‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 31 sur 44 · A. RICHARD · texte numérisé non relu

A. RICHARD

YEUX D'ÉCREVISSE ou PIERRE D'ÉCREVISSE, concrernenta seu calculicancrorum. Concrétions blanches, crétacées, orbiculaires, aplaties et concaves d'un côté, convexes de l'autre , que l'on trouve au nombre' de deux aux côtés de l'estomac de l'écrevisse , à l'époque où elle va changer de test. Ces pierres sont formées de carbonate calcaire et de gélatine , et étaient employées à titre à'abxorbant. On les réduisait en poudre, on les lavait, on les porphyrisait avec un peu d'eau; puis on les réduisait en une pâle dont on formait des trochisque» qu'on faisait sécher à l'air sur du papier ; c'est ce qu'on nommait pierres d'écrevisse préparées. Les yeux d'écrevisse ne sont plus guère employés aujourd'hui; on le* remplace communément par la craie ou la magnésie.

YTTRIA, s. f. Substance terreuse, dont on ne connaît pas encore la composition , mais que, par analogie, on croit formée d'oxygène et d'un métal de la première classe, I'ïtricm ( voyez métal). Elle existe dans l'ytterbite, dans l'y ttrîotantalite, dans le deuto-flua te neutre decériuin, et dans le fluate de cérium et d'yttria. Elle est solide, blanche, insipide ; sa pesanteur spécifique est de 4> 842. Exposée à l'air, elle en attire l'acide carbonique. L'eau ne la dissout pas. Elle forme avec les acides des sels dont quelques uns sont solubles , et ont une saveur sucrée. La potasse précipite l'yttria de ces dissolutions salines , et ne la redissout pas. Le sous -carbonate d'ammoniaque précipite ces dissolutions , et s'il est employé en excès , le précipité est re-

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dissous. Les hydro- sulfates solubles ne les troublent point. L'yttria est sans usages. On l'obtient en traitant l'ytterbite par l'acide nitrique étendu d'eau.

YTTRIUM. Nom donné d'avance à un métal que l'on croit exister dans l'yttria, et que l'on n'a pas encore pu obtenir.

(orfii.a.)

ZéDOAIRE, s. f. On désigne sous ce nom la racine tubéreuse et charnue du hœmpferia rotunda, L., plante originaire de l'Inde, et faisant partie de la famille des amomées. Dans le commerce, on distingue deux sortes de zédoaire , l'une ronde et l'autre longue , mais qui toutes deux appartiennent à la même espèce botanique. La zédoaire ronde, qui est plus rare, est en morceaux demi-sphériques, planes d'un côté, convexes de l'autre; ces morceaux sont grisâtres, plus gros et arrondis à l'une de leurs extrémités , amincis en pointe à l'extrémité opposée ; sur la surface convexe on aperçoit l'origine de fibres radicales qui ont été retranchées. La consistance de la zédoaire est dure, sa cassure est compacte , son odeur assez aromatique , et sa saveur acre et piquante. La zédoaire longue , que l'on trouve bien plus fréquemment dans le commerce, est en morceaux alongés , triangulaires , ayant leur face extérieure convexe et chargée de mamelons rugueux , et leurs deux faces internes planes; on voit qu'ils proviennent d'une racine tubéreuse, arrondie, coupée en quatre morceaux , taudis que la zédoaire ronde est simplement coupée en deux. La saveur éminemment acre de la zédoaire est due à la présence d'une huile volatile particulière qui est d'un bleu verdâtre. Cette racine est un médicament éminemment stimulant, qui agit à la manière du gingembre, du curcuma et du zerumbet, autres plantes de la même famille : aussi l'emploie-ton rarement seule. Elle entre encore dans quelques anciennes préparations pharmaceutiques, comme la poudre de Charas, le philonium romanuin , etc. (a. richard. ï

ZÉINE, s. f. Nom donné à une substance particulière que l'on obtient en traitant par l'eau et par l'alcool la farine de zen maïs. Elle est jaune, molle, élastique comme le gluten , d'une saveur et d'une odeur particulières, insoluble dans l'eau et dans l'éther, soluble dans l'alcool bouillant et dans le vinaigre , sus-

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ceptible d'être transformée par l'acide nitrique en une matière gra. se , soluble dans l'alcool et dans les huiles. Elle n'a point d'usages- (oariLA.)

ZERUMBET, s. m., amomurn zerumbet., L. , racine provenant dej'lnde, qui est sous la forme de morceaux irrégulièrement genouillés, inégaux, d'une grosseur variable, d'une saveur acre et amère. Elle n'est plus usitée. Ses propriétés sont les mêmes que celles du gengimbre. (A. richard.)

ZIMOME ou ZYMOME , s. m. Nom donné par M. Taddei à celui des principes immédiats du gluten , qui n'est pas soluble dans l'alçool. Voyez olutkn.

