OIS
FER
par le degré Joxydation du métal, par les proportions respectives de l'acide et de la base , et par celles de l'eau; mais nous nous bornerons a parler de celui qui est usité en médecine. Ce sulfate se nommait autrefois vùriol vert ou conperosc verte; il se trouve en petite quantité dans la nature, mais on le prépare en grand, pour le besoin des arts , soit en dissolvant le fer dans l'acide sulfurique, soit en transformant le sulfure ferreux en sulfate , par l'action prolongée de l'air humide. Ce sel forme des cristaux transparens , d'une saveur styplique et d'un vert bleuâtre faible, qui contient 42 pour 100 d eau de cristallisation ; il s'effleuritet se sur-oxyde à l air. Exposé au feu , il se fond dans son eau de cristallisation , se dessèche et prend la forme d'une poudre blanche ( aulrelois vitriol vert calciné en blancheur ). Il se dissout dans deux parties d'eau froide , et dans les trois quarts de son poids d'eau bouillante. Sa dissolution se conduit avec les réactifs , comme le font toutes celles de fer au minimum d'oxydation. { Voyez Fer. )
Le sulfate de fer du commerce est sujet à contenir du sulfate de cuivre , surtout celui d'Allemagne, qui constitue même une espèce de sel double qui a ses proportions et sa cristallisation particulières. On reconnaît cet état à la couleur bleue des cristaux, et à la couleur rouge que leur dissolution communique au fer métallique. On purifie ce sel en le faisant digérer, tenu en dissolution dans l'eau, sur de la limaille de fer, filtrant et faisant cristalliser; il est essentiel de n'employer pour l'usage de la médecine que du sulfate qui ait été ainsi purifié.
F^R ( Sulfures de ). Il existe trois sulfures de fer bien distincts , sans compter plusieurs autres qui résultent de leur combinaison , soit entre eux, soit avec le fer. Dans les sulfures définis , le métal se trouve combiné avec des quantités de soufre qui sont entre elles comme 2, 3 et 4 ; de telle sorte que le premier répond à l'oxyde ferreux , et se nomme sulfure ferreux ; le second répondu l'oxyde ferrique et se nomme sulfure ferrique ; le troisième, qui ne répond à aucun oxyde de fer, se nomme per sulfure ferrique. Ces trois sulfuies , et surtout le dernier, se trouvent dans la nature , et portent le nom de pjriie; ils sont généralement d une couleur jaune , accompagnée d'un brillant métallique qui les fait ressembler à de 1 or , et font feu sous le briqut*. On les emploie à l'extraction du soufre et à la fabrication du sulfate de fer; dans les laboratoires on prépare le sulfure ferreux en projetant par partie , dans un creuset, un mélange de 4Û0 grammes de soufre et de 675 grammes de limaille de fer. On chauffe jusqu'à fondre le tout , on laisse refroidir et l'on pulvérise. Ce sulfure est noir; il a quelquefois été employé en médecine , mais son plus grand usage est dans les laboratoires pour produire du gaz hydrosulfurique.
Fer ( Tartrales de ). Le tartrale ferreux est blanc, pulvérulent , peu soluble dans l'eau ; on peut l'obtenir en versant une dissolution de tartrate de potasse dans une de sulfate ferreux conservé en excès. Le tartrate ferrique se prépare par la dissolution de l'hydrate d'oxyde ferrique dans l'acide tartrique ; il est brun , soluble , susceptible de se prendre en gelée par la concentration ; peut-être pourrail-il se dessécher sous forme d'écaillés comme le citrate.
Ni 1 un ni l'autre de ces sels ne sont usités ; mais ils le sont combinés au tartrate de potasse et constituent de sels doubles, auxquels on donne différentes formes qu'il est nécessaire de faire connaître.
1». Tartrale ferrico-potassique pur. On le prépare en saturant à chaud une solution de bi-tartrate île potasse avec de l'oxyde ferrique hydraté et encore humide. La liqueur filtrée et concentrée donne une masse sirupeuse incristallisable et soluble dans l'alcohol. Cette liqueur sirupeuse, étendue par partie sur les parois d'une bassine, cjue 1 on agite en tout sens, au-dessus d'un feu de charbon , se dessèche et se détache en écailles d'un rouge foncé, transparentes et très-solubles dans l'eau. Comme elles attirent un peu 1 humidité , il faut les conserver dans un flacon fermé.
2". Tartrate ferroso-potassique liquide. Teinture de mars lartarisée. On mêle dans une marmite de fonte une partie de limaille de fer , trois parties de bi-tartrate de potasse et suffisante quantité d'eau pour en faire une pâle molle ; après vingt-quatre heures de digestion , on fait bouillir dans l'eau, on filtre , et l'on concentre jusqu'à 32 degrés du pèse-sel. On y ajoute ordinairement une petite quantité d'alcohol , comme moyen de conservation.
S". La même liqueur évaporée en consistance molle , donne une substance extractiforme qui portait autrefois le nom A^xtrait de mars. Il convient de le conserver dans un vase clos, à cause de sa déliquescence à l'air.
4°. Les anciennes pharmacopées font mention de deux autres préparations analogues aux précédentes et qu'il faut cependant savoir en distinguer. L'une est le tartre clialibé qui se préparait en faisant bouillir de suite , et sans macération préliminaire, une partie de limaille de fer avec 4 parties de tartre blanc. Ou filtrait aussitôt la dissolution du bi-tartrate et l'on faisait cristalliser ; on obtenait un sel jaunâtre, encore acidulé, faiblement ferrugineux. L'autre est le larlre martial soluble , préparé en ajoutant une partie de lartrate de potasse , ou de tartrate de potasse et de soude , à quatre parties de teinture de mars tartarisée et faisant évaporer à siccité. Ce composé , tout-à-fait neutre, ne différait de l'extrait de mars que parce qu'il contenait environ le double de tartrate alcalin.
