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l'ammoniaque , lequel résulte sans cloute d'un travail intéiieur de décomposition , de la gélaline , de l'albumine , de la fibrine, une matière très carbonée , soluble dans l'caii , insoluble dans l'alcool ; de la stéarine , de l'élaïne , de la icholestéine, de l'buile acide combinée d'ammoniaque , une huile volatile , un 'acide indéterminé , et divers sels de potasse , d'ammoniaque et de chaux ? L'analyse chimique des médicamens ne peut servir que de deux manières : en isolant leurs principes actifs les uns des autres ou des principes inertes avec lesquels il sont combinés , ou en fournissant quelques analogies , quelques données pour l'expérimentation. Or, les travaux chimiques faits sur le musc, ne peuvent avoirencore ni l'une , ni l'autre de ces utilités.
Les propriétés physiques du musc , sa solubilité , sa saveur, et surtout son jdeur , suffiraient seuls pour indiquer qu'il est un modificateur puissant. Les résultats de son administration à I homme sain et à l'homme malade, ne laissent aucun doute à cet égard. Cependant, malgré les expérimentations dont 1 a été l'objet, et l'usage qu'on en a fuit , ses propriétés modificatrices et ses ertus thérapeutiques sont encore mal déterminées. On ne peut lui en reconlaître de spéciales , de tranchées, qui en fassent un médicament à part , un pécifique enfin. Est-ce parce qu'il n'en possède pas ? ou parce qu'on n'a pas su es constater ? Toujours est-il que, le plus souvent, quand on l'administre, on le saurait donner la raison de la préférence qu'on lui accorde que par des iiotifs également applicables à d'autres agens , ou que par la non-réussite de eux-ci. Cependant , je le répète , le musc doit être considéi é comme un roûède puissant.
Ce médicament est rangé comme le camphre , l'clher , le castoreum , et tant l'autres substances , parmi les toniques dilFusibles, les excilans. Ces qualifiations , traduites en langage pratique , signifient seulement que le musc ne envient pas quand il y a une inflammation intense et une fièvre forie, ce qui st constant. Il se pourrait cependant , que l'odeur et la saveur de cette subjtance aient entraîné l'opinion générale , sous ce rapport , dans quelque exa- [ération. Le fait est qu'on peut le donner à des doses assez fortes sans que son trapression sur l'estomac soit bien marquée. M. Jœrg , qui l'a expérimenté sur les personnes saines, l'a ti-ouvé moins diffusible et moins irritant qu'on ne le luppose. Les effets de son action topique se bornaient à un sentiment de peanteur dans l'estomac , à une diminution ou une augmentation de l'appétit , et » de la sécheresse dans l'œsophage. Administré à haute dose , il donnait de la Plénitude et de l'accélération au pouls.
L'action du musc sur l'appareil sensitif est puissante, c'est un fait que l'on l'a plus à constater. Il est établi par des expériences directes sur l'homme sain ; sais , avant ces expériences il l'avait été par les nombreux succès obtenus avec ette substance chez le malade. Dans les expériences de M. Jœrg , le musc léterminait des douleurs de tète , des vertiges , des bâillemens fréquens , de la pmnolence , de l'abaitement , un sentiment de pesanteur dans tout le corps , ntiu un sommeil profond et qui se prolongeait assez long-temps. A dose plus orte ce médicament produisait des trembleunens et même des convulsions. Ces csiiitats , sans doute, ne suffisent pas pour caractériser l'action tlu musc sur le yslème nerveux ; mais ils montrent qu'elle est grande , et c'est ce qu établit lien mieux encore l'emploi de ce médicament dans les maladies.
Souvent, dans les maladies aiguës, on voit survenir des symptômes qui annoncent une lésion profonde du système encéphalo-rachidien ; ce sont des souïtresauts dans les tendons, le tremblement des membres, des mouvemens lonvulsifs partiels ou généraux , de la stupeur, du délire , des liallucinations , le la carphologie, enfin la série si nombreuse des symptômes appelés ataxi- Jues : ou bien ce sont la chute des forces , des éruptions pétcchiales , la fuligilosité de la langue , la fétidité des diverses excrétions , etc., etc. En un mot, es phénomènes de la puti-idiié et de Vadj'nainie. C'est particulièrement lorsque «s divers symptômes se montrent que le musc, s'il faut en croire la presque totalité des auteurs antérieurs à l'ère analomico-pathologique de M. Broussais, tst un des moyens les plus puissans. Cette unanimité est remarquable et doit Jeûner à réfléchir môme aux plus prévenus contre ce qu'ils appellent les ex- :itans.
On admettrait que les états dontje viens de rappeler les traits sont constam- 'iient un résultat de l'affection des voies digestives , que c'est à elle qu'il faut particulièrement songer , et que les moyens dits anliphlogisticjues sont les seuls lui lui conviennent , qu'il n'en faudrait pas moins quand , malgré ces moyens, a maladie empire rapidement , chercher d'autres ressources. C'est alors qu'on laisse le fond sur lequel on ne peut rien , pour s'attaquer à la forme. On n'ouslie pas qu'il y a eu , que peut-être il y a encore une gastro-entérite; mais ce qui frappe, ce sont les lésions générales au milieu desquelles l'affection de l'apiJareil digestif est comme étouffée. C'est alors qu'on se reporte au temps où ce que l'on considère aujourtriiui comme l'expression du mal était le mal luimême , au temps de la fièvre ataxique , ataxo-adynamique , du typhus , etc , fit qu'on lui emprunte, en désespoir de cause , les moyens dont il faisait usage et trop souvent abus. Au nombre et en tète de ces moyens on trouve le musc , '^ui, employé à dose suffisante , peut prouver , ainsi que je 1 ni vu , que pour jjguérir certains malades auxquels on ne suppose qu'une gastro-entérite , il faut juelquefois oublier celle-ci.
