GOMMES
Voir l'article : Syphilis.
GOUTTE
A recevoir. — i* Tout proposant issu de parents goutteux, indemne de goutte et de toute maladie par ralentissement de la nutrition, âgé au moins do 3o à 40 ans.
"2" Tout proposant issu de parents goutleux, âgé au moins de 35 à 40 ans, indemne de goutte, mais atteint de troubles névropathiques légers (migraines, névralgies légères, dyspepsie, etc.).
3" Tout proposant non issu de parents goutteux, ayant eu, à intervalles très éloignés, un ou plusieurs accès de goutte limitée aux petites articulations, sans retentissement morbide viscéral, et soignée par une hygiène et un traitement appropriés.
A recevoir avec réserves. — 1° Tout propo-
sant issu de parents goutteux, indemne de goutte et de toute maladie par ralentissement de la nutrition, âgé seulement de 20 à 33 ans.
2° Tout proposant issu ou non de parents goutteux, ayant eu quelques atteintes de goutte très légères, mais de plus en plus rapprochées.
3° Tout proposant issu ou non de parents goutteux, ayant eu quelques atteintes de goutte très légères, mais compliquées de gravelle, sans coliques néphrétiques.
A refuser. — 1° Tout proposant issu de père et mère goutteux, entouré de parents ou d'enfants goutteux, ayant eu des accès de goutte locale ou non, et peu soucieux de sa santé.
2" Tout proposant issu ou non de parents goutteux, ayant eu quelques accès dégoutte compliquée d'accidents séi'ieux relevant du ralentissement de la nutrition.
3" Tout proposant issu ou non de parents goutteux, atteint de goutte viscérale, principalement artérielle et rénale.
4° Tout proposant non issu de parents goutteux, ayant eu plusieurs atteintes rapprochées de goutte compliquée de gravelle, et peu soucieux de sa santé.
La goutte est une des plus importantes manifestations de la nutrition retardée.
I/hérédité joue donc un rôle considérable dans son
ASSURANCES. g
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étiologie ; elle est similaire ou dissemblable, c'est-àdire qu'elle peut se transmettre à l'état de goutte ou sous l'aspect d'une des maladies qui relève du ralentissementdelanutrition(obésité, rhumatisme, asthme, diabète, gravelle, eczéma, lithiase biliaire, hémorrhoïdes, dyspepsie).
L'hérédité directe est de 44 p. 100 environ; elle se transmet surtout par le père.
La goutte héréditaire se manifeste prématurément, entre 18 et 20 ans; passé 40 ans, elle n'est plus à craindre. Pâtissier fixe l'âge moyen à 34 ans pour la goutte héréditaire, et 38 ans pour la goutte acquise.
Lorsqu'un sujet est prédisposé par naissance à la goutte, il est généralement atteint d'accidents prémonitoires : épislaxis fréquentes dans l'enfance; migraines, névralgies, dyspepsie avec pyrosis, accès d'asthme, éruptions psoriasiques ou eczémateuses, calvitie précoce, dysménorrhée, dans l'âge de la puberté. Mais, ces manifestations s'observent chez les enfants issus de parents goutteux ainsi que chez tous ceux qui sont nés de parents atteints d'une maladie quelconque par ralentissement de la nutrition; il est donc fort difficile d'affirmer qu'elles seront fatalement suivies de goutte. D'ailleurs, lorsque la goutte se borne à ces accidents morbides, elle prend le nom de goutte larvée.
La goutte est bien plus fréquente chez l'homme que chez la femme ; sur 14 goutteux, on compte 13 hommes et 1 femme seulement.
Enfin, la goutte est rare dans les pays chauds (les races noires et jaunes en sont presque exemples);
elle est fréquente, au contraire, dans les pays tempérés, surtout en Hollande et en Angleterre.
La goutte est une maladie qui procède par accès aigus, mais comme ces accès ont pour origine une dyscrasie sanguine (production excessive d'acide urique dans le sang, ou, plus probablement, formalion exagérée ou destruction trop lente des acides organiques), elle laisse sur l'organisme uneempreinte indélébile. C'est à ce titre qu'elle doit vivement éveiller l'attention des compagnies d'assurances sur la vie.
Les dépôts d'urate de soude (tophus) sont la caractéristique de la goutte chronique ; limités aux petites ou aux grandes articulations, ils constituent la goutte locale; étendus à d'autres tissus et, en particulier, aux principaux viscères, ils forment la goutte viscérale ou la goutte remontée.
Les tophus se développent fréquemment du côté de l'oreille, sur le bord libre de l'hélix et dans la rainure située entre l'hélix et l'anthélix. C'est toujours à cette région qu'il faut commencer par les rechercher. Mais tout goutteux n'a pas forcément des tophus; ce fait montre l'insuffisance théorique de la formation en excès d'acide urique dans le sang.
