‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 144 sur 311 · PAR PENETRATION · texte numérisé non relu

PAR PENETRATION

L'un contenant l'autre

à" ORDRE

en partie, en totalité.

Fiables,

HETEROGEJSÈSES.

Fœtus extra-utérin. — Non viables.

Plus de trois fœtus nés à-la-fois. — Non viables.

Albinos et chacrelats. — Fiables.

Fœtus avec changement dans la situation ordinaire des organes , tous viables , excepté

Fœtus avec ectopie du cœur, thoracique , avec fissure du sternum et hernie

du cœur. — Non viables.

Fœtus avec ectopie du cœur céphalique. — Non viables.

J . PaIJin. Desciiplioii anatomique des pallies de la femme qui servent à la génération , avec un Traité des monstres, Leide , 1708 , 10-4", 6g.

J.-L- Moreciii. ( De la Sarllie). IJescription des principales monstruosités dans l'homme et les animaux, Paris, 1808 , iu-fol. fig.

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J.-F. Mec/sei.De duplicala mouslrosa , Halle, 18)5, in-S" , fig. — Descriplio monstrorum nunnullorum cum corollis anatomico-pliysioloi^rcis, Lîpsiac , 1826, în-4*', fig.

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Isid. Gei'ffrojr Saint-Hilaire. Histoire générale des anomalies de l'organisation chez riiomme et les animaux, Paris, 1832, iu-S*^, atlas.

(Alph, Devergie.)

MORELLE. On donne eu botanique ce nom aux espèces du genre solanuin de la famille des solanées de Jussieu , et de la pentandrie monogynie de Linné. On l'emploie ordinairement seul pour désigner la morelle noire , solanuni nigrum ; les autres raorellcs sont plus généralement connues par leur nom vulgaire. I,e3 principales sont : la morelle douce-amève , solanum dulcaaiara; la morelle tubéreuse , parmentièrc ou \a pomme déterre , solanum tuberosum; la morelle melongène ou \ aubergine solanum melongena ; la morelle tomate ou pomme d'amour, solanum lycopersicum. Bien que ces morelles ou solanums aient donné a la famille qui les renferme le nom qu'elle porte, il s'en faut beaucoup que ce soit ce genre qui jouisse des propriétés médicinales les plus remarquables. La belladone , le datiira, la jusquiame et le tabac contiennent des principes narcotiques puissans et délétères que l'on rencontre à peine dans les morelles. Mais, quoique les espèces dont nous allons parler n'aient pas une aussi grande importance eu matière médicale, cependant le solanum tuberosum mérite bien, par son extrême utilité, l'honneur de donner le nom de solanée à la famille.

i,A. MOHELLE NOIRE , solanum nigrum , vulgairement mourette , crève-chien, est une plante auuiiclle qui croît en abondance dans les champs et les jardins. Sa tige, haute d'un pictl environ , est rameuse, pubescente , ainsi que ses feuilles qui sont pétiolécsct presque triangulaires; ses ûeurs sont blanches , pédonculécs et réunies au nombre de cinq ou six ; ses fruits sont de petites baies d'abord vertes , puis noires.

Fraîche , cette plante a peu de saveur et une odeur fade ; sèche . l'odeur devient légèrement aromatique et la saveur presque nulle. M. Desfosses , phar-

macien à Besançon , a trouvé dans ce végétal un principe particulier qu'il a I nommé solanine.

M. Duval , auquel on doit un travail important sur les solanées , a reconnu que le suc de la morelle , appliqué sur les yeux , y détermine la dilatation de la pupille à-peu- près comme le suc de la belladone. On a rapporté quelques accidens produits par l'ingestion dans l'estomac de plusieurs parties de la morelle, et notamment de ses baies. Mais d'un autre côté, l'on affirme que dans plusieurs contrées on mange la plante impunéaient bouillie dans l'eau, comme les épinards. Celte préparation suffit peut-être pour enlever au végétal les principes nuisibles qu'il pourrait contenir.

La morelle noire n'est plus employée à l'intérieur; on la remplace par d'autres solanées dont les propriétés sont mieux constatées. On se sert de ses feuilles pour préparer des cataplasmes adoucissans ; on prescrit la plante entière à la dose d'une once par livre d'eau pour faire une décoction que l'on emploie eu lotions et en injections. Ces dernières sont communément usitées dans les affections cancéreuses de l'utérus , mais elles servent tout au plus à diminuer un peu les douleurs excessives qui accompagnent souvent cette cruelle maladie.

La morelle entre dans la préparation du baume tranquille et de l'onguent populéum.

Morelle douce-amère , solanum dulcamara , vulgairement morelle grimpante. C'est un sous-arbrisseau sarmenteux , indigène , dont la tige herbacée et cylindrique devient ligneuse. Les feuilles sont alternes, pétiolées , les unes ovales , entières , les autres profondément trilobées ; les fleurs sont pédonculées, disposées en grappes , de couleur violette; les fruits sont de petites baies d'abord vertes , puis d'une assez belle couleur rouge. On trouve très communément la douce-amère dans les haies et les décombres. Il

