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l'acte criminel dont il est question. Ces nuances sont exprimées dans les articles suivans : \
« Art. 33 1. Quiconque aura commis le crime de viol, ou sera coupable de tout autre attentat à la pudeur , consomme ou tenté avec violence, contre des individus de l'un et de Vautre sexe , sera puni de la réclusion'.
« Art. 332. Si le crime a été commis sur la personne d'un enfant au-dessous de l'âge de quinze ans accomplis , le coupable subira la peine des travaux à temps.
« Art. 333. La peine sera celle des travaux forcés à perpétuité , si les coupables sont de Ui classe de, ceux qui ont autorité sur la personne envers laquelle ils ont commis l'attentat; s'ils sont ses instituteurs ou ses serviteurs à gages , ou s'ils sont fonctionnaires publics ou ministres publics d'un culte, ou si le coupable , quel qu'il soit , a été aidé dans son crime par une ou plusieures personnes. »
Des signes du viol avec défloration. — Le viol peut être exercé ■ sur une vierge, ou sur une personne qui a déjà subi l'approche d'un homme. Dans le premier cas, si le viol a été consommé , c'est-à-dire s'il y a eu introduction du membre viril , il y a eu défloration. Nous allons essayer d'en tracer à grands traits les principaux phénomènes.
Grandes lèvres de la vulve. - — Moins d'épaisseur, de tension et de fermeté que dans l'état de virginité. Leurs bords flotlans sont inoins arrondis , moins rapprochés , et recouvrent par conséquent moins les nymphes ; leur surface interne n'est pas aussi d'un rouge vermeil , à moins qu'il n'y ait inflammation ; quelquefois elle esfc d'un rouge pâle ou livide.
Petites lèvres. — Elles n'offrent plus l'élasticité qu'elles ont dans l'état de virginité ; elles ne sont plus aussi renfermées , c'est-à-dire que leurs bords libres dépassent moins ceux des grandes lèvres.
Fourchette et fosse naviculaire. — Fourchette moins fendue, quelquefois très -flasque et presque effacée, constamment déchirée chez les femmes qui ont eu des eofans; fosse naviculaire déformée après la défloration , et détruite si la fourchette a été déchirée.
Orifice du vagin. — Plus, ou moins, entrouvert chez la fille déflorée. C'est surtout par l'introduction plus ou moins facile , et exempte de douleurs, qu'on apprécie cet état.
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Intérieur du vagin. — Les rides transversales, très-rapprochées et très-saillantes, chez la vierge , sont moins appréciables par le tact, et tendent à s'effacer par la défloration.
ÏUembrane de l'hymen. — Déchirée et divisée en plusieurs lambeaux, ayant la forme de petits tubercules qu'on désigne sous le nom de caroncules myrtiformes.
L'état Oit Y orifice utérin, et celui des mamelles, ne pourraient être pris en quelque considération , qu'autant qu'il s'agirait de conception à la suite de la défloration.
Appréciation de ces divers signes. — Les signes que nous venons d'exposer sont -ils assez absolus, pour que. le médecin légiste puisse en déduire une opinion positive; ou en d'autres mots, ces signes, lorsqu'ils se rencontrent, prouvent-ils qu'il y a eu défloration ?
D'abord, on conçoit qu'aucun d'eux pris isolément ne suffira pour justifier une semblable conclusion , et que leur ensemble tout au plus pourrait la légitimer. En effet , plusieurs signes de la virginité, tels que ceux qui tiennent à l'élasticité, au coloris des parties, au degré de stricture de l'orifice vaginal, comme aussi à l'existence des rides vaginales , peuvent être modifiés par l'âge, par diverses maladies, par des habitudes vicieuses, de manière à offrir les phénomènes de la défloration , bien que celle-ci n'ait pas eu lieu dans le sens indiqué par nos lois pénales. Ces parties peuvent encore, à la suite d'une irrilation quelconque exercée sur elles, se trouver dans un état de tuméfaction et de rougeur inflammatoires, qui s'oppose, au moins momentanément, à toute cor.iparaison concluante. Quant à la déchirure de la membrane virginale , elle est sans contredit un des signes les moins équivoques; mais, outre que cette membrane peut, dans quelques cas , très-rares à la vérité , et selon l'observation de quelques analomistes , n'avoir jamais existé, il est des exemples où la conception a eu lieu , sans que la membrane de l'hymen ait été détruite; et nous avons observé un fait duquel il résulte qu'il n'est pas impossible qu'elle puisse, lorsqu'elle n'est que semi- lunaire , disparaître pendant quelque temps et reparaître plus lard. Ce fait est assez remarquable pour que nous croyons devoir le rapporter en peu de mots. .„ , .
