FA.VUS
la peau ; le liquide sécrété suinte, se répand et se dessèche à la circonférence fie la croûte primitive , dont il augmente le diamètre. Ne rencontrant plus de limite, il forme des saillies et des enfoncemens qui contrastent avec la surface régulière de la dépression centrale. C'est à ces inégalités qu'on reconnaît le point où l'épiderme a cessé de régulariser la dessication de l'humeur du favus.
Le degré d'amincissement que la peau est susceptible d'éprouver par le développement du favus est très-variable. Plus la cavité du follicule sera grande, plus les parties voisines devront être écartées et déprimées pour que cette cavité soit convertie en une surface légèrement convexe ; plus un follicule sera situé profondément dans l'épaisseur de la peau , plus l'excavation qui résultera du favus sera profonde. Or , il est des follicules qui sont placés dans les aréoles du derme , dont le fond se trouve sur le même niveau que sa face interne, et repose sur le tissu cellulaire sous-cutané : lorsque ces follicules sont dilatés par l'humeur du favus, on serait porté à croire que la peau a été détruite dans toufe son épaisseur, si le retour de cette membrane à son état normal et la guérison sans cicatrice ne venaient prouver que cette destruction n'a pas réellement existé.
§ III. A|)rès l'eczéma, le favus est la plus fréquente de toutes les inflammations chroniques du cuir chevelu; on ne l'observe point dans la même proportion sur les autres régions du corps. Le favus atteint indistinctement les deux sexes , et peut se développer depuis la naissance jusqu'à uu .îge avancé. Le plus grand nombre des admissions faites au bureau central des hôpitaux correspond aux septième, huitième , neuvième années et surtout à la septième. Chez les vieillards chauves , le favus ne se manifeste presque jamais sur le cuir chevelu ; où les follicules pilifères sont atrophiés ou disparus. La plante des pieds et la paume des mains , privés de ces follicules , sont aussi à l'abri de cette atfection.
Le favus est contagieux et se transmet facilement parmi les enfans qui se servent du même peigne ou de la même brosse, surtout s'il existe quelques petites excoriations du cuir chevelu. Dans un autre ouvrage ( Traité théor. et prat. des maladies de la peau) j'ai cité un exemple remarquable d'inoculation de la teigne faveuse ; en voici un second. Une femme, demeurant rue de la Buclierie , avait l'habitude de porter un de ses enfans atteint de la teigne faveuse : il lui survint bientôt sur lavant-bras qui supportait la tête de l'enfant, un petit groupe de favus, dont les croûtes jaunes , sèches, ombiliquées et caractérislic[ues, étaient très bien dessinées. Cette femme et son enfant m'avaient été adressés par MM. Oliivier (d'Angers) et Brichetau ; ils se sont assurés , comme moi, qu'il n'existait de pustules ou de croûtes de favus sur aucune autre région du corps. J'ai guéri ce favus , évidemment contracté par contagion, en cautérisant, avec le nitrate d'argent, les points affectés. M. Mahon a également publié plusieurs exemples remarquables de favus transmis par contagion ( Reclierclics sur Le siège et la nature des Teignes , p. 95-105. ) On en trouve aussi dans le Journal hebdomadaire, t. 4, p. 72. Aussi cette maladie est-elle une cause d'exemption du service militaire.
Au reste, je dois ajouter qu'il en est de la contagion delà teigne faveuse comme de celle de plusieurs autres maladies transmissibles par contact ou inoculation; l'application de croûtes de favus sur la peau est loin d'entraîner constamment leur développement (Gallot, 2^ et 4': faits, pag. 64 et suivantes.)
Le favus en anneaux {porrigo scutulata , Willan) attaque ordinairement les enfans depuis l'âge de deux ans jusqu'à la puberté. 'Willan a vu un enfant la proi^ager à cinquante autres , dans une école , dans l'espace d'un mois. A celte occasion, il blâme avec raison l'usage où l'on est , dans quelques-uns de ces établissemens, de se servir d'un même peigne pour plusieurs enfans. J'ai soigné de cette maladie un petit garçon , âgé de cinq ans, dont la mère contracta plusieurs pustules sur les doigts , pour lui avoir lavé la tête deux fois par jour , avec une décoction éraolliente. Deux sœurs de cet enfant , avec lesquelles il nvait des rapports habituels , furent atteintes de semblables pustules sur la lèvre supéi ieure et les doigts.
La malpropreté , l'existence d'une autre inflammation du cuir chevelu , prédisposent au dévelopi)ement des deux variétés de favus ; il peut aussi avoir lieu d'une manière spontanée, indépendamment de la contagion. Suivant M. Mahon, les exemples de favus annulaire sont plus fréquens dans le midi que dans le nord de la France : d'un autre côté , le riiigworm , ou la même maladie, est souvent observé en Angleterre.
