MOULE
En résumé, le médecin peul être appelé à constater la mort daus quatre périodes de temps distinctes : dans la première il peul y avoir doute , il doit attendre ; car il n'est pas nécessaire de pratiquer une incision pour mettre un muscle à uu, alors que dans quelques heures on pourra éviter celte opération. Dans la seconde il y a rigidité, donc la certitude de mort existe ; il en est de même de la troisième et de la quatrième , où il y a dans l une souplesse du corps , refroidissement et absence de contraction musculaire, et dans l'autre putréfaction.
On a donné beaucoup d'autres caractères ou d'expériences propres à reconnaître la mort, mais ils sont loin d'offrir la certitude de ceux que nous venons de décrire , leur ensemble ne peul, tout ou plus , que comtirmer la manière de voir du médecin légiste; aussi nous bornerons-nous à une énuinération raisonrjée fort courte. Ces caractères sont les suivans : 1° Perte des JacuLlés intellectuelles. Mais dans un giand nombre d'afléclions morbides ce signe existe sans coïncider avec la mort. 2" La Jace est cadaiiéreuse , et à ce sujet on a décrit le faciès hippocratique qui est propre aux fièvres adynamiques , typhoïdes et au choléra. 3" Le rcj'roidisiemenl complet du corps , phénomène constant, il est vrai, après une époque plus ou moins rapprochée de la mort , mais qui peut exister à un degré presque aussi élevé dans quelques afi'ections nerveuses, et principalement dans la dernière période de 1 hystérie. 4» La décoloration de Li peau. Ce phénomène n'accompagne pas toujours la mort; car dans l'asphyxie par le charbon la peau offre souvent une teinte rosée, uniforme, qui est très prononcée. 5° La perte de transparence de la main et des doigts : phénomène qui se constate en plaçant la main du cadavre entre l'œil et une lumière, et en observant si elle présente une diaphanéité. 6° Le relâchement du muscle coccj-gio-anal. 1° L'obscurcissement et l'ajfaissement des j eux. Phénomène commun à plusieurs maladies, telles que l'ara chnilis et les fièvres typhoïdes; il est d'ailleurs inconstant , car dans un grand nombre de cas les yeux des cadavres sont brillans , ou après avoir été affaissés redeviennent saillans , par le fait de la putréfaction qui engendre une grande quantité de gaz dans les organes creux. 8° Lajormatioti d'une toile glaireuse très fine sur La cornée transparente. Ce caractère a fait l'objet d un grand nombre de recherches de la part de Louis; il y a môme attaché beaucoup d'importance. Winslow et 'Verdier ont émis la même manière de voir; mais, quoiqu'il accompagne très souvent la mort, il peut aussi se rencontrer durant, la vie. J'ai eu l'occasion de le constater d'une manière évidente trois jours avant la mort d'un enfant qui a succombe à une arachnitis. 9" L'immobilité du corps. lO» Le défaut de redressement de la mâchoire inférieure, api es qu'elle a été abaissée avec force. Ce caractère , donné par Bruhier, est mauvais sous tous les rapports; d'abord parce que ce phénomène peut se renconirer dans la syncope, ensuite parce que, dans quelques cas , la mâchoire peut se redresser par un reste de contractilité des tissus , et qu'enfin, dans beaucoup d'autres , au lieu d'être fermée , la bouche est béante ; il est alors impossible de constater le phénomène. 11» L'absence de la respiration et de la circulation. Un seid fait sufîira pour préciser la valeur que l'on peut attacher à ce signe. Le colonel Towushend , malade depuis fprt longtemps, fait appeler les docteurs Cheyne et Baynard, ainsi que Shrine, son pharmacien , pour être témoins de l'expérience la plus singulière, celle de mourir et de renaître en leur présence. Ils viennent; Je colonel se couche sur le dos, Cheyne palpe l'artère radial , Baynard applique sa main sur la région du cœur, et Shrine présente un miroir à la bouche. Un moment s'est écoulé , et déjà il n'y a plus de respiration, de battement d'artère ni de battement du cœur. La glace n'est plus ternie, une demi-heure se passe, et déjà les spectateurs sont sur le point de se retirer, persuadés que le malade est victime de son expérience, lorsqu'ils aperçoivent un léger mouvement respiratoire; les battemens de l'artère radial reviennent par degrés et le malade a repris connaissance. Le colonel appelle ensuite son notaire , fait faire un codicile à son testament , et meurt très paisiblement huit heures après. Haller a cité des exemples d'individus qui pouvaient suspendre à volonté la respiration et la circulation.