Ce que l'on est conduit à faire dans les maladies dont je viens de parier , I. Récamier l'a fait, souvent, et avec succès, chez des malades , atteints de *pleuro-pneumonie bien caractérisée (Voir bibliot. rnécl.^ t. lix, p. 19 et tom xv, P- 208, et la Revue médicale, 1826, t. m, p. 26). Les saignées, les révulsifs 'Valent été largement employés , ils avaient échoué et il n'y avait plus moyen J y revenir. Cependant le délire , la petitesse du pouls , l'anxiété , l'affaissement
général annonçaient un danger prochain. Alors ce praticien administrait le musc dont il donnait 2't grains en six doses , ce qui faisait disparaître la complication ataxique et donnait à la phlegmasie le temps de se résoudre. Il est vrai que M. Chomel a, depuis , employé cette médication sans succès ( Lancette française, t. ii , 397 ); mais cela ne prouve nullement que M. Récamier n'ait pas réussi et qu'en l'imitant on ne pourrait plus réussir.
Comme tous les autres antispasmodiques , le musc a fréquemment guéri ou calmé des affections nerveuses non fébriles : il a quelquefois apaisé des accidens hystériques ( Louyer Villeraïay , A/ti/ar/. nerf., p. 178). Pringle rapporte un cas d'hystérie compliquée d'asthme , qui a disparu par l'action de ce moyen. Forestus a fait cesser un paroxysme hystérique en faisant frictionner la vulve avec un liniraent composé d'Iuiile de lis, de musc et de safran. Quelques guérisons d'hypocondrie ont eu lieu par l'influence du musc. (Louyer 'Villermay , p. 657 ). Baumes a guéri une siernalgie rebelle , à l'aide de ce médicament. ( Annal, de la société de méd. prat. àa Montpellier , t. xiî ). Petit l a employé dans la chorée (Bouteille , Traité de la chorée p. 55). Kufnerus l'a recommandé dans l'épilepsie dos enfans ; Wall , Haller, Hannes, Vauswieteii, CidSen, Tissot, etc., dans celle des adultes. Les médecins indiens le prescrivent , au rapport d'Ainslie , contre le tétanos. Zanetti, Cliapp, Huck ,etc., ont rapporté des exemples de son elhcacité contre cette affection. Cullen pense qu'il conviendrait , dans ce cas , de le donner à très-haute dose ; il pense aussi qu'on pourrait le trouver actif dans l'asthme. Ce médicament paraît avoir été quelfjuefois utile dans des névralgies ; Galeazzi rapporte , dans les mémoires de l'Institut de Bologne, un exemple de gastralgie guérie par ce remède. On l'a encore recommandé dans l'hydrophobie , la coqueluche , et d.insune foule d'affections réputées nerveuses ou spasmoiliques. Le haut prix de ce médicament, les falsifications que la cupidité des marchands lui fait subir, ont été un obstacle fréquent à son emploi et à ses succès. On n en fait généralement usage qu'après avoir administré d'autres médicamens; et ce n'est, le plus souvent, qu a des doses insuffisantes qu'on le prescrit.
On donne ordinairement ce médicament en pilules de 6 à 24 grains par jour. Il pourrait être porté à des doses beaucoup plus fortes. On en fait une teinture soit alcoolique, soit éthérée , dont on donne de 12 à 24 gouttes et plus. On a aussi préparé , avec le musc , une eau distillée que l'on donne par onces , mais qui est tiès-pcu usitée. Il entre souvent dans des potions , des juleps et des lavemens. On le donne , enfin, quehjuefois en poudre , mélangé avec du sucre ou d'autres intermèdes pulvérulens. Leop. Deslandes.
MUSCLES (Lésions des muscles et de la mjotilitc ). Les muscles, organes actifs des mouvemens, sont des parties fasciculées , dont la Jibrine fuit la base , et qui seules possèdent la conZracfi'/i^e ou myotilité , c'est-à-dire la faculté de se raccourcir ou de se contracter sous l'influence d'un stimulant.
La distinction des muscles en muscles de la vie de relation , lesquels sont habituellement soumis à la volonté et en muscles de la vie nutritive qui y sont constamment soustraits , n'est pas moins fondée sous le point de vue pathologique que sous le point de vue physiologique et anatomique.
l^e volume énorme du système musculaire (jui l'emporte peut-être en poids et en masse sur tous les autres appareils réunis ; la grande quantité de nerfs qu'il reçoit , de vaisseaux artériels qui y pénètrent, de veines qui en émanent , attestent assez l'importance que doit exercer ce système sur toute l'économie. Cette importance est telle que les anciens ont consacré par le nom de tempérament athlétique la prédominance du système musculaire, et que nous pourrions caractériser par celui de ïemyse'rame/îi /ie;veuj: , l'infériorité relative du même système.
Aucun système d'organes ( et c'est 1» un des traits les plus remarquables de leur histoire ) ne présente autant de différences que le système musculaire , sous le rapport de la m.isse et tlu volume, non-seulement chez les divers individus , mais encore chez le même individu dans des circonstances différentes; comparez les muscles d'un athlète et ceux d'un homme de cabinet , le muscle grand fessier d'un individu plein de vigueur , et le muscle grand fessier d'un individu dans le marasme. Nous verrons plus tard combien est grande la puissance d'action que peut exercer le médecin sur l'économie tout entière, en influant par l'exercice sur le développement, soit du système musculaire considéré dans son ensemble, soit de tel ou tel département de ce système.
Les lésions dont les muscles sont susceptibles peuvent être rapportées à des lésions physiques , à des lésions de texture et a des Itsions de myotilité. Je commence par les lésions de myotilité.
A. Lésions de mjolilité. Les muscles ayant pour propriété essentielie la myotilité , le principal rôle qu'ils jouent dans les maladies est relatif aux lésions de cette propriété. Afin de pouvoir bien apprécier ces lésions, il est nécessaire d'entrer dans quelques détails sur les conditions physiologi(iues nécessaires pour l'exercice tle la myotilité.
Pour qu'un muscle puisse se contracter dans l'état naturel , il faut , indépendamment de l'intégrité du muscle , deux conditions : l" la communication libre de ce muscle avec le centre de la circulation ; l" sa communication libre avec le centre de l'innervation.
]o Liez l'artère principale d'un membre, aussitôt engourdissement porté jusqu'à l'insensibilité et bientôt jusqu'à la mort , si la circulation n'est pas rétablie par les collatérales. Cette expérience est on ne peut plus probante lorsqu'à l'exemple de Sténon on lie l'aorte abdominale. Le train postérieur de l'animal est à l'instant paraly'sé. D'un autre coté , si on intercepte la ciix;ulaticn veineuse , il y a engourdissement , paralysie , asphyxie locale.