A l'état frais , les tiges de cette plante , lorsqu'on les froisse, répandent une odeur nauséeuse. Elles ont d'abord , ainsi que leur décoction, une saveur araère, iji puis , après quelques secondes , cette saveur devient douce comme celle de la ^ racine de réglisse. C'est la réunion de ces deux saveurs qui a fait donner à la ^' plante le nom qu'elle porte. On récolte les rameaux de l'année précédente pour jl l'usage de la médecine. Ils sont cylindriques , d'une à deux lignes de diamètre, >fi d'un gris jaunâtre à l'extérieur , légèrement ridés longitudinalement , creusés ou canaliculés à l'intérieur , et d'une couleur blanche. Leur saveur est d'une îl amertume assez prononcée , mais qui n'a rien de désagréable. La décoction « de ces tiges détermine sur l'économie des effets bien différens , si l'on tient'^ compte de l'opinion des divers auteurs. Nous dirons avec Linné , que la cha- | leur du lit pendant l'emploi de la douce-amère favorise les excrétions cuta- H nées ; et que ce médicament augmente principalement la sécrétion urinaire» '! lorsque pendant qu'il eu fait usage le malade ne reste pas couché. Nous avons de plus observé que, pendant l'emploi de cette substance , les malades ont une ; tendance marquée à la constipation , Carère a également constaté que dans jj les pays méridionaux , et eu été , la douce-amère est douée de propriétés su-i| dorifiques beaucoup plus marquées, et qu'elle détermine quel([uefois des pico- , femens et des démangeaisons sur la peau. Selon le professeur Alibert , la douce- ii amère , donnée à trop forte dose, détermine des vomissemens , des spasmes,;' des convulsions , du délire , un état de stupeur profonde , et des sueurs abondantes. Au reste, il serait possible que les effets variés obtenus avec celte plante dépendissent du pays où on l'aurait cultivée, car il paraît que la douce amère des contrées méridionales l'emporte de beaucoup sur les autres.

Les expériences de M. Duval ont prouvé que les fruits de la douce-amère ne sont pas vénéneux , au moins pour les animaux.

On n'emploie plus, ainsi que le faisaient Boerrhave et Haller,la douceamère dans la pleurésie et la pneumonie. Ou la prescrit encore dans le rhuma^ tisme , et particulièrement dans le rhumatisme chronique; mais elle est loin de produire des effets constamment heureux. Déjà Cullen avait constaté ses in-t succès. On faisait usage à Montpellier de sa décoction dans les alfections sy philitiques ; plusieurs praticiens la recommandent encore comme un me dicament utile dansées maladies , surtout lorsqu'elles sont devenues chroniquesj L'expérience est loin d'avoir démontré l'efficacité contre les dartres que luii avait reconnue M. Bertrand de Lagresie. Ces maladies sont trop variées et pré-; sentent des périodes trop différentes pour que le même remède leur soit applica ble dans tous les cas ; cependant, lorsqu'elles sont passées à l'clat chronique, la douce-amère peut être employée avec quelque succès, surtout si elles sont due.s à une cause vénérienne.

On prescrit le bois ou la ligede douce-amère ( ii'yvtfef dulcamarœ) en décoc tion , à la dose de deux gros à une once dans deux livres d'eau. On en prépare un extrait peu usité, et que l'on ferait prendre aux sujets adultes à la dose d'un demi-gros à un gros. La préparation officinale la plus employée est le siro{^ que l'on regarde comme un léger dépuratif, et dont on se sert pour édulcorei les boissons auxquelles l'expérience bien mieux que la théorie attribue cetU propriété.

MoKELi.E POMME DE TERRE. Solonum tuberosum. On lui a donné aussi le non de morelle parmentière , pour rappeler honorablement le nom du philan thrope qui , en 1785 , a publié un traité sur la culture et les usages de ceti' plante, et qui a le plus contribué à faire reconnaître l'utilité de ce précieu: végétal, dont la cultuic suffirait pour niellre les hommes à l'abri de la di sette.

La pomme de (erre est originaire du Pérou. Les Péruviens la comptaient ai nombre de leurs alimens, et la désignaient sous le nom de papas. Sa culture été introduite en Italie et en Allemagne par les Espagnols. Ce fut sculeraen vers la fin du seizième siècle qu elle fut connue en Franche-Comté et eu Bour

MORT

MORT

ogne. Son «sage se répandit avec la plus grande difRculté , parce qu'on disait aiissemcnt qu'il causait la lèpre. Les efforts de Turgot dans le Limousin, ceux le Mustel en Normandie , vers la Gn du dix-huitième siècle , trouvôeut la plus rande résistance contre la culture et l'usage de cette importante racine. Les ravaux de Parmentier furent suivis déplus de succès; et maintenant la pomme e terie est jiisleraent appréciée de tout le monde- C"est un aliment aussi sain ue recherché ; les arts l'exjiloitent pour en retirer de l'amidon , du sucre , de alcool, de la potasse, etc. ; la médecine proprement dite n'en fait au conraire que peu d'usage , aussi ne nous arrêterons-nous pas long-temps à la escription de ce précieux don du Nouveau-Monde.

La racine de cette planle est sa partie la ]j1us remarquable. Elle est vivace, ampante, et offre çà et là des renflemens charnus ou tubercules, de couleur, e forme et de volume variables. Sa tige est herbacée , rameuse ; ses fleurs , disosées en grappes , ont ordinairement la même couleur que les tubercules ; son

uit est une baie à graines abondantes.

On connaît maintenant un grand nombre de variétés de pommes de terre. On ;s reproduit très-aisément en confiant à la terre les tubercules eux-mêmes coupés ar fragmens. L'un des grands avantages de cette culture, c'est que les terres a jachère et les terrains les plus mauvais rendent avec usure le même tubercule u laboureur.

C'est à la grande quantité de fécule qui compose ces tubercules que la pomme e ferre doit ses nombreux avantages. Cependant, comme il n'y a pas de gluten ni à cette fécule, elle est impropre à la fabrication du pain , mais on peut la leler , ainsi que la simple pulpe de pomme de terre , dans les proportions d'un uart et même de moitié avec la farine de blé , pour faire dans les temps de diifte un pain dont les qualités diffèrent peu de celui composé de pur froment- La morelle parmentière ne peut servir comme aliment qu apiès avoir subi :s effets de la cuisson dans les cendres chaudes, dans quelques corps gras ou ans l eau , soit liquide, soit en vapeur-

En médecine , on emploie la pomme de terre crue et râpée pour le panselent des brûlures récentes. Elle en calme promptement l'irritation. On peut, n se servant de la fécule , et mieux de la pulpe de pomme de terre , préparer es cataplasmes qui par leur humidité jouissent à un haut degré de propriétés inollienles- Ces cataplasmes n'ont pas l'inconvénient de déterminer les érupons qui suivent l'usage prolongé des cataplasmes de farine de lin.