§ \Y. L'eczéma, 1 impétigo et le pit^'riasis du cuir chevelu ont été long-temps rapprochés du favus , et groupés sous le nom générique de teignes. Pour éviter celte grave erreur , il eût suHi de réfléchir que les premiers , en se développant sur la tète, ne changent |)oiut de nature, et que le favus se montre quelquefois exclusivement sur le tronc ; et lors même que d'autres caractères ne l'eussent pas distingué de ces maladies , la propriété qu'il a seul d'être contagieux eût dû faire repousser la pensée de ce rapprochement. Au reste, de toutes les maladies de la peau , le favus est sans contredit celle dont les caractères sont les moins équivoques. Nulle autre affection n'est caractérisée par de petites pustules non élevées au dessus du niveau de la peau , et qui ne se rompent point; nulle autre ne se d. ssine extérieurement par des croûtes sèches circulaires et déprimées en godet.
On a vu des personnes, dans l'espoir d'être exemptées du service militaire , tenter de simuler la teigne faveuse , en produisant avec l'acide nitrique des croûtes jaunes circulaires sur le cuir chevelu ; mais ces croûtes ne sont point déprimées à leur centre, et un médecin éclairé ne peut être dupe de cette supercherie. Les petites pustules de favus en anneaux { porrigo scutulata , Willau), enchâssées dans la peau, converties en croûtes presque en naissant, ne
peuvent être confondues avec les pustules de l'impétigo , dont l'humeur ne | forme de véritables croûtes qu'au bout de quelques jours ; elles sont la plupart ' bombées et beaucoup moins adhérentes que celles du favus : enfin l impétigo j n'est point contagieux , et détermine rarement la chute des cheveux , tandis que le favus se transmet par la poussière de ses croûtes et détermine souvent l'alopécie. Les plaques de l'herpès circinnatus , à leur début , celles de la lèpre dé- ( pouillée de squames, pourraient être momentanément prises pour les taches rouges , ou couvertes d'un enduit léger et jaunâtre , qui précédent l'apparition des croûtes du ringworrn ; mais ces dernières , par leur formation , dissipent promptement tous les doutes. ;!
§ V. Le favus peut guérir spontanément après quelques mois de durée , ou se 1 terminer naturellement par l'alopécie ; mais le plus souvent , il se prolonge ' pendant plusieurs années. En général, il exige un traitement long , et d'autant plus difficile qu'il occupe une plus grande surface sur le tronc ou sur le cuir chevelu , et que les maladies qui peuvent le compliquer sont elles - mêmes plus j nombreuses et plus graves.
Lorsque le favus se développe spontanément vers le déclin d'une affection | grave aiguë , ou chronique , ou bien encore lorsqu'il atteint des enfans faibles i et valétudinaires dont la santé s'est améliorée depuis son apparition , il faut i dans ces cas rares ajourner indéfiniment le traitement de cette maladie. Ce I conseil ne doit point faire penser que je partage l'opinion de M. Plumbe, qui a I cru devoir classer le favus parmi les maladies cutanées qui exercent une action salutaire; il est démontré pour moi, au contraire, que presque toujours le favus arrête le développement des forces physiques et des facultés morales des enfans qui en sont atteints. Si M. Mahon cite plusieurs cas de maladies graves survenus après quelques guérisons de favus , bien plus souvent il a vu les per- ' sonnes guéries de cette dégoûtante maladie, devenir plus fortes et plus robustes. ■ Pour obtenir d'aussi heureux résultats , le régime réclame des soins particuliers, surtout lorsque le favus est compliqué de scrofules ou de tubercules.
Le favus est-il apparu exclusivement sur le tronc ou sur les membres , à la suite d'une contagion immédiate; le cuir chevelu en est-il exempt, dans la plupart des cas , à l'aide de bains simples , alcalins ou sulfureux, on en obtiendra facilement la guérison. Le favus ne consiste-t-il qu'en quelques croûtes éparses ; après les avoir fait tomber , il faut cautériser les follicules affectés avec le nitrate d'argent. Les croûtes noires produites par la cautérisation, ombiliquées comme celles du favus , ne laisseront après leur chute qu'une tache rouge et circulaire , qui ne tardera pas elle-même à disparaître. On a même employé avec succès la cautérisation dans quelques cas opiniâtres, en se servant d'acides concentrés, tels que l'acide nitrique , sulfurique ou liydrochlorique.