50. Boules de mars de Nancf. Le procédé pour préparer les boules de mars , d'après le procédé do Nancy, a été décrit avec détail dans la Pharmacopée raisonnée. Il consiste à diviser et oxyder d'abord parlielicment une partie de limaille de fer en I huraectanl avec un décocté de plantes vulnéraires et faisant évaporer à siccité. On pulvérise le produit , on le mêle avec I partie de tartre rouge pulvérisé, 1 partie de décoctc vulnéraire, et l'on fait évaporer doucement l'humidité , eu agitant continuellement , jusqu à consistance d une pâte
ferme que l'on ^.bandonne pendant un mois dans un lieu tempère'. Au bout de ce temps , l'oxydation du fer ayant continué , la masse se trouve entièrement desséchée ; on la pulvérise, on la mêle par portions avec partie égale de tartre rôiige et une nouvelle quantité de décocté vulnéraire , et l'on évapore une seconde fois , jusqu'à consistance d'une pâte ferme dont on forme des globules du poids t^e 1 ou 2 onces , et dont on achève la dessiccation à l'air.
En définitive, on a employé dans cette opération une partie de fer, une partie et demie de tartre et cinq à six parties d'un fort décocté de plantes vulnéraires ; le résultat se trouve être un mélange d'oxyde noir de fer , de tartrate de fer et de potasse , et de gallate ou tannate de fer résultant de l'action de la matière extractive des plantes. Ces boides sont très-usitées chez le peuple comme vulnéraires , toniques et résolutives, dans les cas de contusion avec plaie ou ecchymose. On les suspend pendant quelque temps dans l'eau qui en prend une couleur brune foncée , et on se sert de cette liqueur pour humecter des compresses dont on recouvre les parties malades.
Quelle que soit l'étendue de cet article, l'importance que les composés du fer ont conservée dans la thérapeutique est encore assez grande jiour cju'il soit nécessaire de le compléter en y joignant un exposé des principales compositions pharmaceutiques qui ont pour base le fer ou ses composés.
Préparations pharmaceutiques du fer ou de ses composés. — Eaujérrugineuse acidulé simple^ eau ferrugineuse carbonatée. — On la prépare, à la manière des eaux minérales artificielles , en mettant dans un vase de compression une livre de limaille de fer doux , 10 litres d'eau distillée , et chargeant l'eau de trois fois son volume d'acide carbonique. La dissolution se fait d'autant mieux que le 1er est un peu oxydé à sa surface , parce qu'alors elle a lieu sans dégagement d'hydrogène , et par le partage de l'oxigène de l'oxyde avec le mêlai. On pourrait également employer le carbonate hydraté récemment précipité du sulfate de fer par un carbonate alcalin; mais la difficulté de priver le précipité de l'alcali qu'il contient, sans faire oxyder à l'air, fait qu'on obtient un résultat plus simple par l'action de l'eau acidulée sur le fer métallique. Après quarantehuit heures de contact, on soutire dans des bouteilles que l'on bouche aussitôt.
Pour les eaux ferrugineuses carbonatées composées, voyez l'article Eaux minérales ARTIFICIELLES.
Eau ferrugineuse sulfatée ou boisson ferrugineuse. Prenez sulfate de fer purifié et cristallisé, de 1 /2 gros à I gros ; sucre, 2 onces ; eau , 2 livres j alcoholut de citrons , 1/2 gros.
Extrait de mars. Voj'ez Fer (lartrates de).
Extrait de mars cydonié. Voyez Fer {inalate de).
Extrait de pommes ferré Voyez î'er (inalate de).
Pilules chalibées simples , pilules martiales de Stdenham. Prenez fer porphyrisé , I once ; extrait d'absinthe , s. q. pour faire des pilules de 6 grains.
Pilules chalibées aloétiques. Prenez 1er porphyrisé, 6 gros; aloès , 1 gros ; poudre de cannelle, 1 gros ; sirop d'armoise, s. q. pour faire des pilules de 4 grains. Beaucoup de formulaires offrent des prescriptions semblabes , soit avec le fer , soit avec son oxyde noir ou élhiops martial.
Pilules d'iodure de fer ( formule de M. Lugol) . Pr. iodure de fer, 6 grains ; amidon , 24 grains; sirop de gomme, s. q. pour 24 pilules.
Pilules de sulfate de fer. Pr. sulfate de fer purifié , 1 gros ; extrait de gentiane , s. q. pour 36 pilules.
Pilules de suif lté de fer astringentes de Blanclieton. Pr. sulfate de fer , 1 gros ; extrait de cachou , extrait de ratanhia, résine mastic , de chaque 2 gros j térébenthine fine , 3 gros ; faites des pilules de 5 grains.
Pilules de carbonate de fer. Pr. sulfate de fer, bi-carbonate de potasse , de chaque 2 gros ; poudres de guimauve et de gomme arabique, s, q. ; faites 48 pilules. On triture ensemble les deux sels dans un mortier de fer. Ils se décomposent mutuellement et s'humectent légèrement , mais se dessèchent bientôt après. Si alors on y ajoute du sucre ou de la gomme , le mélange se liquéfie, et il faut ensuite une assez grande quantité de gomme pour donner à la masse la consistance pilulaire. Cet effet singulier est dû à ce que , lorsque les deux sels se décomposent, leur eau de cristallisation se porte sur le carbonate de fer et forme un hydrate solide ; mais la substance soluble qu'on y ajoute s'empare de cette eau et forme un sirop ou un mucilage liquide dans lequel les sels ne sont plus que suspendus en poudre, et la masse se liquéfie. La poudre de guimauve même produit cet effet; mais pas assez pour qu'on puisse en former des pilules ; la meilleure manière d'y parvenir consiste à ajouter aux deux sels triturés 36 grains de poudre de guimauve et 18 grains de gomme arabique. Le tout battu ensemble forme une masse qui se laisse diviser et rouler avec facilité. Dans cette formule que nous acceptons telle qu'elle a été proposée récemment par plusieurs praticiens, la dose de bi-carbonate de potasse est plus que suffisante pour décomposer le sulfate de fer ; il s'en trouve enviroa 2 scrupules en excès , ou un grain par pilule.
