‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 24 sur 44 · NUTRITION. (RULL1ER · texte numérisé non relu

NUTRITION. (RULL1ER

VIRULENT , adj. , virulens; qui contient un virus , qui est produit par un virus : humeur virulente , maladie virulente. Voyez virus.

VIRUS, s. m., mot passé de la langue latine dans la nôtre, et qui signifie poison.

Pendant long-temps le nom de virus a été donné à tout délétère, quelle que fût sa nature. Aujourd'hui, ce terme a une signification beaucoup plus restreinte , et il est uniquement employé pour désigner une production morbide , possédant la propriété de développer , sur un sujet sain , le mal auquel elle doit sa formation. Cette propriété de reproduction , ou mieux cette véritable germination , parfaitement connue de Fracastor [de conlagione, p. 112), forme le caractère essentiel des virus. Ils le présentent dans tous les états sous lesquels on peut les observer, gazeux, liquides ou solides. En effet , il suffit d'entrer dans la chambre d'un sujet attaqué de la variole , pour contracter sa maladie ; et les croûtes sèches de vaccin , après avoir été convenablement délayées avec de l'eau, servent presque aussi bien pour la vaccination , que le virus pris de bras à bras.

Des observations semblables ou analogues , répétées chaque jour, n'ont cependant pas pu empêcher les médecins qui attribuent tous lies phénomènes morbides à de simples modifications d'une irritation touj ours identique dans sa nature intime, de traiter de chimérique l'.existence du virus syphilitique et de la plupart des autres. On en a vu parmi eux, d'assez convaincus de la vérité de cette singulière doctrine, pour s'inoculer le virus vénérien. Ils ont, il est vrai, payé chèrement leur crédulité; mais les autres n'en sont pas moins restés inébranlables dans leur foi. Ils voient, chaque année, plusieurs milliers d'individus se succéder à l'hôpital des vénériens , et soutiennent, malgré cela , qu'il n'y a pas de virus syphilitique. Quel moyen de persuasion peut-on employer avec des hommes aussi résolus à se refuser à l'évidence?

VIR 367 aucun assurément , car on no fait rien voir à celui qui s'obstine à fermer les yeux. Au lieu donc d'entreprendre des conversions bien certainement impossibles, je dois me borner à exposer quelques-uns des faits les plus remarquables concernant l'histoire des virus.

Les productions morbides auxquelles nous réservons ce nom sont au nombre de neuf, savoir : i° le virus rabifique; 20 syphilitique; 3° vaccin; 4° variolique; 5° psorique; 6° celui de la pustule maligne; 70 de la pourriture d'hôpital; 8° de la rougeole, et 90 de la scarlatine. Quoique fort différens les uns des autres à beaucoup d'autres égards , ces virus possèdent des propriétés communes qu'il est bon de faire connaître avec quelques détails.

La plus remarquable d'entre elles, est la propriété de germination, dont il a déjà été parlé. Elle est telle, qu'une parcelle, un atome d'un virus quelconque, introduit dans l'économie, suffit pour développer la maladie par laquelle il est à son tour reproduit. Il en résulte que, pour empêcher le développement d'une maladie virulente, il ne suffit pas d'extraire une portion du virus de la partie où il a été inoculé : on n'a rien fait si l'on n'est pas parvenu à l'enlever ou à le détruire en totalité. En effet , il n'en est pas des virus comme des poisons ou des venins. Ceux-ci, agissant en raison de leur dose et par leur dose, ne produisent que des accidens très-faibles ou nuls, dès qu'on parvient , par un moyen quelconque , à la réduire beaucoup. Les virus se comportent tout différemment, comme on le savait depuis long-temps et comme on vient de le voir confirmé par des expériences récentes qui méritent d'être mentionnées, non qu'elles ajoutent à la somme de nos connaissances , mais à cause de leur conformité avec les anciennes observations. Ainsi M.Bousquet a constaté que les ventouses, si utiles pour arrêter les accidens auxquels la morsure des serpens donne ordinairement lieu', pouvaient être appliquées plusieurs heures de suite sur des piqûres de vaccination, sans empêcher le développement des boutons vaccinaux [Arch. gén. de méd. , mars 1828, p, 461 ). Et il résulte des expériences tentées par M. Ratier, que la cautérisation pratiquée sur des chancres syphilitiques, dans la vue d'en arrêter les progrès, n'est efficace qu'autant qu'elle est faite de manière à détruire entièrement le virus avant son absorption; car, s'il en est déjà entré quelque peu dans l'économie, le mal

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