‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource] (volume 2)Chapitre 35 sur 44 · SUPPLEMENT · texte numérisé non relu

SUPPLEMENT

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Mamelle (amputation de la). Le cancer est à peu près la seule maladie qui nécessite l'oblation totale ou partielle du sein. Cette opération, qui consiste à emporter toutes les parties malades avec l'instrument tranchant, se pratique tantôt en conservant la peau qui couvre la tumeur , tantôt en l'enlevant avec elle. L'opération est désignée dans le premier cas sous le nom à' extirpation , et dans le second sous celui <ï amputation.

L'extirpation convient lorsque la tumeur est petite, mobile sans affection de la peau , sans altération du mamelon et sans' dilatation variqueuse des vaisseaux. On doit au^contraire préférer l'amputation lorsque la tumeur est volumineuse, adhérente, la peau altérée et le mamelon déformé. Ce dernier mode d'opération est indispensablement nécessaire dans le cancer ulcéré.

Quelques circonstances peuvent mettre un obstacle à l'opération, ou en rendre le succès bien douteux; d'autres fois l'ablation du sein est formellement contre-indiquée.

L'engorgement d'une ou plusieurs glandes dans le creux de l'aisselle du côté malade ne doit être considéré comme un obstacle à l'opération qu'autant que ces glandes sont en trèsgrand nombre, très.-votumineuses, et situées si profondément qu'on ne saurait emporter toutes les parties malades sans s'exposer à ouvrir l'artère axillairc ou les grosses branches qui

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partent de ce vaisseau. On ne peut pas se dissimuler cependant que l'existence de cet engorgement est d'un assez mauvais présage. Il faut s'abstenir de toute espèce d'opération lorsque l'engorgement existe dans les glandes axillaires du côté opposé à la maladie: en effet, dans ce dernier cas, l'infection cancéreuse est générale. L'ulcération de la mamelle affectée de cancer, surtout lorsque la maladie est ancienne, située profondément, est une circonstance défavorable. Cependant les observateurs ont recueilli plusieurs exemples de cancers ulcérés guéris par l'opération. L'existence simultanée de plusieurs tumeurs cancéreuses rend très-hasardeuse l'extirpation de l'une d'elles et même de toutes. L'expérience apprend qu'on peut opérer lorsque l'adhérence de la tumeur est la seule circonstance qui paraisse s'opposer au succès de l'opération : en effet, on a vu guérir des malades sur lesquels on avait été obligé d'enlever le muscle grand pectoral , et même de ruginer les côtes déjà ramollies. La prudence toutefois impose l'obligation de se borner à une chirurgie expectante lorsque la mamelle, adhérente au grand pectoral , est immobile et cimentée en quelque sorte avec la paroi antérieure de la poitrine. Enfin, quelles que soient les circonstances locales d'un cancer au sein, favorables ou non, on ne doit jamais en entreprendre l'ablation lorsqu'il existe des symptômes de diathèse cancéreuse. Voyez cancj;r.

Avant de procéder à cette opération, il faut préparer et disposée? tout ce dont on peut avoir besoin : un bistouri droit, un bistouri légèrement convexe sur son tranchant , une pince à ligature, du fil ciré, des aiguilles, une érigue double, ou mieux une pince dont chacune des, branches se termine par un double crochet aigu, de la charpie fine, des bandelettes agglutinatives , des compresses longuettes, un bandage de corps ou une bande roulée de six à huit aunes de longueur, une éponge, des vases contenant de l'eau froide, de l'eau chaude, etc., etc.

Après avoir débarrassé la femme des vêtemens qui couvrent sa poitrine, et l'avoir fait asseoir sur une chaise peu élevée, on place au-dessous des mamelles un drap plié en plusieurs doubles; ce drap est destiné à entourer le tronc et à recevoir le sang qui va couler de la plaie qu'on va faire. Un aide placé derrière la malade maintient la poitrine immobile, abaisse et fixe le bras qui correspond au sein malade; le bras opposé est maintenu arun autre aide; un troisième présente les instrumens etseconde

MAM /.83 le chirurgien. Celui-ci , ordinairement debout et quelquefois assis, se place devant la malade.

Si on procède à l'extirpation , l'incision nécessaire pour mettre les parties malades à découvert se fait tantôt en faisant un pli transversal , tantôt en tendant simplement la peau avec le pouce et l'indicateur de la main gauche. Lorsque la tumeur est peu volumineuse, on fait aux tégumens une incision longitudinale suffisamment étendue. Dans le cas contraire, on donne à l'incision la forme d'un T ou d'une croix -f-; il faut autant que possible ménager le mamelon." La glande mise à découvert, on dissèque avec soin les lèvres de la plaie ; on saisit ensuite la tumeur avec la pince de Museux, on l'attire à soi, et on l'emporte après l'avoir isolée parla dissection des parties environnantes. Lorsque la tumeur est enlevée , on doit porter le doigt dans le fond de la plaie, explorer attentivement, et faire l'ablation de tout ce qui est dur ou simplement engorgé. L'opération terminée, on essuie légèrement la* plaie saignante avec une éponge imbibée d'eau tiède ; on saisit avec des pinces et l'on fait la ligature de tous les vaisseaux qui fournissent du sang. Les- lèvres de la division sont ensuite rapprochées avec soin et maintenues avec des bandelettes agglutinatives ; on couvre le tout avec de la charpie fine et des compresses longuettes ; un bandage de corps ou mieux encore une longue bande, dont on fait plusieurs circulaires autour du tronc , contient cet appareil.

L'amputation, qui ne doit êtie employée que dans le cas où l'extirpation est impraticable, nécessite toujours deux incisions pour circonscrire une certaine partie des tégumens qui couvrent la tumeur. En général ces deux incisions doivent se réunir en formant une ellipse plutôt qu'un cercle, parce qu'on a observé que la première forme est beaucoup plus favorable à la cicatrisation que la seconde. Le chirurgien, armé d'uu long bistouri légèrement convexe, saisit la tumeur avec la main gauche, et, la remontant un peu pour tendre la peau, fait au-dessous d'elle une incision semi-elliptique qui commence en dedans et finit en dehors s'il opère sur la mamelle gauche, et vice versa si c'est sur le sein droit; après quoi, abandonnant la tumeur à son propre poids, et même pressant un peu sur elle de haut en bas, il achève de la cerner par une seconde incision également semielliptique pratiquée au-dessus. En faisant ces deux incisions , qui doivent se réunir à augle aigu au côté interne et au côte

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