Poudre de fer ou fer porphyrisé. Limez un morceau de fer doux et renfermez la limaille dans un flacon fermé ; ensuite broyez-la par partie sur un porphyre, jusqu'à ce que le brillapt métallique ait disparu. Passez la poudre à travers une tamis très-fin , et conservez-la dans un flacon bien bouché.
Le fer qui provient de celle opération est toujours en partie oxydé , par le fait même de la porphyrisation qui favorise la décomposil ion de l'eau atmosphérique , et en dégage l'hydrogène , dont l'odeur devient très-sensible sous le frottement de la molette.
Poudre de fer cinnamomée. Pr. fer porphyrisé , poudre de cannelle , de chaque I gros ; sucre, 6 gros ; mêlez et faites 24 paquets.
Poïldre de fer et de casloréum composée , poudre antichlorotique. Pr, fer
FER
FER
porphyrisé, poudres ile casloréum et d'anis, de chaque 2 gros ; cannelle et muscade , de chaque 1 gros. Mêlez pour 24 paquets, dont chacun contient 6 grains de fer et 6 grains de castoréum.
Poudre de fer hydraté cinnamomée , poudre cachectique d'Hartmann .Proxyde ferrique hydraté (safran de mars apéritif), 1 gros; cannelle, 2 gros; sucre, 5 gros ; pour 24 paquets.
Poudre de J'er hydraté cinnamomée (formule de M. Fouquier). Oxyde ferrique hydraté, 4 scrupules; extrait sec de quinquina , 2 scrupules; cannelle, 1 scrupule: faites 12 paquets.
Poudre Jerrugineuse anthelmintique. Pr. sulfate de fer, 1 gros ; poudres de semen-coiitra , 3 gras; de taiiaisie, 2 gros: mêlez. Faites des paquets de 12 grains , dont chacun contient 2 grains de sulfate de fer.
Sirop de sulfate de fer. Pr. sulfate de fer cristallisé, 2 gros ; eau distillée, J once; sirop de gomme arabique, 17 onces. Faites dissoudre le sulfate dans i'eau , filtrez et ajoutez au sirop. Chaque once de ce sirop contieut 8 grains de liulfate de fer.
Le sirop ebalibé de WiLlis , rapporté dans le Formulaire de Cadet , contient
1 OflC€ de sulfate de fer , 8 onces d "eau , 2 onces de gomme, une livre de sucre. Ce sirop contient 21 grains de sulfate cristallisé par once ; et la dose, dit-on , est de 1 à 2 once.
Sirop de citrate de fer. M. Béral compose ce sirop avec 15 onces de sirop simple et I once de citrate ferrique liquide. Il est rouge , très-faiblement acide et très-agréable au goût ; la saveur du fer se reconnaît à peine dans le citrate ferrique et dans les médicamens qui en sont formés.
Le citrate ferrique liquide se compose avec quatre onces d'acide citrique saturé d'oxyde ferrique hydraté et élendu de manière à former seize onces de dissoluté. Peut-être eût-il mieux valu déterminer la quantité de citrate sec contenue dans ce liquide, et doser le sel de manière à ce qu'une once de sirop contînt un poids déterminé de citrate.
Tablettes martiales ou chalybées. Pr. fer porphyrisé , 4 gros ; poudre de cannelle, 1 gros; sucre, 43 gros. Formez avec un mucilage de gomme adragante des pastilles de 12 grains, dont chacune contient un grain de fer.
Tablettes de citrate de fer. Pr. sucre concassé. Il onces; citrate de fer liquide, 1 once; versez le citi-ate sur le sucre ; faites sécher à l étuve et pulvérisez. Formez des tablettes de 12 grains avec suffisante quantité de m,ucilage de gomme arabique.
Même observation que pour le sirop. Il vaudrait mieux doser le citrate sec que le liquide.
Teinture de mars tai tarisée. Voyez Tartrate ferroso-potassique liquide. Teinture alcoholiqne de chlorure de fer. Pr. chlorure ferrique cristallisé ,
2 onces ; alcohol à 22 degrés , 14 onces ; dissolvez et filtrez.
Teinture élhérée de chlorure de fer. Chlorure ferrique cristallisé , 2 onces; éther sulfurique , 14 onces ; dissolvez et filtrez.
Teinture alcoholique éthérèe de chlorure de fer ; teinture nervinolonique de Bestuchef. Cette composition est encore bien incertaine, en raison des grandes variations qui existent dans la proportion et la nature de ses ingrédiens. Ainsi, quant au menstrue , les uns emploient de l'élher sulfurique seul , d'autres de l'élher mêlé d'une ou deux parties d'alcohol ; d'autres encore , de l'éther hydrochlorique alcoholisé ; et. quant au sel de fer, les uns l'emploient à l'état de de protochlorure desséché ou sublimé , ou tombé en deliquium à l'air, et d'autres de perchlorure. Le plus généralement, cependant, on prend une dissolution de fer dans l'acide chloro-nitreux , ou d'oxyde rouge de fer dans l'acide hydrochlorique ; ce qui , dans l'un et l'autre cas , donne également du chlorure ferrique. On fait évaporer la liqueur à siccité, et l'on expose le produit à la cave, pour faire tomber en deliquium. On met la liqueur décantée dans un flacon avec le double de son poids d'éllier sulfurique; et, après quelques jours de contact et d'agitation , on décante l'éther pour le mêler avec le double de son poids d'alcohol. Les principaux inconvéniens de ce procédé sont que le sel , tombé en deliquium , contient une quantité d'eau variable , suivant I humidité du lieu où il a été exposé , et que l'éther en dissout fort peu. Pour arriver à une préparation plus active et plus certaine , nous avons conseillé , dans Za pharmacopée raisonnée, de faire concentrer autant que possible, au bain-marie, une dissolution saturée d'oxyde de fer dans 4 onces d'acide hydrochlorique à 22 degrés; d'ajouter cette dissolution à 6 onces d'alcohol à 36 degrés , et de mêler ensuite cet alcoliolé avec partie égale d'éther sulfurique. On obtient en effet de cette manière une dissolution complète du chlorure dans l'alcoliol, et ensuite dans l'éther; mais nous aurions dû déterminer e?.actement la dose de soluté de chlorure de fer comparée à celle de l'alcohol, et celle de chlorure sec qu'il contient. Quoi qu'il en soit , et quel que soit le menstrue que l'on veuille employer, il est évident qu'il conviendra , à l'avenir , de préparer la teinture de Bestuchef en dosant le chlorure ferrique cristallisé, et le dissolvant directement dans ce menstrue. Cette formule est encore à faire.