Le favus du cuir chevelu est incomparablement plus rebelle que celui du tronc et des membres. Le nombre des cas dans lesquels les bains simples, alcalins ou sulfureux, les lotions et les douches émoUientes ou d'eaux minérales artificielles , peuvent être employés avec succès serait plus considérable, si on était plus souvent appelé à soigner le favus peu de temps après son invasion. Les j bains généraux, les lotions avec l'eau de lin et les cataplasmes émolliens appli- ' qués sur la tête dont on a rasé les cheveux , font tomber les croûtes , diminuent î la rougeur de la peau , surtout lorsque l'éruption est confluente ; mais seuls , ils j ne procurent pas ordinairement une guérison complète. Cette heureuse termi- ^ liaison est moins rare lorsqu'on associe à ces moyens l action de deux vésicatoires appliqués aux bras, et entretenus pendant deux ou trois mois. J'ai fait en ^ 1817 de nombreuses expériences sur cette méthode, qui est exempte des dangers qu'on reproche à plusieurs autres pratiques.
Dans les favus anciens du cu/r c/iei'e/u , toute méthode de traitement dans I ! laquelle on n'opère pas l'avulsion ou la chute des poils, est incomplète et non ! curative. Cette avulsion des poils est une condition aussi indispensable au ' succès du traitement, que l'arrachement de l ongle dans certains onyxis. C'est ce dont ont été frappés les médecins et les chirurgiens qui ont proposé les di- '< verses méthodes épiLatoires. !
La plus ancienne consistait à arracher violemment les cheveux à l'aide d'un emplâtre agglutinatif , vulgairement connu sous le nom de calotte. Pour prépa- ' rer ce topique , on délayait , dans une bassine , quatre onces de farine de seigle ' dans une pinte de vinaigre blanc ; ou les mettait sur le feu , en ayant soin d'à- \ I giter continuellement le mélange. On y ajoutait une demi-once de deuto-car- I \ bonate de cuivre ( vert-de-gris ) en poudre-, on faisait bouillir doucement, pen- li dant une heure; ensuite on ajoutait quatre onces de poix noire . quatre onces ; |i de résine et six onces de )ioix de Bourgogne. Lorsque le tout était fondu, oo ' i jetait aussitôt dans l'emplâtre six onces d'éthiops antimonial en poudre fine j l'( (alliage de mercure et d'antimoine obtenu par une longue trituration), on i Ji agitait le mélange jusqu'à ce qu'il eût pris une consistance convenable ; on li étendait cet emplâtre sur de la toile noire un |)eu forte , et avant de s'en servir u on le fendait en différens sens , afin qu'il ne fît aucun pli et qu'il pût être déta- Ib clié par lambeaux. (0
On appliquait la calotte sur la tête, après avoir fait tomber les croûtes ramol- ta lies par des cataplasmes , et après avoir coupé les cheveux avec des ciseaux le plus près possible de la peau. Au bout de trois à quatre jours , on enlevait « brusquement l'emplâtre à contre poil , puis on eu mettait un second, qu'on arrachait trois à quatre jours après. On renouvelait ensuite l'emplâtre de deux il en deux jours , en ayant soin de raser la tête lorsque cela paraissait nécessaire. » En enlevant l'emplâtre, on arrachait une plus ou moins grande quantité de ] cheveux; les premiers pansemens produisaient des douleurs inouïes; elles I , devenaient moins fortes à mesure qu'on avançait dans le traitement. Cependant! ( après un mois de ces pansemens, la douleur était telle encore, qu'on voyait des j,
FAVUS.
FENOUI L
cnfans jeter des cris affreux lorsqu'on leur arrachait la calotte; après le troisième mois , la douleur devenait moins insupportable.
On ne peut contester qu'on n'ait obtenu un certain nombre de guérisons à l'aide de ce moyen , dans des cas graves , contre lesquels plusieurs remèdes avaient échoué, et dans lesquels l'avulsion des cheveux était indispensable; mais l'action de la calotte ne pouvait être limitée aux cheveux malades, et l'arrachement des cheveux sains, très - douloureux , irrite et enflamme encore le cuir chevelu; ajouterai-je que M. Mahon allirme avoir vu un enfant mourir deux jours après cette horrible opération !
Dans le but de prévenir les douleurs atroces qu'entraîne l'arrachement simultané d'un grand nombre de cheveux , M. Samuel Plumbe a conseillé de les épi- 1er, un à un, avec de petites pinces ; mais cette opération, qui est beaucoup plus longue que la précédente , est elle-même douloureuse lorsque les cheveux adhèrent à leurs bulbes, et ne peut être utile que dans les cas assez rares où le tavus est borné à une petite surface.
De toutes les méthodes épilatoires , celle de MM. Mahon frères . chargés du traitement des teigneux dans les hôpitaux de Paris , est sans contredit la plus avantageuse. Elle a évidemment pour résultat de nettoyer la surface du cuir chevelu et de l'entretenir dans la plus grande propreté ; de modifier d'une manière très-avantageuse la peau malade ; d'opérer sans douleur la chute des cheveux dont les follicules sont enflammés, et d'être suivie d'une guérison constante.