Une fille de douze ans , chez laquelle les premiers signes de la
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puberté s'étaient à peine manifestés, contracta une liaison avec un garçon un peu plus âgé qu'elle. Ces deux enfans avaient vécu ensemble depuis plusieurs mois , lorsque le père du garçon partagea les faveurs de la maîtresse de son fils. Ce libertinage dura jusqu'à ce que d'affreuses végétations vénériennes conduisirent la jeune fille à l'hôpital de la Pitié. Examinée par le docteur Serres, et par quelques autres médecins, on trouva chez la malade une dilatation extrême du vagin , une flétrissure des parties génitales externes, et une absence totale de l'hymen. Après le traitement de la maladie vénérienne, et l'excision des végétations , la santé de la jeune personne étant entièrement rétablie , on fut fort étonné de trouver chez elle l'ensemble des caractères qui constituent la virginité , et notamment une membrane virginale semi-lunaire très- prononcée. M. le docteur Fournier-Pescay et moi fûmes nommés commissaires parla Société médicale d'émulation pour constater ce fait. Ici la membrane de l'hymen s'était évidemment flétrie , affaissée à la suite d'une débauche, en quelque sorte graduée, mais n'avait pas été détruite.
Si d'une part, la membrane de l'hymen, dans quelques cas peu communs à la vérité , n'est pas détruite par le coït , elle peut aussi , dans un beaucoup plus grand nombre de cas , être déchirée par divers accidens , comme, par exemple, un écartement trop brusque des cuisses, une chute, une ulcération, etc., sans qu'il y ait eu tentative du coït.
Enfin, la masturbation , l'introduction des corps étrangers dans le vagin peuvent détruire les caractères de la virginité , sans cependant qu'il y ait eu approche d'une personne d'un autre sexe; ou en d'autres mots , une fille peut n'être pas vierge physique, et néanmoins être vierge morale.
Concluons de ce qui précède , que l'absence des signes de la virginité ne constitue jamais la preuve absolue du coït tenté ou consommé , et que dans le cas même où l'on serait fondé à attribuer l'absence de ces signes à l' introduction d'un corps étranger dans le vagin , il restera toujours impossible de déterminer avec certitude quelle a pu être la nature de ce corps.
Du viol sur une personne déflorée. — Lorsqu'une femme , déjà déflorée, a été contrainte par violence à subir l'approche d'un
VIO 355 homme, on doil, d'après l'article 33i déjà cité, la considérer comme ayant été violée. On pense bien qu'ici l'état des organes de la génération ne pourra fournir le moindre éclaircissement. L'inspection de ces parties n'établira tout au plus que des présomptions dans les cas seulement où leur état de pblogose et de sensibilité tendrait à confirmer qu'un viol aurait été commis immédiatement par plusieurs hommes sur une même femme, ou qu'il aurait été précédé ou suivi d'autres violences exercées sur elle.