Teinture martiale éthérée de Klaproth j élher acétique martial. Voyez l'art. Fer [acétates de).
Vin chalybé. Pr. limaille de fer , 1 once ; vin blanc généreux , 2 livres ; faites macérer pendant six jours , et filtrez ; pendant la macération , on observe un léger dégagement gazeux d'hydrogène, dû à la décomposition de l'eau par le fer qui s'oxyde et se comibne à l'acide acétique et au bi-tartrate de potasse du vin. Ce vin contient donc un peu d'acétate de fer et du tartrate de fer et de potasse. Il prend également une légère teinte noirâtre due à l'action de la matière colorante et astringente du vin. (GuiBonRT).
FER, Ferrugineux. ( Thérapeutique.) Si le fer ( chalybs mars des alcbimis-
DlCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PnAflÇUES,
tes) ne peut être classé parmi ce petit nombre de moyens thérapeutiques du premier ordre, qui arrachent quelquefois les malades à une mort aussi prompte qu'inévitable , on ne saurait lui constester un rang distingué parmi ces médicamens utiles qui modifient puissamment l'organisme dans certaines conditions déterminées. Je dois ajouter qu'il en est peu qui soient susceptibles de rendre de plus grands services à la médecine. Puisse l'esquisse incomplète qui va suivre concourir à venger de l'injuste oubli dans lequel il est plongé par beaucoup de praticiens, ce précieux médicament, ami de nos organes, dont il est un principe constituant. Le fer, dit Fourcroy [Système de connaissances chimiques) , est peut-être le seul métal, parmi ceux qui ont une activité médicamenteuse, qui ne doive pas être rangé parmi les poisons. Frappé par ce passage de Fourcroy dans le cours de mes études médicales , j'ai beaucoup employé le fer dans ma pratique , et j'ai voulu, en me chargeant de cet article, faire partager aux autres ma prédilection pour ce précieux médicament.
Je dois supposer le fer connu sous le point de vue pharmaceutique et pharmacologique. Application de telle ou telle forme de ce médicament supposée cotmue à tel ou tel état également supposé connu de l'économie , voil'a la question toute thérapeutique qui m'occupera dans cet article. Je terminerai par l'analyse des principales propriétés et du mode présumé d'action de cette substance sur les organes sains et malades.
§ I". DU FER DANS l'eNTORSE ET DANS LES CONTDSIO.MS , ClC. L'caU de boulc dc
Nancy [lartrate de potasse et de fer , tartrate de fer en excès ) est consacrée au traitement de ce genre de maladies. Dans certains pays , chaque famille est munie d'une boule à laquelle elle a recours comme au meilleur vulnéraire , tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, dans tous les cas de contusion , de commotion, de plaie , d'entorse , de luxation. Le fait est que l'eau de boule est un bon résolutif auquel on peut associer avec avantage soit l'alcohol camphré , soit l'alcohol de benjoin. Le fer forme la base du baume vulnéraire de Dippcl , qui a été long-temps vanté comme résolutif.
§ II. DU FER DANS l'induration , SUITE DE PHLEGMASiE. — C'cst encorc commc résolutif que le fer est conseillé dans les indurations , suite d'inflammation chronique du testicule, delà mamelle . des ganglions lymphatiques, du tissu cellulaire , etc. , et j'ai vu les meilleurs effets de ce moyen lorsqu'il n'est pas employé prématurément. La boue de remouleur, incorporée dans des cataplasmes ordinaires , est en quelque sorte consacrée au traitement de l'induration. On peut lui substituer avec avantage un cataplasme fait avec sulfate de fer , alun , vinaigre et farine de seigle, ou bien avec farine de seigle et tartrate de potasse et de fer. J'ai employé avec succès dans les indurations chroniques en général et dans l'induration du tissu cellulaire en particulier des emplâtres dans lesquels j'incorporais une proportion variable de souS'Carbonate de fer, de deutoxyde de fer, ou de tartrate de potasse et de fer. Ce moyen m'a également réussi dans le cas d inflammation chronique des articulations ou tumeurs blanches : un point de pratique fort important consiste à alterner les préparalions ferrugineuses avec les cmolliens. Le nitrate de fer ( baume d'acier) a été conseillé comme traitement externe dans les maladies goutteuses.
§ III. DU FER COMME MOYEN HEMOSTATIQUE. — L'hématite { tritoxydc de fer) , ou bien le tritoxyde de fer obtenu par la calcination du sulfate de fer ( colcoihar ) ont joui d'une grande réputation comme moyen styptique externe. On pourrait le combiner avec la poudre de colophane. A l'intérieur , l'eau styptique de Loff ( solution d'hydrochlorate de fer au maximum d'oxydation ) est employée par quelques praticiens à la dose de cinq à six gouttes plusieurs fois le jour dans les hémorragies traumatiques ou non traumatiques.