MM. Mahon commencent par couper les cheveux à deux pouces du cuir chevelu, afin de pouvoir les faire tomber plus facilement avec le peigne; ils détachent ensuite les croûtes avec du saindoux on à l'aide de cataplasmes de farine de lin; puis ils lavent la tête avec de l'eau de savon. Ces onctions et ces lotions sont répétées avec soin pendant quatre à cinq jours , jusqu'à ce que la surface du cuir chevelu soit nettoyée. C'est alors que commence le second temps du traitement , qui a pour but d'obtenir lentement et sans douleur l'avulsion des cheveux , sur tous les points où la teigne faveuse s'est développée. On fait tous les deux jours des onctions avec une pommade épilatoire ; ces onctions doivent être continuées plus ou moins long-temps , selon que la maladie est plus ou moins invétérée. Les jours où l'on ne met pas de pommade , on passe à plusieurs reprises un peigne fin dans les cheveux, qui se détachent sans douleur; après quinze jours de ces pansemens, on sème dans les cheveux une fois par semaine quelques pincées d'une ^ourf/e e/vi'^iîfo/re; le lendemain, on passe le peigne dans les cheveux sur les points malades , et on y pratique une nouvelle onction avec la pommade épilatoire. On continue ainsi pendant un mois ou un mois et demi. On remplace alors la première pommade épilatoire par une seconde faite avec du saindoux et une poudre plus active, avec laquelle on pratique également des onctions sur les points afTectés , pendant quinze jours ou un mois , suivant la gravité de la maladie. Après ce terme , on ne fait plus ces onctions que deux fois par semaine , jusqu'à ce que les rougeurs de la peau soient entièrement disparues. Les jours où on ne fait pas usage de la pommade, on peigne le malade une ou deux fois , ayant soin de ne pas trop appuyer le peigne qu'on imprègne de saindoux ou d'huile.
Pendant les années 1807, 1808, 1809, 1810, 1811 , 1812 et 1813,439 individus du sexe féminin , atteints de la teigne faveuse , ont été guéris par cette méthode au bureau central des hôpitaux, et la durée moyenne du traitement a été de cinquante-six pansemens. Dans le même laps de temps, 469 garçons ont élé guéris de la même manière, et la durée moyenne du traitement a été de cinquante-trois pansemens. Il a élé constaté que les cheveux repoussaient constamment sur les points où l'on avait ainsi opéré une alopécie artificielle , lorsque le favus n'avait pas encore détruit les follicules pilifères ; il a été démontré , eu outre, que les poudres épilatoires employées par M. Mahon n'altéraient ni le cuir chevelu ni aucun autre organe.
Plusieurs laits consignés sur les registres du Bureau central prouvent, en outre, qu'a l'aide de cette méthode on est parvenu à guérir des teignes faveuses qui avaient résisté à divers traitemens. Ainsi ont élé guéris par MM. Mahon, en 1808, huit teigneux qui avaient été traités inutilement par la calotte; dixhuit enfans qui avaient été traités inutilement à l'hôpital Saint-Louis par lo.\yde de manganèse pendant plusieurs années; neuf autres enfans traités à l'Hôpital des Enfans par le charbon pendant deux ans; en 1809, deux enfans qui avaient été traités sans succès par la calotte ; en 181 1 , huit enfans déjà traités par la calotte; en 1813, trois individus traités par la poudre de charbon pendant plusieurs mois , et cinq déjà traités à Paris , à Boulogne , à Meaux et à Arvilliers; en 1824, un enfant qui avait été traité à l'Hôpital des Enfans par l'oxyde de manganèse pendant deux mois , et un autre traité par la calotte pendant trois mois; en 1826, un individu traité par la calotte aux Dames Saint- Thomas, pendant six ans, et trois autres traités par le même procédé pendant un an; un autre traité à Versailles pendant deux ans ; en 1817, un teigneux traite au Val-de-Gràce par différentes pommades pendant deux ans, et un second qui avait subi l'opération de la calotte pendant neuf mois ; cinq autres traites aux Dames Saint-Thomas pendant deux, quatre et cinq ans , etc. ; et les heureux résultats obtenus par cette méthode ont été depuis confirmés par de semblables succès.
A défaut de la poudre épilatoire de M\I. Mahon , dont ils n'ont pas publié la composition , on peut se servir, dans le même but, de sous-carbonate de potasse ou de soude, incorporé , à la dose d'un ou deux gros , dans une once d'axonge. Tous les jours , pendant huit ou dix minutes , on fera avec cette pommade des onctions sur les parties affectées ; si la peau est peu enflammée, on la lavera lensuite avec une solution de deux gros de sous - carbonate de potasse dans une ipinte d'eau; et les cheveux ne tarderont pas à se détacher sans effort.
DiCT. DE MÉDECINE ET DE Cinil.CIlGIE PRATIQUES.
