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ORFILA

VINAIGRE , s. m., acetum des Latins; liquide dont la composition varie suivant la manière dont il a été préparé. Le vinaigre de vin , s'il n'a pas été distillé, est formé d'eau, d'acide acétique, d'alcool-, d'une matière végéto-animale, d'un principe colorant s'il a été fait avec du vin rbuge, de tartrate acidulé de potaise, d'un peu de tartrate de chaux, d'hydrochlorate de soude et de sulfate de potasse , sels qui existaient dans le vin. Si le vinaigre de vin a été distillé , il ne renferme plus que de l'eau , de l'acide acétique et de l'alcool ; dans ce cas il est incolore et peu concentré. Le vinaigre de bois , c'est-à-dire celui que l'on obtient en distillant le bois {voyez acétique), est composé d'acide acétique et d'une plus ou moins grande quantité d'eau , s'il a été parfaitement purifié. Enfin le vinaigre radical, obtenu

VIN 3/J7 par la décomposition de l'acétate de cuivre par Le feu , s'il a étébien préparé, est de l'acide acétique concentré ne contenant que peu d'eau. Voyez acétique.

Propriétés physiques et chimiques du -vinaigre de vin. — Ce vinaigre est liquide, blanc ou rouge suivant qu'il a été préparé avec du vin blanc ou rouge; il a une odeur sui generis, et par conséquent caractéristique; il est plus pesant que l'eau. Si on le chauffe dans des vaisseaux clos , il se condense dans le récipient un liquide composé d'eau et d'acide acétique, qui constitue le vinaigre distillé , et il se dépose dans la cornue une assez grande quantité de cristaux blancs, principalement formés de tartrate acidulé de potasse. Combine avec les bases, le vinaigre forme des acétates. Voyez acétique et acétates, pour les autres propriétés du vinaigre.

Préparation du vinaigre de vin. — On verse cent litres de vinaigre bouillant dans un tonneau ouvert, de quatre cents litres de capacité, disposé dans un atelier dont la température doit être constamment de 10 à 200 : au bout de huit jours , on y verse dix litres de vin dont on a laisse déposer la lié ; huit jours après on ajoute encore dix litres de vin : on recommence cette opération tous les huit jours, jusqu'à ce que le tonneau soit plein. Quinze jours après avoir ainsi rempli ce vase, le vin se trouve converti en vinaigre; on en retire la moitié, et on fecommencc à verser tous les huit jours dix litres de nouveau vin. Si la fermentation est très- énergique , ce que l'on reconnaît à la grande quantité d'écume dont se charge une douve que l'on plonge dans le tonneau, on ajoute plus de vin et à des intervalles plus rapprochés. Tel est le procédé suivi à Orléans.

Usages du vinaigre. — On l'emploie pour préparer plusieurs acétates, et comme assaisonnement. Les médecins le rangent parmi les résolutifs, les rafraîchissans , les antiseptiques , les sudorifaques , etc. On en fait usage clans tods les cas où les acides minéiaux affaiblis sont indiqués (voyez acidulé) : dans l'empoisonnement par les narcotiques , après avoir expulsé le poison par le vomissement ou par les selles (voyez empoisonnement); dans l'asphyxie, où il est employé avec succès, en frictions, en lavement, en boisson. Il fait également partie dé certains gargarismes résolutifs, de quelques fumigations, étc. Il est vénéneux et détermine tous les accidens de l'empoisonnement par les poisons irritans, lorsqu'il est introduit dans l'estomac en

assez grande quantité, à moins qu'il n'ait été étendu d'eau. Quant à l'acide acétique concentré, il est beaucoup plus irritant.

Vinaigres frelatés. — Avant de parler des matières plus ou moins dangereuses que l'on ajoute au vinaigre dans le dessein de lui donner plus de force, nous jetterons un coup-d'œil sur le -vinaigre de cidre , par lequel on veut quelquefois remplacer le vinaigre de vin. Le vinaigre de cidre présente à peu près les mêmes propriétés physiques que celui qui provient du vin blanc; il offre cependant une légère saveur de pomme ou de poire : l'oxalate d'ammoniaque le précipite abondamment, tandis qu'il trouble à peine celui de vin ; l'acétate de plomb au contraire donne un précipité beaucoup plus abondant avec le vinaigre de vin. Si on le fait évaporer à une douce chaleur dans une capsule de platine ou de porcelaine , il ne fournit ni crème de tartre ni aucun dépôt salin, lors même qu'il a été réduit au seizième de son volume et refroidi, tandis que le vinaigre de vin laisse cristalliser beaucoup de tartrate acidulé de potasse. Si le vinaigre de cidre est évaporé jusqu'en consistance sirupeuse, il donne un résidu d'un rouge foncé, assez 'abondant , très- gluant , d'une saveur salée, peu acide, tenant de la saveur de pellicule de pomme; le résidu fourni par le vinaigre de vin, après en avoir séparé les sels qui se sont déposés , est au contraire peu abondant, à peine gluant, et d'une saveur forte simplement acide.