Voici maintenant les épreuves que l'on a proposées pour s'assurer de la mort réelle. 1" Placer devant la bouche un miroir , des corps légers ou la flamme d'une bougie; 2» mettre sur le cartilage de la dernière côte un verre rempli d'eau (Winslow). Les premières expériences n'ont pas besoin de commentaires; quant à la seconde , la respiration pouvant s'exercer par le diaphragme seul, il peuty avoir vie sans que les côtes exécutent aucun mouvement; 3" les excitans sur la peau , tels que des vésicatoires , caustiques, des moxas ou bien les scarifications, l'huile bouillante , enfin le fer rouge appliqué à la plante des pieds. Lancisi cite des individus qui n'avaient pas donné de signe de vie par les remèdes les plus viuleus etrployés contre un assoupissement lélhargique , et qui en manifestèrent sous l'influence de ce dernier moyen. M. Fodéré cile le cas d'un homme de 36 ans , qui fut apporté à 1 hôpital de Marligues en 1809 , et dont l'épouse , trouvant trop lents les moyens dont on avait fait usage, appliqua pendant la nuit, sur l'épaule paralysée de son mari , une roulette brûlante de gayac, puis l'abandonna à son sort. L'odeur du linge brûlant qui se manifesta quelques heures après, ayant attiré l'attention des infirmiers, ils trouvèrent le:, diaps du lit consumés ainsi qu'une partie de la chemise du malade; ses bras et son épaule à demi brûlés , et cependant il n'avait pas été retiré de son sommeil apoplectique. Quand les symptômes de cette affection cérébrale lurent di.s.pés et qu'il eut recouvré l'usage de la raison, il n éprouva pas de douleur; la brûlure employa trois mois à se guérir et n'en conserva pas moins son hémiplégie. Enfin on a été jusqu'à proposer de mettre le cœur à nu et d'introduire le doigt dans la plaie , afin de sentir si le cœur exécute encore quelque mouvement ! !
Rappelons acluellcment les maladies qui peuvent simuler la mort: l'apo-
plexie, le catalepsie, l'épilepsie, l'hystérie. Ambroise Paré rapporte qu'un célèbre chirurgien fut appelé pour ouvrir le corps d'une personne de distinction, qui avait succombé à une suffocation de matrice , au deuxième coup de rasoir que le chirurgien lui donna, cette femme revint à la vie. Il ajoute : « Je laisse à penser au lecteur comme ce grand seigneur, faisant cette œuvre, fut en grande perplexité. » Tout le monde connaît l'histoire de l'abbé Prévost, que l'on trouve privé de sentiment et de mouvement dans la foret de Chantilly : on le croît mort. Un chirurgien procède à l'autopsie par une large ouverture au ventre, Prévost jette un cri , et ne revient à la vie que pour sentir l horreur du genre de mort auquel il va succomber.
EuHu , lien ne simule mieux la mort que les lipothymies ; ici, absence de respiration , de circulation , de coloration , de chaleur , et cet état peut cependant se prolonger pendant un temps fort long. Le cas cité par liigaudeaux, et i[ui est rajiporté dans tous les traités de médecine légale , en est un exemple Irjppaut.
