‹ Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques [electronic resource] (volume 2)Chapitre 152 sur 311 · NAPHTE · texte numérisé non relu

NAPHTE

masies musculaires. La douleur dans les muscles n"a que deux modes d'expressiou , la courbature et la crampe , et celle douleur ne ressemble en rien à celle que l'on assigne au prétendu rbumastisme musculaire.

En résumé , Tinfl^iramation des muscles est possible , mais elle est rare ; on lie l"a bien étudiée jusqu'à ce jour que dans la langue, le cœur, le psoas mous renvoyons par conséc[uent aux mots Glossits , Cabdite et Psoite.

( L.-Cn. Roche. )

MYïlIlHE. Mj riha. Gomrne-rèsine plus curieuse qu'utile, et qui est restée dans la matière médicale , soutenue par une vieille réputation que lui avaient faite les auteurs. Une grande obscurité règne d'ailleurs sur le point de savoir quelle était cette myrrhe merveilleuse , ce parfum délicieux qu'on payait au jioids de l'or dans l'antiquité , et dont on aurait peine à se faire une pareille idée de nos jours. L'opinion la plus généralement répandue, est qu'elle estfournie par un arbre de la famille des térébinthacées auquel on a donné le nom de bals imodendron myvrha.

Les divers produits végétaux qu'on vend pour de la myrrhe , offrent d'assez grandes différences pour e.\ercer la sagacité des droguistes. Celle qu'on regarde comme la plus pure est en larmes , c'est-à-dire en morceaux plus ou moins volumineux, souvent cassés, quelquefois agglomérés , dont la cassure est lamel leuse. Cette substance rougeàtre, semi-transparente, légère et friable, offre une odeur forte sans être précisément désagréable , comme aussi sans avoir la suavité qu'on croirait devoir lui Irouver , et une saveur amèrc. Elle se dissout en partie dans l'eau chaude , dans le vinaigie, dans l'akool affaibli.

Plusieurs analyses de cette substance ont été données , et par des chimistes très-distingués , qui se sont accordes à y reconnaître dans îles proportions variables, dépendant sans doute de la variété des échantillons , de la gomme en quantité prédominante; puis de la résine ; un peu d huile volatile ; quelques traces d'acide malique et benzoïque , et quelques sels de chaux.

On ne saurait d'après cette analyse , attendre des effets curatifs bien importans , de cette substance, moins active peut-être que la plupart des gommesrésines. On est fondé à révoquer en doute , ou du moins à rapporter à d'autres causes , les succès que les anciens avaient cru devoir lui attribuer. Pour eux , non-seulement elle était tonique emménagogue , anti-hystérique; elle était de plus fondante , incisive , antiseptique , fébrifuge , etc. Aussi l'usage de ce médicament est-il tout-à-fait abandonné comme celui d'une foule de composés médicamenteux , dans lesquels il figurait.

La myrrhe s'administrait à l'intérieur, sous forme de poudre ^ à la dose de six b douze grains. On en faisait une teinture spirilueuse dont on se servait tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Enfin on s'en servait encore pour faire des fumigations, en la projetant sur des charbons ardens. (F. Ratier.)

Nj32VIjS BIATERJJUSj s. m. Envie , tache de naissance, épliéLide congéniale , etc. On désigne ainsi une altération particulière de la peau caractérisée, tantôt par une simple altération de la couleur de cette membrane, tantôt par un changement de couleur et par une tuméfaction superficielle, tantôt entin par les deux altérations précédentes, et par un développement remarquable du système pileux dans le point malade.

'Lcnœvus maternas présente, en effet, les trois espèces que je viens de signaler, espèces qui ne sont après tout que des degrés plus ou moins avancés de la même maladie Quoi qu'il en soit du reste , le nwvus a pour caractère anatomique une production de tissu ércctile. Dans la simple tache, l'altération ne dépasse pas les couches superficielles du derme dans lesquelles siège le réseau vasculaire de la peau. Dans la tacite avec (uiné/'aciion , la peau est affectée jusque dans ses couches les plus profondes. Enfin dans la tac/te pileuse , l'alféralion est étendue jusqu'aux bulbes pilifères , ces bulbes se sont hypertrophiés et ont produit des poils plus forts que de coutume.

