JULES CLOQUET
ABAISSEURS (muscles), musculi depressores ; nom générique des muscles qui abaissent quelques parties, c'est-à-dire qui les éloignent de l'extrémité céphalique du tronc.
aÎîaisseur de l'aile du nez , depressor alœ nasi; alvéolonasal ; petit muscle situé derrière la lèvre supérieure et audessous de la narine. Il est fixé à l'os maxillaire supérieur, près de la ligne médiane, dans la fossette incisive, par de courtes fibres aponévrotiques; de là il se porte en haut, et se termine en s'attachant à la partie postérieure du cartilage de l'aile du nez. En se contractant il tire ce cartilage en bas et en arrière, et par là rétrécit la narine; par là aussi il abaisse la lèvre supérieure.
abaisseur de l'angle des lèvres, depressor anguli oris ; maxillo -labial (Chaus. ); muscle mince, triangulaire, situé au-dessous de la commissure des lèvres. 11 naît de la face externe et du bord inférieur de l'os maxillaire inférieur, par de petites fibres aponévrotiques qui se fixent particulièrement à la ■» ligne oblique externe de cet os; quelques-unes de ces fibres sont la continuation de celles du muscle peaucier; il se porte en haut i. i
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et un peu en dehors en diminuant de largeur, et ;,e termine à la commissure en s'unissant avec le muscle orbiculaire, avec le canin, et le grand zvgomatique. Par sa contraction il abaisse l'angle des lèvres.
abaisseur de la cloison des narines. Ce muscle, admis par Albinus sous le nom de riasalis labii superioris , ne parait être qu'une portion de l' orbiculaire des lèvres.
ABAISSEUR DE L'iIYOÏDE. Voyez STI'.UNO-n YOÏD IEN.
abaisseur de la lèvre inférieure, clcpressor labii inferioris ; mcntc-labial (Chaus.); petit muscle mince et carré, situé dans la lèvre inférieure. Il naît un peu au-dessus, en dedans et en arrière du précédent, de la ligne oblique externe de l'os maxillaire inférieur par de courtes fibres aponévrotiques; de là il se dirige en haut et en dedans; ils se joint à celui du côté opposé, et tous les deux se terminent en s'unissant à l'orbiculaire dans la lèvre inférieure dont ils occupent toute la longueur. Ce muscle abaisse la lèvre inférieure.
ABAISSEUR DE LA LEVRE SUPERIEURE. VoYL'Z ABAISSEUR DE l'aILE DU NEZ.
abaisseur de la paupière inférieure. Petit muscle admis parGenga, Heister, et quelques autres; très-sujet à manquer, situé derrière l'orbiculaire des paupières, attaché à l'os zygomatique, et terminé en haut au cartilage tarse de la paupière inférieure ; regardé par la plupart des anatomistes comme une partie du petit zvgomatique.
ABAISSEUR DE LA MACHOIRE INFERIEURE. V Oyez DIGASTRIQL^. ABAISSEUR DE l'ÉPIGLOTTE. V OyCZ THYRO-ÉPIGLOT TIQUE. ABAISSEUR DE L'OEIL. Voyez DROIT INFÉRIEUR DE l'ûEIL.
( A. PÉCLARD.)
ABAPTISTA ou abap'tiston . s. m., abaptista , abnptiston ; de ù privatif, et de (ict^rl^uv , plonger. Galien a donné ce nom à une espèce de trépan garni d'un bourrelet circulaire qui l'empêche d'enfoncer trop avant. Les chirurgiens, dans la même intention, ont fait subir depuis à cet instrument différentes modifications- Voyez TRÉPAN.
AB ARTICULATION , s. f., abarticalatio , «sragA^wf , «Wptparts, synonyme de diathrose ou déarticulation. Inusité.
ABATTEMENT, s. m. On nomme ainsi la chute notable et subite des forces qui a lieu chez l'homme malade. On a admis un abattement moral et un abattement physique : le premier porte sur
ÀBA i les facultés intellectuelles et affectives: c'est une sorte de découragement porté à un degré considérable, et que la volonté ne peut pas vaincre; le second porte sur les fonctions locomotrices.
L'abattement a souvent lieu au début des maladies aiguës. Quelquefois môme il en est le premier symptôme. Lorsqu'il est porté à un degré considérable, il fait craindre qu'elles ne soient fort graves; lorsqu'il est médiocre, il ne présente rien de fâcheux pour le pronostic.
Il importe, pour la précision du langage, de ne pas confondre l'abattement avec l'accablement, l'affaissement, la langueur, l'épuisement, la faiblesse.
L'accablement consiste, comme l'abattement dans une chute subite et considérable des forces; mais il s'y joint un sentiment particulier de pesanteur générale : il semble aux malades qu'ils soient accablés sous leur propre poids.
Le mot affaissement exprime spécialement cette augmentation rapide de la faiblesse et de la maigreur qui survient dans le cours d'une maladie aiguë ou chronique, lorsqu'elle tend prochainement vers une terminaison funeste. Souvent l'affaissement n'a lieu que dans les derniers jours de l'existence : la face hippocratique est alors un de ses traits caractéristiques.
La langueur et l'épuisement surviennent généralement avec lenteur. Ils diffèrent déjà par cette circonstance de rabattement et de l'accablement : ils diffèrent l'un de l'autre en ce point, que l'épuisement est le résultat de certaines causes qui lui sont propres, comme les évacuations abondantes, la privation des alimens nécessaires, la fatigue excessive du corps ou de l'esprit.
