ICTÈRE
A recevoir. — Tout proposant ayant été atteint (l'ictère simple catarrhal, consécutif à un refroidissement ou à une émotion morale.
A recevoir avec réserves. — Tout proposant ayant eu, ily a plusieurs années, une atteinte d'ictère avec coliques hépatiques.
A refuser. — 1" Tout proposant ayant eu de fréquentes atteintes d'ictère.
2" Tout proposant ayant eu une attaque d'ictère symptomatique d'une affection organique grave du foie (lithiase, rétrécissement du canal cholédoque ,
ICTÈKE
cancer, kyste, syphilis hépatique, cirrhose hypcrtrophique, etc...).
3" Tout proposant ayant eu une atteinte d'ictère survenue pendant un séjour dans les pavs chauds
4» Tout proposant ayant été atteint ou atteint cl ictère hémaphéique.
S" Tout proposant atteint d'ictère par intoxication phosphorée chronique.
OBSERVATIONS
Par lui-même, l'ictère n'a aucune gravité : son pronostic est entièrement subordonné à sa cause.
C'est ce point qu'il convient d'éclaircir, lorsque le médecin doit se prononcer sur la santé d'un prt.posaut ictérique ou ayant eu de l'ictère.
Il faut d abord savoir s'il s'agit d'un ictère véritable {ictère biliphéique) ou d'un pseudo-ictère {ictère hémaphéique).
L'ictère biliphéique, le plus fréquent des deux, peut se produire sous l'influence d'un catarrhe des voies biliaires (angiocholite catarrhale), d'un calcul biliaire (lithiase biliaire), d'un rétrécissement du canal cholédoque, d'un ulcère du duodénum, d'un cancer du pancréas, etc...
L'ictère hémaphéique dû, on lésait, à une imprégnation des tissus par l'hématosine des globules sanguins, peut se produire quand le foie a perdu sa propriété de transformer les hématies en pigment biliaire, ou quand le sang est primitivement altéré comme dans les grandes pyrexies ou les empoison-
ICTÈRK
neraeiils chroniques par le plomb, le phosphore, l'éther et le chloroforme.
L'absence de coloration jaune des conjonctives et de pigment biliaire permet d'éliminer toutes les affections susceptibles d'être confondues avec l'ictère. D'ailleurs, on connaît le teint spécial des cancéreux, des saturnins, des paludéens et des chlorotiques. ^
Lorsqu'un proposant a été atteint rapidement d'un ictère très foncé et persistant, il faut diagnostiquer un ictère par oblitération des voies efférentes de la bile (ictère catarrhal, ictère de la Uthiase).
Lorsqu'au contraire, le proposant a été atteint lentement d'un ictère progressif et définitif, il faut soupçonner un cancer ou un kyste du foie, un ictère hémaphéique.
L'ictère n'est point la règle dans les diverses maladies du foie : la syphilis hépatique, le cancer, l'hépathile, la cirrhose alcoolique, etc. . . Seule , la cirrhose hypertrophique s'accompagne dès le début d'ictère intermittent, tantôt jaune clair, tantôt jaune noirâtre.
Quant à l'ictère qui survi&nt chez les habitants des pays chauds, il faut généralement le considérer comme symptomatique d'une affection du foie ou de l'impaludisme. Il est donc incompatible avec les Assurances sur la vie.
Les ictères hémaphéiques sont également un motif de refus pour les proposants qui en sont atteints.
La recherche de la matière colorante de la bile se fait au moyen du procédé de Gmelin, qui consiste à verser quelques centimètres cubes d'urine dans un
ILÉUS — IMPALUDISME
verre à réactif, puis à laisser couler avec précaution le long de la paroi de ce verre 2 à 3 centimètres cubes d'acide nitrique jaune. Au point de contact des deux liquides, il se forme un anneau vert caractéristique; souvent aussi il se produit des anneaux bleu, violet, rouge et jaune, qui représentent les principes colorants de la bile, notamment l'indican.
Le procédé de Rosenbach consiste à filtrer une certaine quantité d'urine, puis à arroser le filtre avec de l'acide nitrique jaune. Il se forme sur le papier les diverses colorations que nous venons d'indiquer.