Des signes communs au viol et à l'attentat à la pudeur , avec violence , sur des personnes du sexe féminin. • — Les articles 33i,332et 333 n'établissent pas de distinction pénale entre le crime de viol et celui d'attentat à la pudeur , consommé ou tenté avec violence. On doit applaudir à la sagesse de cette disposition qui tend à diminuer le danger que court la jeunesse , et surtout l'enfance, de succomber aux tentatives du libertinage le plus dépravé. En effet, si le viol consommé était puni exclusivement avec sévérité , et si les atteintes portées avec violence à la pudeur n'étaient que faiblement vengées par les lois, il n'y aurait aucune proportion entre la punition de deux crimes dont la nuance est si légère que leurs effets moraux se confondent. Si l'attentat à la pudeur avec violence, exercé sur une jeune fille , et spécialement sur une vierge au-dessous de quinze ans , n'est pas porté au degré qui dans le sens médical constitue le viol consommé , c'est que par l'effet d'obstacles organiques que la nature elle - même s'est plu à fortifier en raison directe de la tendresse de l'âge, cette consommation a échoué malgré la volonté du coupable. Mais les conséquences funestes , que l'acte non consommé exerce sur la santé physique , et plus encore sur la santé morale de la victime , sont à peu près les mêmes dans l'un comme dans l'autre cas.
Qu'il s'agisse d'un viol consommé, ou d'une tentative de viol qualifiée d'attentat à la pudeur avec violence , on remarquera une irritation plus ou moins vive des parties sexuelles féminines; ces parties seront plus ou moins douloureuses , excoriées , tuméfiées, et même sanglantes parfois. Dans quelque cas on, découvre sur la surface du corps , et notamment sur les régions qui avoisinent l'appareil génital, des meurtrissures, et en général des traces qui sont le résultat de la violence et de la résistance.
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Nous ne pouvons indiquer que généralement ces désordres,, parce qu'ils ne peuvent être appréciés que d'une manière indi- viduelle, en ce que leur degré d'intensité dépend non seulement des proportions entre les organes sexuels de l'homme et de sa victime , mais encore de la nature des violences qui ont précédé ou accompagné l'acte. On conçoit que ces désordres seront en général d'autant plus graves que l'âge de la fille sera plus tendre, l'organe sexuel de l'homme plus développé , et que les effoits d'introduction auront été plus énergiques. Mais pour observer les altérations dont il vient d'être parlé , il faut être appelé à temps , parce que peu de jours suffisent quelquefois pour les faire disparaître de manière à ne laisser que des traces peu appréciables de leur existence.
Il est toutefois un accident plus permanent , et qui consiste en un écoulement blennorhagique puriforme , plus ou moins considérable. Nous l'avons jusqu'à présent toujours remarqué dans les nombreuses occasions que nous avons eues de visiter judiciairement des eufans sur lequels ou avait exercé des tentatives criminelles.
Quoique ces signes soient assez positifs en tant qu'ils indiquent une vive irritation exercée sur les organes externes de la génération, le médecin ne devra les apprécier judiciairement qu'avec réserve , parce qu'ils peuvent avoir été produits par d'autre agens qu'un attentat à la pudeur. Outre diverses causes morbides que l'espace auquel nous sommes restreints nous empêche de spécifier, et parmi lesquelles la masturbation occupe une première place , il ne faut pas oublier qu'ils peuvent aussi avoir été provoqués à dessein par des motifs de cupidité ou de vengeance envers la personne qui est accusée. Quelque révoltante que soit cette supposition , il s'est présenté plus d'un exemple qui la légitime. Ainsi , le médecin devra décrire exactement les désordres qu'il aura observés, mais ne s'expliquer que d'une manière générale sur leur cause. Il pourra dire, par exemple , que l'état des parties génitales prouve qu'elles ont essuyé l'action plus ou moins soutenue d'un corps dur, contondan.t , sans spécifier d'une manière plus précise quel a pu être ce corps. Il suffira même, dans le cas où il y aurait eu réellement attentat à la pudeur, d'indiquer que les phénomènes observés ne sont pas contraires à une supposition de cette nature,
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sans qu'il soit nécessaire de leur attribuer exclusivement une semblable origine.
