SYNCOPE
A recevoir. — ' 1° Tout proposant sujet à avoir des syncopes purement émotives.
2° Tout proposant ayant eu une syncope à l'occasion d'une hémorrhagie accidentelle (épistaxis, blessure, métrorrhagie, etc.).
3° Tout proposant ayant eu une syncope due à la présence de vers intestinaux.
A receA'oîr aA^ec réserves. — Tout proposant sujet à avoir des vertiges d'estomac à forme syncopale, causés par un abus de tabac, de café ou de thé.
A refuser. — Tout proposant sujet à avoir des syncopes symptomatiques d'une affection cardiaque, artérielle ou pulmonaire.
OBSERVATIONS
Lorsqu'un proposant déclare qu'il a eu autrefois ou qu'il a encore des syncopes, le médecin doit, avant tout, se préoccuper de l'état fonctionnel du cœur, des artères et du poumon.
Si l'un de ces appareils fonclioniie mal, il est évidemment la cause des syncopes et l'assurance proposée doit être rejetée.
Si, au contraire, les syncopes sont d'origine purement nerveuse, le pronostic devient bénin. 11 faut citer les syncopes de l'hystérie et celles qui se produisent sous l'influence d'une joie ou d'une terreur vive et subite, ou bien encore à l'aspect d'un objet impressionnant (sang, reptiles, rats, etc.). Ces syncopes ne surviennent assurément que chez les personnes très nerveuses, mais elles n'ont point, malgré cela, de caractère grave.
La syncope peut être aussile résultat d'une hémorrhagie abondante ou prolongée. Si cette hémorrhagie est disparue depuis longtemps et si le sujet n'en ressent plus aucun malaise, il n'y a aucune espèce de danger à le laisser contracter une assurance sur la vie.
11 en est de même des syncopes qui peuvent survenir chez les sujets qui ont des vers intestinaux, ou qui sont prédisposés aux troubles digestifs.
Les syncopes du vertige stomacal et celles qui sont dues à l'abus du thé, du café ou du tabac, n'ont généralement point de gravité, à moins de circonstances spéciales.
Il faut ajouter, enfin, que les syncopes sont bien plus redoutables chez l'homme que chez la femme. L'impressionnabilité et le nervosisme de cette dernière l'y prédisposent singulièrement.
— Voir l'article : Vertiges.
SYNOVIl'ES CHRONIQUES 387
SYNOVITES CHRONIQUES
A. recevoii». — Tout proposant atteint d'un kyste synovial folliculaire, vulgairement, appelé gangli'jn.
A recevoir avec réserves. — Tout proposant indemne de lymphatisme, opéré et guéri d'une synovite séreuse chronique.
Arefaser. — 1" Tout proposant atteint de synovite séreuse chronique, avec ou sans grains riziformes.
2° Tout pi'oposant lymphatique ou scrofuleux, opéré d'une synovite fongueuse.
3" Tout proposant atteint de synovite fongueuse.
OBSERVATIONS
Les synovites ou ténosites chroniques comprennent deux variétés : la synovite séreuse chronique avec ou sans grains riziformes, et la synovite fongueuse.
La synovite séreuse est grave, car elle peut s'enflammer, amener des accidents de phlegmon diffus ou se transformer en synovite fongueuse si le sujet est lymphatique. L'opération, enfin, n'est pas sans gravité.
La synovite fongueuse étant, dans l'immense majorité des cas, tuberculeuse, est absolument incompatible avec les assurances sur la vie. Elle récidive
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souvent, alors même qu'elle a été extirpée en entier puis considérée comme guérie.
Quant au kyste synovial folliculaire, nommé encore ganglion, il n'est jamais une cause de refus pour les proposants, mais il faut bien se garder de le confondre avec la synovite.
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A recevoir. — i" Tout proposant sain, issu de parents syphilitiques.
2° Tout proposant, ancien syphilitique, n'ayant jamais eu que des manifestations cutanées et muqueuses, ou des syphilides bénignes de l'œil (iritis), du testicule (sarcocèle) et des os (périostite résolutive) parfaitement soignées en temps voulu, guéries sous l'influence du traitement et disparues depuis au moins trois années.
