‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 151 sur 311 · L . J. Sakson · texte numérisé non relu

L . J. Sakson

MYOPIE, s. f. Myopia, iusciosilas, de je forme, ui/-, œil. On appelle ains' et état de Torgane de la vision qui exige que, pour être vus distinctement, ;s objets d'un petit volume soient placés à une distance de moins de quinze Quces du globe oculaire.

Ce vice reconnaît ordinairement pour cause immédiate une force réfringente j-op considérable des milieux transparens de l'œil, d'où résulte que les rayons imineux émanés des objets placés à la distance ordinaire se trouvant rassemlés trop en avant de la rétine, ne viennent frapper cette membrane qu'après ^oir divergé de nouveau , et ne produisent qu'une image confuse. 11 résulte licore de ce vice d'organisation , que les malades sont dans la nécessité de pprocherles objets de leur œil , d'autant plus qu'ils sont plus myopes, parce le, au moyen de cet artifice, ils ne laissent arriver à l'œil que des rayons très vergens , que cet organe a plus de peine à réfracter et qu'il ne parvient à !unir que plus eu arrière en un point.

C'est ordinairement une anomalie de structure qui donne à l'œil cet excès de rce réfringente. Dans quelques cas, elle dépend d'une trop grande convexité e la cornée ou du cristallin , d'un amas de l'humeur aqueuse dans la chambre ntérieure, d'une buplithalmie : quelquefois c'est un excès de densité de ces êmes parties , ou bien , surtout chez les enfans , une sécrétion trop active ; l'humeur aqueuse ; dans quelques cas enfin , c'est un allongement parlicu- T du globe oculaire que l'on attribue, lorsqu'il se développe dans le jeune ;c , à la mauvaise habitude de présenter aux enfans les objets trop près de urs yeux. On l'a vue aussi se développer à la suite d'une mydriase. Souvent

myopie est acquise et dépend uniquement de la congestion habituellement )pelée vers les yeux par les travaux elles veilles opiniâtres, surtout si ces avauxsont exécutés à une lumière trop faible , s'ils ont pour objets des corps un petit volume , et s'ils exigent que la tête reste penchée en avant pour leur . léculion. Chez quelques malades , la myopie, déterminée par cet ordre de uses , se développe lentement et parclegrés, mais chez d'auti es on la voit irvenir tout-à-coup après une longue exposition à l'action de ces causes. Au ïste, ce qui semble prouver qu'elles sont très-puissantes , c'est que, d'une 3rt , les enfans sont moins fréquemment que les adultes affectés de myopie ,

que , d'autre part , cette maladie est beaucoup plus commune dans les villes le dans les campagnes.

Les syniplômes de la myopie sont des plus évidens : le malade ne peut conlérer les objets que de très-près; il les rapproche de ses yeux quelquefois de auière à les mettre presque en contact avec l'organe , et s'ils sont petits , il : se sert ordinairement que d'un œil pour les regarder; circonstance qui, land elle devient habituelle, peut déterminer le strabisme par un double méinisme, c'est-à-dire eu donnant à l'œil exercé plus de force , et en afï'aiblisnt l'autre par l'inaction à laquelle il est condamné , ils lisent facilement les ;lits caractères et écrivent très fin. Au reste , leur vue perd de sa portée à csure que le jour faiblit ; s'ils regardent un objet un peu éloigné, ils clignent 23 paupières d'une manière particulière. Il est rare, c(uand la maladie est innse ,((u'ils regardent en face la personne à laquelle ils parlent ; presque touurs ils regardent ailleurs ou tiennent les yeux baissés.

Si on examine les yeux, on trouve presque toujours la pupille dilatée , et si maladie dépend d'un vice d'organisation , l'organe est presque toujours illant et fortement convexe. Cependant ces signes objectifs ne sont pas cerius , car l'on voit souvent des personnes qui les présentent douées de la mcil- ■ure vue , tandis que d'autres qui ne les offrenl pas sont myopes à un haut e;^ré.