Silevinaigre a été frelaté par du poivre , de la moutarde, des graines de paradis , Vécorce du garou , la racine de pyrèthre, à' arum, etc., pour lui donner plus de montant, on l'évaporera jusqu'au sixième de son volume pour laisser cristalliser et déposer les sels, au bout de quelques heures de refroidissement; puis on "décantera et on continuera l'évaporation ; l'extrait mon que l'on obtiendra aura une saveur acre, amère, s'il contient quelques-unes des matières dont nous parlons.

Si l'on a ajouté de l'acide sulfurique au vinaigre, on saturera la liqueur par du carbonate de chaux pur; il se formera surle-champ de l'acétate de chaux soluble et du sulfate de chaux peusoluble; ce dernier est évidemment formé par l'acide sulfurique libre du vinaigre, car le carbonate de chaux ne décompose pas instantanément les sulfates qui pourraient se trouver dans celte liqueur. Il ne s'agit plus alors que de recueillir le

VIN 3/,<j sulfate de chaux sur le filtre , et de prouver que c'est réellement uu sulfate. Si, comme on l'a dit, on se bornait à verser un sel de baryte dans le vinaigre supposé contenir de l'acide sulfurique Kbre, on s'exposerait à commettre des erreurs, le vinaigre de vin renfermant toujours des sulfates de chaux 'et de potasse qui doivent donner, avec les sels de baryte, des précipités plus ou moins abondans.

Les vinaigres frelatés par les sulfates de fer et de zinc, par les préparations de plomb et par le laiton, seront reconnus par les moyens qui peuvent indiquer ra présence des sels de fer, de zinc, de plomb et de cuivre. r

Vinaigres médicinaux. — On désigne sous ce nom les vinaigres dans lesquels on a fait dissoudre quelques substances médicamenteuses, qui le plus souvent sont des plantes ou des parties de plantes. On emploie le vinaigre de yin rouge et blanc, mais surtout ce dernier, parce qu'il se conserve plus facilement. Il doit être de bonne qualité et marquer 3 degrés à l'aréomètre. Les vinaigres médicinaux préparés avec du vinaigre de bois doivent nécessairement différer de ceux qui ont pour véhicule le vinaigre de vin, et ne sauraient les remplacer ; en effet, la présence de l'alcool, en même temps qu'elle rend les vinaigres de vin moins faciles à décomposer, leur communique la propriété de dissoudre certains principes résineux sur lesquels le vinaigre de bc<-5 n'aurait point d'action. Les vinaigres médicinaux se font par macération; et, lorsqu'on est obligé d'employer des plantes fraîches , on ajoute une certaine quantité d'acide acétique concentré, parce que l'humidité de ces plantes ayant affaibli l'alcool, qui est le principe conservateur du vinaigre, le médicament ne tarderait pas à s'altérer, sans l'addition dont nous parlons.

Les vinaigres médicinaux les plus employés sont : le vinaigre scillitique, qui est simple, et le vinaigre antiseptique ou des quatre voleurs, qui est composé.

Vinaigre scillitique. — Après avoir coupé menu huit onces de squammes de scille parfaitement desséchées, on les introduit dans un matras avec six livres de vinaigre blanc : au bout de quinze ou vingt jours de macération , on passe avec expression et ou jette la liqueur, sur un filtre. Le Codex prescrit d'augmenter la force du vinaigre par de l'acide acétique concentré à 10 clegrés. Ce vinaigre est souvent employé dans l'iiydropisie ascite, depuis

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un gros jusqu'à une demi once. Il sert à la préparation de l'cujrncl scillitique , qui n'est autre chose qu'un mélange de doux livres de vinaigre scillitique et de quatre livres de miel blaDe, cuit à petit feu. On administre souvent l'oxymel scillitique depuis un gros jusqu'à une once, dans certaines affections chroniques des bronches, des poumons et de l'estomao , dans cerlains cas d'obstruction , etc.

