls présente des caractères tout à fait particuliers. Il n'est pas douteux que le sphygmographe puisse rendre de précieux services au médecin expert d'une compagnie d'assurances sur la vie, dans les cas où il peut avoir besoin de contrôler ou d'établir un diagnostic incertain.
. Le tracé du pouls normal donne d'abord une ligne verticale correspondant à l'afflux brusque du sang dans l'artère, puis un sommet produit par le léger temps d'arrêt qui sépare la distension artérielle de son retour à l'état normal, enfin, une ligne de descente oblique, brisée et présentant un ressaut. L'obliquité est due à ce que le retour de l'artère à ses dimensions normales se fait graduellement ; le ressaut tient à un léger temps d'arrêt occasionné par la difficulté que le sang éprouve à pénétrer dans le .système
Sl'HyGMOGR/VPHIE
capillaire; ce temps d'arrêt, aoininé dicrotisme, n'est appréciable au doigt que lorsqu'il est exagéré, comme dans la fièvre typhoïde,
Le tracé du pouls de l'artério- sclérose est caractérisé par une ligne d'ascension très courte, suivie d'un plateau horizontal très étendu et d'une ligne de descente très oblique, sans dicrotisme. Toutes ces particularités tiennent à la perte de l'élasticité artérielle.
Le tracé du pouls de l'insuffisance aortique est représenté par une ligne d'ascension verticale, très élevée, suivie d'une hgne de descente brusque formant un crochet très aigu à son sommet. La ligne ascensionnelle verticale est due à la brusquerie de l'expansion des artères, sous l'influence de l'ondée sanguine lancée par le ventricule hypertrophié; la chute brusque de la ligne de descente est la conséquence de la disparition subite de la pression artérielle, au moment où le sang vient à refluer dans le ventricule.
Le tracé du pouls de l'insuffisance mitrale est sans ampleur, très irrégulier et souvent dicrote.
Le tracé du pouls du rétrécissement aortique consiste en une ligne ascensionnelle courte. Il indique clairement que le sang éprouve une grande difficulté à pénétrer dans l'aorte.
Le tracé du pouls du rétrécissement mitral est petit et régulier.
SPINA-BIPIDA — SQUIRRUE
SPINA-BIFIDA
A refuser.
OBSERVATIONS
Le spina-bifida ou l'hyclrorachis n'est pour ainsi dii-e jamais observé par les médecins de compagnies d'assurances sur la vie, car cette affection amène le plus souvent la mort dès l'enfance.
Toutefois, dans des cas très rares, le kyste peut s'isoler. Il se produit une oblitération du pédicule et une atrophie de la tumeur, sous l'influence du développement de la peau et du tissu cellulo-graisseux sous-cutané.
Aussi a-t-on vu quelquefois des sujets de 30, 40 et même SO ans, atteints de spina-bifida. Le refus de semblables proposants est obligatoire, cela ne fait aucun doute.
SPIROMÉTRIE
Voir l'article : Poumons.
SQUIRRHE
Voir les articles : Cancer et Tumeurs.
STAPHYLOMES — SUCRE
STAPHYLOMES
OBSERVATIONS
Le staphylome ne doit pas être considéré comme une cause de refus; mais le médecin doit prévenir la compagnie du danger qu'elle encourrait, si le proposant atteint de staphylome opaque se décidait à faire énucléer son œil.
Cette opération n'amène généralement pas la mort; néanmoins elle peut survenir.
STOMATITES
OBSERVATIONS
La stomatite mercurielle est la seule qui mérite d'attirer l'attention du médecin.
Son pronostic est entièrement subordonné au degré d'hydrargyrisme dont est atteint le malade.
— Voir l'article : Hydrargyrisme.