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foie, l'adhérence qui s'établit entre ce viscère et la paroi antérieure de l'abdomen ou le colon a quelquefois permis de donner jour au foyer, et .1 rendu possible le passage du pus vers l'extérieur ou son écoulement dans le canal intestinal, etc. etc. Les fausses membranes elles-mêmes , véritables corps étrangers dans leur principe, entraîneraient nécessairement la mort, quand elles ont lieu dans les cavités splancliniques , si, peu de temps après leur formation, elles ne s'organisaientpas en adhérences celluleuses.

N'est-ce pas à procurer la réunion des parois des sacs berniaires que doivent tendre les procédés employés pour obtenir la cure radicale des hernies ? L'adhérence des viscères derrière l'anneau ou le canal inguinal a souvent cet beureux résultat, en formant une sorte de barrière qui retient les parties dans l'abdomen. Sans l'adhérence de l'intestin aux parois abdominales, toutes les plaies pénétrantes des intestins , toutes les opérations par lesquelles on établit un anus contre nature, seraient mortelles : aussi, dans la plupart de ces cas, l'art n'a guère d'autre but que de faire naître une adhérence. La méthode de M. Dupuytren pour guérir les anus contre nature, l'une des plus belles et des plus ingénieuses découvertes de la chirurgie, est fondée sur l'adhérence qui unit les surfaces enflammées qui se trouvent en contact. [Foyez anus

CONTBE NATURE.)

On n'obtient de guérison radicale de l'hydrocèle qu'en déterminant une vive inflammation, et par suite l'oblitération de la cavité de la tunique vaginale. C'est encore de la même manière qu'on guérit beaucoup de kystes. La cavité des abcès, celles des dépôts par congestion, le trajet des fistules, ne disparaissent que par l'adhérence de toutes les parois, que par l'oblitération complète des cavités. La cure du bec-de-lièvre, le rapprochement des bords d'une plaie, etc. etc., sont également fondés sur la doctrine de l'inflammation et de l'adhérence qui en résulte.

Les ligatures appliquées sur les vaisseaux pour arrêter les hémorrhagies n'ont d'effet certain qu'en déterminant une adhérence qui oblitère les vaisseaux. C'est encore à l'union des parois vasculaires, à l'oblitération des vaisseaux, qu'on doit rapporter cet effet de la pression exercée quelquefois par des tumeurs anévrvsmales qui se sont ainsi guéries sans aucun secours de l'art; et c'est de la même manière qu'on explique la gangrène, la chute et la guérison spontanée de plusieurs autres tumeurs.

Lors d'un abcès ou d'une oblitération au voisinage des vais-

AD11 $44 seaux sanguins, ies hémorrhagies sont toujours ou presque tonjours prévenues, parce que, dans ce cas, l'inflammation qui s'étend au vaisseau produit un épanchemcnt lymphatique albumincux entre ses tuniques et dans sa cavité, de manière à l'oblitérer. C'est ainsi que dans les cas de vomiquc, où la substance d'un poumon est en grande partie détruite, l'inflammation adhésive prévient l'hémorrhagie par l'oblitération de tous les vaisseaux pulmonaires qu'elle a envahis. L'art peut beaucoup contre la plupart des adhérences extérieures, soit pour les foire disparaître, soit pour en diminuer les inconvéniens , tandis qu'il est: tout-à-fait impuissant contre les adhérences intérieures, dont la disparition, entièrement due à la nature, doit être regardée par ceux qui l'admettront comme le dernier terme des effets qu'entraînent consécutivement les inflammations, (g. breschet.)

ADHÉSIF , adj., qui adhère, qui procure l'adhésion. On donne ce nom aux emplâtres qui adhèrent à k peau. ( V oyez agglutiîsatif.) On joint encore cette épithète à l'inflammation dont le but ou l'effet est de déterminer l'adhésion ou la réunion organique de parties qui étaient divisées. ( Voyez adhésion.)