Vinaigre antiseptique (vinaigre des quatre voleurs). — Vinaigre composé de huit livres de vinaigre, de demi-once d'absiathe major, d'autant d'absinthe minor , de romarin, desauge, de menthe et de rue, de deux onces de fleur de lavande, de deux gros de calamus aromaticus , d'autant de cannelle, de girofle, de noix muscade et de gousse d'ail récente, de demionce de camphre, et d'une certaine quantité de vinaigre radical. Ces diverses matières, bien desséchées, brojées, réduites, en poudre grossière, ou divisées, sauf les girofles, sont toutes, à l'exception du camphre et de l'acide acétique , mises dans un matras avec le vinaigre. Après un mois de macération, on jette le tout sur une toile, on exprime fortement, on filtre, et on ajoute le camphre dissous dans l'acide acétique; on agite et on conserve dans un vase bien bouché et en lieu frais. Le vinaigre antiseptique est employé pour se préserver des maladies contagieuses : on s'en frotte les mains et le visage ; on en fait évapoïer dans les chambres, près des habits que l'on doit porter.

(orfila.)

V1NETTIER, s. m. berberis vulgaris. ( L. Rich., bot. méd. , t. 2 , p. 647. ) C'est un arbrisseau généralement désigné sous le nom d'épine-vinette , et qui croit assez communément dans les haies et les bois; ses feuilles naissent par touffes ou faisceaux, qui quelquefois s'alongent , et forment déjeunes branches: elles sont alternes, pétiolées , ovales, roides, ayant dans leur contour des dents profondes et très- aiguës. A la base des faisceaux de feuilles, on trouve de petits aiguillons ; les fleurs sont petites, d'un jaune pâle, formant des épis pendans etunilatéraux. A ces fleurs succèdent de petites baies ovoïdes, alongées, d'un beau rouge , ombiliquées à leur sommet , et contenant chacune d'une à trois graines.

Ces fruits ont une saveur acide très-prononcée mais agréable. On en prépare une confiture , et dans les pharmacies un sirop qui, convenablement étendu d'eau, forme une boisson rafrai-

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chissante. La racine de berberis qu d'épine-vinette fournit un principe colorant jaune, employé dans l'art de la teinture. Depuis un petit nombre d'années qu'on emploie assez souvent l'éepree de racine de grenadier comme vermifuge , on y. mélange quelquefois celle d'épine-vinette, qui lui ressemble par plusieurs caractères. M. Godefroy, pharmacien , a indiqué (Journal de Pharmacie, février 1828 ) les moyens de reconnaître cette sophistication. L'écorce d'épine-vinette est flexible, dit-il, et présente une cassure un peu fibreuse ; celle du grenadier est compacte et casse net. L'écorce d'épine-vinette, mise sous les dents se divise en fibres ligneuses; celle de grenadier se réduit en petits fragmens, qui forment une sorte de pulpe si on continue à les broyer. L'écorce d'épine-vinette colore très-promptement la salive en jaune clair; celle du grenadier la colore moins promptemen.t en jaune brun. La première a une saveur amère très- franche; la seconde est un peu acre et astringente. Enfin pour dernier caractère, la teinture aqueuse de grenadier est entièrement décolorée avec l'acétate de plomb, tandis que celle d'épine-vinette ne change pas sensiblement par .l'action de ce réactif. Ces caractères nous paraissent bien suffisans pour distinguer ces deux racines , et reconnaître la fraude.

(a. richard.)

VIOL. Stuprum ■violenlum ( méd. lég. ). Dans le sens le plus restreint, le viol consiste en la possession charnelle d'une personne du sexe , obtenue avec violence ou par fraude. Le viol dans ce sens , suppose la consommation complète de l'acte vénérien , ou du moins l'introduction qui la précède. Mais les criminalistes ont distingué plusieurs nuances de ce crime qu'ils ont désignées par stuprum violenlum attentum , consummatum et fraudulalum. Ils ont encore, quant au viol consommé, établi une distinction entre le stuprum violentum voluntarium et involuntarium. Ce serait mal employer l'espace auquel nous sommes bornés que d'entrer dans les considérations auxquelles peuvent donner lieu ces divisions étrangères , jusqu'à un certain point , au code qui régit la pénalité en France , puisque lui seul devra servir de base à ce qu'il nous reste à dire.

Le viol se trouvant rangé sous la quatrième section du code pénal , intitulée : Attentats aux mœurs, nous nous bornerons aux considérations médico-légales auxquelles donnent lieu les nuances quelle établit, et qui se rattachent. plus ou moins à

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