La myopie étant un cas d'exemption du service' militaire , et beaucoup d'in- ,\idus ayant, par conséquent, un assez grand intérêt à se faire passer pour

|yopes , on conçoit qu'il est très-important de pouvoir reconnaître cette ma ■ die d'une manière certaine. Or , les signes objectifs étant tout-à-fait insufîîsans n\T cela, on se sert de lunettes d'un fort numéro pour éprouver la vue des suis réputés myopes. Est exempté celui qui peut lire à un pied avec les lunettes J 3 , ou à l'œil nu , un livre appliqué contre le nez , ou qui distingue les objets lacés au loin avec une lunette n» 5 1;2. Mais avec de 1 habitude , on peut faci-

|ment , quoique doué d'une bonne vue , sortir victorieux de toutes les preuves.

La myopie tiépendant d'un vice de conformation, est en général incurable; jppendant il arrive quelquefois que les progrès de l'âge amenant par la tiimiption de la densité ou de la quantité des humeurs de l'œil , un aplatissement e cet organe, la vue reprend une portée ordinaire. Elle se rétablit encore quand 1 myopie est l'effet d'une mauvaise habitude. Dans la plupart des autres cas. Ile persiste quand elle n'est pas convenablement traitée.

Traitement. Lorsque la myopie paraît être l'effet d'un afïlux actif, qui se fait ers 1 organe de la vision , il faut combattre la congestion par les moyens approliés et connus : e'est-à-dire les saignées révulsives , les pédiluves , les boissons ^fraîchissantes , les laxatifs , les vésicatoires , etc. Si la maladie est la suite de habitude contractée par le malade de regarder de trop près, et que l'affection e dure pas depuis très-long-temps, il faut , s'il veut guérir, qu'il rompe cette labitude , et qu'il exerce ses yeux à regarder à une distance de plus en plus

jH || DiCr. DE MÉPECtNE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.

considérable. ]\L Demours a re'ussi en fixant la têle du malade et un livre à une certaine distance, et en forçant celui-ci à lire ce livre dont chaque jour il enlevait un feuillet, de manière à augmenter en quelque sorte insensiblement le champ de la vision. L'habitation de la campagne dans un pays découvert , des voyages sur mer , sont très propres à atteindre ce but.

Enfin quand la maladie est ancienne, qu'elle est la suite d'une mydriase incurable ; qu'elle est l'effet d'un vice de conformation, qu'elle a été traitée inutilement , il faut se borner à la pallier par l'usage des vers concaves.

On choisira ceux c[ui permettent de lire facilement et sans fatigue, à la distance de \:) pouces , on aura le soin de ne les garder qu'autant qu'on en aura besoin, pour ne pas détruire l'espoir de voir un jour la vue se rétablir par les progrès de 1 âge, On a pensé à traiter la myopie très prononcée au moyen de l'opération de la cataracte , mais ce moyen dangereux n'a , que nous sachions , jamais été mis en usage. ( L. J. Sanson).

MYOSIS. s. f. Myosis , de //.um , je resserre. La niyosis est le resserrement extrême et permanent de la pupille.

Cette maladie est quelquefois congéniale, mais le plus souvent elle est synaptomatique d'une autre affection. C'est ainsi que la fatigue qui résulte pour la rétine de la contemplation prolongée d'objets très petits et brillans , est souvent accompagnée de myosis; les personnes qui font habituellement usage de loupes, comme les horlogers , sont aussi fréquemment atteintes, par la même raison , de cette espèce de myosis que les oculistes appellent myosis ex consuetudine. Enfin, on a vu des resserreniens permanens de la pupille qui accompagnent les inflammations internes de l'œil , telles que l'iritis, la rctinite , ou qui dépendent d'une adhérence établie entre la circonférence de la pupille et la capsule cristalline.

Dans tous ces cas, la pupille est extrêmement resserrée, immobile, mais régulière et noire.

Les effets de la myosis sont un affaiblissement de la vue dépendant de la gêne que les rayons lumineux éprouvent pour pénétrer au fond de l'œil, et cet affaiblissement augmente le soir. Le malade est héméralope.