§ IV. DU FER DANS LES MALADIES DES YEUX. — Un collyre fait avec eau de roses cinq onces , sulfate de fer cinq grains , ou bien l'eau de houle de Nancy, J'eau de rouille ( eau chargée de sous-carbonate de fer) produisent de bons effets dans l'ophthalmie chronique , à la chute de l'ophthalmie aiguë , et dans toutes les ophthalmies palpébrales puriformes. On assure même avoir fait disparaître, par l'usage de ce moyen, des taches à la cornée qui, il est vrai, se dissipent quelquefois spontanément avec les derniers vestiges de l'inflammation. Un collyre sec , composé avec cristaux de sucre porphyrisé , 1 gros ; sulfate de fer vert porphyrisé, 5 grains, n'est pas moins efficace que les collyres liquides.
§ V. DU FER DANS LES MALADIES DE LA BOUCHE. — Le sulfatc de fcr vcrt cn solution aqueuse concentrée, ou bien encore la teinture de mars tartarisce passée avec un pinceau, incorporée dans des opiats dentifrices , sont utiles dans les cas de gencives molles et saignantes , suppurantes ou ulcérées. Je conseille , •comme un excellent liquide dentifrice , la mixture suivante : teinture de quinquina , 1 once ; laudanum de Sydenham , l gros ; teinture de mars tartarisée, 1 gros.
Le phospate de fer liquide a été vanté contre la carie dentaire.
§ VI. DU FER DANS LES MALADIES DES VOIES GENITO-URINAIRES. Lfi fer a UUe
action spéciale incontestable sur les voies génito-urinaires. On ne saurait trop méditer ce mode d'action , parce qu'il est fécond en applications pratiques de la plus haute importance.
A. Dans la chlorose. — Lorsqu'une fois on s'est assuré que la chlorose n'est pas symptomatique d'une maladie des viscères , telle que phthisie, gastrite, entérite , etc. , on peut administrer le fer sous toutes ses formes et par toutes les voies. Dans les conditions les plus favorables , on peut soumettre le malade bi\a diète ferrugineuse, c'est-à-dire qu'on peut mêler du fer à tous ses alimens. L'usage a consacré le chocolat ferrugineux , l'eau ferrée aux repas , le vin chalybé pris immédiatement avant le repas. On peut en même temps admininistrer le sous-carbonate de fer depuis 10 grains jusqu'à un gros , deux ou trois fois I^î jour. Qu'on ue s'en laisse pas imposer par des palpitations .eoniinues ou inter^p
FER
FER
mitteules qui simulent une hypertrophie avec ou sans dilatation. J'ai donné mes soins à plusieurs jeunes personnes qu'on regardait comme affeclées de maladies du cœur, et qu'on traitait par les évacuations sanguines générales et locales ; les palpitations, la décoloration de la face allaient toujours croissant. L'une d'elles avait un battement si considérable des carotides et de leurs divisions , que le bruit de ce battement , réfléchi par l'oreiller , l'empêchait de dorniir. La marche sur un plan ascendant était suivie d'une sutTocation qui allait jusqu'à la syncope. A peine huit jours de traitement, et déjà exteriora corporis incalescere, faciès non amplius pallida et morluis concolor , sed vivida cerni et sanguine perpuraia (Sydenham) , les palpitations avaient diminué de moitié, et au bout d'un mois , cette jeune personne , jusque là exténuée, débile , fébricitante, avait à peu près repris son état naturel, et cela sans évacuation menstruelle. Sydenham , contempteur injuste de la chimie appliquée à la médecine , préfère la limaille de fer à toute autre préparation, peu s'en faut même qu'il ne mette au premier rang le fer à l'état natif. Il usait aussi quelquefois d'un sirop ferrugineux , préparé avec du vin du Rhin, dans lequel il avait fait macérer de la limaille de fer. StoU préconise également la limaille de fer ( Umatura fcrri non ruhiginosa ) , qu'il combinait avec d'autres substances , telles que la poudre de quinquina , l'écorce de Winter, de cannelle, le sirop d'armoise. Au reste , ces praticiens n'employaient pas le fer métallique comme ils se l'imaginaient , car l'afiinité du fer pour l'oxigène est telle que l'oxydation se fait plus ou moins complètement par la chaleur que développe la porphyrisation , et s'achève dans l'estomac. De toutes les préparations ferrugineuses, celle que je préfère dans la chlorose , c'est le sous-carbonate de fer ( safran de mars apéritif des anciens) , peut-être par cela seul que j'ai une plus grande habitude de le manier. Je donne également la préférence au sous-carbonate de fer préparé en traitant le sulfate de fer par le carbonate de potasse, méthode d'ailleurs usitée dans plusieurs pharmacies. Je lis dans le Dictionnaire de Matière médicale etde Thérapeutique générale qu'un estimable praticien, M. Blaud , emploie avec succès dans la chlorose un mélange de sulfate de potasse et de carbonate de fer. On conçoit combien il est difficile , dans ce mode d'administration , de faire la part d'action du sulfate de potasse. Je pense que le succès du traitement de la chlorose par les ferrugineux est en raison composée de l'opportunité du moyen , de la persévérance dans son emploi, et de l'élévation progressive des doses qui peuvent être portées sans inconvénient à plus de demi-once par jour. Comment concilier ces résultats pourtant positifs avec la méthode omœopathique , qui procède toujours par des infinimens petits ? J'associe rarement le fer à d'autres médicamens ; cependant l'emploi simultané des amers , des ferrugineux , et même des substances dites emménagogues , est rationel, et trouve son application dans quelques cas.