(r. DEL. )

ADHÉSION, s. f., de adhœrere , être uni, être attaché, tenir à. On nomme ainsi l'union naturelle, accidentelle, ou produite par l'art, des tissus entre eux, soit que cette union s'établisse entre des points divers du même tissu ou entre des tissus différens. L'adhésion, suivant notre manière de la concevoir, suppose toujours la préexistence d'une inflammation; et c'est d'après ce caractère que cette injl animation a été nommée adhésive. C'est à ce mot, ainsi qu'à celui de cicatrice , qu'il faut voir l'exposé de tout ce qu'on sait sur cette partie de l'histoire des phlegmasies.

L'adhésion peut survenir à la surface de tissus dénudés, divisés , ou sans que les tissus aient éprouvé ces altérations.

Un des principaux phénomènes de l'inflammation adhésive est l'exhalation d'un fluide particulier entre les lèvres du tissu divisé, à la surface ou dans les mailles du tissu enflammé. Le fluide exhalé a été nommé par J. Hun ter et par quelques autres auteurs lymphe coagulable : cette exhalation précède toutes les adhésions, et l'on peut dire qu'il ne se fait jamais d'union entre les tissus organisés, qu'on ne voie constamment une matière liquide concrescible se déposer entre les surfaces qui doivent contracter des adhérences entre elles. L'exhalation de ce fluide

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coagulable n'est pas en rapport direct avec le degré d'inflamm.ition; souvent même il se trouve en raison inverse. Si l'inflammation est intense, l'exhalation change de caractère, et perd la propriété de faire adhérer les tissus entre eux. L'adhésion n'exige donc qu'un degré modéré d'inflammation : aussi ne la voit-on se former que lorsque la phlegmasie est à son début, que les phénomènes inflammatoires sont peu développés , ou bien lorsqu'ils sont sur leur déclin, et qu'ils s'affaiblissent de plus en plus. L'adhésion diffère en ce point de la suppuration. L'exhalation de ce fluide concrescible accompagne plus ou moins toute inflammation; le fluide exhalé paraît être la partie la plus importante du sang, et cette matière amène toujours les mêmes résultats, soit que le dépôt s'en fasse entre les mailles des oiganes ou à leur surface. Le liquide concrescible ne doit point être considéré comme inerte ou comme le produit d'une excrétion. C'est un fluide essentiellement- organique, composé de mohcules distinctes et susceptibles d'un accroisement et d'un développement. Ce fluide se concrète et se solidifie peu à peu, prend différentes formes, et le plus souvent il est disposé comme une membrane. En effet c'est une véritable membrane, quoique l'œil 11e puisse y voir d'organisation distincte. Mais la vie suppose des organes pour l'entretenir, et la vie seule peut produire la vie. La forme sous laquelle se montre le fluide coagulable aussitôt qu'il se solidifie ne diffère pas du tissu cellulaire. Moore a pensé que cette substance n'était peut-être jamais liquide , et il donne pour raison qu'on la rencontre fréquemment sur la surface interne des vaisseaux enflammés, et particulièrement dans les veines. Cette opinion ne peut pas se concilier avec la fluidité primitive de toutes les parties organisées, avec les expériences de Fordyce, Hewson et Hunter. On sait que la lymphe coagulable, exhalée dans les tissus organiques, dans les veines, par exemple, se concrète assez vite pour faire adhérer leurs parois ou pour oblitérer leur canal. La couleur de cette substance perspirée n'est pas toujours la même : ordinairement elle est d'un gris blanchâtre, et quelquefois jaunâtre. Elle a d'abord peu de consistance, et sa quantité varie beaucoup. Elle forme des couches minces, n'offrant que la huitième oï: ta dixième partie d'une lii^ne, ou bien elle se présente comme une membrane d'un demipouce ou d'un4pouce d'épaisseur. -Elle forme assez souvent plusieurs feuillets, que l'on peut, sans beaucoup de difficulté, sé-

