‹ Dictionnaire de medecine a l'usage des assurances sur la vieChapitre 97 sur 176 · MICROBES · texte numérisé non relu

MICROBES

OBSERVATIONS

Les découvertes récentes, mais encore restreintes, de la microbiologie sont destinées à rendre d'immenses services en matière d'Assurances sur la vie ; il est certain, en effet, qu'elles pourront permettre de reconnaître un bon nombre de maladies dès leur début.

Aujourd'hui, la nature microbienne est nettement établie pour plusieurs maladies, mais surtout pour quatre d'entre elles : le charbon, la gangrène gazeuse, la morve et la tuberculose; elle l'est aussi, mais quelques médecins refusent encore de l'admettre, pour la blennorrhagie et l'érysipèle.

Il est probable que toutes les maladies contagieuses, et peut-être plusieurs autres, sont le i-ésultat d'un microbe ou de ses sécrétions (leucomaïnes, ptomaïnes). En tous les eus, le médecin de Compagnies d'assurances sur la vie peut dès aujourd'hui faire son profit de la découverte du bacille de Koch.

Il importe donc de savoir faire l'analyse microscopique des crachats tuberculeux. Evidemment, l'absence de bacilles dans les crachats d'un sujet at-

MICROBKS

teint de bronchite chronique n'est pas une preuve absolue qu'il n'existe pas de tuberculose; mais, en revanche , leur présence est un signe pathognomonique. N'y eût-il en apparence aucun signe clinique de tuberculose, le médecin doit impitoyablement refuser tout proposant dans les crachats duquel il a découvert des bacilles.

La technique à employer pour la recherche du bacille de Koch est la suivante :

On commence par étaler le crachat en une couche mince sur une lamelle qu'on laisse sécher à l'air puis qu'on passe rapidement deux ou trois dans la flamme d'une lampe à alcool afin de coaguler l'albumine.

Cette opération faite, on prépare le liquide colorant suivant :

Solution aqueuse saturée d'aniline, tOO c. c. Solution alcoolique saturée de violet de méthyle B, U c. c.

La préparation de la solution d'aniline se fait par l'agitation, le chauffage, le filtrage, jusqu'à obtention d'une limpidité parfaite du liquide.

La préparation du violet de méthyle n'a rien de spécial à signaler.

Une fois le liquide colorant préparé, on en verse une certaine quantité dans un verre de montre, on le chauffe légèrement et on y place la lamelle préparée qu'on laisse ainsi pendant douze heures.

Au bout de douze heures, on lave soigneusement la lamelle dans de l'eau distillée, puis dans une solution d'acide nitrique à 30 p. 100 jusqu'à décoloration complète, enfin on lave à nouveau dans de l'eau distillée.

MICTION

Lorsque la lamelle a été bien lavée et bien décoloréè, on la plonge clans un nouveau bain colorant composé d'une solution aqueuse de fuschine à l'eau; on lave encore dans de l'eau distillée et on laisse sécher.

La préparation est complètement terminée; il suffît de monter la lamelle dans le baume de Canada et delaplacersousun objectif à immersion, pour voir les bacilles fortement colorés en violet se détacher sur le fond rouge du crachat.

MICTION (Troubles de la)

Les troubles de la miction ont une grande importance séméiologique en pathologie urinaire ; leurs principales conséquences sont la rétention et l'incontinence d'urine.

Il importe d'interroger soigneusement chaque proposant sur ce point : de connaître, d'abord, la fréquence diurne et surtout nocturnedes mictions, de s'informer des modifications subies par le jet d'urine, de savoir, enfin, si les mictions sont impérieuses, difficiles ou douloureuses.

C'est par la recherche attentive de ces divers états qu'on peut arriver à diagnostiquer la cause première de la rétention ou de l'incontinence du proposant, et par suite avoir la possibilité de se prononcer pour

MICTION

le l'-ifus OU l'acceptation de l'Assurance proposée.

A l'état normal, le besoin diurne d'uriner est plus ou moins fréquent ; le besoin nocturne, au contraire, ne doit pas se faire sentir.

Tout sujet qui urine souvent le jour n'est donc pas forcément un urinaire (prostatique, rétréci, calculeux ou cystalgique), ce peut êtreun buveur de bière ou de vin blanc, un nerveux impressionnable urinant à la plus légère émotion, un hypochondriaque, un dyspeptique obligé d'uriner pendant toute la période du travail digestif, un myélique.

Tout sujet qui urine souvent la nuit, est, au contraire, presque certainement un urinaire et le plus souvent un prostatique.

Le premier, ne peut être refusé que si la cause qui l'oblige à pisser souvent est elle-même un motif de refus. Le second, doit être considéré par avance comme inacceptable ou tout au moins à peine acceptable.