Quant au mot faiblesse, il est en quelque sorte générique: il comprend toute diminution des forces, quelles que soient les causes qui la produisent, la rapidité avec laquelle elle survient, la forme sous laquelle elle se présente. (chomel. )
ABATTOIR, s. m.; mot nouveau par lequel on désigne le lieu où l'on abat, où l'on tue les animaux destinés à l'approvisionnement d'une ville. La salubrité d'une cité dépend en grande partie du soin avec lequel le gouvernement entretient la propreté générale, un des points d'hygiène publique qui doit le plus mériter la sollicitude des magistrats. Les miasmes putrides qui s'élèvent de toutes parts, et qui infectent l'air de certaines villes, entretiennent parmi les habitans des maladies endémiques , et donnent naissance aux plus affreuses affec-
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tions. Les boucheries anciennes, construites il 'une manière vi-cieuse, répandues dans le sein des villes, outre le spectacle hideux qu'elles présentent, ont encore le désavantage de faire ruisseler le sang des animaux au milieu des rues. Là, il s'altère, se décompose, et se mêle à toutes sortes d'autres émanations animales qui deviennent meurtrières pour les peuples. C'est donc une vue essentiellement philanthropique qui a conduit les gouvernemens à placer hors de l'enceinte des villes des établissemens destinés à tuer les bestiaux. Ils ont en outre l'avantage de faciliter la répartition exacte des approvisionnemens.
(rostan.)
ABCÈS, s. m., abscessus , de abscedere, s'éloigner, se séparer; nom substitué par Celse à ceux de eizrua-rô^u, à.7ry,(rrô(rt? , employés par Hippocrate dans un sens beaucoup plus étendu. Les auteurs expliquent diversement l'origine de ce mot. Les uns disent qu'on l'a dérivé du verbe abscedere, parce que le pus écarte, sépare des parties qui étaient auparavant contiguës; les autres, parce que les fibres sont déchirées , séparées ; d'autres, parce que le pus est séparé du sang. Enfin, il en est qui tirent cette dénomination de l'écoulement même du pus, et qui ne nomment abcès que les tumeurs purulentes qui se sont ouvertes d'elles-mêmes. Nous ne nous arrêterons pas à déterminer la valeur de chacune de ces explications; ce serait nous livrer aune discussion sans but et dénuée d'intérêt. Qu'importe, en effet, le sens étymologique du mot abcès? Ce qu'il est essentiel de bien déterminer, c'est sa signification pathologique.
Rigoureusement, on ne donne le nom d'abcès qu'aux collections de pus dans une cavité accidentelle, dans un espace contre nature, formé aux dépens du tissu de nos organes, par la séparation de leurs molécules, par l'écartement de leurs fibres; et dans ce sens, il faut définir l'abcès, tout amas de pus dans une cavité contre nature. On nomme épanchemens purulens les collectious de pus dans des cavités naturelles. Mais parmi les divers épanchemens purulens, quelques-uns se forment dans des cavités trèspetites; ou bien, dans des cavités plus grandes, ils occupent un petit espace, ils sont limités, circonscrits par des adhérences contre nature, par des cloisons membraneuses; et dans l'une comme dans l'autre circonstance, ils présentent à tel point la manière d'être des abcès véritables, il y a tant d'analogie entre les indications curatives qui se rapportent à de tels épanchemens et
ABC 5 celles des abcès proprement dits, qu'il est impossible de ne pas rapprocher ces deux sortes d'affections, de ne pas les embrasser dans une même description.
Sans avoir jamais été fait d'une manière explicite, ce rapprochement entre les abcès proprement dits et quelques épanchemens purulens est consacré par le langage chirurgical. Ne dit-on pas que l'ozène du sinus maxillaire est un abcès, ou un épanchement purulent ou puriforme dans cette cavité? Un semblable épanchement dans la caisse du tympan ne porte-t-il pas communément le nom d'abcès? Ne dit-on pas qu'une articulation est le siège d'un abcès pour dire qu'il s'y est fait un épanchement de pus? Et par rapport à ce qui a lieu dans quelques-unes des grandes cavités du corps, on distingue soigneusement un abcès dans la plèvre, le péritoine, c'est-à-dire une collection de pus bornée à une partie de la cavité que revêt chacune de ces membranes, d'avec Yempyème et l'épanchement de pus dans la totalité du péritoine. Il n'y a donc que les grands épanchemens purulens qui n'appartiennent point aux abcès. S'il faut justifier encore ce rapprochement que je viens d'établir entre les épanchemens purulens moins étendus et les abcès proprement dits, je dirai que quelquefois ces deux affections succèdent l'une à l'autre, ou se transforment l'une dans l'autre, et que plus souvent encore, on les voit se développer ensemble ou successivement dans une même partie, dans la même circonstance , sous l'influence d'une même cause : ainsi il est rare qu'il se forme un épanchement purulent dans une articulation sans que de véritables abcès surviennent dans le tissu cellulaire circonvoisin ; ainsi, dans le panaris qu'on nomme de la troisième espèce , lorsqu'il se termine par suppuration, il y a abcès dans le tissu cellulaire sous-jacent à la peau, avec épanchementdepus dans la gaine des tendons fléchisseurs, etc.
On a aussi nommé les abcès, dépôts , apostèmes. La première de ces dénominations a vieilli, sans être néanmoins tombée tout-àfait en désuétude. Le mot apostème avait un sens beaucoup trop général, puisqu'on l'appliquait à toutes les tumeurs humorales, aux épanchemens de pus, de sang , de lymphe, de bile, etc. Il est inutile de relever l'inconvenance d'une semblable expression, sous laquelle on confondait les maladies les plus disparates : elle est aujourd'hui justement bannie du langage chirurgical.
Pour embrasser toute l'histoire des abcès, nous diviserons cet article en deux parties principales. Dans la première, nous frai-