B. Aménorrhé , dysménorrhée , déi'iation des règles. — Je distingue bien la chlorose de l'aménorrhée , car la chlorose peut avoir lieu sans aménorrhée; de même que l'aménorrhée peut avoir lieu sans chlorose. Or , dans l'aménorrhée , dans la dysménorrhée , dans la déviation des règles, qui ne sont point dues à l'inflammation aiguë ou chronique de quelque organe important à la vie, lorsqu'il s'agit principalement de régulariser la circulation , de perfectionner l'hématose , de donner du ton à l'économie tout entière , et de diriger sur l'utérus une fliuxion hcmorrhagique , le fer par son action tonique générale, et par son action spéciale Sur l'utérus, rétablit comme par enchantement l'équilibre. "Wherloff vantait dans ce cas la formule suivante : sulfate de fer , 2 gros ; extrait d'absinthe, 4 gros ; sirop de safran, quantité suflisante pour 150 pilules.
C. Ménorrhagie. — Doit-on employer le fer dans le cas de menstruation trop abondante ?\}n certain nombre de faits tendrait à prouver que les ferrugineux qui provoquent ou augmentent les menstrues supprimées ou diminuées, tempèrent quelquefois une menstruation trop abondante, double action opposée qui se trouve parfaitement exposée et appuyée de faits dans une dissertation de Wepfer ( de medicamentis chaly beatis , eorumque virtute contraria aperiendi scilicet et obstrucndi , Heidelberg, 1711). Sans doute la vertu hémostatique du fer ne saurait êtie contestée ; mais comme, d'une part, l'art possède des moyens astringens beaucoup plus efficaces ; que , d'une autre part , l'observation apprend que le fer fltixionne l'utérus, je répugnerai toujours à l'emploi des ferrugineux dans la ménorrhagie. On a également proposé le fer pour prévenir l'avortement par débilité; mais qui nous donnera de distinguer l'avortement pardébililé de l'avortement par excès deforces? Cen'estpassurde pareilles subtilités que doit être fondée la pratique médicale ; le fer favorise , provoque l'avortement, voilà un fait positif : sa propriété préventive de l'avortement est encore une hypothèse.
D. Leucorrhée , blennhorrée. — Des lotions , des injections faites avec une solution de sulfate de fer ou de tartrale de fer et de potasse , des espèces de douches ferrugineuses dirigées sur le col utérin, soit avec une seringue foulante et aspirante , soit à l'aide d'un clysoir armé d'un tube de gomme élastique enfoncé jusqu'au col utérin, m'ont réussi dans un certain nombre de leucorrhées , suite ou non de maladies syphilitiques. Les mêmes douches sont utiles dans la plupart des maladies organiques de ce viscère. Des injections de même nature ont quelquefois réussi dans la blennhorrée chronique qui ne tient pas à un rétrécissement du canal. — L'usage du fer à l'intérieur , seul ou associé au baume de Tolu , au quinquina , à l'extrait de ratanhia , au baume de copahu, peut être employé concurremment avec les moyens extérieurs. Le sous-carbonate, à la dose d'un h 3 gros par jour, ou bien le sulfate de fer , à la dose de iO à 30 grains , sont les préparations que je préfère dans ce cas.
E. Spermatorrhée , incontinence d'urine par débilité , rétention d'urine par paralysie de la vessie. — Des (loUulious noclurnes , ou des évacuations sper-
matiques provoquées par l'expulsion des matières fécales , par le plus léger désir vénérien , par une érection incomplète , ont cédé à l'usage de ferrugineux seuls ou associés aux amers, à des demi-bains d'eau ferrugineuse, à l'application de compresses imbibées d'eau ferrugineuse seule ou coupée avec décoction de sumac, de tan, de tormentille, de ratanhia. Le fer rend encore d'importans services en remédiant bien mieux que les autres substances, à l'épuisement , à la langueur générale qui succèdent aux excès vénériens , et en particulier à a 1 habitude funeste de la masturbation. 1." incontinence d'urine , non celle qui résulte de contractions énergiques et répétées de la vessie , mais celle qui vient du relâchement du col de cet organe, la rétention d'urine par faiblesse ou paralysie de vessie des veillards et des adultes trouvent dans le fer et ses préparations, sinon un spécifique , au moins un moyen thérapeutique efficace dans une foule de cas.
F. Du fer dans le diabètes, dans les catarrhes chroniques de vessie. — L'emploi du fer dans le diabètes est très-rationel. Plusieurs praticiens disent en avoir retiré de bons effets. Dans deux cas où je l'ai employé avec persévérance , je n'ai obtenu aucun résultat appréciable. Les ferrugineux doivent être administrés avec une grande circonspection dans les catarrhes chroniques de vessie. J'ai eu singulièrement à m'en louera cette période subaiguë du catarrhe chronique, où les balsamiques , tels que l'essence de térébenthine , le baume de Tolu, l'extrait de genieyre , l'eau de goudron, etc. , sont indiqués.
G. Du fer dans l'impuissance et la stérilité. — On raconte merveille de l'usage du fer dans certains cas A'impuissance chez l'homme et de stérilité chez la femme. L'action tonique spéciale des ferrugineux sur l'appareil génital doit, eu remontant l'énergie de cet appareil , affaibli ou naturellement faible , favoriser l'exercice de ses fonctions, qui nécessitent impérieusement un orgasme , c'està-dire une surabondance de vie locale.
H. Du fer dans l'hystérie , la nymphomanie. — L'hystérie, et quelquefois la nymphomanie , pouvant être le résultat d'une déviation du sang des règles , ou d'une inégale répartition du sang , on conçoit que le fer, par son action spéciale sur les organes génitaux , ait produit, dans certains cas, d'excellens effets ; mais il serait peu convenable de l'employer directement chez tous les malades aflfectés d'hystérie ou de nymphomanie. Il se pourrait néanmoins que le fer exerçât une grande puissance d'action sur les névroses des organes génitaux , de même que sur certaines névralgies.