La goutte viscérale, ou, si l'on préfère, les coïn cidences morbides de la goutte, sont très périlleuses pour les compagnies d'assurances sur la vie; sur quatre goutteux il y en a environ un qui en est atteint.
Les accidents morbides du côté du cœur et des artères sont très graves : au cœur, ce sont d'abord des
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palpilations avec intermittences et oppression, puis de la stéatose avec dilatation pouvant amener la mort subite, soit par syncope, soit par rupture ; aux artères, c'est de l'atliéromasie et surtout de l'aortite chronique avec du rétrécissement des artères coronaires accompagné de phénomènes angineux. Les complications cardiaques sont peu communes; les complications artérielles, au contraire, sont très fréquentes.
Les manifestations goutteuses rénales sont encore plus fréquentes et peut-être aussi plus graves. Un goutteux sur trois est atteint de gravelle urique et parfoisde la piorre; à un degré plus avancé, il est pris de néphrite interstitielle, uratique ou non; à la dernière période, enfin, il n'est pas rare de constater l'apparition d'un cancer de la vessie ou du rectum.
Les accidents cérébraux peuvent être bénins ou sérieux ; les premiers consistent en vertiges, migraines céphalées, névralgies, etc., les seconds, en cncéphalopathie urémique, hémorrhagies cérébrales ou méningées, et sont le résutat d'une néphrite interstitielle ou d'une artério-sclèrose cérébrale.
La dyspepsie goutteuse avec pyrosis est très fréquente ; en général, elle se borne à quelques symptômes sans gravité, mais les crises gastralgiqucs peuvent simuler les coliques hépatique et néphrétique, ou les crises gastralgiqucs de l'ataxie.
Au foie, on observe la cirrhose, la stéatose, les congestions, etc..
Du côté des voies respiratoires, la goutte peut
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devenir la cause occasionnelle de la bronchite chronique, de la congestion, de l'empliysème, etc..
Le pronostic de la goutte est variable.
Un seul ou plusieurs accès éloignés, n'ayant déterminé ni déformations desjointures, ni manifestations viscérales, n'impliquent pas de gravité, surtout si le malade se soigne attentivement avec un régime et un traitement appropriés. La goutte chronique, au contraire, accompagnée de déformations articulaires et de troubles morbides viscéraux divers (surtout l'athéromasie et la néphrite interstitielle), doit être considérée comme très grave bien que la vie puisse parfois encore être assez prolongée. Quant à la cachexie gouttou.se, son pronostic est des plus sombres.
Comme un goutteux sur quatre est affecté de néphrite interstitielle, il est indispensable d'examiner les urines de tous les goutteux. Il faut rechercher l'albumine et la proportion des matériaux solides (surtout de l'acide urique) excrétés par les reins.
La quantité normale d'acide urique éliminée en vingt-quatre heures est de 40 à 80 centigrammes. Cet acide, étant presque insoluble dans l'urine, se retrouve généralement combiné à la soude à l'état d'urates plus solubles ; si l'ui'ine en contient un excès, il se dépose un précipité rouge brique d'urates acides ou d'acide urique libre qui adhère aux parois du vase.
Ce pre'cipité est composé de cristaux rouges très faciles à distinguer au microscope.
On peut encore reconnaître leur caractère par la
loi»
r.OUTTK
réaction de la murexide qui consiste à mélanger dans une capsule de porcelaine deux gouttes d'acide nitrique avec un peu de sédiment pulvérisé et à évaporer lentement jusqu'à siccité ; la tache jaune rougeâtre qui se forme devient rouge pourpre (murexide ou purpurate d'ammoniaque) si on la mouille avec de l'ammoniaque, et violet pourpre avec une solution de potasse.
Pour connaître le poids de l'acide urique contenu dans l'urine, on peut employer la méthode de Méhu. Cette méthode approximative consiste à multiplier par 2 les deux derniers chiffres de la densité de l'urine; le résultat obtenu indique la quantité d'acide urique pour un litre d'urine.
La méthode très exacte des pesées consiste à ajou ter 5 centimètres cubes d'acide chlorhydrique pur à 100 centimètres cubes d'urine. Après quarante-huit heures on recueille sur un filtre séché et taré les cristaux précipités ; on lave à l'eau, on dessèche et on pèse .
Le professeur Ch. Bouchard, qui a pesé l'acide urique total des urines excrétées par les goutteux en vingt-quatre heures, a trouvé, dans les périodes intercalaires des accès, des chiffres qui varient de 40 centigrammes àlK"-, 50 c'est-à-dire égaux ou notablement supérieurs à la normale.
Quant à la recherche de l'acide urique dans hsang, elle se fait par \e procédé dit dtc fil.
On place dans un verre de montre 6 à 8 grammes de sérosité de sang frais obtenu au moyen d"unc ventouse scarifiée, ou de sérosité de vésicatoire, on ajoute quelques gouttes d'acide acétique pour décom-