Dans les deux degrés les plus avancés du nsevus, la tumeur revêt souvent des formes variées que les auteurs ont notées avec soin , mais qui ne sauraient être considérées comme des caractères fondamentaux : tantôt les tumeurs sont petites, tantôt elles ont un volume considérable; celles-ci sont simples et arrondies comme une groseille, celles-là , au contraire , ont une surface lobée comme une J'ramhoise , une Jiaise, etc.; quelquefois les poils qui recouvrent I l tache ont la couleur et la force des poils que l'on rencontre dans les autres jiarlies du corps du même individu; dans d'autres cas, ils ont une coloration et une rudesse particulières , et on les a comparés à des soies de sanglier.

Jamais le naevus ne détermine de gène , de douleur ; il ne constitue qu'une simple difformité, quelquefois désagréable, quand elle affecte une partie du corps habituellement découverte. Cicéron portait sur le nez un naevus du volume d'un pois chiche : on dit même que c'est cette circonstance qui a fait donner à ce célèbre orateur le nom particulier qu'il portait (cicer arietinum , pois chiche). Pendant les efforts , dans la colère , et dans toutes les circonstances où la circulation est momentanément activée, la couleur particulière du nœvus devient ordinairement un peu plus foncée ; quelques-uns subissent même alors un certain degré de tuméfaction.

La plupart des nœvus restent slationnaires pendant toute la vie; mais il en est malheureusement quelques-uns qui n'ont pas ce caractère , et qui présentent de bonne heure une tendance très-grande à l'accroissement. L'accroissement du n:cvus qui n'est pas stationnaire est quelquefois fort lent; d'autres fois il est fort rapide ; dans certains cas il s'arrête pour toujours , ou pour quelque temps

seulement; j"ai eu occasion d'observer un naîvus de la lèvre supérieure qui avait éle abandonné à lui-même , et qui avait acquis , depuis la naissance , le volume du poing d'un adulte; un autre enfant de trois mois en portait un dans la région dorsale dont les progrès pouvaient presque être mesurés d'un jour à l'autre. Du reste , le nœvus qui présente les caractères précédens est déjà tout-à-fait transformé en Jiingus sanguin , ou tumeur érectile , aussi renvoyé-je pour sa de.scription aux articles qui traitent spécialement, ce sujet.

Toutes les parties du corps peuvent être affectées de nœvus ; mais on doit convenir que le visage en est plus souvent le siège que les autres, sans doute parce que la peau qui le recouvre est remarquable par sa grande vascularité.

Que dirai-je des causes de la formation du nsevus ? Répéterai-je avec le vulgaire que l'imagination de la mère frappée par la vue de certains objets , ou de certains corps , par certaines préoccupations , que des désirs non satisfaits pendant la grossesse , sont constamment l'origine de ces altérations cutanées ? ce serait donner de l'importance aux assertions les plus hasardées et les plus ridicules, assertions toujours émises après l'événement , comme Buffon le fait très-bien remarquer, et qui n'ont jamais eu pour fondement (|ue les goûts bizarres de certaines femmes, et l'envie de rendre leur satisfaction obligatoire , en quelque sorte, pour les personnes intéressées. Il vaut mieux reconnaître rimpcrfection de la science sous ce rapport, et appeler , par cette déclaration , les recherches des vénitables savans.

On ne doit pas confondre le nœvus avec les taches rousses que la peau préseule chez un certain nombre de personnes : le iiœvus est une altération vasculaire de la peau , tandis que dans les taches rousses , il n'y a de bien patent qu'une modification locale dans la sécrétion du pigmenlum de cette membrane j le nsevus est presque toujours unique , ou tout au moins il en existe très-peu sur le même individu ; les taches rousses , au contraire , sont presque innombrables ; le nœvus affecte tous les tempéramens , toutes les constitutions indifféremment ; tandis que les taches rousses sont spécialement l'apanage des sujets lymphatiques , de ceux dont les cheveu.x sont très-blonds ou roux.