2» Coupez les nerfs qui se rendent à un muscle , il est immédiatement frappé
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(le paralysie , coupez la moelle épinière , et aussitôt paralysie de tous les muscles qui reçoivent leurs nerfs de la partie de moelle située au-dessous de la section. Irritez la moelle et vous aurez des raouvemens convulsifs dans ces mêmes muscles paralysés.
Le cerveau est le centre des inouvemens volontaires et même des mouvemens involontaires qui ont lieu dans le domaine des nerfs habituellement soumis à la volonté. Toutes les causes qui exaltent ou dépriment l'action cérébrale exaltent ou dépriment la myotilité. Le bœuf frappé à la tête tombe sans mouvement, l'épanchement apoplectique détermine la paralysie de tous les muscles dont les nerfs sont en rapport avec la partie du cerveau qui est le siège de Tépanchement. Les inflammations du cerveau et de ses membranes déterminent un délire furieux et des mouvemens convulsifs tlans la période d'irritation et la paralysie dans la période de compression.
Je regarde le système musculaire comme le thermomètre de l'état général de l'individu ; la myotilité du cœur nous donne la mesure de la manière d'être des appareils de In vie nutritive; la myotilité du système musculaire général nous donne la mesure de la manière d'être du cerveau. Les lésions et les modifications de la sensibilité peuvent nous induire en erreur; les lésions et les modifications de la myotilité ne nous trompent jamais : ne nous plaignons donc pas que le cerveau soit placé dans une boite osseuse et soustraite à nos moyens directs d'iuvestigation. Il est pour le pathologiste des signes plus positifs encore que ceux qui résultent du toucher , lequel ne nous révèle que les lésions matérielles devenues assez considérables pour être appréciées à l'extérieur : l'état des muscles traduit au-dehors les moindres nuances , si l'on peut s'exprimer ainsi, de l'état du cerveau et de l état général des forces de l'individu.
Stimulus de la myotilité. La volonté est l'excitant le plus habituel des muscles qui reçoivent leurs nerfs du centre cérébro-rachidien. Toute la partie du système musculaire qui communique avec le système des ganglions est affranchie de son empire.
On confond souvent dans le langage médical les mouvemens dirigés par une volonté dépravée avec les mouvemens involontaires, convulsifs. Le maniaque furieux qui tue son voisin ou qui se tue lui-même, le monomaniaque qui montre tant de circonspection et quelquefois tant de sagacité pour l'exécution de ses projets agissent donc volontairement ; mais leurvoîonté est dépravée parce que les organes ne transmettent plus à l'âme que des impressions bizarres, exagérées , dénaturées , en conséquence desquelles l'individu exécute des actions extravagantes. Les mouvemens d'un homme agité par une passion violente sont encore des mouvemens diriges par la volonté. INe disons pas avec Bichat : les passions agissent primitivement sur les viscères, le cœur , le foie , l'estomac , la rate, etc., le viscère afl'ecté réagit sur le cerveau ; celui-ci excité stimule les muscles qui se contractent, en sorte que la volonté est presque nulle dans cette contraction. Cette erreur , échappée au génie de Bichat , a été relevée avec autant de mesure que de talent par Buisson. Il est en effet absurde en physiologie comme en morale de dire que l'homme qui se livre à ses passions agit aussi involontairement que l'animal dont on irrite les nerfs, la moelle ou le cerveau. L'erreur vient de co qu'on a confondu le mouvement signifie impulsion avec l'action qui suppose volonté, coordination des mouvemens; n'est-il pas évident que , dans toutes les passions , l'entraînement est précédé d'une lutte entre l'impulsion instinctive etla volonté et d'une suite d'actes qui prouvent que la volonté a cédé. Il est vrai que l'habitude d'obéir aux passions, de soumettre la volonté à l'impulsion des organes peut être telle qu'il arrive un moment où la volonté est subjuguée el la résistance presque impossible. D'où la nécessité de l'éducation qui soumet les impulsions instinctives aux devoirs.
La volonté n'est pas le seul excitant du cerveau pour la production des mouvemens habituellement volontaires. Le cerveau obéit encore aux impressions qui lui sont transmises par les viscères , et , chose bien remarquable ! les liens qui l'unissent aux viscères sont bien plus intimes dans certaines circonstances que ceux qui l'unissent à la volonté ; en vain la volonté lutterait contre la contraction des muscles inspirateurs et expirateurs , il faut que la respiration s'accomplisse. Voyez encore la femme en travail: elle voudrait inutilement retenir ou provoquer les douleurs de l'enfantement et les contractions des muscles abdominaux qui les suivent. Le vomissement, le hoquet sont tout aussi involontaires que les mouvemens qu'exécute l'animal dont un expérimentateur irrite le cerveau ou la moelle. Cet épileptique sent venir son attaque , il a quelquefois le temps de se jeter sur son lit , d'appeler du secours , mais l'impulsion viscérale une fois donnée, les mouvemens convulsifs les plus violens annoncent assez que la volonté ne peut rien en présence de la cause inconnue des attaques épileptiqucs.
Les maladies viscérales nous offrent tous les jours la ])reuve de cette vérité , que les muscles sont soumis aux viscères bien plus encore qu'à la volonté , et les mouvemens convulsifs qu'on observe dans les maladies ont souvent leur point de départ bien loin du cerveau.