Une foule de topiques , les uns à peu près inertes , comme le charbon, l'oxvdc de manganèse, la pommade oxygénée, etc.; les autres doués de propriétés plus ou moins actives , tels que les cataplasmes de ciguë , de morclle , de douceamère, etc.; les pommades de cantharides , les î.'e'iicaïoi/ri , l'onguent napolitain , l'onguent de nitrate de mercure, les pommades et de proto - chlorure de mercure ; les solutions de sublimé corrosif, de sulfate de zinc , de cuivre , de nitrate d'argent, à la dose de trois à six grains dans une once d'eau distillée; la solution de sulfure de potasse, à la dose d'un gros dans une livre d'eau tlistillée; la lotion de Barlow {prenez : sulfure de potasse, deux gros ; savon blanc , deux gros et demi ; eau de chaux, sept onces; alcohol rectifié, un gros) ; celle de chlorure de chaux; la pommade de Danycr (prenez .• litharge , 2 onces; alun calciné , une once et demie; calomel , une once et demie; axonge , deux livres; térébenthine de Venise, une demi-livre); la pommade A'iodure de soufre (prenez: axonge, une once; iodure de soufre , un scrupule), ont été employés dans le traitement du favus, avec des résultats trop variables nour être mis en paï allèle avee les succès incontestables de la méthode de MM. Mahon frères. ( ^ oyez Porrigo , Teigne . )
AUbcrt. Tableau île la teigne faveuse. (Piécis théorique et pratique sur les maladies de la peau , t. 1 , p. 3. )
Gallot. Reclierehes sur la teigne. Pai-îs , 1805 , iii-8^-, p. 14 cl suiv. Cooke. A pralical (réalise on tinea capilis conlagiusa . London, 1810.
Luxniore. Observations on tlie nature and treatment of tinea 'capitis ^ or scalfl LeaJ. London, 1812, in-12.
JJ^dlan, A practical Ireatîse on porrîgo. Loiulon , 1814, in-4" , ^ I*orri§o lupinusa. — Porrigo scutuîata . (Scalled head or Ringworin of tlie scalp.)
Bateman, A practical synopsis of cutaneous diseascs. Londcn, in-S"* , sevenlli édition , 2 Porrigo lupinosa , Porrigo scutulatn,
S. Plumbe, A practical Ireaiise on diseases of lîie skin. London, 1824, in-8", p. 41. Dendj-, A treatise on llie cutaneous diseases incidenlal to cliilliood. London, 1827, g Porrigo favoxa , Porrigo scutuîata.
Mahon. Reclierclies sur le siège et la nainrc des teignes. Paris, 1829, in-S", fig., art. Teigne J'ai'euse.
Baudelocque . Reclierclies anatoiuiques et médicales sur la teigne faveuse. (Ret^tie mcdi~ cale, Paris, octobre 1831.)
(P. Rayer )
FEBRIFUGE, adjetif et substantif ; yèè/'//£/i,'H5 , anti-fehrilis , anlipyreticus , alexipjrelicus ; médicament qui chasse la fièvre. 11 existe en effet des médicamens qui , donnés d:ins certaines circonstances , dissipent la fièvre ou bien en préviennent le retour; tel , par exemple , le quinquina dans les /ièt'res intermittentes. On a donc donné avec raison le nom dcfébri/ii^es aux agens qui possèdent cette propriété , et celui de fébrifuge par excellence au méilicameiit qui en jouit au plus haut degré , savoir , le quinquina. Mais cette expression est vague, elle ne désigne pas une propriété médicamenteuse bien précise, et devait nécessairement conduire à l'erreur. C'est ce qui est arrivé : une fois l'épilhète de fébrifuge accolée à un médicament, on n'a pas tardé à croire qu'il devait nécessairement faire fuir la fèi're, comme un narcotique endort, comme un drastique purge , comme un diurétique fait uriner; et que la fièvre fût intermittente ou continue , qu'elle dépendît d'une inflammation intérieure ou même externe, appris que l'on était à la considérer comme un état morbide indépendant (exislens per ifi), on administrait le fébrifuge, qui souvent échouait et devenait nuisible.