ZINC, s. m. Métal delà troisième classe (voyez métal) que l'on trouve dans la nature, i° à l'état de calamine, sorte d'oxyde de zinc hydraté uni à la silice, à l'alumine, à de l'oxyde de* fer et à du sous-carbonate de chaux ; 2° à l'état d'oxyde ferrifère; 3° à l'état de blende (sulfure de zinc et de fer); 4° a l'état de carbonate et de sulfate. De toutes ces mines, la plus abondante est la calamine.

Propriétés physiques et chimiques du zinc. — Ce métal e>t solide , d'un blanc bleuâtre, lamelleux , dur, ductile et surioul malléable; sa pesanteur spécifique est de 7,1. Il fond au-dessous de la chaleur rouge, et se volatilise si on chauffe davantage; on peut par conséquent le sublimer dans des vaisseaux fermés , et le condenser dans le récipient. Si, au lieu d'agir ainsi, on fait foudre le zinc avec le contact de V air ou du gaz oxygène , et qu'on l'agite, il brûle avec une flamme blanche bleuâtre , trèséclatante, et se transforme en oxyde bjanc, sous forme de flocons tellement légers qu'ils sont enl rainés dans l'atmosphère, quoiqu'ils ne soient pas volatils. U hydrogène , le bore , le carbone et l'azote sont sans action sur le zinc. Le phosphore n'a pas beaucoup de tendance à s'unir avec lui ; cependant on peut obtenir directement un phosphure brillant, d'un blanc de plomb- Le soufre se combine avec ce métal à chaud , et fournit un sulfure terne , insipide , moins fusible que le métal : le sulfure naturel , connu sous le nom de blende, est formé d«> 59,09 de zinc, de 28,86 de soufre, et de 12, o5 de fer, d'après Thomson; il exisle en France , particulièrement dans les départemens de l'Isère, du Pas-de-Calais, des Côtes-du Nord et des Hautes- Pyrénées; il est jaune, roussâtre, brun ou noir , suivant qu'il contient plus ou moins de fer. Uiode forme avec le zinc, même

Z1N 465 à une .température peu élevée, un iodure très - fusible, volatil, déliquescent et très-soluble dans l'eau. Le chlore est rapidement absorbé par le zinc que l'on a fait chauffer ; il y a dégagement de calorique et de lumière : le chlorure formé est solide, blanc, fusible, -volatil au-dessous de là chaleur rouge, très-soluble dans l'eau.

Parmi les alliages que le zinc peut fournir avec les métaux , nous signalerons celui de cuivre , le seul qui offre un intérêt véritable. Cet alliage, connu sous les noms de laiton, de cuivre jaune-, de similor , d'or de Manheim , d'alliage du prince Robert, est formé de vingt à quarante parties de zinc , et de quatre-vingts à soixante parties de cuivre ; il est plus fusible que ce dernier métal : on l'emploie dans la préparation des chaudières, des poêlons, d'un très-grand nombre d'instrumens de physique, des épingles, des cordes d'instrumens, etc.

Ueau est décomposée par le zinc à une température rouge, comme on peut s'en assurer en faisant passer de la vapeur aqueuse à travers un tube de porcelaine chauffé jusqu'au rouge, et contenant du zinc ; le métal est oxydé , et il se dégage du gaz hydrogène; la même décomposition a lieu à froid, mais beaucoup plus lentement. L'acide sulfuriqiie concentré n'agit pas sur le zinc à froid , mais si on élève la température, il se décompose en partie pour oxyder le métal , et il se dégage du gaz acide sulfureux ; l'oxyde formé se combine avec la portion d'acide non décomposée. Si l'acide sulfurique est étendu d'eau , celle-ci se décompose , même à la température ordinaire ; son oxygène se porte sur le zinc , et l'hydrogène se dégage ; tandis que l'oxyde produit se dissout dans l'acide sulfurique. L'acide nitrique concentré attaque le zinc à froid, se décompose en partie pour oxyder le métal , et l'oxyde formé se dissout dans la portion d'acide non décomposé ; il se dégage du gaz deutoxyde d'azote, qui passe à l'état d'acide nitreux, jaune orangé, aussitôt qu'il aie contact de l'air. L'acide hydrochloriquc liquide agit sur le zinc, comme l'acide sulfurique faible, et on obtient de l'hydrochlorate de zinc.

Lorsqu'on chauffe légèrement du zinc et de l'ammoniaque liquide , l'eau se décompose ; son oxygène se porte sur le métal ; l'hydrogène se dégage, et l'oxyde de zinc produit se dissout dans l'ammoniaque : cette dissolution évaporée peui cristalliser, et les cristaux fournissent de l'ammoniaque si on lès chauffe. tix. 3o

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