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parer les uns des autres. La différence de consistance entre toutes les lames superposées porte à croire que chacune tient à une exhalation d'une époque différente. Cette lymphe plastique doit être distinguée de la sérosité qu'exhalé les mêmes vaisseaux, et qui, plus essentiellement aqueuse, s'oppose à l'adhésion des tissus, et forme par son accumulation des épanchemens qu'on nomme hydropisies. Remarquons cependant que, dans les hydropisies avec une augmentation de tonicité dans les tissus et une pléthore dans les vaisseaux sanguins, la sérosité diffère moins de la lymphe concrescible que dans les hydropisies atoniques, où la sérosité ne contient presque point de substance concrescible, et où conséquemment les adhérences entre les tissus doivent être beaucoup plus difficiles et beaucoup plus rares.

Cette lymphe coagulable se dépose dans les mailles ou à la surface de tous les tissus. Cependant il en est où ce dépôt se fait plus facilement et plus fréquemment que dans d'autres. Nous citerons le tissu séreux et tous ceux qui lui ressemblent , tels que les synoviaux, les vasculaires, ou, pour mieux dire, les membranes internes des vaisseaux, et principaLjinent celle des veines; les membranes muqueuses dans leur„ p3éfrties les plus vasculaires , et la peau elle-même pour le corps de Malpighi principalement formé par un lacis de petits vaisseaux. C'est peut-être à ce dépôt que l'on doit l'engorgement ou Xhépatisation de certains organesessentiellement vasculaires. Cette substance concrescible, quoique organique, ne paraît point d'abord posséder de vaisseaux; mais bientôt ils se forment et finissent par s'unir aux anciens, desquels ils ne procèdent pas. La formation des vaisseaux , dans la lymphe coagulable destinée à constituer une adhésion , est parfois très - prompte. C'est surtout dans les hernies étranglées qu'on peut observer la rapidité de ce développement vasculaire. M. Home opéra, pour une hernie étranglée, un homme qui succomba vingt -neuf heures après l'opération. Le sac ouvert, on trouva une anse intestinale de six pouces de longueur, et sans apparence d'engorgement dans les vaisseaux. Le malade resta sans pouls sensible pendant les cinq dernières heures de son existence. A l'ouverture du corps, on vit la partie étranglée du tube intestinal en [laminée, et sa surface extérieure couverte de lymphe coagulable, on, pour parler plus convenablement, d'une membrane vasculaire, puisque l'injection démontra l'existence, dans toute l'étendue de la membrane nouvelle, d'une artère ac-»