Il n'est plus permis aujourd'hui d'admettre en matière médicale une classe de médicamens portant le nom de fébrifuges ; ou bien il faudrait y faire entrer totis les moyens hygiéniques, pharmaceutiques et même chirurgicaux qui peuvent faire cesser la fièvre, c'est-à-dire, tous les moyens thérapeutiques. Cette épithèle ne doit servir qu'à éviter une périphrase ; elle n'a pas d'autre valeur. Si cependant on continuait à l'employer dans son ancienne acception , il faudrait ne l'appliquer qu'aux médicamens qui , comme le quinquina , possèdent la propriété de prévenir le retour des accès des fièvres intermittentes. On range, au nombre de ces substances, la poudre de petit houx , les écorces d'angusture, de marronnier d'Inde , de cerisier, de saule , de chêne, de frêne et d'orme, les racines de valériane , de gentiane , de bardane , de chicorée sauvage ; les fleurs de petite centaurée, de camomille , de lilas ; les sulfales et les carbonates de fer , les sulfates de cuivre et de zinc , les arséniates de potasse et de soude , l'opium , le camphre, le musc, et beaucoup d'autres agens encore. Mais parmi eux il n'en est qu'un petit nombre qui jouissent bien évidemment de la propriété d'arrêter les accès de fièvre intermittente, et aucun ne la possède à un aussi haut degré que le quinquina. Les plus efficaces après lui sont le petit houx , la valériane , l'angusture , la centaurée , les sels de fer , et les arséniates ; ces derniers sont dangereux. (L.-Ch. Roche.)
FÉCULE. Voyez Alimens.
FENOUIL, y^/iicu^YW officinale; anelhum fœniculum. Cette plante qui appartient à la grande famille des ombellifères , Juss. , et à la penlandric digynie, Linn. , possède des propriélés réelles qu'elle doit à l'huile essentielle dont elle est abondamment pourvue , comme toutes les plantes de cette grande division. Elle jouissait chez les anciens d'une grande réputation ; elle figurait au nombre des cinq racines apéritives , et des quatre semences chaudes majeures, et entrait dans un grand nombre de médicam^is composés. L'examen qu'on en a fait de nos jours l'a réduite à sa juste valeur.
Le fenouil se trouve en abondance dans les pays chauds et dans les terrains secs. Il offre une racine allongée , de la grosseur du doigt; une tige rameuse; des feuilles engainantes el membraneuses à la base , décomposées en folioles linéaires filiformes. Ses feuilles sont jaunes, disposées en ombelles: son fruit est \ une semence allongée, glabre el marquée de stries longitudinales. On distingue
FER
FER
plusieurs variétés de fenouil , qui , malgré leurs différences botaniques , n'en présentent que fort peu , relativement aux élémens qui les composent et aux vertus dont elles jouissent.
Toute la plante exhale une odeur aromatique fort agréable, et présente une saveur à la fois piquante et sucrée. Cependant les fruits sont la partie qui jouit à uu plus haut degré de ces vertus, parce qu'ils contiennent en plus grande proportion I huilc volatile qui est propre à la plante , et qu'on emploie fréquemment dans la matière médicale , et plus encore peut-être dans l'économie domestique. Ses propriétés excitantes sont incontestables ; mais il est bien évident qu elles n'ont rien de spécial, et qui doive faire préférer le fenouil à 1 anis , à l'angclique , ou à telle autre ombellifère.
Dans quelques pays on mange le fenouil comme plante potagère; on confit au sucre ses semences ; on en prépare une eau distillée odorante , et on extrait riiuile, qui tantôt s'administre seule, tantôt sert à aromatiser diverses préparations. On se sert peu de la racine, qu'autrefois on prescrivait en infusion aqueuse ou vineuse , en pilules , etc. On a reconnu l'inutilité de ces remèdes si nombreux, et si pauvres en résultats. (F. Ratier.)
FER. ( Chim. pharm. ) Le fer est un des métaux les plus abondamment répandus dans la nature; car il existe dans tous les végétaux , dans les animaux, et il y a fort peu de minéraux qui en soient complètement privés. Indépendamment de cette dispersion générale, le fer se trouve dans la terre sous un grand nombre d'états qui lui sont propres ; tels sont ceux de métal, d'oxydes , de sulfures , de sulfate , de carbonate , de chromate , de tungstate , etc.
Le fer natif, disposé en filons dans le sein de la terre , est fort rare jusqu'à présent ; mais il existe une autre espèce de fer métallique , épars en blocs isolés à la surface du sol , et dont la masse est souvent très-considérable. Celui-ci est toujours allié d'une petite quantité de nickel , métal qui existe également dans tous les météorites. Cette circonstance a fait penser que les uns et les autres avaient une origine semblable, c'est-à-dire que le fer natif de l'Amérique du sud , de la Sibérie et d'autres lieux , doit être tombé de l'atmosphère , quels que soient d'ailleurs sa première origine et son point de départ.
De toutes les mines de fer, on n'exploite , pour en retirer le métal, que les oxydes et le carbonate; et déplus, les oxydes, qui se trouvent presque partout, fournissent plus de fer que le carbonate qui est beaucoup plus rare. En général, pour en extraire le fer, on lave la mine afin d'en séparer l'excès des matières terreuses; et on la fond avec du charbon dans des fourneaux où la combustion est activée par d'énormes soufflets. Le métal réduit coule à des intervalles réglés par une ouverture pratiquée au bas ; mais il est impur et tel qu'on le connaît sous le nom de fonte. Ce n'est que par l'affinage qu'il devient malléable, susceptible d'être forgé, et qu'il prend le nom de J'er.