3^ Tout proposant atteint d'une syphilis récente, s'il paraît avoir une bonne santé générale, s'il se soigne convenablement et si l'infection dont il est imprégné semble légère, c'est-à-dire ne s'est révélée jusqu'alors que par un chancre bénin et. par des manifestations secondaires superficielles et rares (roséole non étendue à la face et aux extrémités, plaques muqueuses insignifiantes).
A recevoir avec réserves. — 1° Tout proposant, ancien syphilitique, ayant eu des accidents très sérieux sans être cependant vraiment graves,
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parfaitemont soignés en temps voulu, guéris sous l'influence du traitement et disparus depuis au moins trois années.
2" Tout proposant scrofuleux, arthritique ou impaludique, atteintd'une syphilis récente ou ancienne, s"il se soigne convenablement et si l'infection dont il est imprégné ne semble pas devoir prendre de caractère alarmant ou retentir d'une façon fâcheuse sur sa santé générale déjà médiocre.
3" Tout proposant, très vieux syphilitique, ayant eu, il y a au moins vingt à quarante ans, des accidents tertiaires graves ou non, radicalement guéris et ne paraissant pas devoir se reproduire.
A refuser. — i° Tout proposant syphilitique ayant ou ayant eu des accidents graves, précoces ou non: syphilis dénutritive secondaire profonde, syphilides ulcéreuses et phagédéniques, accidents tertiaires hépatiques, rénaux et surtout cérébraux.
.2" Tout proposant alcoolique, arthritique, scrofuleux, tuberculeux ou impaludique, atteint d'une syphilis ancienne ou récente ayant retenti d'une façon fâcheuse sur la santé générale ou ayant provoqué des accidents diathésiques scrofulo-tuberculeux, alcooliques, nerveux ou autres.
OBSERVATIONS
Les compagnies d'assurances sur la vie doivent se préoccuper vivement delà syphilis, à cause de-ses
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conséquences hére'ditaires et surtout de son pronostic d'avenir.
L'hérédité de la syphilis est toute-puissante.
Elle se manifeste presque toujours sous le mode homologue et se déclare dès les premiers mois de la vie ; il est exceptionnel de la voir survenir au cours de la seconde enfance, de l'adolescence ou de l'âge adulte.
L'hérédité suivant le mode indirect est rare cl encore discutable ; ainsi l'opinion de Parrof, qui veut que le rachitisme soit toujours la conséquence de la syphilis héréditaire, n'est pas admise par la majorité des médecins. Il en est de même de la théorie du professeur Fournier au sujet de l'ataxie locomotrice.
L'hérédo-syphilis commune, non tardive, est toujours viscérale, par suite très grave et presque constamment mortelle.
L"hérédo-syphilis tardive, est également grave et le plus souvent viscérale; elle se manifeste, par exemple, sous la forme d'une néphrite albumineuse dont la cause est bien souvent ignorée.
De ces faits, il résulte que l'hérédité de la syphilis, si importante en clinique, perd un peu de sa valeur au point de vue des assurances, puisqu'elle se montre presque toujours dès la naissance et que les cas tardifs restent bien souvent méconnus.
Neuf fois sur dix, il ne peut plus être question de la syphilis héréditaire à l'âge où les compagnies commencent à accepter les assurances.
Le médecin expert d'une compagnie doit, au
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contraire, chercher à apprécier le degré de gravité des manifestations syphilitiques du proposant, et surtout le danger que la diathèse dont il est atteint présente pour l'avenir.
Le pronostic des accidents actuels est, en général, facile à apprécier.
Les accidents primaires (chancre et adénopathie) ne présentent aucun danger par eux-mêmes.
Les accidents secondaires (syphilides muqueuses et cutanées) sont également sans gravité, quelque multipliés et terribles qu'ils soient. Quelques-uns cependant, doivent être considérés comme graves ; ce sont les avortements fréquents et surtout les troubles de dénutrition et de cachexie.
Les accidents tertiaires (lésions ulcéreuses destructives, ou viscérales) forment à eux seuls tout le danger de la syphilis.