§ VII. DU FER DANS LES MALADIES DES VOIES ALIMENTAIRES. — A. Le fcr trOUVC
quelquefois son application dans ctTiames dyspepsies, assez improprement rangées de nos jours parmi les nombreuses nuances de la gastrite. Je me hâte d'ajouter que les ferrugineux employés dans le cas de soda ou fer chaud, d'aigreurs , de chaleur , d'irritation , d'inflammation manifeste ou latente de l'estomac, aggravent les symptômes morbides. Une sensibilité vive à l'épigastre est la suite presque immédiate de l'ingestion inopportune de cette substance. C'est cette vérité pratique qu'exprimaient très-bien les anciens lorsqu'ils disaientque le fer, de même que les autres toniques , ne convient nullement dans le cas de sécheresse de l'estomac , lorsque la mauvaise digestion se fait par excès de sensibilité et d'irritabilité , mais qu'il produit de bons efïëts lorsque les mauvaises digestions sont les résultats de faiblesse , de surabondance de sécrétion chez les individus lymphatiques , dans les pays froids ou humides, où dominent les affections que Boerhaave appelait morbi à debilitate et glutinositate.
B. Les mêmes réflexions s'appliquent au fer considéré comme carminatif. Ce moyen est indiqué lorsque le développement insolite des gaz est dû à la débilité des voies digestives. Il est nuisible lorsque ce développement est lié à un état d'irritabilité de l'estomac , ainsi qu'on l'observe si communément dans cet ensemble de symptômes connus sous le nom à'hypochondrie , presque toujours symptomatique d'une irritation de l'estomac et de ses annexes.
C. Il est dans la gastrite chronique une période dans laquelle les ferrugineux m'ont paru produire de très-bons effets : c'est celle où la maladie reste stalionnaire, ou s'aggrave sous l'influence d'un régime adoucissant trop lonç-temps continué. Un changement brusque dans les moyens thérapeutiques opère quelquefois une amélioration extrêmement rapide. J'ai vu 10, 15, 20 gouttes de teinture de tartrate de potasse et de fer administrées dans une infusion de feuilles d'oranger , deux ou trois fois le jour , ou bien encore quelques verres d'eau de Seltz, dans laquelle on avait fait macérer de la limaille de fer; quelques grains de sous-carbonate de fer ; des pilules composées , soit avec partie égale de bicarbonate de soude et de sous-carbonate de fer , soit avec partie égale de magnésie et de sous-carbonate de fer, faire succéder rapidement à la langueur , à l'anorexie , à la décoloration de la peau un sentiment de force , de bien-être et d'appétit, un teint vermeil , et permettre une alimentation substantielle et restaurante.
D. Dans le ramollissement gétatinif orme de l'estomac, un médecin allemand, M. Pommer, fondé sans doute sur la propriété astringente des préparations ferrugineuses , a conseillé l'hydrochlorate de fer ; voici la formule qu'il préconise : prenez décoction de racine de guimauve, ^'j; gomme arabique pulv., 3ij ; hydrochlorate de fer , xij grains; sirop de guimauve, 5vj ; mêlez ( deux cuillerées à café toutes les deux heures ). Un enfant prit en sept jours 42 grains d hydrochlorate de fer ; un autre en prit 24 grains : tous deux guérirent. On conçoit comment cet observateur a pu être conduit rationellement à l'emploi du fer dans une maladie qui ne laisse après elle aucun trace d'inflammation , mais seulement une simple diminution dans la cohésion des tissus. Je n'ai jamais essaye ce genre de médication , et je n'y aurai pas recours tout le temps que la dièle lactée ou plutôt quelques gouttes de lait prises toutes les deux ou trois heures, les potions et les lavcmeus opi.icés , les bains entiers prolon-
FER
FER
ge's, la faim et la soif, tous moyens quej'ai conseillés ailleurs (Médecine pratique : Dn Ramollissemest cÉLATiMiroRME ) , tout le temps, dis-je , que ces moyens produiront de si salutaires effets.
E. Diarrhée , dysenterie. Je regarde les ferrugineux comme essentiellement contre-indiqués dans la période d'acuité de la dysenterie et dans celle du flux intestinal qu'on appelle diarrhée. Je me rappellerai toujours qu'une malade à laquelle j'administrai un demi-gros de sous-carbonate de fer pour une névralgie, fut prise de dévoiement dysentérique avec fièvre. Néanmoins , presque toujours les ferrugineux produisent la constipation , si bien que la plupart des praticiens prescrivent d'alterner les purgatifs et les ferrugineux. La préparation la plus usitée dans le cas dont il s'agit est une variété de tritoxyde de fer connue sous le nom de safran de mars astringent. Des faits nombreux semblent attester ses bons effets dans les diarrhées chroniques et les hémorragies intestinales. Autenrieth a recommandé d'une manière toute spéciale , dans la diarrhée du typhus, l'hydrochlorate de fer, dont la propriété astringente anciennement constatée avait mérité à la teinture alcoholique de ce sell'épithète de teinture de mars astringente.
F. Helminthes intestinaux. J'ai déjà eu occasion ( voj-ez Entozoaires ) de signaler la propriété anthelmintit/ue du fer , et en particulier du sulfate de fer , qui est , de toutes les préparations ferrugineuses . la plus généralement recommandée sous ce point de vue. Ou administre le plus souvent ce sel en poudre , mêlé avec partie égale de poudre de tanaisie ou de semen-contra. La dose pour un enfant en bas âge est de 4 à 8 grains , le matin à jeun , pendant plusieurs jours.