Il y a une sorte de lutte cuire la volonté et les impulsions viscérales sous le rapport de la contraction musculaire : une volonté forte , en se concentrant suiles muscles, qui sont habituellement de son domaine, pourra donc (pielquefois les arracher h l empire des viscères, pourvu toutefois que ceux-ci ne réclament pas impcrieusen.cnt la contraction. J ai fait de nombreuses applications de cette vente dans ma pratique : ainsi il m arrive lous les jours de supprimer immédiatement une attaque dite d hystérie en faisant avaler de force quelques gorgées de liquide; il n'est pas rare devoir les mouvemens convulsifs céder, et la connaissance revenir au pr<-n:icr mouvement de déglutition. Je crois avoir
obtenu par la mise en pratique du même principe la guérison d'un individu affecté de tétanos par suite de l'arrachement de la phalange unguéaledu pouce. 1 Les moyens les plus énergiques avaient échoué; les muscles de la respiration étaient envahis , et toutes les cinq minutes survenait un spasme de ces muscles î qui menaçait le malade d'asphyxie. Son corps était inondé de sueur, le pouls | petit et extrêmement fréquent ; la mort me paraissait imminente. Bien persuadé i que dans le tétanos la mort arrive par asphyxie , je me demandai s'il n'y aurait | pas possibilité de substituer une contraction volontaire piesque permanente des | muscles de la respiration à la contraction spasmodique de ces mêmes muscles, j contraction qui, prolongée quelques secondes de plus dans une crise, pouvait j amener la mort. Je remontai le courage du malade, je lui persuadai qu'il serait j débarrassé de ce qu'il appelait son sanglot, s'il parvenait à faire de profondes j inspirations suivies de fortes expirations; et, pour l'aider dans ce pénible exer- i cice, je me plaçai devant lui et je battis la mesuye à deux temps qui lui servait i de régulateur pour la succession et l'étendue des mouvemens d'inspiration et i d'expiration. Au bout d'une heure de ce pénible exercice, pendant lequel au- i cun spasme respirateur ne se manifesta , ses yeux se fermèrent , il reposa pendant une heure. Les parens du malade devaient au réveil recommencer à battre la mesure, en le forçant ainsi à soumettre la respiration à un rhythme régulier, ce qui fut fait pendant vingt-quatre heures. On ne suspendaif que lorsque le malade, accablé de fatigue, priait de le laisser reposer. Il guérit parfaitement.
Cette observation a suggéré à mon ami , M. le docteur Lamarre, médecin de l la maison des Loges , à Saint-Germain, l'idée d'appliquer les mêmes principes | au traitement d'une maladie que caractérise essentiellement cette lutte entre les (i mouvemens volontaires et les mouvemens involontaires , la choréc. Le jeu delai| corde est le genre d'exercice c[ui lui a paru le plus convenable. Un succès ra-tl pide a pleinement justifié ses espérances. 1
Le cerveau est-il l'intermédiaire nécessaire entre les viscères et les muscles?. -, les viscères ne peuvent-ils pas agir directement sur les muscles avec lesquels ils J| sont en rapport? Les mouveinens qu'exécutent dans l'utérus les fœtus sans cerveau et sans moelle, la simultanéité de contraction de l'utérus el des parois ab» !j dominales, la simultanéité d'action des poumons et des parois IhoraciqueSj kl, circonstance analomique que les ganglions du grand sym])athique , sont à-la- jj fois en rapport avec les parois et avec les viscères, tels senties motifs qui rendent s: cette association directe d'action extrêmement probable. !
Il résulte de ce qui précède que les muscles de la vie de relation se contrac- i tent : 1° sous l'empire de la volonté; 2° involontairement, tantôt sous l in- .j fluence d'irritations directes ctercées sur le cerveau, la moelle ou les nerfs, j tantôt sous l'influence de l'action viscérale; et il n'est pas certain que, dans les mouvemens déterminés par les \iscères , le cerveau et la moelle soient l'inter- ■ médiaire nécessaire entre les muscles et les viscères. Ajoutons qu'une irritation» directe exercée sur un muscle peut déterminer sa contraction. Le tissu musculaire a en lui une faculté de se contracter qui lui est propre , et qui est indépen- | dantdu système nerveux , d'après Haller et Bichat. 11 est irritable, dit Halier : il jouit, dit Bichat, de la contracliiité organique sensible. Il me semble que | toutes les discussions qui ont régné et qui régnent encore à ce sujet sont des .j questions de mots.
Il n'existe pas deux modej de contraction , il n'existe donc pas deux modes de i contractilité musculaire comme le voulait Bichat. La seule différence réside i dans le stimulant. Contraction volontaire et contraction par le cerveau, ne ij sont pas deux mots syjionymes ; et c'est là l'erreur de Bichat. Le muscle est seul ; irritable, comme le voulait Haller. L'action nerveuse est le stimulant uéces- |.i saire, exclusif pour les contractions volontaires, ainsi que pour les contractions i' involontaires. Le vis insila est subordonné au vis nervea pour le cœur, pour les j intestins, comme pour les muscles, qui sont le plus habituellement sous l'ern- > pire de la volonté. Sans doute un muscle arraché d'un animal vivant se con- I tracte encore sous 1 influence d'un stimulant; mais en arrachant le muscle, j vous arrachez les nerfs ; et comme l'action nerveuse diminue et s'éteint, parce \ c[u'el!e n'est pas entretenue, l'action musculaire diminue dans la même proportion , et finit par cesser complètement.
Ces piélimiuaires étant établis, il est facile de comprendre que la plupart des lésions dans la myotilité ne révèlent pas des lésions dans les muscles euxmêmes , mais qu'elles sont l'expression de lésions dans le système nerveux || (nerfs, moelle, cerveau) ; ainsi le sentiment de lassitude et les douleurs muscu- i laires qu'on observe au début de toutes les maladies graves , l'espèce de ter- ■ peur, 1 immobilité , une supination qui s'emparent de tout le système muscu- ( laire, au point que les membres soulevés tombent comme une masse inerte | ^ (maladies avec forme adynamique), ou bien les inouvemens convulsifs, les soubresauts dans les tendons ( maladies avec forme ataxique), ne sont autre \ chose que la manifestation de l'état du système nerveux.
Les paralysies musculaires annoncent ou la lésion d'un nerf, lorsque cette ( paralysie est limitée à la sphère de distribution d'un nerf, ou la lésion de la moelle, lorsqu'elle se manifeste sous la forme paraplégicpie , ou la lésion du | cerveau , lorsqu'elle se manifeste sous la forme hémiplégique. '
Le tremblement du vieillard J le tremblement métallique ^ le tremblement al' \ coolique , la chorée, toutes lésions de myotilité, si remarquables par la lutte | (jui existe entre les conlraulioiis imprimées par la volonté et les contractions I imprimées par la cause morbide , le tétanos que caractérise une contraction ', |)ermanente avec paroxysme des muscles de tout le système, la catalepsie , les | contractions hystériques, èpileptiques , les crampes cholériques el autres , sont 1 auiantde lésions musculaires dont le point de départ est dans l'arbre nerveux. i
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Lésions de la sensibilité dans les muscles. Les muscles insensibles aux sections, iiiix décliii'ures par insirumens piquans , ti anchans et contondans, ont une sensibilité, qui est en rapport avec leurs fonctions, et deviennent douloureux par la contraction répétée ; d'où le sentiment de lassitude.