(Juant à l'écoulement dont il a été fait mention , on sait combien d'enfans et déjeunes filles y sont sujets, sans jamais avoir subi l'approche d'une personne d'un autre sexe. Cependant , c'est principalement sur ce signe que se fondent les plaintes des parens, ou ayant cause, qui presque toujours l'attribuent à une infection gonorrhoïque. Avant d'énoncer une opinion à cet égard, fût-elle même douteuse, il serait indispensable d'examiner si le prévenu est porteur d'un semblable mal, et de s'assurer, autant que possible, si un écoulement semblable n'aurait pas préexisté chez la fille. Presque toujours quelques bains émolliens et des soins de propreté le diminuent avec une promptitude qui exclut toute espèce de doute sur sa bénignité.
Il existe beaucoup d'exemples d'infection vénérienne à la suite de viols ou d'attentats à la pudeur ; et comme cette infection devient toujours une circonstance qui aggrave les charges, on ne saurait apporter trop de prudence et de réserve dans son appréciation. Pour la constater convenablement, il faut, d'une part, que les symptômes locaux et primitifs qui existent chez la fille soient suffisamment caractérisés, et d'une autre par!: , d'après l'axiome : Nemo dat quod non habet , que l'existence de la maladie vénérienne ait été constatée. Plus d'une fois on a pris pour des chancres de légères ulcérations qui se forment aisément aux parties sexuelles féminines, et qui n'étant que le résultat d'une irritation et de malpropreté , disparaissent en peu de jours , sous l'influence de bains émolliens et de lotions réitérées.
De quelques autres questions qui se rattachent à la doctrine médico-légale du viol. — Il est enfin quelques autres questions qui peuvent se présenter dans les recherches relatives au viol , et que nous allons examiner succinctement:
Première question. Les efforts d'un seul homme suffisentils pour effectuer le viol, quelle que soit la résistance de. la femme? — Quelques anciens jurisconsultes avaient établi à ce sujet une distinction assez subtile, comme nous l'avons dit plus haut, entre ce qu'ils appelaient stuprurn violentum volunta- Ùum et iavoluntarium, Dans le premier , la femme ou la fille
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donnait son consentement ; mais ce consentement était obtenu" par des menaces. Il ne peut être question ici d'un cas semblable , pas plus que de celui où par l'effet d'un narcotique on plongerait: la femme dans un état de délire ou de sommeil, pendant lequel on abuserait de sa situation ; il ne peut davantage être question d'une femme ou d'une fille dans un état d'imbécillité habituelle , ni d'un enfant au-dessous de quinze ans qui se trouverait aux prises avec un adulte. Dans ces divers cas le viol, ainsi que l'attentat à la pudeur , peuvent être consommes , et offrent alors tous les caractères de la violence.
Mais il s'agit d'une femme pubère , ou à peu près; et dans ce cas la résistance, si elle persiste, est invincible. Toutefois dans les questions de cette nature , le médecin devra soigneusement comparer l'état physique de l'homme avec celui de la femme, et adopter pour principe, qu'à moins d'une excessive disproportion entre les forces de l'un et celles de l'autre , il serait difficile d'admettre la consommation du viol malgré la volonté de celle-ci; et s'il pouvait se présenter des circonstances dans lesquelles il fallût l'admettre, il serait impossible qu'on ne rencontrât pas sur l'homme et sur la femme des traces de résistance.
deuxième question. Les efforts réunis de plusieurs hommes sont-ils suffisons pour consommer le viol sur une femme contre sa volonté? — Il ne peut , quoi qu'on en ait dit, exister de doute à cet égard, et les annales criminelles en fournissent de trop nombreux exemples. Quant au nombre d'bommes nécessaire pour l'exécution d'un semblable forfait, il ne peut être rigoureusement précisé , puisque tout dépend ici des forces respectives ainsi que des moyens de contrainte mis en usage. De' pareils cas ne peuvent donc être apprécies qu'individuellement.