De toutes les espèces de myosis , celle qui dépend d'une adhérence de la pupille à la capsule du cristallin est la plus difficile à guérir. Vient ensuite celle qui est l'effet d'une inflammation de la rétine ou de l'iris , et qui est d'autant plus rebelle que les affections d'où elle dépend le sont elles-mêmes. Celle qui offre le plus de résistance est celle qui est due à la fatigue des yeux.

Le traitement varie comme la cause.

11 faut prescrire le repos, l'habitation dans un appartement obscur, l'usage des garde-vue , et celui de verres colorés surmontés ou non d'un tube noir à l'intérieur, et dont la base appuie sur celle de l'orbite , aux individus qui sont affectés de myosis dépendant d'un travail prolongé sur des objets d'un petit volume et brillans , ou de l'usage de la loupe , etc. Il faut traiter par les moyens appropriés les inflammations internes de l'œil , dont la présence occasionne ie resseri'ement de la pupille (/^o/"ez Iritis et Ophthalmie), et joindre, dans tous les cas , aux moyens dont il vient d'être parlé l'usage , soit en frictions sur la région palpébrale supérieure, soit en instillation entre les paupières , soit à l'intérieur et à doses qui, ne dépassant par d'abord un quart ou un si.\ième de grain, s'élèvent successivement à huit ou dix grains , de belladone ou de jusquiame qui , comme on le sait , ont une action presque spéciale pour produire la dilatation de la pupille.

Enfin ces médicamens sont les seuls que l'on puisse empiriquement opposer aux myosis qui ne dépendent d'aucune cause que l'on puisse apprécier.

(L. J. Sansok.)

MYOSITE. s. f. MyosiUs, de |«uwv, muscle , inflammation des muscles. Plusieurs auteurs contestent aux muscles la faculté de s'enflammer, et prétendent que lorsqu'on rencontre des traces de cet état morbide dans le système musculaire , l'inflammation s'était développée dans le tissu cellulaire inter-ûbrillaire, et non sur les fibres elles-mêmes. C'est évidemment une erreur. Les muscles s'enflamment rarement, il est vrai, mais enfin cela arrive quelquefois, et les cardites, les glossites , les psoïtes, etc., nous en fournissent la preuve. Dans les deux premières de ces phlegmasies , on ne peut pas soutenir que l'inflammation ait son siège dans le tissu cellulaire, attendu que la langue et le cœur eu sont à-peuprès dépourvus. On a d'ailleurs quelquefois trouvé des muscles entièrement convertis en pus au milieu de l'aponévrose qui les enveloppait.

En considérant que les muscles sont les organes les plus animaîisés du corps humain, qu'ils reçoiventun très-grand nombre de vaisseaux sanguins , et qu'aucun autre tissu n'est animé par un plus grand nombre de nerfs, on s'étonne d'abord de la rareté de ses inflammations. Mais lorsque l'on vient à réfléchir qu'étrangers dans l'exercice de leurs fonctions aux influences extérieures, la plupart des muscles volontaires n'ont qu'un excitant naturel, l'action nerveuse, et qu'ils sont à l'abri de cette multitude de causes dont l'action continuelle sur la peau , sur les membranes muqueuses, etc. , produit les phlegmasies fréquentes de ces parties, on comprend l'immunité dont ils jouissent. D'un autre côté , les nerfs qu'ils reçoivent appartenant à ceu.x du mouvement et non à ceux du sentiment , la douleur, l'un des élémens principaux de l'inflammation, doit difficilement s'y développer; on sait qu'ils sont très-peu sensibles dans l'état sain.

S'il fallait en croire quelques pathologistes cependant, l'inflammation des muscles se montrerait beaucoup plus commune que nous venons de le dire, car il faudrait y rattacher toutes ces douleurs qui ont leur siège dans la continuité ,des membres, et qu'ils désignent par le nom de J'humatisme mnsculnire. Mais ces douleurs sont pour la plupart de véritables névralgies, quelquefois peutêtre des inflammations d'aponévroses , jamais , h notre ayis du moins, des phleg-

N^VUS MATERWUS.

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