Morelle aubergine. Solanum melongena. Plante originaire de l'Aniéi'ique léridionale , cultivée dans le midi de la France. Son fruit, analogue à un petit Dncombrc. blanc , violet ou marbré , est très recherché comme aliment par les abitans des pays méridionaux.

Moselle tomate , pomme d'amour. Solanum lycopersicnm. Plante très-comlune au Brésil , cultivée en France et remarquable par ses fruits. Ce sont des aies irrégulièrement lobées , vertes d'abord, rouges lorsqu'elles sont mûres, n mange ces fruits apprêtés de différentes manières ; et ils sont surtoulrecherliés pour préparer des sauces d'une belle couleur rouge et d'une saveur aigreilte très-agréable. ( Mabtim - Solok. )

MORPHINE. Voyez Opium.

MORSURE. Morsus. Solution de continuité produite par l'action de mordre. Les morsures tiennent leurs caractères généraux et leur gravité de deux cironstances principales , savoir : 1° de l'effet contondant etdilacérant des instrulens qui les opèrent ; 2° du principe délétère que tout animal venimeux a pu loculer à la personne mordue ; de là deux ordres de morsures , que I on a disnguées en simples et compliquées, et dont la description appartient ou à l'his- )ire des plaies en général, ou à celle des poisons , et qui trouveront place à aucun de ces articles. ( Voyez Plaies et Poisons. ) ( P. Jollï.)

MORT- ( Médecine légale. ) La mort est la cessation de la vie ; mais alors u'est-ce que la vie? Un grand nombre de philosophes et de savans n'ont jamais a parvenir à en donner une définition exacte. Les uns l'ont définie par un lût : ainsi Cabanis a dit : vivre c'est sentir. Les autres en voulant éviter l écueil pue pas comprendie dans la définition l'ensemble des fonctions qui coustilent la vie sont tombèsdans un excès contraire ; aussi leur définition est elle demue une énumération de fonctions. C'est , qu'en effet , il est impossible de bien tieindre ce but, et qu'alors la définition delà mort n'a plus un sens posilif. S'il importe peu aux médecins légistes de bien définir la mort, il n'en n'est is de même à l'égard des divers modes suivant lesquels elle peut s'opérer. La ort peut être naturelle ou accidentelle. Bichat , dans son traité sur la vie et la jort , a précisé avec soin les circonstances de l'une et de l'autre , et a surtout ès-bien signalé les divers états des organes qu'elle laisse à sa suite. Il est né- 2ssaire de les exposer ici , car ils peuvent éclairer les questions de survie , ainsi 'ne les divers genres de mort subite sur lesquels on peut être appelé à pronon- !r. Entrons dans quelques détails à ce sujet. Ou sait que dans la mort naturelle |)us les organes s'affaiblissent peu-k-peu avec l'âge, que les sens s'usent, et '! perdent les premiers ; nue l'imagination devient nulle ; que la sensibilité et lu [otililé s'affaiblissent; que la mémoire se perd, non pas la mémoire du passé ; l>r le'i impressions que nous avons reçues alors que nos sens étaient dans un jat parfait d'intégrité, restent profondément gravées dans le cerveau , mais en la mémoire du présent; et qu'enfin les organes digestifs résistent le plus ng-lemps aux causes de destruction sous l'influence desquelles nous souimes instamment placés. Mais bientôt les forces abandonnent peu-à-peu cha- Ijie organe, la digestion languit, les sécrétions et l'absorption se ralentissent, I circulation capillaire s'embarrasse , s'arrête, enfin la mort vient peu-à-peu |spendre dans les gros vaisseaux la circulation générale , et la vie cesse par celle 'fi coeur qui est à juste titre nommé ultimum moriens.

DiCT. DE MÉDECÎKE ET DE CHIRURGIE PBATIQCES.

La mort accidcnlclle ou subite a constamment sa source dans l'un des trois organes principaux qui régissent récoiiomie : le cœur, le cerveau et les poumons, et ces trois organes sont tellement enchaînés ensemble, que du moment que l'un des trois cesse d'agir, toute fonction est suspendue dans les deux autres, et par suite dans foute l'économie.

Les morts subites qui commencent par celle du cœur comprennent les plaies faites à droite ou à gauche de cet organe, les anévrismes terminés par rupture, les syncopes liémorrhagiques ou nerveuses comme celles dépendant de la terreur, de la colère, de la joie excessive, ou de l'exposition dans une atmosphère d'une haute température; enfin celles qui dépendent de l'entrée de l'air dans les gros vaisseaux sanguins ou d'une foi te commotion de la poitrine.

Le cœur venant à cesser d'agir, le cerveau et les poumons ne reçoivent plus de sang , et par suite , tous les autres organes de l'économie. Or, si nous observons ce qui se passe dans la supposition où le cœur aurait été lésé à droite, nous ven ons que cet te lésion amenant un affaiblissement dans la contraction de cette partie elle envoie moins de sang aux poumons; par conséquent moins de sang esttransformé en sang artériel, lecœur gauche est moins stimulé, il envoie moins de sang au cerveau, ce dernier reçoit une influence plus faible, il réagit avec moins de force sur les muscles inspirateurs qui admettent moins d'air dans la poitrine. Ce qui se passe pour le cerveau et pour les poumons , se passe pour toutes les parties, et la mort doit aussi survenir dans un espace de temps fort court. L'arrêt de la circulation doit se trouver dans le point où l'action a commencé à fiiblir, c'est à-dire au cœur droit , et par conséquent , dans ce genre de mort, il doit y avoir plénitude du système veineux et principalement des gros troncs vasculaires à sang noir; peu de sang dans les poumons , le cœur gauche el le cerveau. D'où il suit que dans toute blessure du cœur droit, cet état de plénitude des vaisseaux doit coïncider avec la lésion de l'organe , et que cette circonstance pourra éviter au médecin la méprise qu'il pourrait commettre s'il était appelé à déterminer le genre de mort d'un individu que l'on supposerait s'être suicidé , alors que ses meurtriers pour faire croire au suicide lui auraient enfoncé un instrument tranchant dans la poitrine après avoir fait succomber leur victime à un autre genre de mort.