Le fer est d'un blanc gris , très-éclatant lorsqu'il est poli. C'est le plus dur, le plus élastique , le plus tenace , et peut-être le plus ductile de tous les métaux ductiles. Il pèse 7,78; il est attirable à Y aimant , et il peut acquérir lui-même une force magnélique considérable, par le frottement d'un aimant, ou lorsqu'il se trouve placé dans quelques circonstances particulières. Il se fond vers le 130<^ degré du pyromètre de Wegdwood; il s'oxyde à l'air humide et se couvre de rouille (oxyde ferrique ou peroxyde de fer hydraté.) Il s'oxyde également à la température du rouge obscur , et se convertit en oxyde brun noirâtre, mélange de deutoxyde et detritoxyde , qu'une calcination suffisamment prolongée convertit en peroxyde rouge-brun ; enfin il brûle dans le gaz oxigène avec une scintillation des plus brillantes, pourvu qu'on le plonge dans ce gaz à l'état de fil plat , portant à son extrémité un morceau d'amadou allumé.
Le fer poli et laminé n'a pas d'action à la température ordinaire sur l'eau pure et non aérée; mais à la chaleur rouge, il la décompose rapidement , en absorbe l'oxigène et en dégage l'hydrogène à l'état de gaz. C'est même par ce moyen que Lavoisier a prouvé la nature composée de l'eau , regardée presque jusqu'à lui comme un élément, et a déterminé le rapport de ses deux principes constituans.
Le fer se combine à tous les corps simples non métalliques , excepté peut être à l'hydrogène; il se dissout dans tous ces acides avec des phénomènes différens, suivant la nature de ceux-ci, mais presque toujours cependant avec un vif dégagement de gaz hydrogène dû à la décomposition de l'eau, et le fer oxyde se combine à l'acide. Ce métal , ainsi dissous , est facile à reconnaître , quoique les précipités qu y forment les réactifs varient avec son degré d'oxydation. Lorsqu'il est à l'étal de pi otoxyde ou A'oxjde ferreux , il forme avec les alcalis un précipité blanc passant de suite au vert par le contact de l'air, ensuite au vert noirâtre , enfin au rouge. Il forme avec le cyanure ferroso-potassique un jirécipité blanc passant au bleu , et un précipité bleu par le cyanure ferrico-potassique. Il ne précipite pas par la noix de galle ; mais la liqueur se colore eu bleu violet par le séjour à l'air.
Le ter à l'état de peroxyde (oxyde ferrique) précipite en rouge parles alcalis, en noir par la noix de galle, en bleu foncé par le cyanure ferroso-potassique. Il n est pas précipité par le cyanure ferrico-potassique.
Enfin, le fer à l étal de deutoxyde ( oxyde fenoso-ferrique) , précipite en bleu céleste par le cyanure ferroso-potassique, en bleu foncé par la noix de galle et en noir par les alcalis. Cependant , lorsque ces derniers y sont ajoutés goutte a goutte, et en agitant la liqueur à chaque fois , le précipité est rouge d'abord , et blanc vers la fin , p.rce qu'alors l'oxyde se décompose en ses deuv composans , Voxydeferric,He et Y oxyde ferreux. Vojez Fer (oxydes de).
\ Acétates de). 11 en existe deux , le premier à base de protoxyde ou d oxyde >r,e«x , est cristallisable en prismes verts qui se décomposent facilement a 1 air; le second, à base d'oxyde /e,v/./ue, est rouge et iuchslallis.blo.
C'est ce dernier qui sert de base à Y éiher acétique martial de Klaproth , composition qui ne sera régulièrement préparée que lorsqu'on aura déterminé la quantité d'acétate ou d'oxyde de fer qu'elle contient. Jusqu'ici on la prépare assez généralement et très-vaguement en mélangeant neuf onces d'un dissoluté d'oxyde ferrique dans du vinaigre concentré avec deux onces d'éther acétique et autant d'alcohol rectifié.
Fer ( Bromures de). On en connaît deux principaux qui répondent aux deux oxydes de fer salifiables. Le &/-o/Mi<?-e/i/7-eux s'obtient en traitant , par la voie humide , le brome par un excès de fer ; il est trcs-soluble dans l'eau et cristallisable. Ou l'obtient aussi par la voie sèche, anhydre, d'un jaune clair, trèsfusible, devenant lamelleux et cristallin par le refroidissement. Le bromure ferrique s'obtient de même pjr la voie sèche ou humide ; mais en employant un excès de brôme : obtenu par la voie sèche , il se sublime en cristaux d'un rouge foncé qui communiquent la même couleur à l eau. L'un et l'autre bromures sont encore inusités.