C'est par ce même sentiment de lassitude que le système musculaire répond iyrapathiqueraent à raflfection des autres systèmes.
NévrnLi^ies musculaires. Les muscles sont sujets à des névralgies généralement lésignées sous le nom de douleurs rhumatismales, on pourrait les appeler /??ja/ji'es. Leur siège est probablement dans les nerfs musculaires.
B. Lésions physiques des muscles. Les muscles sont exposés à toutes les lé- ;ions physiques que peuvent produire les insirumens piquans , tranchans , conoudans.
Ruptures. Ils sont susceptibles de rf//^<!trej. Doit - on rapporter à la rupture le quelques fibres musculaires, la douleur lombaire, \e lumbago i\m survient i fréquemment à la suite de la contraction des muscles longs du dos, faite lans une fausse position. Jai vu une femme qui a éprouvé pendant plus d'un nois des douleurs extrêmement vives dans le grand pectoral , à la suite d'ime :ontraction forcée de ce muscle , pendant laquelle elle éprouva la sensation l'un déchirement. Je suis porté à croire que la douleur si aiguë, si rebelle qu'on apporte à la rupture du tendon du plantaiie grêle, est due h la rupture de juelques fibres musculaires.
Rupture spontanée des muscles. La rupture spontanée des muscles s'observe ouvent dans le cœur chez les individus avancés en âge. Plusieurs faits m'auto- •isent à penser que cette rupture, qui se concilie f[uelquefois avec une hyperropliie de cet organe, est le plus souvent le résultat de saj'ragdité Dans deux as soumis récemment à mon observation , le tissu du cœur se morcelait ou s'é- •rasail entre les doigts par la pri'ssion la plus légère. La rupture spontanée du 'oeur est une des causes les ]dus fréquentes de mort subite à 1 hospice de la îalpétrière.
Doit-on rapporter à une fragilité insolite, ou bien à une apoplexie muscuaire, ia rupture spontanée des muscles droits? La rupture est quelijuefois •oint-e il la partie inférieure de ces muscles. Dans un cas soumis à mon obser- ,'ation , il ne restait des muscles droits que la partie qui répond au thorax ; lans tout le reste de la longueur, ils étaient remplacés par des caillots de sang jui distendaient leur gaine aponévroliquc.
Du icste, les muscles divisés se réunissent au moyeu d'une cicatrice fibreuse, 1 la formation de laquelle le tissu musculaire est complètement étranger, et jui se fait;aux dépens du tissu cellulaire qui entre dans la composition de ces nuscles.
Lésion de textures , hypeilrnphics et atrophies. Aucun système d'organes l'est plus exposé que le tissu musculaire à l'hypertrophie et à l'atrophie. L'exerice ou la répétition des contractions , voilà la caiïsc de l'hypertrophie ; le re- )0S ou la diminution des coiitraclions , voilà la cause de l atrophie. Ainsi les )assions violentes , les courses rapides , un obstacle mécanique à !a circulation , ouïes causes qui doublent, triplent, quadruplent les battemens du cœur, sont es causes" de I hypertrophie de cet organe. Une inflammation du col de la veslie , inflammation qui s'accompagne de conlraotions toiles répétées de cet irgane , voilà la cause de I hypertrophie de la vessie ; un obstacle au pylore, ^oiià la cause de 1 hypertrophie de l'estomac. Plusieurs faits m'autorisent à adnettre qu'un petit nombre de jours suffit quelquefois pour la production de :elte hypertrophie soit pour la vessie , soit pour le cœur. Une autre cause de "hypertrophie du système musculaire ( et cela s'applique surtout au système nusculaire de la vie nutritive), c'est une fluxion, une irritation vive fixée sur 'organe ou à son voisinage. Telle est la présence du fœtus ou d'un polype pour 'utérus; tels sont les catarrhes, ou inflammation chroniques pour la vessie , 'estomac , les intestins.
L'exercice étant , en quelque sorte , le grand modifiialeur du système muscuaire, on conçoit quel parti l'art peut tirer de cette donnée, pour le traitement ^'un grand nombre de maladies , surtout si l'on considère qu'au système musulaire , aboutit le plus grand nombre des nerfs, et que la moitié, les deux iers , peut-être , du sang circulant dans l'économie , leur est destiné. Ainsi, 'est par l'exercice qu'on lutte avec le plus d'efficacité contre les maladies diles lerveuses , en portant dans le système musculaire un influx nerveux et un sang [ui se dirigeaient d'une manière funeste sur les organes intérieurs : bien plus , m peut, par l'exercice d'une parlie du système musculaire, contrebalancer, utter avanlagcusement contre l'hypertiophie d'un auire département de ce .ystème. Je n'ai pas trouvé de meilleur moyen pour combattre I hypertroï)hie de cœur que des promenades à pus très -lents, faites presque toute la journée.
I L'amaigrissement et la décoloration des muscles constituent le premier degré [le l'atrophie musculaire, dont la transformation cellulaire, et .surtout la transformation graisseuse sont le dernier terme.
Fragilité, ramollissement des muscles. Non-seulement les muscles deviennent fragiles , tellement que leur rupture peut avoir lieu par le seul fait d une con- :raction un peu violente ; mais encore ils peuvent se ramollir à tel point, que, levenus flasques et presque sans cohérence , ils se laissent pénétrer avec les .loigts et déchirer par un mécanisme tout différent de celui par lequel ils se ompent dans le cas de fragilité.
.Apoplexie musculaire. J'ai cru devoir désigner sous ce nom, la déchirure ipontanée des muscles, avec épancheracnt de sang.