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coropagnée d'une veine plus grande. Il est évident que , dans cette circonstance, la lymphe coagulable n'a été exhalée qu'après l'opétion, et que les nouveaux vaisseaux se sont formés en vingtquatre heures. Ce fait prouve encore que les derniers vaisseaux s'unissent avec le système vasculaire primitif. Quelques observations semblent cependant démontrer que les vaisseaux des membranes accidentelles ne sont que la continuation des vaisseaux primitivement formés. Sœmmerring dit avoir injecté plusieurs fois des brides tendues entre le poumon et la plèvre costale, et avoir remarqué que l'injection allait de la membrane externe à la plèvre pulmonaire; ce qui ferait croire que les. vaisseaux de ces fausses membranes étaient un prolongement des artères intercostales. Monro a donné une figure qui fait voir que ces vaisseaux nouveaux se forment et existent d'abord isolément , et s'abouchent ensuite avec les autres. Iîunter a souvent rencontré beaucoup de petites taches rouges au milieu de la substance exhalée qui unissait les parties diverses. Il est présumable que ces taches étaient des globules rouges de sang qui s'étaient formés au milieu de ta lymphe coagulable, car s'ils fussent sorlis avec ce dernier fluide, ils auraient été plus nombreux, plus généralement l'épandus, et plus près des surfaces perspirables. 11 serait naturel d'admettre que le sang se forme dans le coagulum albumineux, de même que nous savons qu'il se forme sur le vitellus et dans d'autres parties de l'œuf pendant l'incubation. Il parait sous la forme de gouttelettes distinctes et isolées, et cette idée est d'autant plus vraisemblable , que la formation du sang et des vaisseaux, dans ces nouvelles organisations, offre les mêmes périodes que celles de l'œuf pendant l'incubation. Dans l'œuf, comme dans ces membranes couenneuses, il n'y a d'abord que des canaux qui ne sont pas tapissés par des membranes particulières, les tissus vasculaires se développant plus tard: Hunier ayant injecté, par l'artère crurale, le moignon d'une cuisse amputée au-dessus du genou, l'injection remplit la substance concrétée qui recouvrait la surface traumatique; cette matière coagulée lui parut être cellulaire et ne posséder aucun vaisseau régulier. Wolff a depuis long-temps décrit comment il se forme dans l'embryon du poulet une suite de petites taches ou globules de sang, et Hunter a vu que ces globules sont plus tard enfermés dans de véritables tu vaux, mais que les parois vasculaires ne se distinguent pas d'abord des substances voisines. Harvey n'a-t-il pas dit depuis

AI) H Ï53 long-temps que le sang est la partie la première formée , tandis que les vaisseaux, qui paraissent ensuite , ne servent qu'à le contenir et le transporter ? On croit qu'il se forme d'abord de petites lacunes par une force propre au fluide coagulable; que cette force répulsive ou attractive donne lieu à la formation d'espaces vides, de canaux ou conduits communiquant entre eux , contenant un peu plus tard du sang qui coule peut-être sans direction déterminée, ainsi qu'on l'observe dans les animaux des classes, inférieures. Enfin ces canaux se tapissent de tissus membraneux, et les vaisseaux sont formés. Leur communication avec le système vasculaire primitif constitue la dernière période de ces formations.

Les veines sont sans contredit ici, comme dans l'embryon du poulet, ainsi que Wolff l'a vu, et ainsi que je l'ai observé sur l'œuf des reptiles batraciens, les premiers vaisseaux formés; lés artères ne viennent qu'après. Les veines sont déjà plus grosses que les artères. La forme de tous les vaisseaux est très-simple ; ils sont droits ou légèrement flexueux; aucun rameau ne sort de leur partie moyenne, mais ils sont ramifiés à leurs extrémités; et cette disposition, observée et décrite par M. Meckel, lui a fait dire que ces vaisseaux z'essemblent, en petit, au système de la veine-porte. Ces vaisseaux sont ordinairement l'un à côté de l'autre, et il est probable que plus tard les rameaux disparaissent à chaque extrémité. Dès qu'ils s'abouchent avec les vaisseaux des tissus voisins , ils se divisent en artères et en veines.

Le développement de vaisseaux dans la couche membraniforme qui sert à former l'adhésion est- il constant et de rigueur? Haller a fait la remarque que, dans beaucoup de circonstances, on ne pouvait pas distinguer de canaux vasculaires dans les productions raembraniformes nouvelles, et M. Fr. Meckel déclare avoir fait des observations semblables. Mais une substance organisée peutelle cesser de l'être dans les corps organisés , et cesser de l'être sans devenir un corps étranger dont l'économie animale cherebe à se débarrasser par une inflammation -éliminatoire? Ces vaisseaux, d'abord très-apparens , peuvent devenir moins distincts sans disparaître, et l'on ne peut pas dire que ces vaisseaux n'existent pas, par cela seul qu'on ne les aperçoit plus. Il existe dans le corps animal beaucoup de tissus organiques éminemment pourvus de vaisseaux, et cependant, dans l'état ordinaire, on ne peut pas apercevoir ces vaisseaux. C'est ce qu'on peut dire de la

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