Troisième question. Une femme peut-elle être violée sons le savoir? — Il est difficile d'admettre que même une femme, dont les parties génitales seraient habituées au coït, puisse, pendant un sommeil profond mais naturel , être violée sans s'en apercevoir ; à plus forte raison , serait-il impossible de violer ainsi • une fille non déflorée; car la douleur la réveillerait bientôt. Mais on ne peut révoquer en doute la possibilité de consommer l'acte sur une femme ou sur une fille que, par l'effet de sub-
VIO 35f) stances stupéfiantes , ou de boissons fortes , on aurait plongée dans un état de narcotisme ; car alors même que ce dernier n'aurait pu être porté au point de détruire entièrement la sensibilité de perception, il pourrait néanmoins l'avoir affaiblie ou pervertie assez pour qu'il ne restât plus à la victime le souvenir de l'outrage qui lui aurait été fait. Nous pensons enfin qu'on doit ranger un état d'idiotisme ou d'imbécillité très-prononcé au nombre des circonstances qui permettent de supposer qu'une femme a pu être violée sans le savoir.
quatrième question. Une fille peut- elle concevoir par l'effet d'un viol avec défloration ? — Nous avons assez d'exemples de conceptions après un coït sans volupté de la part de la femme , et même après un coït très - douloureux , pour devoir résoudre cette question affirmativement. Convenons toutefois que de semblables exemples sont en général rares , et ne sont que des exceptions à la règle. Il est inutile de remarquer que la fécondation peut à plus forte raison avoir lieu à la suite d'un viol chez une femme déjà déflorée.
De quelques autres circonstances qui précèdent ou accompagnent le viol ou l'attentat à la pudeur. — Des violences employées. — Les violences auxquelles sont exposées les victimes d'attentats à la pudeur , peuvent être morales et phy- ' siques. Les premières ne sont pas de la compétence du médecin : quant aux autres , il doit vérifier soigneusement les traces qui peuvent en exister sur le corps de la victime , et les juger dans leur rapport avec les autres cix'constances. A cet effet , il ne doit pas perdre de vue que le corps de l'agresseur peut aussi et en même temps offrir des traces de la résistance qui lui a été opposée. Il faut apporter beaucoup de circonspection dans un pareil examen, et ne pas attribuera des tentatives criminelles des lésions plus ou moins légères, par exemple, des meurtrissures qui auraient pu être produites par d'autres causes. La cupidité et la vengeance jouent trop souvent un rôle dans les procès de viol et d'attentat à la pudeur , pour que le médecin ne doive se tenir en garde contre les déceptions que ces vices peuvent inventer.
Des signes tirés de l'inspection du linge. — Très-souvent les médecins appelés pour constater un, viol , ou un attentat à la pudeur , sont consultés sur la nature des taches qu'on découvre
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sur les draps particulièrement , les chemises ou autres linges qui ont pu être en contact plus ou moins direct avec les parties génitales des deux sexes. On conçoit en effet combien il peut devenir essentiel pour la découverte de la vérité de déterminer si les taches , si celles surtout qu'on trouve sur la chemise de la tille ou de la femme, indiquent qu'il y a eu émission spermatique : aussi ce problème est-il devenu, par son importance, l'objet de recherches particulières auxquelles s'est livré M. Orfila , et dont il a exposé les résultats au mot sperme.
De t attentat à la pudeur commis sur une personne du sexe masculin. — Quelquefois le médecin est appelé à l'effet de constater les traces d'une épouvantable débauche qu'il nous répugne de spécifier, et qui presque toujours a été commise avec violence, ce mot pris dans le sens physique et moral. Ou remarque alors ordinairement, lorsque l'examen a pu être fait peu de temps après l'attentat , de l'inflammation , des déchirures à la marge de l'anus , ainsi qu'une sensibilité douloureuse de cette partie; il est important toutefois, lorsque ces signes se rencontrent, de bien examiner s'ils ne sont pas dus à quelque état maladif indépendant de toute violence extérieure , et quand on peut les rattacher à un autre cause, il faut encore se garder de désigner d'une manière spéciale et absolue le corps étranger qui a pu être introduit , attendu qu'il n'est pas impossible , ainsi que nous en avons vu un exemple récent, que des violences aient été exercées au moyen d'un corps dur , autre que le membre viril, dans le dessein de nuire à autrui par une fausse accusation.