Dans le scorbut , parvenu à un haut degré, la fibre musculaire devient tellenent fragile , que la moindre contraction musculaire, la moindre pression, DiCT. DE Médecine et de Chirurgie pratiques.
déterminent des foyers sanguins : ayant voulu faire marcher un mallicureux scorbutique qui restait immobile au lit depuis plus d'un mois , et qui manifestait l'antipathie la jdus grande pour toutes sortes de mouveraens, je fus étrangement surpris de trouver, le lendemain, les mollets extrêmement volumineux et durs ; il y avait eu déchirure des muscles jumeaux et collection sanguine dans leur épaisseur.
Il est un scorbut aigu qui attaque les individus i)lacés dans les conditions les moins favorables au développement du scorbut, et qui a pour résultat la déchirure des muscles , avec foyers sanguins. Il est probable que, dans les deux espèces de scorbut, il y a a!téri.tion de la fibrine du sang.
Ayant injecté des corps irritans dans les veines des membres inférieurs de plusieurs animaux, j'ai trouvé des foyers sanguins plus ou moins considérables au milieu des muscles déchirés. •
Pendant mon séjour à la Maternité , j'ai vu plusieurs enfans mort-nés qui ofi'raient des taches scorbutiques , non-seulement à la peau , mais encore dans l'épaisseur des muscles , et ces points rouges contrastaient avec la pâleur des muscles , à cet âge de la vie. La masseter et le crotaphyle présentaient les taches les plus multipliées.
Les muscles sont susceptibles d' infiltration séreuse ; ce qui n'étonnera pas , si l'on considère la grande quantité de tissu cellulaire séreux qui les pénètre. Cette infiltration se joint toujours à l'atrophie des muscles.
Inflammation. L'inflammation des muscles porte le nom de ihumatisme musculaire inflammatoire àont le siège parait être le tissu cellulaire séreux, qui entre en si grande abondance dans la structure des muscles. Si l'on considère , en efî'et , dans quelles conditions surviennent les rhumatismes musculaires, on verra qu'ils sont presque toujours la suite d"une suppression de transpiration au moment où l'excitation de la marche vient de détei'miner dans le tissu cellulaire qui unit entre eux les faisceaux musculaires des froltemcns et conséquemment une augmentation d'exhalation. 11 ne sera pas hors de propos de rappeler ici que chaque faisceau , fjue chaque fibre musculaire a son atmosphère cellulaire ou séreuse, dans laquelle s'opère une exhalation et une absorption d'autant plus actives , que les froltemens qu'exercent ces faisceaux et ces fibres les uns sur les autres, sont ])lus considérables : or, on conçoit que le froid humide surprenant ces petites membranes séreuses dans l'état de sur-activité où elles ont été élevées par l'exercice , c'est sur elles cjue devront se porter, chez les sujets prédisposés , les effets de la suppression de transpiration^ de même qu'ils se portent si fréquemment sur les synoviales tendineuses et articulaires. D après cette étiologie, on conçoit la mobilité des afTections rhumatismales , les connexions cjui existent entre les phlcgmasies de la plèvre, du péritoine, de I arachnoïde, du tissu cellulaire iiitra-organique de tous les organes et les phlcgmasies des muscles et des articulations.
Au reste, il existe entre l'inflammation ou le rhumatisme inflammatoire des muscles , et la douleur rhumatismale musculaire , la môme différence qu'entre l'inflammation et la névralgie. La première réside dans le tissu cellulaire des muscles et a pour résultat leur infiltration purulente ; la seconde ne laisse après elle aucune trace et a pour siège les nerfs des muscles. I \! injlamjnation ou rhumaiinna musculaire qui survient chez les femmes en couches, mérite d'êlre distinguée de l'iafl.mimation ou rhumatisme qui survient dans d'autres conditions, à raison de la gravité et delà rapidité avec laquelle il passe à l'état de suppuration : on peut l'appeler rhumatisme puerpéral.
Phlébite musculaire. On trouve quelquefois chez les individus morts à la suite des plaies et des grandes opérations chirurgicales un très-grand nombre île |)etits abcès dans les muscles. Ces petits abcès ne sont autre chose qu'une phlé- 1 l)ite; il m''a été donné de suivre tous les degrés de la formation de ces abcès, ! depuis le moment où le sang concrété dans les petites veines, forme un foyer i sanguin, jusqu'à celui où disteniiues par le pus, ces veines sont usées, perfoj rées , détruites, si bien qu'il serait impossible de déterminer si le pus a été formé primitivement dans les veines. J'ai fait représenter (Anat. palh. , avec j figure) un delto'ide qui offre tous les degiés île la phlébite musculaire. Chez le même malade, de semblables foyers purulens multipliés existaient dans I épaisseur des muscles de l'avant-bras : l'individu qui l'ait le sujet do celte observa- I tion avait eu le bras du même côté traversé par une balle. Les grosses veines I du bras et de l'avant-bras étaient remplies de pus , et l'inflammation s'était I propagée des grosses aux petites veines.
Transformation cellulaire et graisseuse des muscles. Los muscles atropines se convertissent en tissu cellulaire; la transformation graisseuse des muscles est des plus fréquentes et des plus remarquables. On l'observe quelquefois au cœur, dont la couche musculaire la plus profonde , c'est-à-dire la couche ré(iculée , résiste seule à la transformation. On l'observe bien plus souvent encore dans les muscles do la vie de relation. Les muscles jumeaux et soléaires , les muscles des gouttières vertébrales sont les plus exposés à cette transformation , que j'ai vue occuper tous les muscles du membre abdominal. Dans les cas île pied-bot tous les muscles de la jambe sont graisseux. On peut suivre tous les degrés de la transformation graisseuse, depuis le moment où la fibre musculaire pâlit jusqu'à celui où elle est complètement envahie par la graisse. La transformation graisseuse du tisoU musculaire se fait d'une manière régulière : I les muscles graisseux restent distincts les uns des autres avec leur forme et souvent avec leur volume normal , leurs tendons , et les aponévroses d'insertion ou de contention restant tout à-l'ait étrangers à celte altération, leur délimitation est aussi facile que dans l'état naturel. On a dit cjue les fibres musculaires ne disparaissent jamais complètement, mais sont seulement masquées
MYELITE.
MYIODEOPSIE.
client plus Icnlement , et peuvent déjouer, en quelque sorte, le diagnostic d'un | observ;ileur peu exercé.