Si la mort survient à la suite d'une blessure des cavités gauches du cœur, les contractions de celui-ci diminuent par le défaut de résistance de ses parois. L'impulsion imprimée au sang est moins forte , et comme le cerveau a besoin pour l'exercice de ses fonctions de recevoir de la part du sang deux influences ; 1» l'une par la nature artérielle du sang ; 2° l'autre par la vitesse avec laqulle il est mu et l'impulsion qu'il communique, il en résulte que sa réaction sur tous les muscles, et par conséquent aussi sur les muscles inspirateurs s'affaiblit : dès-lors une moins grande quantité d'air arrive dans les poumons, elle ne peut transformer eu sang artériel qu'une petite quantité de ce fluide, et dès ce moment une cause de plus vient s'ajouter à la lésion du cœur, pour en diminuer l'action et en amener par suite la mort, puisque cet organe ne reçoit plus l'influence d'un sang artériel, et qu'il y arrive une quantité de sang moins considérable. Telle est donc la différence qui existe entre la mort des poumons par une plaie des cavités droites du cœur, d'avec celle par une plaie des cavités gauches , que, dans le premier cas, les phénomènes chimiques cessent d'avoir lieu de prime abord parce qu'il n'arrive pas de sang à ces organes , et puis vient secondairement la cessation des phénomènes mécaniques; tandis que, dans le second, il y a d'abord cessation des phénomènes mécaniques et puis cessation des phénomènes chimiques, quoique le sang afïlue aux poumons. La mort a toujours lieu dans les deux cas par cessation des phénomènes chimiques de la respiration; mais dans {es blessures des cavités droites du cœur, c'est parce que les poumons ne reçoivent plus de sang, tandis que dans celles des cavités gauches, c'est parce qu'il n'y arrive plus d'air. Dans le premier genre de mort, les poumons étaient vides de sang, dans le second ils en sont au contraire lemplis. Les cavités gauches du cœur étaient vides et les cavités droites pleines : le contraire a lieu dans le second genre de mort.

Enfin, si la mort a lieu par syncope, l'action du cerveau et celle des poumons étant suspendues en même temps, il n'existe aucun engorgement sanguin, soit dans les principaux organes de l'économie, soit dans les principaux vaisseaux.

La mort subite peut commencer par les poumons; à ce second genre doivent être rattachées les diverses blessures qui sont portées sur le cou et qui intéressent la partie supérieure de la moelle épinière : les compressions brusques ou les coups portés au voisinage de ce dernier organe ou sur le thorax, ou même sur les parois abdominales en suspendant les mouvemens des muscles inspirateurs ; l'éj>anchement d'une grande quantité de fluide dans la cavité des plèvres ; l'asphyxie par défaut d'air ; une des espèces d'asphyxie par suspension ; celle par strangulation, et l'une de celles par submersion ; il en est de même de l'introduction de tampons dans la bouche, et de la compression permanente de la trachée artère.

Les trois premières causes amènent la mort des poumons par cessation des phénomènes mécaniques et les autres par cessation des phénomènes chimiques.

L'interruption des phénomènes mécaniques de la respiration entraîne nécessairement celle des phénomènes chimiques : c'est par eux que la mort du cœur survient et par suite celle du cerveau. Si la cause de mort a agi en suspendant les phénomènes chimiques, l'air ne pénétrant plus dans la poitrine, le sang se rend aux organes à 1 état veineux, il ne peut plus les stimuler; cette influence se fait ressentir sur le cœur et affaiblit ses contractions , qui ne communiquent plus au sang l'impulsion avec laquelle il est mu ordinairement. Cette cause vient

MORT

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s'ajoii 1er pour le cerveau à ceile inhérente à la nature du sang ; il en est de même pour tous les organes de l'économie. Bientôt les poumons tombant dans l'affaissement se gurgent de sang, la circulation s'y arrête , le cœur gauche se vide, n'envoie plus de sang au cerveau ainsi qu'à tous les autres organes de l'économiei cl la mort survient.

Lorsque la cause de mort agit primilivement sur le cerveau, de manière à en suspendre l'action, le premier effet produit est l'interruption des phénomènes mécaniques de la respiration, qui amène alors celle du coeur de la même manière que si la cause agissait primitivement sur les poumons.

