HÉMOPTYSIES
A recevoir. — 4" Tout proposant atteint d'hémoptysies supplémentaires incontestables.
2" Tout proposant ayant eu accidentellement une ou plusieurs hémoptysies, disparues depuis longtemps et dues sans aucun doute, soit à un effort de chant ou de coït, soit à la raréfaction de l'air pendant une ascension.
3" Tout proposant ayant eu accidentellement une ou plusieurs hémorrhagies boncho-pulmonaires survenues pendant une fièvre grave ou une maladie aiguë, et disparues depuis longtemps sans avoir laissé de traces.
A reccA'oir avec réserA^es. — Tout proposant vigoureux et sans antécédents héréditaires tuberculeux, ayant eu des hémoptysies de cause inconnue, disparues depuis très longtemps sans qu'il en soit résulté la moindre altération de sa santé.
A refuser. — Tout proposant ayant ou ayant eu une ou plusieurs hémoptysies symptomatiques d'une maladie pulmonaire (tuberculose) ou cardiaque.
OBSERVATIONS
L'hémorrhagie broncho- pulmonaire peut être légère {hémoptysie), très abondante {vomique ou vomissement de sang) ou foudroyante par suite d'une rupture d'anévrysmc ou d'une apoplexie pulmonaire grave.
L'hémorrhagie légère est la seule qui inte'resse les compagnies d'assurances sur la vie, les autres variéte's ne permettant pas aux malades de songer à s'assurer.
En géne'ral, l'hémoptysie est une contre-indication absolue à l'assurance sur la vie ; elle ne fait exception à cette règle que dans des cas très rares. Ainsi, on peut admettre exceptionnellement les hémoptysies supplémentaires des règles chez certaines femmes hystériques, puis celles qui surviennent chez les sujets atteints d'hémorrhoïdes. Il en est de même pour les hémoptysies accidentelles qui peuvent se produire pendant un effort exagéré, un coït prolongé, ou bien sous l'influence de l'air raréfié dans le cours d'une ascension.
Les hémoptysies consécutives à une plaie de poitrine ou à une fracture de côte avec enfoncement du parenchyme pulmonaire peuvent être acceptées par le médecin-examinateur, si elles n'ont duré que peu de temps et si elles sont guéries depuis plusieurs années sans avoir laissé de traces.
IIÉMOPTYSIES
Certaines hémorrhagies broncho-pulmonaires peuvent encore être admises, une fois guéries; ce sont celles qui s'observent dans le cours des fièvres graves à forme hémorrhagique, dans le scorbut, le purpura ou le vomito negro guéris.
Enfin, dans l'apoplexie pulmonaire, les hémoptysies qui résultent des infarctus hémoptoïques, ne peuvent être un motif de refus lorsqu'elles sont guéries, et que l'attaque apoplectique n'est pas due à une maladie grave comme l'alcoolisme, une affection cardiaque, une lésion cérébrale, une thrombose ou une embolie de l'artère pulmonaire, une néphrite, etc..
La même observation s'applique aux crachats sanglants de la congestion pulmonaire et aux crachats spéciaux de la pneumonie.
Quant aux hémoptysies qui surviennent sous Tinfluence des poussières irritantes (tailleurs de pierre, cardeurs de matelas, etc.), elles sont toujours très sérieuses car elles résultent d'une bronchite grave ( pneumokonioses).
D'ailleurs, l'hémoptysie est 99 fois sur 100 un signe de tuberculose pulmonaire au début. C'est donc à cette maladie que le médecin doit tout d'abord penser. L'hémoptysie s'observe ensuite dans la dilatation des bronches (1/6 des cas], dans la gangrène du poumon et dans le kyste hydatique pulmonaire.
Toutes ces maladies contre-indiquent formellement l'assurance.
Quelques signes physiques permettent de distinguer ces hémoptysies les unes des autres : l'hémop-
IIÉMORRUAGIKS
tysie tuberculeuse est repre'seiitée par un sang rouge, vermeil, aéré, mélangé à des crachats spumeux, rejeté surtout dans les quintes de toux; l'hémoptysie de l'apoplexie pulmonaire est caractérisée par le rejet d'un sang noir peu coagulable et peu abondant; le crachat du cancer pulmonaire a une teinte gelée de groseille ; le crachat de la gangrène pulmonaire a une couleur verdàtre et une odeur caractéristique ; dans le kyste hydatique du poumon, le crachement de sang n'arrive presque toujours qu'à la période ultime de la maladie.
