‹ Dictionnaire de médecine [electronic resource]Chapitre 27 sur 56 · SUEUR.) (R. DEL · texte numérisé non relu

SUEUR.) (R. DEL

ADIPEUX, adj. m., adiposus , de adeps , graisse, qui a rapport à la graisse. Membrane adipeuse, tissu adipeux, tode adipeuse, tuniques adipeuses, vésicules adipeuses; tous ces noms ont été donnés à un tissu particulier qui sert de réservoir à la graisse. 11 y a deux espèces de tissu adipeux; le tissu adipeux commun, et celui des os, qui prend le nom de médullaire. Le premier va nous occuper plus spécialement ici. Il se compose d'une multitude de vésicules agglomérées, réunies en grains plus volumineux, qui? à leur tour, forment de petites masses arrondies, séparées par des sillons plus ou moins profonds. Ces dernières ont d'une ligne à un demi-pouce de diamètre. Les grains sont plus petits encore : les vésicules ne se voient qu'au microscope; Monro estime leur diamètre à un six centième ou un huit centième de pouce. Ces vésicules ne paraissent pas communiquer entre elles; lorsqu'on les incise, la graisse

ADI 355 ne s'écoule que de celles qui ont été ouvertes. Sur le vivant, ce fluide n'obéit pas à la pression ni aux lois de la pesanteur, comme la sérosité du tissu cellulaire. Au reste, les parois de ces vésicules sont excessivement minces; leur transparence laisse apercevoir la couleur jaunâtre de la graisse : on né peut se faire une idée de la membrane qui les constitue qu'en incisant cette membrane et en voyant la graisse s'en écouler. Elles semblent formées de la même substance que le tissu cellulaire, mais dans un état différent.

Le tissu adipeux, résultant de leur assemblage, a des formes très-diveries. Sous la peau il s'étend en forme de membrane, et constitue le pannicule graisseux. Dans l'orbite, autour des reins, dans l'épaisseur des joues, il représente des masses irrégulières. Elles sont pyriformes et pédiculées dans les appendices épiploïques , à l'extérieur du péritoine , etc. L'épiploon a des masses de ce genre à son bord libre, et de plus des espèces de réseaux qui suivent le trajet des artères.

Ce tissu est plus ou moins abondant dans les différentes régions. Ainsi, sous la peau, on eu trouve davantage à la paroi antérieure de l'abdomen, de la poitrine, au pubis, aux fesses, dans le creux de l'aisselle, etc., que partout ailleurs. A l'intérieur, ce tissu est principalement accumulé dans l'orbite, autour des reins, dans l'excavation du bassin, dans tous les grands interstices musculaires, à l'intérieur des os où il constitue la moelle, etc. Il fait ordinairement la vingtième partie du poids du corps; mais , dans les sujets très-gras, on en trouvé presque partout. Cependant certaines parties n'en offrent jamais, même dans l'obésité la plus complète : tels sont, à l'extérieur, les paupières, le prépuce, le scrotum; à l'intérieur, la cavité du crâne, la surface du poumon, du foie, de la rate, de l'estomac, de l'utérus, etc.

Le tissu adipeux reçoit des vaisseaux sanguins ; leur disposition a été très-bien représentée par Mascagni. Ils sont "logés dans les intervalles des espèces de lobes que présente ce tissu; leurs rameaux se placent entre les grains adipeux , leurs dernières ramifications entre les vésicules elles-mêmes. Ils pénètrent ces différentes parties par un point peu étendu de leur surface; ce qui fait paraître chacune d'elles'comme suspendue à un pédicule vasculaire. On ne connaît point de vaisseaux lymphatiques ni de nerfs dans le tissu adipeux. Un tissu cellulaire peu distinct semble exister* entre les vésicules; il devient plus apparent entre les

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