L'intensité du besoin d'uriner n'a qu'une valeur relativp, car ce signe s'observe non seulement dans tous les états vésicaux douloureux (cystite blennorrhagique ou tuberculeuse, hypertrophie de la prostate), mais aussi chez la plupart des névropathes, ainsi que chez certains calculeux.

La difficulté à uriner pouvant amener la rétention complète ou incomplète est un signe bien plus important ; mais il n'acquiert toute sa valeur, que si on peut apprécier le moment de la miction f[ui provoque l'effort.

Si l'effort se produit au début, en d'autres termes

MrCTION

si le sujet est obligé d'attendre entre l'instant où il essaie d'uriner et celui où apparaissent les premières gouttes d'urine (miction dite relardée), il s'agit d'un prostatique ; si l'effort a lieu à la fin de la miction et est accompagné de douleurs, il résulte le plus souvent d'un calcul ou d'une cystite ; enfin, si l'effort a lieu pendant toute la durée de la miction (miction dite lente), il est causé, soit par un rétrécissement, soit, ce qui est plus fréquent, par une affection médullaire.

A l'effort, il faut rattacher le phénomène douleur. Ladouleur qui survient avant la miction est due, soit à une sensibilité vésicale exagérée, comme, par exemple, dans les crises vésicales et uréthrales préataxiques, soit à une hypertrophie de la prostate avec lésion du col, soit à une cystite ordinaire subaiguë. La douleur pendant la miction (sensation de brûlure) est généralement le signe d'une lésion uréthrale ou la conséquence d'une cystite avec urines alcalines et ammoniacales. La douleur de la fin de la miction est presque pathognomonique d'un calcul si elle se produit seulement sous l'influence du mouvement pour disparaître sous celle du repos ; si; au contraire, malgré le repos dans le décubitus horizontal , elle persiste tout le temps , et procède par crises, elle est causée par une altération organique et le plus souvent par la tuberculose de la prostate ou de la vessie.

Quant aux modifications subies par le jet, elles n'ont d'importance qu'autant qu'elles sont très prononcées et constantes. C'est l'interruption brusque du jet, le sujet étant debout, qui a la plus grande

MICTION

valeur, car elle constitue presque un signe pathognomouique de l'existence d'un calcul ; la forme en vrille, aplatie, bifide du jet, la diminution do son volume et de sa projection ne peuvent pas plus permettre l'hypothèse d'un rétrécissement que d'une hypertrophie de la prostate.

Comme on le voit, l'étude de la miction ne doit être considérée par le médecin de Compagnies d'assurances sur la vie que comme un moyen d'arriver à établir un diagnostic. Tel ou tel trouble apporté dans l'émission de l'urine ne peut permettre, s'il n'est appuyé par d'autres faits, de refuser un proposant.

Ainsi, on peut recevoir une hystérique ou un hypochondriaque atteint de rétention d'urine, et on doit refuser tout proposant atteint de rétention consécutive à une maladie urinaire grave (hypertrophie prostatique, calcul, cystite tuberculeuse), à une affection cérébrale ou médullaire, à une lésion du rachis ou à une tumeur comprimant l'urèthre, etc..

Les mêmes observations s'appliquent à l'incontinence d'urine.

L'incontinence d'urine vraie , celle qui consiste dans l'écoulement constant, goutte à goutte, de l'urine, avec vessie vide au cathétérisme, s'observe dans les troubles de l'innervation du sphincter vésical qui résultent de l'hystérie ou d'une lésion des centres nerveux, ainsi que dans les cas où le sphincter ne peut se fermer par suite d'une lésion organique vésicale, d'un enclavement calculeux dans le col ou la région prostatique, d'une hypertrophie particulière

MTGRAINE

de la prostate ou d'un rétrécissement uréthral détei'minant une dilatation du col par derrière lui.

L'incontinence par regorgement, celle qui consiste dans l'écoulement goutte à goutte de l'urine, avec vessie pleine au cathétérisme, s'observe dans presque tous les cas d'hypertrophie de la prostate et dans certaines paralysies d'origine nerveuse.

11 faut toujours sonder un proposant atteint d'incontinence d'urine, car le cathétérisme met à coup sûr dans la voie du véritable diagnostic. Ainsi, si la vessie est remplie d'urine et si le sujet a dépassé la cinquantaine sans avoir jamais présenté le moindre accident d'innervation, il faut conclure à l'hypertrophie prostatique.

— Voir les articles : Cystites , Cystocèle vaginale, Gravelle, Hypertrophie de la prostate, Hystérie, Lithiase urinaire. Mal de Pott, Myélites, Oligurie, Paraplégies, Pierre et Rétrécissements.

Page 1