Il résulte de la connaissance de ces faits , 1" que si la cause de mort agit d'abord en suspendant l'action totale du cœur, on doit trouver les poumons, le cerveau et le système capillaire général à-peu-près dans l'état normal. Les artères doivent contenir du sang ; il en est de même des cavités droites et gauches du cœur qui renferment une quantité égale de ce fluide. 2" Si la mort a lieu par le cœur gauche , le système artériel et le cerveau sont daus l'état naturel : le cœur droit et le système veineux contiennent une petite quantité de sang ; les poumons en renferment plus que d'habitude , et le cœur gauche en est rempli. 3° Si elle a lieu par le cœur droit , le cerveau est dans l'état naturel , les poumons , le cœur gaucho et le système artériel sont vides de sang; le système veineux et le cœur droit en sont au contraire gorgés. Ces deux derniers genres de mort ne pouvant être que le résultat d'une blessure du cœur, ou d'une déchirure spontanée ou accidentelle de cet organe, il arrive toujours qu'un épanchement de sang plus ou moins considérable dans la poitrine coïncide avec les deux états que nous venons de décrire. 4° Dans la mort qui commence par les poumons , le cœur gauche, les artères et la substance du cerveau sont à-peuprès vides de sang; le système capillaire général , les vaisseaux veineux , le cœur droit et les poumons sont remplis par ce fluide. 5° Enlin, si la mort a lieu primitivement par Is cerveau , les artères et le cœur gauche ne contiennent pas de sang. Il en est de même du cerveau lorsque la cause qui a agi sur lui a suspendu son action par le fait d'une commotion ; le cœur droit , les vaisseaux veineux et les poumons contieiuient au contraire une quantité notable de ce fluide , mais beaucoup moins considérable que dans les cas où la mort a eu lieu primitivement par les poumons ; il peut se faire aussi que le cerveau soit gorgé de sang ou contienne des épanchemens : c'est le cas des apoplexies.

On voit par ce que nous venons de dire sur l'état dans lequel on peut trouver les organes de l'économie , dans les divers genres de mort subite , que le médecin-légiste pourra être éclairé sur des questions de survie qu'il ne serait pas à mime de résoudre sans ces connaissances. Il nous suflira de citer un seul fait à l'appui de cette proposition. Trois personnes se noient en même temps par accident. Il s'élève une question d'hérédité qui ne peut être résolue d'une manière positive qu'en déterminant quelle est celle des trois qui a survécu aux deux autres. L'une , sujette aux congestions sanguines du cerveau , meurt d'apoplexie ; une autre , très-impressionnabie , périt par syncope ; une troisième ne succombe qu'après avoir lutté long-temps contre la mort, qui , dans ce cas, est déterminée par l'asphyxie. Le médecin ne puisera-t-il pas alors daus la coïncidence d'état des systèmes veineux et artériels , du cœur, des poumons et du cerveau, des données à l'aide desquelles il établira des probabilités basées sur des faits et non sur les suppositions du raisonnement ? Il en sera de même du cas d'un éboulement de terre ou de maison, d'un incendie ou de toute autre cause susceptible d'agir à-la-fois sur plusieurs individus. Toutefois, le médecin ne devra jamais considérer les données qu'il aura acquises comme des preuves certaines , mais bien comme des probabilités.

Déterminer si la mort est réelle , ou si elle n'est qu'apparente ? En faire connaître la cause ? Indiquer si elle est naturelle , ou accidentelle? Et dans ce dernier cas , faire connaître si elle est le fait d'un suicide ou d'un homicide ? Telles sont les questions que les magistrats adressent aux médecins toutes les fois qu'un individu est trouvé privé de sentiment et de mouvement.

Toutes ces questions ne peuvent pas être résolues par l'inspection extérieure du corps , cependant , le médecin n'a pas le droit de procéder à l'autopsie , sans une autorisation spéciale du magistrat. La plupart de ses visites sont faites dans le but de satisfaire à l'article 77 du Code civil , qui n'autorise l'inhumation qu'après le décès constaté par l'officier de l'état civil , ou sur le rapport d'un officier de santé, commis par lui. Les limites de l'article mort, se trouvent donc tracées par les limites mêmes du devoir du médecin : c'est-à-dire lo acquérir la certitude du décès ; 2» déterminer approximativement, depuis combien de temps il a eu lieu.

Acquérir la certiludc du décès. 11 existe un grand nombre de faits authentiques , qui prouvent que des erreurs sur la mort ont été commises ; et chaque année les journaux rapportent quelques exemples de ce genre. Ces exemples sont plutôt le fait d'un défaut d'attention que d'ignorance. Mais encore est-il bon de faire connaître l'état de la science à ce sujet. On lit encore aujourd'hui (18 décembre 1833) ..ians le National le fait suivant: Un événement affreux vient d'arriver à Cognac. Une jeune fille accablée d'un sommeil léthargique , a été enterrée comme morte ; les derniers devoirs venaient à peine de lui être rendus , lorsque des cris plaintifs se sont fait entendre; on a immédiatement procédé à l'exhumation avec tous les soins convenables , et les médecins se sont empressés de pratiquer une saignée. Mais malgré toutes ces précautions elle est morte neuf heures après avoir été reportée chez elle.

Bruhier, dans son traité sur l'incertitude des signes de la mort, publié en ■1740, a rassemblé 131 cas de méprises, parmi lesquels figurent 52 individus eiitern:s vivans , -1 ouverts avant leur mort, 53 de personnes revenues spontancinenl à la vie , après avoir été enfermées dans un cercueil , et 72 autres répu-

tées mortes sans l'être. Tout en admettant avec Louis , dans sa lettre sur la certitude des signes de la mort, qu'un grand nombre de ces faits a été puisé à des sources peu certaines , il n'en reste pas moins démontré que des erreurs nombreuses ont été commises. D'ailleurs Bruhier n'est pas le seul auteur qui ait rapporté des faits de ce genre. Zacchias , Lancini , Philippe Peu, Guillaume Fabri , Pechlin , Kirchmann , Kornemann ,'Winslow, Falconet, Rigodeaux, ont cité des faits analogues. On sait que sous Charles IX, François Civile, gentilhomme normand, se qualifiait dans ses actes, de trois fois mort, trois foi»' enterré , et trois fois ressuscité par la grâce de Dieu.

