A DU
(juc leur adhérence avec la cornée limite leurs mouvemens et celui du globe de l'œil; que Pimperforation des voies lacrymales empêche l'absorption des larmes, d'où il résulte un épiphora ou larmoiement continuel ; que l'occlusion du conduit auditif externe entraîne nécessairement la surdité; que l'imperforation du rectum ou de l'anus, à laquelle on ne remédie pas, cause la mort du nouveau-né; que l'imperforation également congéniale du prépuce, de l'urètre, du méat urinaire,' occasioneht la rétention comp'ète d'urine, et par conséquent très-rapidement la mort, si les secours de l'art ne sont pas très-promptement appliqués. L'excrétion de l'urine, que l'on dit avoir vu se faire , dans le dernier cas, par une ouverture située à l'ombilic, est une circonstance si rare, qu'elle ne peut infirmer mon assertion. ( Voyez ombilic , ouraque. )
L'occlusion complète du vagin et de l'orifice de l'utérus, à la suite de l'ulcération, etc., rend la femme stérile; l'imperforation delà membrane hymen, sans inconvénient avant l'âge nubile, s'oppose plus tard à l'écoulement menstruel, et devient ainsi la cause de tous les symptômes et accidens de la rétention des menstrues , etc. etc.
Le rétrécissement ou coarctation dés ouvertures et des conduits naturels, à la suite d'ulcérations ou de pertes de substance par des cicatrices ou adhérences , forment aussi un obstacle plus ou moins considérable à l'accomplissement des fonctions, et c'est ainsi que les fistules lacrymales , salivaires , urinaires , les abcès urineux, etc, sont souvent entretenus.
On a vu , à la suite de brûlures ou d'autres accidens , l'union de la lèvre supérieure avec le nez, celle de deux doigts entre eux, d'un ou de plusieurs doigts avec la paume ou le dos de la main , empêcher, gêner, borner les mouvemens de ces parties par des cicatrices ou des brides plus ou moins difformes.
L'adhérence mutuelle d'un sac herniaire et des viscères qu'il renferme s'oppose parfois à la réduction des hernies; l'adhérence des parois d'un vaisseau y interrompt le passage du sang, etc. etc. Il est vrai que dans le dernier cas les vaisseaux collatéraux et la quantité prodigieuse des anastomoses suppléent toujours ou presque toujours au vaisseau oblitéré, en sorte que la circulation ne se fait pas moins bien.
Quant à l'adhérence des lamelles du tissu cellulaire entre elles, aucun accident, en mettant à part l'inflammation, ne peut en résulter.
ÀDH V,7
En outre, les adhérences accidentelles sont ordinairement acvompagnées de douleur dans les premiers temps, soit que cette douleur dépende de l'inflammation encore existante, soit qu'elle tienne aux tiraillemens que les mouvcmcns occasionent, soit qu'elle dépende de ces deux circonstances réunies. C'est de cette manière que les personnes qui ont des cicatrices récentes sont averties de ne point faire certains mouvemens qui plus tard s'exécutent aisément. •
C'est également aux adhérences intérieures qu'il faut attribuer l'espèce de douleur que ressentent ceux qui ont reçu des blessures pénétrant dans les cavités , ou qui ont eu des inflammations des membranes séreuses dépendantes d'autres causes; la difficulté des grands mouvemens de respiration, la toux, etc., quand le siège de la maladie était la poitrine. Lorsqu'il existe une adhésion complète ou presque complète de la portion cardiaque du péricarde avec le reste de la membrane, elle est, suivant M. Corvisart , la principale cause du sentiment pénible qu'éprouvent les malades dans la région du cœur, parce que , dans l'acte de la respiration, le diaphragme entraîne par son abaissement le péricarde et tout le cœur qui lui est devenu adhérent. Cependant , des adhérences du péricarde, qui. étaient même très-étendues, ont été trouvées chez des individus dont la gêne de la respiration avait toujours été supportable.
Après un laps de temps plus ou moins long, les douleurs qu'occasionent les adhérences intérieures (on suppose ici que la maladie qui les a produites est guérie) diminuent, cessent même entièrement, ainsi que le prouvent chaque jour les ouvertures de sujets que nous avons observés , sans que pendant plusieurs mois ou plusieurs années leur santé soit altérée en quelque manière. On trouve même des adhérences dans les cavités splanchniques de personnes qui n'ont jamais éprouvé le moindre symptôme.
Adhérences considérées comme moyen de gnérison. — Nous venons de voir que les adhérences, considérées même sans l'inflammation qui les accompagne dans les premiers temps , sont très-fréquemment nuisibles. D'autres fois, au contraire, elles sont la seule ressource de la nature pour sauver les malades, ou du moins une circonstance heureuse qui prévient les plus grands dangers : ainsi l'adhérence de la plèvre pulmonaire avec la plèvre costale peut s'opposer à un épanchement sanguin lors d'une plaie pénétrante de la poitrine; ainsi, quand il y a un abcès dans le