Dans d'autres cas , le médecin est requis de constater si l'individu qu'on lui présente se livre habituellement, et d'une manière passive , au vice que nous n'osons nommer. Si cet te habitude existe, on remarque qne l'ouverture du rectum est infundibuliforme , que le sphincter est relâché, et que le doigt y entre sans effort. Quelquefois, cependant , cet état peut continuer d'exister chez un individu qui n'a subi qu'une seule violence, mais dont le résultat a été une dilatation brusque et très - considérable de l'orifice du rectum. Il faut dans ce cas, si les circonstances le permettent , consulter comparaîivement les proportions entre la partie introduite , et celle qui a souffert l'introduction.
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Quant aux végétations vénériennes, et autres symptômes syphilitiques qui existent souvent au pourtour de l'anus et dans son voisinage, il ne faut pas oublier que si cesaccidens sont souvent les tristes fruits d'excès contre nature , ils peuvent aussi être consécutifs d'nne affection contractée parle coït. Ainsi, ils ne prouvent rien d'une manière absolue, et ne fournissent tout au plus des présomptions que lorsqu'on les met en rapport avec un ensemble de circonstances puisées dans l'instruction judiciaire, (marc.)
VIOLARIÉES, violariœ, s. f. pl. Famille naturelle de plantes dicotylédones, polypétales et hypogynes, ayant p'our type le genre violette , qui d'abord avait été réuni à la famille des cistes. La famille des violariées offre les caractères suivans : le calice est à cinq divisions profondes , quelquefois prolongées au-dessous de leur point d'attache; la corolle est généralement irrégulière , formée de cinq pétales inégaux et dont un inférieur et plus grand se prolonge souvent à sa base en un éperon creux plus ou moins alongé. Les étamines , au nombre de cinq , sont souvent rapprochées et forment une sorte de cône au centre de la fleur. L'ovaire est libre à une seule loge , contenant un grand nombre d'ovules attachés à trois trophospermes longitudinaux. Le fruit est une capsule accompagnée par le calice qui la recouvre en partie; elle est à une seule loge polysperme dont les graines sont insérées sur le milieu de chaque valve à un trophosperme pariétal. La capsule s'ouvre en trois valves. Les violariées sont des plantes herbacées ou frutescentes ,' portant des feuilles simples, opposées, munies à leur base de deux stipules; leurs fleurs sont axillaires et pédonculées.
Cette famille offre assez peu d'intérêt sous le point de vue médical ; néanmoins les plantes qui la composent sont assez remarquables par l'uniformité de leurs propriétés. Ainsi les fleurs de la violette odorante [viola odorata , L. ), comme pelles de la plupart des autres espèces , sont légèrement mucilagineuses et employées comme telles dans les rhumes ou catarrhes coruniençans; les racines au contraire, particulièrement dans les espèces vivaces, ont. une saveur un peu acre et nauséabonde, et possèdent une propriété émétique assez énergique. Cette propriété est surtout très - remarquable dans quelques espèces exotiques, telles que les ion idiu m ipeeaeuanka, ionid-paivijlorain , ionidium poaya , qui croissent au Brésil et dans d'autres
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parties de l'Amérique méridionale, et dont les racines, connues sous le nom d'ipécacuanha blanc, y sont employées aux mêmes usages que l'ipécacuanha fourni par la famille des rubiacées. La même propriété émétique se retrouve, quoiqu'à un degré moins énergique, dans les racines de nos espèces indigènes, et en particulier dans celles des viola odorala , viola canina , etc.
(a. RICHARD.)
VIOLETTE , s. f. , viola. C'est un genre de plantes d'abord placé dans la famille des cistes , mais dont on a formé depuis une famille distincte sous le nom de violariées. Plusieurs espèces de ce genre étant usitées en médecine, nous allons en parler successivement.
violette odorante, viola odorata , L. Rich., Bot. Méd. , t. i , p. 74 fi. CetGe plante est trop connue de tout le monde , elle a été trop de fois célébrée par les poètes anciens et modernes, à cause du parfum si doux1 et si suave de se~ fleurs , pour que nous croyions devoir en donner ici la description. L'espèce que nous cultivons dans nos jardins est absolument la même que celle qui croit si abondamment dans nos bois et dont les fleurs annoncent les premiers jours du printemps. Ces fleurs , d'une belle couleur bleu de ciel , sont employées à préparer un sirop qui est adoucissant et dont on se sert aussi comme d'un réactif chimique pour reconnaître la présence des acides ou des alcalis , qui changent sa teinte en rouge ou en vert. Ces fleurs , fraîches où séchéesavee soin, sont souvent prescrites en infusion , et forment des tisanes légèrement adoucissantes , dont on fait un usage fréquent dans les catarrhes pulmonaires peu intenses.