La question de savoir s'il exisie un signe certain de mort , a surtout occupé les méde<;ins , vers la fin du siècle dernier; et l'on peut dire que Louis l'a résolue affirmativement , et sans qu'il puisse rester aujourd'hui aucun doute à ce sujet. Après lui Bichat et Nysten, se sont aussi occupes de cette question, et leurs recherches sont venues confirmer le travail du savant chirurgien que j'ai cité. Bichat, cependant, éleva des doutes sur la rigidité, comme phénomène! 'Iconstant ; mais Nysten, dans ses recherches de physiologie et de chimie pa-j <i thologiques , publiées en 181 1 , fait voir quelle avait été la cause de l'erreur dej \à Bichat. j fi

Il existe trois signes certains de mort : le premier est la rigidité ou raideiii ' cadavérique ; le second est l'absence de contraction musculaire, sous l'influence j V de stimulans , et principalement de stimulans électriques ou galvaniques ; It ; troisième est la putréfaction, qui ne recevra de développement qu'au mot pti-| D»

TfiÉFACTION. jît/l

Le phénomène de la rigidité cadavérique consiste dans une augmentation dfl 'f densité que toutes les parties du corps de l'homme acquièrent à une époqiit' :iiit plus ou moins rapprochée de la mort. Elle donne à tout le corps une raideui qui ne lui est pas habituelle; elle peut être telle que si l'on enlève un cadavre par la tête et les pieds , il n'exécute aucun mouvement de flexion. Le siège d( cette raideur est dans les muscles ; car si l'on dissèque un membre, si on enlève la peau, les aponévroses , les ligamens des articulations et les capsules synoviales , il conserve toute sa rigidité ; si , au contraire , on enlève les muscles qu. passent sur les articulations , en conservant intacts les ligamens, la mobilit«lii|ii(, du membre devient complète. "aiii

La cause de la rigidité paraît être due à un reste de contractilité du tissu mus ■ culaire , sous l'influence de la vie ; contractilité assez forte pour raidir le mus cle, augmenter son volume, et lui faire faire une saillie sous la peau; toutefoi cette contractilité est trop faible pour que le muscle opère le moindre déplace ment des parties auxquelles il s'insère ; cette contractilité, on peut la dépeindri, par la supposition suivante : admettons que pour fléchir l'avant-bras sur le bras il faille un effort des muscles égal à 20 : pour opérer cette flexion à moitié, i ne faudra plus qu'un effort égal à 10 , ou à 5 pour un quart de flexion ; el 'Wei bien! si la force n'est, par exemple , qu'un 20" de celle qui opère le meuve j'iiil ment, alors il n'y aura plus de déplacement, mais seulement la raideur du iniis | aeitj cle qui le précède. am

Il résulte de la connaissance exacte de ce fait , l'explication de la posilio . «soi qu'affectent les diverses parties des cadavres, dans les divers genres de mort aies c'est toujours celle que l'individu avait prise au moment même où il a expiré ,ïltJj en sorte que si un homme périt pendant l'ivresse , ses membres présentent eD'j'J;rtii core ce laisser-aller qu offrent les ivrognes. S'il meurt asphyxié pendant li m sommeil , les bras seront relevés et fléchis derrière la tête , si la personne l'habitude de s'en servir comme point d'appui. Celte explication rend compt iliiioi aussi de la cause pour laquelle la physionomie d'un cadavre exprime constam m ment les dernières impressions que le sujet a reçues pendant la vie; car la rigl dité s'empare des muscles de la face, aussi bien que de ceux de toutes les autre parties. Ces observations peuvent être vérifiées, tous les jours, sur les suppli ciés , et sur ces hommes dont la férocité ne s'est pas démentie même sur IV chafaud.

La rigidité se développe en général à une époque rapprochée de la ratii Elle en est même souvent si voisine , chez les personnes âgées , qu'à cette ooi sion Louis cite, dans sa lettre, l'habitude que l'on avait à la Salpétrière t(J(i(î 1 passer la chemise aussitôt qu'on s'apercevait du décès. Il dit encore : Au ment de la cessation absolue des mouvemens, les articulations commencent se raidir, laème at^ant la diminution de la chaleur iiaLurelle. Morgagni considfel aussi le développement de la rigidité comme très-voisin de celui de la mot Suivant Neysten , elle n'apparaît qu'après l'extinction de la chaleur du corpi ce qui me paraît être exagéré. Dans tous les cas, elle survient d'autant plt im tard que le système musculaire est plus développé , cju'il a subi moins d'altéri tion par le fait des maladies ; aussi est-elle lente à se manifester daus la moi par empoisonnement , dans l'apoplexie , l'hémorrhagie , les blessures du cœu la décapitation , la section ou la destruction de la moelle , et surtout dans 1' |,[, asphyxies, principalement dans l'asphyxie parle charbon. Elle survient beai coup plus tôt à la suite des maladies chroniques , des fièvres adynamiques ataxiques, de la phthisie , du scorbut , etc.

Selon Nysten , l'ordre dans lequel elle se développe est le suivant. Elle a parait au tronc et au cou , s'étend de là aux membres abdominaux et ensui aux membres thoraciques ; elle disparaît dans le même ordre. Cel ordre impli que contradiction avec le fait précédemment énoncé par Nysten , savoir : q la rigidité ne se manifeste qu'après l'extinction de la chaleur animale ; car il e] évident que le tronc conserve le plus long - temps la chaleur ; cette erreur a c reproduite par presque tous les auteurs qui ont écrit sur la médecine lega M. Orfila lui-même ne l'a pas relevée , il serait nécessaire de faire quelques i cherches à ce sujet.

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MORT

La durée de la rigidité est en général soumise aux mêmes lois qui modifient l'époque de son développement ; ainsi elle dure d'autant plus long-temps qu'elle ist survenue plus tard. L'atmosphère dans laquelle le corps se trouve placé nflue aussi sur cette durée d'une manière notable ; l'air sec et froid l'entreient pendant plus de temps , elle persiste peu dans un air chaud et humide ; en iorte que c'est en hiver et pendant la saison des gelées qu'elle tarde le plus à lisparaîlre. Sa durée moyenne est de vingt-quatre à trente -six heures. Nysten 'a vue se prolonger pendant sept jours dans un cas d'asphyxie par le charbon , nais elle n'avait commencé que seize heures après la mort. La paralysie des iTiuscles n'est pas un obstacle à son développement.