Le naevus ne réclame les secours de l'art que lorsqu'il est volumineux, outl lorsqu'il menace de faire des progrès rapides. Quelques chirurgiens ont proposé de l'attaquer à l'aide de vésicatoires ; mais ces moyens n'agissent que sunj l'épiderme et sur le corps muqueux , sans avoir aucune influence sur la surface du derme qui est le siège de rallératioii dans ces cas ; aussi le vésicatoire doit-il être cousidéré comme inutile à la guérison du naevus. La compression , lors- , qu'elle est possible , à queiqueiois été employée avec succès. Boyer rapporte un cas dans lequel il a tait disparaître ainsi un naevus de la lèvre supérieure.', M. Murât remarque que l'on peut peindre le nsevus de la couleur de la peau, circoiislance qui peut avoir une certaine portée en médecine légale.

L'ablation du naevus est parfois nécessaire ; mais , je le répète , cette ablation ^ ne convient que lorsque lu tumeur est volumineuse et produit une difformité ' un peu considérable, ou lorsqu'elle menace de faire de rapides progrès. Cette .'^y ablation n'offre d'ailleurs rien de particulier : tantôt ou cerne la tumeur par j^ij jj deu,\ incisions semi-elliptiques ; tantôt on en pratique la ligature à l'aide d'un fil tourne simplement autour de sa base, ou bien au moyeu d un fil double que ^,jj|^ l'on passe au-delà des limites île la tumeur , fil dont on sépare et dont on serre \\^^^ à droite et à gauche les deux brins. M. Geusoul a proposé même de lier la tu-ijji|p meur du naevus sans comprendre la peau du voisinage , en passant un fil circu- j{ lairement entre cette membrane et le tissu affecté ; il dit avoir réusi plusieurs , Ijj fois avec ce procédé. ( Ph. Fréd. Blakdin. ) ('

KAPPEL. Fojez Aconit. ,.,j,„j„

rîAPHTE et PETROLE. Ces deux substances , ainsi que le malthe et Vas-^\i^ phalie , appartiennent à la classe des bitumes , corps combustibles composés qui j .jj^^i paraissent avoir été produits par f action du feu central de la terre sur des raas-'i||^y ses lie débris végétau.x dont la houille formerait le résidu charbonneux. Leijjjj|| naphte est le plus volatil et le plus pur de ces produits , tout-à-fait analogue.'|j,,||j( aux huiles pyrogénées végétales ; offrant, comme celles-ci , d'autant plus de couleur et de consistance qu'il tient en dissolution un autre produit pyrogéné solide, qui est l'asphalte. Ainsi le pétrole est du naphte contenant de l'asphalte, et le pétrole distillé ne diffère pas du naphte; évaporé à l'air ou au feu, il laisse un résidu d'abord mou, qui est le malthe ou la poix minérale , puis un résidu tout-à-fait solide qui est l'asphalte ; celui-ci est aussi nommé bitume de Judée , parce qu'on le trouve plus particulièrement à la surface du lac asphal-.|iLjj| tique , ou mer iVlorte , en Judée. i"„„

Le naphte existe en beaucoup d'endroits, notamment en Perse , sur la côte nord-est de la mer Caspienne , et à Baku , non loin de Derbent. La terre, dan; ces endroits, est imbibée de naphte, et il suffit d'y creuser des puits d uni trentaine de pieds , pour que le naphte s'y rassemble , comme le ferait l'eai dans d'autres terrains. Il existe en Italie, à Amiano , dans le duché de Parme une source de naphte , découverte en 1802 , dont le produit est assez aboudan pour qu'on l'ait appliqué à l'éclairage de la ville de Gênes ; ce naphte a été exu miné par M. de Saussure à qui nous devons le travail chimique le plus comple sur cette matière.

Le naphte d'Amiano est liquide , très-fluide, d'un jaune clair, d'une odeui forte, non désagréable, d'une pesanteur spécifique de 0,836. Distillé à plu sieurs reprises , il devient incolore , aussi fluide que l'alcool le plus rectifié , e plus léger , puiscju'il ne pèse plus que 0, 738 à 19 degrés cent. Il n'a plus qu'un odeur faible et fugace, est presque sans saveur, bout à SS" , 5 c. , brûle ave une flamme blanche accompagnée d'un grand tlépôt de charbon : il est unique- ! ment composé de carbone et d'hydrogène , 3 atomes du premier sur 5 du second ce qui fait en centièmes 88 , 2 de carbone et 1 1 , 8 d'hydrogène.

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