Les racines ou tiges souterraines de cette espèce sont blanchâtres, cylindriques , ridées, d'une saveur un peu acre, amère et nauséabonde. Donnée à la dose d'un demi-gros à un gros , cette racine provoque des vomissemens assez abondans , suivis de déjections alvines; mais c'est surtout dans la racine du viola ou ioniduun ipecacuanha que cette propriété émétique est bien plus développée. Elle forme une des espèces d'ipécacuanha blanc du Brésil, et pendant long-temps on lui a rapporté le véritable ipécacuanha du commerce, que l'on sait positivement aujourd'hui être produit par le cephoslis ipecacuanha , arbuste de la famille des rubiacées {voyez l'article ipécacuanha). Nous ne parlerons pas des graines de la violette odorante, que quelques auteurs
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regardent comme très-efficaces dans le traitement de plusieurs maladies, et entre autres de la gravelle; il y a long-temps quelles sont tombées dans un juste oubli.
violette des champs, viola arvenxis , D. Ricb. , L. s. 2 , p. 748. Plus connue sous le nom de pensée sauvage, cette espèce, qui est annuelle, croit dans les jardins, les champs cultivés et les moissons. Ses tiges sont dressées, rameuses, anguleuses, glabres, hautes de six à dix pouces; ses feuilles alternes pétiolées, ovales obtuses, crénelées et accompagnées à leur base de deux stipules découpées et pinnatifides ; les fleurs sont petites, pédonculées, axillaires, d'un jaune mêlé de violet. Toutes les parties de la pensée sauvage ont une. saveur araère et désagréable. Un grand nombre d'auteurs en recommandent l'usage dans le traitement des maladies chroniques de la peau. Néanmoins le professeur Alibert pense que ce médicament est très-peu efficace, et il n'en a jamais retiré d'effets sensibles. C'est sous la forme de décoction qu'on l'administre en général; on en prépare aussi r»n extrait dont la dose est d'un scrupule et au-delà. La racine de cette espèce est également émétique, comme celle des espèces précédentes, mais plus faiblement; en sorte qu'il est nécessaire de la prescrire à la dose d'un demi-gros pour en retirer quelque effet. En Allemagne on se sert plus souvent de la pensée tricolore (viola tricolor L.), qui ressemble beaucoup à la précédente, est annuelle comme elle, mais qui a ses fleurs plus grandes, plus violettes : ce qui l'a fait introduire dans nos jardins comme plante d'ornement. Ses propriétés sont les mêmes que celles de la pensée sauvage. (a. richard.)
VIPÈRE, vipera , colubcr berus , Linnaeus , berus vulgaris, N. On appelle ainsi un reptile ophidien de la famille des hétcrodermes, lequel est armé de crochets vénimeux , et offre sous la queue des plaques écailleuses rangées par paires ; tandis que relies qui garnissent le dessous de l'abdomen occupent toute la largeur de celui-ci.
Sa tête est couverte d'écaillés granulées ; son corps est brnn , une raie noire en zig zag règne le long de son dos , et une rangée de taches noires occupe chacun de ses flancs : son ventre a la teinte de l'ardoise. Le dessus de son corps est revêtu d'érailles petites , ovales , ou presque hexagonales , carénées , réticulées entre elles et imbriquées.
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Sa langue, noire, fendue en deux languettes aiguës, ressemble à un double dard que ce reptile brandit dans sa gueule; mais elle ne saurait piquer et manque de venin, en sorte que la comparaison par laquelle on en a fait l'emblème de la Calomnie porte à faux.