I Enfin, c'est un phénomène constant chez l'homme et chez les animaux, ar Laënnec l'a observé chez les écureuils, les chauves - souris , les oiseaux, ss grenouilles , les poissons , les mollusques , les vers . les crustacées et les nsectes.

Quelques personnes pensent que ce phénomène ne se développe pas constamlent : elles croient qu'il peut manquer chez des personnes affaiblies par une naladie longue et douloureuse , ainsi que dans la vieillesse lorl avancée. La jéponse à cette présomption est dans les recherches de Louis , qui toutes ont |té faites dans un hospice consacré à la vieillesse et aux infirmités des femmes. )r, comme il ne l'a jamais vu manquer, et qu'il a fait ses observations sur plus e cinq cents sujets, il y a tout lieu de penser que ces craintes sont peu fondées. t)'une autre part, Nysten a fait sentir que , si Bichat l'avait vu manquer chez Ijuelques asphyxiés , cela tenait à ce qu'il ne les avait pas observés pendant un jpmps assez long, attendu qu'elle se développe toujours fort tard dans ce genre lie mort.

I Nous terminerons ces considérations sur la rigidité en donnant les moyens \e la distinguer d'avec la congélation , ou un état convulsif des muscles. Quand b saisit un membre , et qu'on parvient à vaincre à l'aide d'un effort la raideur adavérique , l'articulation présente un état de souplesse tel que la moindre lOrce suffit pour renouveler la flexion ; toute raideur a disparu une fois qu'elle I été vaincue. Si, au contraire, la rigidité du membre est l'effet d'un état conlulsif , cet e'tat reprend totjte son énergie du moment que la puissance qui l'a pincue cesse de s'exercer. Quant à la congélation , comme elle consiste dans accumulation de petits glaçons dans les vacuoles du tissu cellulaire , il suffit ■e plier un membre pour briser ces cristaux, opération qui ne peut s'exécuter ins produire un bruit analogue à celui de l'étain.

Le second signe certain de la mort est la putréfaction, elle se reconnaît 1° à

I coloration bleuâtre , verdàtre ou brunâtre de la partie qu'elle affecte ; 2° au imollissement des tissus ; 3° à l'odeur particulière qu'elle développe. Ce carac- 're ne peut être confondu qu'avec une contusion violente suivie d'ecchymose ;

II bien avec un état gangréneux. Mais dans les contusions, il n'y a pas d'odeur iitride. Dans la gangrène, il est vrai, une odeur forte existe avec ramoUisseent plus ou moins prononcé des tissus dans quelques cas , mais celte odeur n'a icune analogie avec celle de la putréfaction. D'ailleurs , la gangrène est le lus souvent limitée et circonscrite ; la putréfaction, au contraire, n'a pas de mites aussi tranchées. Ajoutons qu'elle se développe primitivement et dans les fis les plus ordinaires , sur des parties du corps où il est rare de rencontrer la jjngrène. Ainsi c'est le plus souvent par le tronc qu'elle débute , tandis que la jngrène affecte principalement les membres. Le cas où la gangrène pourrait le lus simuler la putréfaction , serait celui où elle se développerait au centre d'une pntusion violente, parce qu'alors ses limites seraient peu tranchées , et que les iverses nuances de coloration qui accompagnent les contusions simuleraient files que l'on rencontre le plus souvent dans la putréfaction.

Cependant ces deux signes ne paraissant pas à divers médecins des moyens Isez certains pour constater la mort , on a conseillé de s'assurer du décès à |ide de diverses épreuves , dont la plus certaine dans ses résultats est la suiknte :

Mettez à nu un muscle à l'aide d'une petite incision , pratiquée sur une irtie d'un membre où cette blessure ne puisse avoir aucune suite fâcheuse, iquez le muscle avec l'extrémité d'un instrument aigu, et mieux encore rvez-vous d'un stimulant galvanique ou électrique. S'il ne se manifeste aucune ^ntraction, c'est alors un signe certain de mort; si, au contraire , la contracon du muscle se manifeste , ce n'est pas une preuve de vie, mais ce n est pas pn plus une preuve de mort.

Il est d'observation que les muscles possèdent encore après la mort et pentint un certain temps, variable suivant des circonstances que nous allons faire imnaître , la propriété de se contracter. Cette propriété se conserve peu dans js muscles de la vie organique , elle dure beaucoup plus long-temps dans ceux B la vie animale.

I Bichat et Nysten ont fait de celte étude l'objet de recherches nombreuses. Des ïpériences analogues ont été répétées en Angleterre sur des suppliciés par iTangulation , avec des agens électriques très puissans. L'Institut a même créé, ans son sein, une commission qui avait Hallé pour rapporteur , et qui a répété s expériences de Nysten à la faculté' de médecine de Paris, sur des lapins et irdescabiais. Il résulte des recherches de Nysten , que la contractilite s'éteint ms les parties dans l'ordre suivant. Elle dure peu de temps dans le ventricule )rlique du cœur, quarante-cinq minutes dans les intestins et l'estomac, a peu plus long-temps dans la vessie, une heure dans le ventricule pulmonaire 1 cœur, une heure et demie dans l'œsophage, et une heure trois quarts dans 5 ms. Viennent ensuite les muscles du tronc, puis ceux des membres abdomilux, puis ceux des membres thoraciques, enfin l'oreillette droite du coeur, îrmere circonstance qui paraît être en opposition avec cette proposition géné-

rale , que la contractilite s'éteint beaucoup plus vile dans les muscles de la vie organique que dans ceux de la vie animale. Ces faits ont été observés sur sept suppliciés dont on avait tranché la tête.