§ Vin. DU rEH DAMS LES MALADIES DU FOIE ET DE LA BATE. — A. Jc regarde le fer comme spécijîque dans Vhjrpertrophie de la rute , oa splénite chronique j soit primitive , soit consécutive aux fièvres intermittentes. J'ai eu à traiter un grand nombre d'individus à face décolorée : les lèvres, les gencives, toute l'habitude du corps avait une couleur blafarde; ils étaient oppressés, se plaignaient de lassitudes excessives , de battemens à l'épigastre et à la tête, par l'effet du moindre exercice ; souvent l'hypocondre gauche était sensible à la pression, ou indépendamment de la pression : il y avait anorexie ou bien appétit bizarre, digestion laborieuse d'alimens non réparateurs, accélération habituelle dans le pouls, que doublait, que triplait le plus léger mouvement, la moindre émotion morale. Les mêmes causes entravaient le travail digestif; le cœur semblait avoir acquis une irritabilité excessive , et pourtant il n'y avait pas de fièvre; quelquefois seulement un frisson nocturne , suivi d'une fièvre légère , manifestée par l'accélération du pouls, sans chaleur à la peau. J'ai vu cet état se prolonger trois , quatre , six mois , résister au régime le plus sévère ,à la médecine adoucissante et antiphlogistique, aussi bien qu'aux préparations de quinquina et aux amers indigènes. Ayant constaté l'analogie, ou , plus exactement, l'identité qui existe entre cet état et celui qui succède à une fièvre intermittente; ayant vu d'ailleurs cet ensemble de symptômes régner en même temps que les fièvres intermittentes, qu'il remplaçait en quelque sorte, j'ai porté mon attention sur la rate, et j'ai pu m'assurer que cet organe avait augmenté de volume , et était sensible à la pression ; mais , pour cette exploration , il fallait quelquefois enfoncer le pouce d'avant en arrière et de haut en bas , sous les fausses côtes gauches, tandis que les autres doigts, appliqués sur la région lombaire, refoulaient la rate en haut et en avant. Je diagnostiquais une splénite : jc faisais quelquefois précéder l'administration du fer de l'application de quelques sangsues sur la région douloureuse ; souvent j'appliquais des cataplasmes émolliens ; mais après ces préliminaires , le fer , et plus spécialement le sous-carbonate , connu sous le nom de safran de mars apéritif , administré à la dose de 15 à 20 grains , matin et soir , agissait avec une elEcacité et une rapidité vraiment admirables. En quinze jours on voyait les forces revenir , la fréquence des contractions du cœur diminuer, la face se colorer, l'engorgement de la rate et la sensibilité de l'bypochondre gauche disparaître à la fois.
C'est à l'aide du fer quej'ai pu obtenir la résolution pleine et entière d'engorgemens de la rate qui occupaient la moitié et même les deux tiers de l'abdomen. Non-seulement je prescrivais le fer à l'intérieur, mais encore je l'incorporais dans des emplâtres fondans , ou bien je faisais arroser de temps à autre ces emplâtres avec la teinture de mars tartarisée. Je dois ajouter que, pour manier avec succès ce médicament, il faut savoir le suspendre de temps en temps pour y -revenir ensuite.
'B. Le fer paraît avoir, dans les hypertrophies du foie , la même efficacité que dans les hypertrophies de la rate , et c'est sans doute parce qu'il a réussi dans ce cas qu'on l'a proposé dans toutes ou presque toutes les maladies du foie. On l'a conseillé dans y ictère simple : mais l'ictère étant le résultat d'un obstacle matériel ou spasmodique à la circulation de la bile, quelquefois même une inflammation des voies biliaires , on conçoit que les ferrugineux né sauraient agir contre le plus grand nombre des causes de l'ictère. Cependant il est constant que les eaux ferrugineuses de Forges , Aumale , Spa , Vichy , Pyrmont , Con- Irexeville, etc.; le sel de mars de Rivière , qui n'est autre chose qu'un sulfate de fer grossièrement préparé; les pilules de Thomson, le sel essentiel deLagrésie, produit de la double décomposition du sulfate de fer et du carbonate de potasse; il est constant, dis-je , que ces diverses préparations et autres ont produit d'excellens efi'ets dans une foule de maladies du foie , et plus particulièrement dans l'ictère idiopalhique et symptomatique.
J'ai donné mes soins h plusieurs malades qui étaient pris de loin à loin, sans causes connues, de douleurs atroces occupant toute la région du foie, dont il leur était facile de désigner les limites : ces douleurs ou crampes , qui venaient par crises , inutilement traitées par des saignées , les ventouses scarifiées , les
moxas , ont paru s''amender et s'éteindre sous l'influence de la médication ferrugineuse.
J'ai vu une malade , ictérique et dans le marasme depuis un an , qui éprouvait tous les huit , tous les quinze jours au plus tard , les crampes douloureuses donlje viens de parler :1e foie débordait la base du thorax. Nous crûmes tous la malade désespérée. Des sucs cliicoracés , le sous-carbonate de fer , employés avec persévérance , ont fini par en triompher. Je dois convenir ici que , dans un grand nombre de maladies organiques du foie, les ferrugineux ont été sans aucun efl'et , et que, chez quelques individus dont les voies gastriques étaient très-irritables, j'ai été obligé d'y renoncer, parce que, sous leur action , les symptômes s'aggravaient notablement. Qu'il est difficile de conclure en thérapeutique! Combien de mabdies du foie dont le diagnostic est encore obscur ! combien qui ne sont pas encore bien définies !
§ IX. DU FER DANS LES HEMORRHAGiEs SPONTANEES. — Lc fcr n'cst pas Seulement employé à l'extérieur dans les hémorrhagies traumatiques , il est encore conseillé à l'intérieur comme un excellent styptique dans tous les cas d'hémorrhagies spontanées dites passives, et en particulier dans l'hématémèse et l'hémoptysie. Il est surtout regardé comme éminemment précieux dans les hémorrhagies scorbutiques. Les formules suivantes ont obtenu , dit-on , de grands succès entre les mains de plusieurs praticiens : prenez eau de roses , 5 onces ; de rabel , XX gouttes; sulfate de fer , x grains , ou bien : sulfate de fer et alun, de chaque 5 à 6 grains.