Il n'en est point de même des crooliets dont sa gueule est armée , crochets que Pline a parfaitement décrits. Très-longs proportionnément aux autres dents , ils sont fort aigus , et percés d'un petit canal qui donne issue à une liqueur empoisonnée, sécrétée par une glande lobulée d'un volume considérable , et placée sur les côtés de chaque branche de la mâchoire supérieure en arrière de l'orbite , et presque immédiatement sous la peau. Les dents dont il s'agit, et dont on n'observe aucun vestige à la mâchoire inférieure, se cachent dans un repli de la mâchoire quand l'animal ne veut point s'en servir, et ont derrière elles plusieurs germes destinés à les remplacer si elles viennent à se casser. Quant à la glande avec laquelle elles ont des connexions , celle-ci est traversée , d'avant en arrière , extérieurement et inférieurement , par deux muscles destinés de chaque côté à abaisser les os sus-maxillaires , et à redresser les crochets de manière qu'en contribuant à fermer la gueule , ces muscles compriment l'organe sécréteur du venin , et chassent ce dernier dans le canal excréteur, d'où il est conduit à la base de la dent recourbée, dans laquelle il pénètre par une fente ouverte en avant, qui le transmet dans un canal terminé obliquement en bec de plume, près de la pointe de cette arme terrible, qui porte avec tant de certitude le ravage dans le corps des animaux qu'elle atteint.
La vipère, qui de tous les temps a inspiré à l'homme, et à la plupart des autres êtres animés , des craintes justement fondées et une horreur insurmontable , vit en France , et en général dans toute l'Europe tempérée et méridionale, sur la lisière des bois secs , sur les rochers et les sables exposés au soleil , où elle s'accouple au printemps , et où elle donne Je jour à des petits vivans, ce qui lui a valu le nom par lequel on la désigne, nom évidemment contracté du latin viviparus . Elle demeure engourdie durant tout l'hiver dans nos climats , en sorte que sa vie est alors , pour ainsi dire suspendue : aussi , durant les mois rigoureux de la mauvaise saison, et tant quelle est
VIR 365 accablée par le sommeil dont je viens de parler, elle séjourne sous terre dans un trou plus ou moins profond , jusqu'à ce que la douce chaleur du printemps vienne la réveiller.
Elle est , sans contredit , de tous les reptiles venimeux de l'Europe, celui dont la morsure est la plus dangereuse; sa piqûre donne lieu à des accidens fort graves , quelquefois même à la mort. On trouvera le tableau de ces accidens , et l'indication des moyens propres à les combattre, à l'article plaies envenimées, consigné dans le tome xvne de ce Dictionnaire ; il est donc inutile de le retracer ici.
Nous ajouterons seulement que le serpent qui , il y a quelques années, a désolé la ville de Fontainebleau et ses environs, n'est qu'une variété de la vipère commune , malgré le nom d'aspic dont on le décorait.
Anciennement les chimistes ayant annoncé dans les vipères l'existence d'un sel actif et pénétrant et d'une huile excitante , on recommandait ces animaux et leurs diverses préparations contre la lèpre, la gale, les dartres, les scrofules, l'action des venins, les lièvres malignes et pestilentielles, parce que par leur moyen la circulation du sang était accélérée, tandis que les concrétions lymphatiques se trouvaient fondues. Aujourd'hui, en condamnant à l'oubli ces idées théoriques , on a abandonné presque complètement l'usage des serpens dont nous parlons, et l'on ne connaît plus que de nom le sirop , la poudre, les trochisques , la graisse , le vin et la gelée de vipères. On se sert encore parfois de leur bouillon dans le cas de scorbut, de syphilis invétérée, de consomption, d'épuisement, etc.
La vipère entre dans la composition de la thériaque , de l'orviétan, delà poudre de pâtes d'écrevisses composée, du collyre de Sloane , etc. etc. (hipp. cloquet. )
VIREUX , ad. , virosus. Nom donné aux substances vénéneuses qui ont une odeur particulière , nauséabonde. Voyez