2" Srmplôines sympathiques ou de réaction. Lorsque la myélite n'est pas très étendue , et qu'elle n"est pas compliquée de méningite , il est bien rare qu'elle excite un notable mouvement fébrile. 11 en serait autrement , si la moelle était enflammée dans toute son étendue , ce qui n'a^uère lieu , comme nous l'avons déjà fait remarquer , sans que les méninges rachiilieiines ne soient enflammées elles-mêmes. Alors en effet, une fièvre très vive pourrait s'allumer, comme il arrive souvent dans le tétanos , maladie qui parait réellement consiitucr une des formes de la méningo-myélite. Ce n'est donc qu'à certaines esjièces de myéliteaiguë, qu'il convient d'appliquer ce passage del'ouvragede iM.Ûllivier: <. dans la période d'acuité , le pouls est ordinairement fréquent, développé , » irrégulier, tumultueux; en un mol, appai eil fébrile offrant quelquefois des » paroxysmes , la respiration est gênée et héijuenie. « (I. ii , p , 7Uô. )
§ III. Des causes de la myélite. Il faut placer au jnemier rang des causes de la myélite, les violences traumatiqucs , les coups - les chuies sur la région du racliis , etc. Il n'est pas très l are non plus de voir une myélite se manifester à la suite d'escarihes , d'ulcérations , siégeant sur le trajet de la coionne vei tébrale. La carie des vertèbres est assez souvent suivie de myéiile, comme on voit une encéplialile se développer à la suite tl'une carie des os du ciàne,(lu rociier, par exemiile , de 1 ellimoide , etc.
La myélite reconnaît aussi pour cause , l'exercice immodéré , et long temps prolongé des puissances musculaires, l'abus des plaisirs vénériens. Reiaiivenient à l'influence des grandes fatigues musculaires , il est bon de noter que les animaux soumis à ce genre d'influence , les chevaux en particulier, sont très sujets h la myélite, et, circonstance fort remarquable, c'est que chez cs^s animaux , les ramoUissemens affectent une sorte de prédileclion pour les renflcmens de la moelle d'où les nerfs des membres tirent leur origine.
Après les causes que nous venons de mentionner , il faut signaler les influences rhumatismales, c'est-à-dire l'action habituelle du froid humide, ou des alternatives fréquentes de chaud et de froid.
Les grandes irritations de parties plus ou moins éloignées de la moelle, comme il arrive dans les vastes plaies , dans de grades inflammations internes, réagissent fortement sur la moelle ; mais si la réaction va jusqu'à l'iiuTamujation, c'est plutôt une méningo-myélite , qu'une myélite pure qui en résulte. On sait cjue certains poisons , tels que la strychnine , la brucine , par exemple, exercent spécialement leur action excitante sur la moelle éj^ininre. L'action ménagée, graduée, de ces agens, administrés comme médicamens, pourrait-elle , à la longue , déterminer la myélite ? Je l'ignore.
On va répétant que le vice scruphtileux , le virus vénérien , peuvent produire la niyéli'e, comme ils produisent une foule d'autres inflammations j mais il est clair que les causes désignées sous ces noms, ne sont que des causes fort éloignées de la myélite , et qu'elles ne favorisent son développement qu'en donnant lieu à diverses afl'eclions des os durachis, et particulièrement à la carie vertébrale, laquelle ainsi qu'il a été dit plus haul ^ est souvent le point de départ d'un ramollissement inflammatoire de la moelle épinière.
5 l'y. Pronostic de la myélite. La gravité de la raj'élife dépend principalement du siège qu'elle afTecte ; ainsi la myélite de la portion supérieure de la moelle est infiniment plus dangereuse que celle de la portion lombaire ; la raison en est simple : c'est que dans le premier cas, les agens des mouveinens respiratoires sont menacés de paralysie , tandis que les membres inférieurs ilans le second cas, sont seuls exposés à cette paralysie. Or, la paralysie de ces dernières parties n'exerce aucune influence directe sur les fonctions e'mineinment vitales, et la paralysie des muscles de la respiration, au contraire, est immédiatement suivie de la mort.
Au reste , une myélite est en soi une maladie toujours grave, en raison de la nature des fonctions auxquelles ])iéside la moelle, et de la paralysie du sentiment et du mouvement qui peut en être la suite. Il importe donc de ne rien négliger pour guérir une myélite , avant qu'elle n'ait entraîné une désorganisation funeste dans la portion de la moelle qu'elle occupe.
§ V. Traitemekt de la myélite. liC traitement de la myélite ne différant point essentiellement de celui de l'encéphalite , nous nous bornerons ici à en poser les principales bases.
Au premier rang des moyens qu'il convient d'opposer à la myélite, comme à toute autre inflammation , se trouvent les émisbioiis sanguines , générales et locales. Les saignées générales conviennent surtout dans les cas où l'inflammation de la moelle est fort étendue , et que le sujet est vigoureux et sanguin. Les saignées locales, soit par les sangsues, soit jjar l'ajjplication des ventouses scarifiées , devront être répétées un plus ou moins grand nombre de fois, et pratiquées dans la région la plus voisine du foj'er de l'inflammation. On secondera l'action des émissions sanguines par l'emploi des bains chauds , des cataplasmes ou des fomentations appliquées sur la colonne vertébrale. Les malades seront mis à l'usage des boissons adoucissantes et tenus à une diète absolue jiendaut les premiers jours. Chez les sujets très irritables , et dans les cas où la myélite est accompagnée de très vives douleurs , on pourra combiner avantageusement les opiacés avec les moyens ci-dessus indiqués.
On insistera sur ce traitement énergique tant que |iersisteronl les phénomènes spasmodiques ; ou, ce qui est la même chose, jusqu'à ce que la période d'irritation de la myélite ail cessé.
Lorsque la détente s'est opérée, on s'en tient aux bains , aux émolliens , aux boissons rafraîchissantes, au repos.
La résolution complète de l'inflammation est une terminai.'-on sur UuiucUe on
lai
a droit de compter, lorsqu'on a convenablement rempli les indications que pré sente la période d'irritation de la myélite.