Déterminer depuis combien de temps un individu est mort. Pour résoudre cette question , nous supposerons dans les phénomènes qui suivent la mort , deux périodas distinctes. La première comprendra le temps qui s'tcoule depuis le moment de la mort, jusqu'à celui de la putréfaction. La seconde toutes les phases qui accompagnent le développement de cette putréfaction. Voyez pour leur histoire, le mot putréfaction. Dans la première période, nous établirons les termes moyens suivans; de 2 à 20 heures : s'il y a souplesse et élasticité, de toutes les parties , sans qu'elles conservent l'impression du doigt qui les comprime momentanément ; chaleur du corps , et contracliou musculaiie sous l'influence électrique. De 10 heures à 3 jours : si l'on rencontre la rigidité cadavérique avec densité du tissu cellulaire , les parties molles conservant l'empreinte du doigt qui les comprime momeulanémeut; plus de contraction sous riiifluence .Hd électrique , couleur naturelle de la peau, et refroidissement du corps. De 3 à {':p 8 jours: souplesse de toutes les parties, plus de contraction sous 1 iiifluenceujiii électrique; couleur naturelle de la peau, refroidissement du corps; de 5 à 12:y« jours: augmentation du volume, élasticité, et rénilence de toutes les parties jjj* molles (cest alors le fait du développement de gaz daus le tissu cellulaire).;^' Les impressions des doigts s'effacent, le corps est froid , il n'y a aucune contrâc-'ii^jfi tion sous l'influence électrique. De 8 à 12 jours; déformation et afî'aissementJ^it des parties molles, décollement de l'épiderme, teinte verdàtre de rabdomen.'i||ii
Le lecteur comprendra facilement qu'eu indiquant les dates de décès, nous^flli n'avons voulu que donner des approximations, et indiquer des temps moyensilla! que le genre de mort, la constitution du sujet, la saison , les conditions atmos-lil phériques dans lesquelles il se trouve, doivent exercer une très grande influence sur l'apparition de ces phénomènes cadavériques , et modifier beaucoup le temps présumé de la mort; et afin de faire sentir le peu de fixité que nou» attachons à cette détermination de temps, il nous suffira de dire que, pendant leschaleursde l'été, un cadavre peut présenter au bout de 3 ou4 heures de mort tous les phénomènes que nous avons rattachés à l'époque de 8 à 12 jours ; en hiver, ou contraire, ils i)euventne se montrer qu apiès 15 à 18 jours, à date» <lu décès. C'est au médecin à tenir compte tle ces influences et de ces variations pour émettre une opinion à ce sujet, mais elle ne doit toujours être cnoacéftJ que sous la forme d'un doute.
Nous ne terminerons pas cet article, sans rappeler aux médecins que lesi commissaires de police, ou les magistrats qui les requerront pour examiner le corps d'un individu trouvé sur la voie publique , les inviteront constammen à déclarer non-seulement si la mort est réelle, mais encore quelle en est la cause , et si elle est le fait de l'homicide. Le médeciu ne peut jamais répondre à ces deux dernières questions, d'après l'inspection seule de l'extérieur du corps Il doit déclarer l'absence de lésions extérieures tendant à éloigner les soupçons d'homicide, et dire que l'ouverture du cadavre peut seule donner des rensei gnemens positifs sur la cause de la mort.
Combien d'erreurs sont commises aujourd'hui en ce genre ! Trouve-t-on unes personne décédée sur la voie publique, le médecin déclare aussitôt l'examen d« la face, de la poitrine, des mains et des vêtemens, que le sujet a succombéi une apoplexie. Il en résulte deux inconvéniens graves; le premier c'est qued© crimes restent impunis ; le second que des statistiques sont basées sur ces décU» rations, et que l'on publie des données lout-à-l'ait fausses ; (l'où l'on déduit dei conséquences qui n'ont pas plus de valeur. On fait de l'apoplexie, la mort rf< ceux qui succombent à une hématémèse, h une hémoptysie, à une apopiflxi» pulmonaire, à une indigestion, à l'ivresse, et surtout au froid et à la misère lieux causes puissantes de mort subite à Paris, parce que là où la civilisalii est portée au plus haut degré , il n'existe pas d'établissement ouvert aux mali heureux tourmentés par la faim. (Alph. Devergie.)
MOIlLEj s. f. INous avons considéré , en quelques lignes, ce mollusque sou * le rapport de l'alimentation qu'il fournit (voyez Aliment). Comme les borne et l'objet de ce dictionnaire nous imposent de bannir ici tous détails d'histoi naturelle, nous n'avons plus qu'à examiner la moule sous le rapport des acci dens auxquels elle peul donner lieu.
Nous avons dit que, dans certains mois de l'année , et sans avoir éprouve' Ij moindre putréfaction , les moules étaient susceptibles de causer tous les syrap] tômes d'une violente gastrocé})halile accompagnée de rougeur et d'éruption la peau. Voici maintenant la série de ces symptômes présentés par les auteurs « malaise général, nausées, douleur à l'épigastre, tranchées, anxiétés precor diales, respiration didicile, spasmodique; enfin menace de suffocation ; pou(| fré((uent, puis petit, serré ; gonflement de la face, de tout le corps, dont l'ex térieur est ou d'un rouge intense, ou couvert de taches péléchiales, blanche;