Il est donc indispensable que le médecin interroge tous les proposants syphilitiques sur le début de leur maladie. De C3 début, en effet, il peut conclure approximativement à l'apparition future des autres manifestations. C'est environ vers le quarantecinquième jour après le début du chancre que surviennent les accidents secondaires, et vers la troisième ou quatrième année que se produisent les accidents tertiaires; ceux-ci peuvent se renouveler indéfiniment, au bout de dix ans comme au bout de cinquante ans ; ceux-là, au contraire, ne s'étendent pas au delà de la cinquième année.
Quant ?i\x pronostic d'avenir, le plus importante connaître puisqu'il repose sur l'éventualité tertiaire.
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il est impossible de rien formuler de précis à son sujet, car il présente une part d'inconnu considérable.
L'origine de la syphilis (transmission sévère par le chancre, ou transmission moins grave par les accidents secondaires) n'a aucune valeur pronostique. Il en est de même pour la bénignité ou la gravité du chancre et des accidents secondaires. Le pronostic des accidents présentés par la vérole, au début, ne permet, dans aucun cas, de prévoir celui des accidents futurs.
La nature du traitement suivi par le malade, sa durée et son efficacité, les soins hygiéniques habituels, l'état de la santé générale, sont les seuls points qui aient une réelle valeur pronostique et permettent au médecin de juger de l'avenir d'une syphilis.
11 y a 93 chances sur 100 de ne voir survenir aucun accident grave dans le présent ou l'avenir, si le sujet atteint de syphilis est jeune, vigoureux, issu de parents sains et de bonne santé générale antérieure: s'il a suivi le traitement spécifique avec succès et si son hygiène est bonne, exemple de surmenage, de misère et d'excès, surtout d'excès alcooliques.
Il y a, au contraire, toutes probabilités pour qu'il survienne des accidents graves de tertiarisme dans un avenir plus ou moins rapproché, si le sujet atteint de syphilis est chétif, nerveux, lymphatique, issu de parents délicats et de mauvaise santé générale antérieure: s'il a mal observé les règles du traitement spécifique ou si celui-ci n'a pas ou d'in-
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fluence curative, et si son hygiène est défectueuse par suite de surmenage, de misère, de privations, d'excès et d'alcoolisme, etc..
A ces principaux facteurs de gravité pour la syphilis, il faut ajouter l'influence exercée par le sexe, l'iigedu sujet, sa constitution etles tares organiques.
11 n'est pas douteux que la vérole soit toujours plus sérieuse (accidents nerveux et splanchniques) chez la femme que chez l'homme, en raison de la délicatesse de sa constitution.
La vérole, en outre, est toujours grave aux deux périodes extrêmes de la vie : chez les vieillards à partir de 50 et surtout de 60 ans, et chez les adolescents hommes et surtout femmes, mûris avant l'âge par une débauche prématurée. Dans ces conditions, la syphilis revêt dès l'apparition du chancre une tendance maligne, caractérisée par du phagédénisme, des éruptions profuses et généralisées, une disposition aux accidents tertiaires, de la dénutrition et de la cachexie qui abrège bien souvent la vie du sujet.
Quant aux maladies ou aux prédispositions morbides du sujet contaminé, leur influence est tout à fait néfaste. On peut affirmer que la vérole est toujours aggravée par les états diathésiques préexistants, qu'elle peut en réveiller les manifestations, qu'elle peut même faire naître ceux qui n'étaient encore qu'à l'état latent : le nervosisme, la scrofule et la tuberculose.
L'impaludisme et l'alcoolisme ne peuvent évidemment pas apparaître sous l'influence de la syphilis,
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mais leur coexistence est une complication des plus défavorables pour le pronostic.
La syphilis, enfin, devient souvent le point de départ de l'ataxie locomotrice.
Sur 100 syphilitiques il y en a au moins 5 et au plus 20 qui arrivent au terliarisme ; ce chiffre est important à connaître, puisque le tertiarisme constitue tout le danger de la syphilis.
Les accidents tertiaires de la peau, des muqueuses et du tissu cellulaire sous-cutané (gommes) sont de beaucoup les plus précoces et les plus fréquents; ils s'observent environ dans la moitié des cas. Ce ne sont pas les plus graves.