Que si, en raison d'un traitement mal dirigé ou par toute autre circonstance la myélite passe de l'état aigu à l'état chronique , il faut èlre plus avare de; moyens précités, sans toutefois y renoncer entièrement. Plus tard, arrive It tour de la médication , dite révulsive. Les vésicatoires , les mosas , les cautère: sur la région rachidienne devront être employés. Le repos et un régime sévère; sont de rigueur, même dans la forme de myélite qui nous occupe. Les opiacés! sont particulièrement indiqués dans celte forme.
Tous les moyens que nous venons de passer en revue ont-ils échoué, et uiu paralysie plus ou moins complète soit du sentiment ou du mouvement seule ment , soit du mouvement et du sentiment à-!a-fois, exisle-t-elle dans les membres ou le tronc ? il ne reste plus d'autre ressource que dans les e.tcitans, les douches, le Uniment volatil , la pommade stibiée , etc., sur la région rachidienne ; la noix vomique ou la strychnine, le galvanisme seront employés soit à-la-fois , soit successivement. Mais que peuvent tous ces excitaus , si la paralysie est le résullat d'une complète désorganisation d'une portion plus ou moins étendue delà moelle, ou dune compression de cet organe, par quelque tumeur accidentellement développée à la suite de la myélite ? Dans les cas de ce dernier genre , la lésorptiou de la tumeur, parles efforts médicateurs de la nature, peut seule faire disparaître la ))aralysie; car, malheureusement , les opérations chii urgicales ne sont pas applicables au traitement de tumeurs ou toute autre production siégeant dans un organe aussi profondément jilacé, aussi important , et aussi délicat que la moelle, supposé qu'on pût d'ailleurs déterminer rigoureusement le siège précis de la lésion.
Si le rectum et la vessie sont jiaralysés, on aura soin de vider ces réscrvoifs par les moyens connus. [Voyez Cathétérisme.) (J. Bouillald.)
P.IYOCEPHALON. s. m. Myocéphalon , de /"-uia mouche et yListikii tète. Nom par lequel on a désigné le stajihylônie de l'iris dont le volume égale celui d'uiie r tèic de mouche. { Voy. Hernie de l'iris.) "
MYIODEOPSIE j s. f. Myiodeopsia , At: /jm-u, mouche; et , œil. On a donné ce nom à une affection dans laquelles les malades voient des corps voltigeaus interposés entre l'œil et les objets qu'ils regardent, '
Ces corps ont des formes diverses et très-variées. Tantôt ce sont des espèc€Si l
d'anneaux, de flocons de taches irrégulières , ayant une queue ondulée ; tantôl^ |^
ce sont des stries serpentées, pleines ou parsemées d anneaux Iransparensf^ ^
d'autres fois ce sont des filamens entrecroisés et formant un réseau à mailler , . , I
plus ou moins serrées. 'j ,
Leur couleur et leur épaisseur varient comme leur forme. Ils sont raremnnl^ i^^j noirs et complètement opaques; le ))lus souvent ils sont demi - transparens , noiiâlres ou grisâtres. On les voit plus distinctement par uu temps clair, c h^J ijuand on projette la vue sur un fond blanc , que dans toute autre circonstance aussi dis]>araissent-ils le plus souvent au moment du crépuscule.
Ils existent quelquefois en très-grande (juantité, mais ordinairement deuxoi trois plus appareils que les autres attirent toute l'attention du malade.
Ils présentent cela de particulier qu'ils sont mobiles, c'est-à-dire (pi'ils pa raisseiit en quelque sorte lancés par l'œil , lorsqu'il fait quelque mouvement^ brusque dans un sens ou dans un autre. C'est ainsi que, quand le malade \htc^ vivement les yeux et les tient fî.\cs sur un objet quelconque , il voit ces corpJj d'abord lancés en haut , redescendre ensuite comme entraînés jyar faction de fc pesanteur.
Lorsque ce sont des filamens entrecroisés en forme de treillage, les maillesi de celui-ci s'allongent dans un sens et s'ctrécissent dans l'autre pendant Isii mouvemens du globe oculaire.
La myioiléopsie est une maladie fort commune, qui affecte ordinairement lei; deux yeux en même temps , sans que pour cela la forme des mouches ou des images perçues soit la même dans les deux organes.
C'est ordinairement après un travail assidu , fatigant pour la vue, et par Ui; temps clair, que le malade s'en aperçoit pour la première fois. Au reste , on n( sait pas précisément en quoi consiste l'altération organique qui les constitue,; Les uns les ont attribués à des particules opaques qui nageraient dans l'humeuii aqueuse, dans celle île Morgagni , ou dans le corps vitré , etc. ; d'autres en OBl! fait des enlozoaires; d'autres les attribuent aux globules du sang circulant aai devant de la rétine, dans les vaisseaux de celte partie, etc. De toutes ces sup'i positions , la première est celle qui nous parait le plus raisonnable.
Cette maladie, bien que gênante, ne diminue en rien la bonté de la vue. c'est-à-dire que les inala<les qui en sont affectés sont tout aussi propres qu'auparavant aux travaux les plus minutieux, et cjui exigent la vue la mieux acérée; La plupart même finissent par s'y habituer et par ne les plus apercevoir qm dans des circonstances fortuites, ou quand on leur en parie.
Elle ne présente donc aucune espèce de gravité, mais pour porter un jugement aussi avanlagiuix , il faut bien s'attacher à disi iuguer les filamens ou mou ( lies voltigeantes des taches qui annoncent le commencement d'une cataracte Oi d'une amaurose, et qui sont toujours fixes, c'est-à-dire dans le même rappor avec l'axe des rayons visuels , et aussi desbiuetles lumineuses qui, outre leu< éclat , sont agitées de mouvemens indèpendans de ceux du globe oculaire e presque toujours accompagnées de douleur à l'œil, de vertiges ou de céphalalgie , indiquant une inflaiismalion de la rétine ou même nue affection cérébrale
Toutefois celle maladie, inconnue dans son essence, est très difficile à gué rir. On conseille pourtant de soui^traire les yeux à la fatigue des veilles e t UCf travaux à lumière arlilicielle , et de combattre par des saignées du pied, pa des sangsues deriièrc les oreilles, par des pédiluves irrilans, par l'usage dei
(il fil