Hallé et Nysten ont prouvé en outre , que l'air humide et chaud , le gaz ammoniac , la vapeur du charbon et l'hydrogène sulfuré surtout , diminuaient singulièrement la durée de celte propriété; et qu'elle n'était pas notablement influencée par les gaz hydrogène carboné , chlore et acide sulfureux , non plus que par la privation d'air au moyen de la strangulation et de l'immersion.

Sans avoir répété les expériences de Hallé , nous ferons observer qu'il parait surprenant que la vapeur du charbon diminue la contractilité musculaire. En effet, cette contractilité cess;uit toujours du moment que la rigidité apparaît, et la raideur cadavérique ne survenant que très tard dans les cas d'asphyxie par lu vapeur du charbon, il paraît e'tonnant qu'une propriété vitale disparaisse dans un cas où la vie organique se prolonge beaucoup plus tard que dans fout autre genre de mort.

Il était curieux de rechercher quel genre d'influence les maladies pouvaient exercer après la mort sur la contractilité des muscles ; c'est ce qu'a fait Nysten en expérimentant sur quarante cadavres appartenant à des malades qui avaient succombé à l'hôpital de la Charité. Il en résulte qu'elle s'éteint au bout de deux heures quarante-cinq minutes dans la péritonite; qu'elle dure de trois à six heures dans la phthisie , le squirrhe et le cancer ; neuf heures dans les hémorrhagies et blessures du cœur, douze heures dans l'apoplexie avec paralysie, dix à quinze heures dans les fièvres adynamiques, treize à quinze heures dans la pneumonie , et qu'elle varie enfin entre cinq, quinze, vingt et vingt-sept heures dans les anévrismes du cœur avec ou sans hydrothorax. Quoique les diverses maladies soient ici spécifiées , il ne s'ensuit pas que ces résultats doivent toujours se représenter de la même manière. Mais ce sont des données curieuses dont il est important de tenir compte. Il est bon de noter qu'il s'agit ici de la contractilité des muscles extérieurs du tronc et principalement de ceux des membres.

Pour donner une idée de la force de contraction que les muscles possèdent quelques instans après la mort, lorsqu'ils sont stimulés puissamment, nous citerons l'expérience suivante , qui a été faite en Angleterre. On fit fléchir l'avantbras sur le bras d'un cadavre de pendu, on opéra une décharge électrique sur les muscles extenseurs de l'avant-bras , et plusieurs hommes qui retenaient ce membre dans la flexion furent renversés par la contraction musculaire qui amena l'extension de cette partie.

Tels sont donc les trois moyens que possède la science pour constater le décès réel d'un individu.

Recherchons si ces moyens suffisent pour atteindre ce but dans tous les cas. Avant d'arriver à cet examen, il faut que l'on sache que les premiers temps qui suivent l'extinction de la vie peuvent être divisés en quatre périodes distinctes.

Première période. La chaleur existe , toutes les parties du corps sont dans un état complet de collapsus.

Deuxième période. La rigidité cadavérique s'est manifestée, et la chaleur coïncide ou ne coïncide pas avec elle.

Troisième période. Les parties molles sont dans un état complet de collapsus, la chaleur est éteinte.

Quatrième période. La putréfaction existe,

Dans la première période il est impossible de déclarer la mort réelle, à moins aue les muscles mis à nu ne se contractent plus sous l'influence d'un stimulant. Dans la seconde , la mort sera certaine si l'on parvient h constater l'existence de la rigidité , chose toujours facile. Dans la troisième la mort est certaine, un muscle étant mis à nu ne se contracte plus sous l'influence d'un stimulant. Quant à la quatrième , elle ne peut être l'objet d'un doute du moment que la putréfaction est constatée.

Mais ces périodes ont des limites plus ou moins étendues : ainsi la première ne persiste jamais au-delà de seize heures , et peut n'avoir qu'un quart d'heure ou une demi-heure de durée. La seconde peut se prolonger pendant sept jours, mais le plus souvent elle ne dépasse guère quarante-huit heures, et quelquefois deux, trois ou quatre heures. La troisième est aussi très variable : ainsi , en hiver, elle peut durer pendant cinq , six , sept et huit jours.

Et si actuellement , ayant égard à ces données approximatives , on veut supposer le cas d'un individu qui , pendant l'hiver, aura succombé à l'asphyxie par le charbon , et attendre pour constater le décès que la putréfaction soit survenue , ainsi que le pensent encore quelques médecins de nos jours , on verra qu'il faudrait garder le corps pas moins de quinze jours pour autoriser l'inhumation, aussi cette opinion est-elle exagérée et inadmissible. D'autres médecins ont été plus loin et ont avancé qu'un commencement de putréfaction ne suffit pas pour affirmer que la vie a cessé , puisqu'on a vu des personnes se rétablir dans l'espace de quelques heures, quoique la peau fût couverte de taches violettes , qu'elle répandît une odeur infecte , etc. ( Orfila , Leçons de médecine légale , page 231 , 3« édition. )

Ces cas, je ne les connais pas, et j'ai la conviction que s'ils étaient énoncés avec plus de détail et plus de précision, ils ne feraient pas exception, en attachant surtout une grande importance au développement de la putréfaction à l'abdomen ou au milieu de la poitrine , parce que ce sont les points où elle se manifeste de prime abord quand le cadavre séjourne dans l'air ou dans l'eau ; et qu'elle ne se montre pas par des taches violettes disséminées sur diverses parties , mais bien par une plaque d'une grande étendue , à coloration uniforme , verte de prime abord, ensuite brune. Mais lorsqu'elle est arrivée à ce point, toujours la tache brune est environnée d'une auréole verte analogue à celle qui avait précédé son apparition.

MORT

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