Les syphiloses du cerveau viennent ensuite pour la fréquence. De tous les accidents tertiaires ce sont de beaucoup les plus graves ; la mort est leur terminaison habituelle. Le médecin doit donc rechercher les moindres phénomènes nerveux chez les syphilitiques ; la diplopie, les céphalées violentes et répétées, les paralysies locales, surtout celles de la face, les convulsions épileptiformes partielles, Faphasie, sont autant de signes morbides qui doivent lui faire redouter la présence d'une syphilose cérébrale.
Les syphiloses osseuses sontbien moins communes. La carie des os du nez est à peu près la seule qui s'observe aujourd'hui ; elle survient, en général, dans les quatre années consécutives au chancre.
Quant aux autres syphiloses, elles sont assez peu fréquentes et très tardives. Il faut citer d'abord la syphilis du rein, puis celle du foie, du poumon et du cœur.
sviniiLis
En résumé, ou doit considérer que la syphilis est bénigne lorsque les accidents secondaires sont rares et plus courts que les intervalles de santé, et lorsque la diathèse s'est éteinte avant d'être arrivée au tertiarisine ; qu'au contraire, la. syphilis est grave lorsque les accidents secondaires sont nombreux, rapprochés ou subintrants (syphilis continue) , lorsque l'évolution de la diathèse ne se fait pas méthodiquement, hiérarchiquement, suivant ses trois étapes habituelles (syphilis maligne, précoce, avec empiétement de la période tertiaire sur la période, secondaire), lorsque l'état général du sujet est profondément altéré (syphilis dénutritive secondaire, cachexie syphilitique), lorsque le traitement spécifique cesse d'être curateur, lorsque enfin la syphilis se manifeste par des accidents tertiaires.
Ajoutons, enfin, que le pronostic est d'autant plus sombre que les accidents graves sont plus récents. Après 20, 30 ou 40 ans de santé parfaite, on peut considérer ces accidents comme éteints et admissibles par les compagnies d'assurances ; après quelques années seulement, ils doivent être un motif constant de refus.
— La mortalité annuelle de la syphilis est, en moyenne, de 12 décès pour une population de 100,000 habitants.
TABAGISME
A recevoir. — Tout proposant, fumeur, n'ayant jamais éprouvé le moindre trouble digestif et surtout cardiaque.
A recevoir avec réserves. — 1" Tout proposant, fumeur, ayant eu du psoriasis lingual léger.
2" Tout proposant, fumeur, sujet à des palpitations et à des intermittences, mais non atteint de lésion cardiaque.
A refuser. — Tout proposant, fumeur, ayant eu des douleurs vagues d'angine de poitrine.
OBSERVATIONS
L'abus du tabac a une influence marquée sur les fonctions digestives et surtout sur les fonctions cardio-aortiques ; il amène des vertiges, des palpitations, des intermittences, de l'aortite aiguë et des accès d'angine de poitrine.
En Espagne, où on fume beaucoup, la mortalité par affections cardio-aortiques est beaucoup plus grande qu'en France.
TABÈS — TENIAS
Cl. Bernard a démontré que la nicotine déterminait le spasme de tous les vaisseaux ; or, le plus léger spasme des coronaires peut entraîner la mort par ischémie cardiaque. Les phénomènes angineux tabagiques sont donc très graves. Les palpitations et -les intermittences cardiaques sont moins dangereuses, aussi les proposants qui en sont atteints peuvent-ils être admis par les compagnies, surtout s'ils renoncent à fumer, serment plus facile à tenir que celui des ivrognes.
Les accidents qui relèvent du tabagisme disparaissent très vite après la suppression du tabac, mais ils reviennent rapidement si le sujet recommence à fumer.
Quant aux troubles digestifs d'origine tabagique, ils n'ont guère d'intérêt. Seul, le psoriasis lingual, qui survient parfois chez les grands fumeurs, doit , nécessiter des réserves sérieuses de la part du médecin, expert, car il est souvent le prélude de l'épithélioma lingual des fumeurs.
— Voiries articles : Angine de poitrine, Intermittences Palpitations.
TABÈS
Voir les articles : Alaxie locomotrice, Maladie de Friedreich et Myélites chroniques.
T^ffiNIAS
Voir l'article : Entozoaires.