— Voir les articles : Cirrhoses, Hépatites et Lithiase biliaire.
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"Voir l'article : Occlusion intestinale.
IMPALUDISME
A recevoir. — 1" Tout proposant issu de parents atteints de cachexie paludéene, indemne d'impaludisme et non anémique ou débilité.
2° Tout proposant ayant eu, il y a quelques années, un ou plusieurs accès de fièvre intermittente simple ou grave, guéris sans avoir laissé d'engorgement spléno-hépatique et d'anémie.
A recevoir avec réserves. — Tout proposant ayant eu, il y a très longtemps, un ou plusieurs
IMPALUDISME
accès intenses de fièvre intermittente, guéris sans avoir laissé de me'lanémie et d'engorgement splénohépatique, mais sujets à récidiver légèrement et à intervalles de plus en plus éloignés.
A refuser. — 1° Tout proposant issu de parents paludéens, indemne d'impaludisme, mais profondément anémique ou très délicat.
2° Tout proposant ayant eu un ou plusieurs accès intenses de fièvre intermittente, guéris au prix d'une mélanémie ou d'un engorgement spléno-hépatique.
3° Tout proposant atteint de cachexie paludéenne.
OBSERVATIONS
L'impaludismc ne se transmet pas par hérédité ; néanmoins, tout sujet issu de parents atteints de cachexie paludéenne est exposé à être débile et anémique.
Toutes les races y sont soumises, à l'exception de la race noire qui jouit d'une véritable immunité.
Les fièvres palustres sont causées par une infection paludéenne, la malaria; lorsqu'elles ont été graves, comme cela arrive souvent, surtout dans les colonies et dans quelques régions de l'Europe, elles créent chez le malade une véritable diathèse caractérisée par un retour facile des accès, de l'hypertrophie du foie et de la rate, de l'anémie profonde et surtout de la mélanémie, puis des troubles gastro-intestinaux très sérieux .
Cet état diathésique peut se prolonger des mois ou
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des années, parfois même ne pas disparaître, malgré l'abandon du pays infecté.
Il importe donc que le médecin examinateur s'efforce de découvrir toute trace d'impaludisme ; il doit examiner tout spécialement les proposants qui ont habité les pays chauds (Cochinchine, Indes, Mexique, Antilles, Sénégal, Algérie, Basse-Egypte , Le Cap, Panama, etc.), certaines contrées d'Europe (Grèce, Italie — principalement les Marais pontins et les rizières de Lombardie — Pays-Bas, bouches du Danube, Hongrie, côtes de la Prusse occidentale, etc..) et quelques parties de la France (Bresse, Sologne, Landes, bords de la Loire, etc.).
L'état du foie et de la rate est un précieux élément de diagnostic; non seulement ces organes sont parfois considérablement hypertrophiés, mais ils présentent aussi une certaine sensibilité à la pression.
L'anémie et surtout la mélanémie sont constantes; leur présence a donc une grande valeur diagnostique.
Enfin, il faut noter la fréquence des troubles dyspeptiques et nerveux, des souffles vasculaires,des hémorrhagies, des œdèmes, de l'ascite, de l'hydropéricarde, etc.
L'anémie est un des symptômes dominants de l'impaludisme ; elle peut être assez profonde pour que le nombre des globules sanguins soit abaissé à 1,000,000 et même 500,000 par millimètre cube, au lieu de 4,500,000 à 5,000,000, chiffre normal.
La mélanémie, caractérisée par un excèsde pigment dans le sang et consécutivement dans tous les organes,
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peut aller de la coloration gris-brun jusqu'à la couleur noire. C'est elle qui donne cette teinte spéciale de la peau, aux sujets qui sont atteints de cachexie paludéenne.
— La mortalité de la cachexie paludéenne varie considérablement suivant les contrées; dans les colonies elle est très élevée, à Paris, au contraire, elle est insignifiante.
— Voiries articles : Fièvres, Hypertrophie du Foie et de la Rate et Leucémie.
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A recevoir.