En outre de ces signes, le médecin doit se guider sur les phénomènes stéthoscopiques et l'état du malade.
— Voir l'article : Conge&tion pulmonaire.
HÉMÛRRHAGIES BRONCHO-PULMONAIRES
Voir l'article : Hémoptysies.
HÉMORRHAGIES CÉRÉBRO-SPINALES
A recevoir. — Tout proposant issu de parents apoplectiques, s'il est jeune, non prédisposé à l'apoplexie cérébrale et indemne de toute tare diathésique.
A recevoir avec réserves. — Tout proposant légèrement pléthorique et issu de parents apoplectiques, s'il est jeune, indemne d'artério-sclérose
nÉMOHRlIA.UIES
et de toute tare diathésique, non entouré de frères ou de sœurs prédisposés à l'apoplexie cérébrale.
A refuser. — 1° Tout proposant issu de parents apoplectiques, ayant lui-même une tendauce à l'apoplexie cérébrale.
2" Tout proposant ayant eu une simple attaque de congestion ou une liémiplégic intense ou très légère.
OBSERVATIONS
Les hémorrliagies cérébro-spinales peuvent intéresser le cerveau, le bulbe, la protubérance, le cervelet et les méninges cérébrales (pachyméningile) ou spinales (hématorachis).
Ces variétés n'ont aucune espèce d'importance en matière d'assurances sur la vie, car elles sont toutes une cause absolue de refus.
Ce qui est capital, c'est d'abord l'influence de l'hérédité sur la pathogénie de l'hémorrhagie cérébrale ; ce sont ensuite les signes précurseurs qui peuvent faire soupçonner une prédisposition à cette maladie.
L'hérédité joue certainement un rôle dans l'hémorrhagie cérébrale. On voit parfois des familles s'éteindre de générations en générations par hémorrhagie cérébrale : les unes sont frappées d'apoplexie, les autres meurent après avoir été atteintes d'hémiplégie pendant plusieurs années.
L'hémorrhagie cérébrale peut survenir à toutes les
hémorrhagieS
périodes de la vie, mais elle devient d'autant plus fréquente que l'âge est plus avancé. Il faut donc tenir le plus grand compte de l'âge des proposants qui paraissent exposés à l'apoplexie cérébrale.
Le sexe a aussi une réelle importance ; l'hémorrhagie cérébrale atteint en moyenne 5 hommes contre 2 femmes.
La cause principale des hémorrhagies cérébrospinales est l'artério-sclérose qui elle-même est en^ gendrée par l'arthritisme, la syphilis, l'alcoolisme, le saturnisme, la goutte, les affections du cœur, etc. Tous ces points de pathogénie doivent être analysés avec soin par le médecin chaque fois qu'il est appelé à examiner un proposant prédisposé à l'apoplexie ou issu de parents morts de cette affection. Les sujets pléthoriques, au cou court, atteints de maux de tête, de vertiges, de bourdonnements d'oreille ou de somnolences sont tout particulièrement suspects.
— C'est de 45 à 80 et surtout de S8 à 7o ans que s'observe le plus grand nombre de décès par hémorrhagie cérébrale.
Il meurt en moyenne par an 124 sujets d'hémorrhagie cérébrale sur 100,000 habitants. Sur 100 malades adultes, des deux sexes, frappés d'hémorrhagie cérébrale, il en succombe environ 55 par an; sur 100 hommes, on compte 52 décès annuels ; sur 100 femmes, 61 décès.
— Voiries articles : Congestion cérébrale Pléthore.
170 IIÉMORRUAGIIÎS — IIÉMOKRHOIDES
,HÉMORRHAGIES CUTANÉES
Voir les articles : Hématidrosà, Hémophilie, Purpura et Scorbut.
HÉMORRHAGIES GÉNITO-URINAIRES
Voir les articles : Chylurie (pour l'hémato-chylurie), Dystocie et Grossesse (pour les hémorrhagie; puerpérales), Hémalurei, Hémoglobinurie et Métror rhagies.
HÉMORRHAGIES INTESTINALES
Voiries articles : Enlérorrhagiesel Hémorrhoïdes