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Dictionnaire de médecine [electronic resource]

S'il est vrai qu'une préface doive toujours avoir pour objet de donner au lecteur une idée première du travail qu'on lui soumet , et surtout une indication du plan qui a été suivi dans l'exécution de ce travail, on concevra pourquoi nous nous sommes abstenus d'en placer une en tête de notre Dictionnaire, et pourquoi nous nous sommes contentés d'un simple avertissement. Le titre seul de cet ouvrage , Dictionnaire de médecine , en caractérise en effet suffisamment et le sujet et le plan.

L'un est la science de la médecine, c'est-à-dire l'histoire entière de l'homme considéré en santé et en maladie. Le mot médecine, pris dans son acception la plus vaste, rappelle en effet aussitôt à l'esprit tout ce qui a trait à ce double objet de l'histoire de l'homme. Ainsi , d'une part , l'indication de sa structure, du mécanisme de sa vie et des facultés physiques et morales dont il est doué ; l'étude des phases diverses dans lesquelles son existence se partage , et qui le conduisent plus ou moins rapidement de la conception à la mort; l'examen des différentes substances qu'il doit puiser dans l'univers pour sa conservation, comme l'air, les alimens, et en général 1 étude de tous les rapports nombreux et inévitables qu'il a avec ce même univers; l'indication de tous les soins que, pour entretenir sa santé, il doit observer dans l'usage qu'il fait de ses propres facultés , et des choses extérieures que réclame sa conservation : d'autre part, l'exposition de toutes les maladies qui l'assiègent ; celle de leurs causes , des phénomènes qui les font reconnaître, qui en font préjuger la nature, la gravité, la durée, l'issue, l'indication surtout des moyens qui sont propres à les prévenir , les I. a

ij AVERTISSEMENT.

guérir , ou au inoins à en diminuer la violence , et qui sont pris ou dans les choses extérieures à l'homme et qu'on lui applique, ou dans un mode particulier d'emploi de ses facultés mêmes : enlin, toutes les applications qui peuvent être faites de cette connaissance physique de l'homme tant en santé qu'en maladie, à l'éducation , à la morale et à la législation : tels sont les nombreux objets que comporte la médecine, et dont traitent les diverses branches dans lesquelles se partage cette vaste science, savoir : Xanatomie , la physiologie , Y histoire naturelle médicale , Yhjgiene , la pathologie , la pharmacie , la t/iérapeutique, la médecine légale, etc. ; ils feront conséquemment la matière de l'ouvraga dont nous publions aujourd'hui le premier volume. Peut-être croira-t-on que nous aurions dû présenter ici un tableau de ce grand ensemble; mais il n'est aucune de ces sciences dont le lecteur ne connaisse déjà et le nom et le but; chacune aura en outre, au mot qui la désigne, un article spécial destiné à en exposer les généralités; au mot médecine sera même donné un développement de toutes les connaissances qu'embrasse cette science , la première de toutes par l'immensité des faits qui s'y rattachent et par les nombreuses applications dont elle est susceptible : tout ce que nous aurions dit ici n'aurait donc été qu'une répétition de ce qui sera mieux placé ailleurs; et c'est, dès notre début, nous montrer avare du temps et de la patience de nos lecteurs, et par conséquent fidèles à nos promesses, que de leur épargner une verbeuse et inutile amplification. Notre sujet est assez nettement spécifié.

Il en est de même du plan selon lequel nous l'avons traité. Voulant faire un ouvrage qui contînt toute la science de la médecine, et qui en même temps fût le plus succinct possible, nous avons pensé que la forme de dictionnaire était celle qui convenait le mieux. Or, annoncer un dictionnaire, c'est dire que c'est à l'occasion des mots qu'on traitera des choses, et que l'ordre de. dis-

AVEKTISSEMENT. iij

tribution des mots sera l'ordre alphabétique. Ainsi le plan de notre travail est tout aussi connu que son sujet , et, sous ce second point de vue , une préface était aussi inutile que sous le premier.

Cependant nous avons , à l'égard de l'un et l'autre objet , quelques remarques à faire, remarques qui ont influé sur la composition de notre travail, qui nous ont guidés dans son exécution, qui, à ce titre, doivent être placées au premier ordre, et ont nécessité cet avertissement : si notice devoir est de n'omettre aucun des faits qui se rattachent à notre sujet, la médecine, il nous est également obligatoire de n'en ajouter aucun qui lui soit étranger, et souvent la limite nous a paru difficile à poser. L'homme , en effet , tient à toute la nature : il reçoit des influences et du sol sur lequel il repose et de l'atmosphère dans laquelle il est plongé ; un grand nombre de végétaux et d'animaux lui fournissent des alimens ; beaucoup d'autres sont pour lui d'utiles médicamens ; et sous ces divers rapports il est déjà lié à tout le monde physique. Il l'est également au monde intellectuel et moral , car les arts, les sciences , tout ce que nous offrent les sociétés, sont des produits de l'exercice de ses facultés. Il n'est presque aucune question des sciences physiques, politiques et morales qui, par quelques côtés, ne se rattache à la médecine. On conçoit cependant que , tout en disant sur ces questions ce qui importait à notre sujet, nous devions nous abstenir de les traiter avec détails , sinon nous aurions dépassé le nombre de volumes que nous avons annoncé, et fait moins un dictionnaire de médecine qu'une encyclopédie générale. La règle qui nous a guidés dans cette difficulté a été de tout subordonner h la médecine et à ses applications. Aussi est-il question d'une substance naturelle alimentaire ou pharma~ ceutique? Sans doute nous indiquons l'être naturel qui la fournit, nous en faisons connaître les caractères botaniques zoologiques, nous en rapportons l'analyse chi-

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