Fer (Carbonates de). Le carbonate ferreux (proto - carbonate de fer) existe dans la nature , cristallisé en rhomboïdes qui imitent la forme du carbonate de chaux; on le nomme fer spathique. Ce même sel existe dans les eaux minérales ferrugineuses , dissous dans un excès d'acide carbonique ; enfin on peut le préparer , soit en dissolvant de la limaille de fer dans de l'eau chargée d'acide carbonique, soit en précipitant un soluté de sulfate ferreux par un soluté de carbonate de soude ou de potasse ; mais , dans aucun cas , l'art ne peut le donner isolé, à cause de la facilité avec laquelle il se sur-oxyde à l'air, en perdant son acide carbonique. Aussi à l'article âes Eaux minérales artificielles, avons-nous indiqué que la seule manière de 1 introduire en dose déterminée dans ces eaux, était de l'y produire directement par la double décomposition du sulfate ou de l'hydrochlorate de fer et du carbonate de soude.
Le carbonate ferrique ( trilo-carbonatedefer)nt peut pas être obtenu davantage à l'état de pureté, et il n'est même pas certain que l'oxyde ferrique et l'acide carbonique puissent s'unir directement. Mais on obtient ce sel en combinaison double avec les carbonates alcalins , en dissolvant de l'hydrate de triloxyde de fer dans un soluté de bi-carbonate de soude ou de potasse ; soit encore en versant goutte à goutte du nitrate ferrique, liquide et concentré, dans un soluté saturé de carbonate de potasse pur (liuile de tartre par défaillance ). Il se produit du nitrate de potasse et du carbonate ferrique qui se redissout à mesure, à l'aide de l'agitation , dans le carbonate de potasse non décomposé. Cette liqueur, autant saturée de fer que possible, portait autrefois le nom de teinture alcaline martiale de Stald. Décomposée jjar un acide, elle forme un précipité dans un état extrême de division , qui portait le nom de safran de Mars apéritif de Stahl , et qui, de même que le safran de Mars apéritif ordinaire, obtenu soit par l'oxydation du fer k la rosée, soit par la décomposition du sulfate de fer par les carbonates alcalins et la suroxydalion du précipité à l'air , est un hydrate de tritoxjde de fer ou hydrate ferrique ; bien que les uns elles autres portent également, dans la plupart des pharmacopées, le nom de carbonate de fer , ou de sous-trito-carhonate de fer.
Fer ( Carbures de ). On admet encore assez généralement qu'il existe deux carbures de fer , savoir, un per-carbure noir, onctueux et doux au toucher nommé communémentgra/^/iz^e ou plombagine, et un proto-carbure métaUiciue, élastique ,à grain fin et serré , susceptible d'acquérir une grande dureté parla' trempe, et connu sous le nom d'acier. Mais il est reconnu aujourd'hui que la plombagine est un véritable charbon, qui ne contient qu'accidentellement des particules ferrugineuses, et qu'au contraire l'acier contient tellement peu de carbone ( 11 à 12 millièmes) qu'on ne peut le considérer que comme du fer mêlé à une très-petite proportion de véritable carbure de fer. La fonte ellemême, qui contient beaucoup plus de carbone que l'acier, puisqu'elle en renferme de 4 à6 centièmes, ne peut pas être considérée comme un carbure de fer. On ne connaît jusqu'à présent de vrais carbures de fer que ceux qui résultent de la décomposition par le calorique des cyanures de fer ; mais ils ne sont d'aucun usage.
Fer ( Chlorures de ). Chlorure ferreux, proto-chlorure de fer, proto-muriate de fer. Ce composé s'obtient en dissolvant du fer dans l'acide hydrochlorique, La dissolution s'opère avec un violent dégagement de gaz hydrogène qui provient de la décomposition de l'eau , si l'on suppose que le fer s'oxyde pour se combiner à l'acide , ou qui provient de l'acide lui même, si le fer s'unit directement au chlore. La liqueur évaporée donne naissance à des cristaux d'un verl clair qui contiennent de l'eau ; de sorte qu'on peul encore , à volonté , les considérer comme un hydrochlorate de proto.xyde de fer ou comme un pr'olo-chlo rurede fer hydraté. Pour obtenir le proto-chlorure sec et anhydre, il faut fain évaporer rapidement la liqueur à siccité , mettre le sel dans un creuset couver d'un autre creuset renversé, et le chauffer fortement : il se sublime sous form( d'aiguilles fines et brillantes , d'une saveur styptique , et d'une couleur dorée due à ce qu'il s'est formé un peu de chlorure ferrique par le contact de l'air. Oi conserve le sel dans un flacon bouché, car il est déliquescent et se convertit i l air en oxi-chlorure jaune et insoluble. Plusieurs dispensaiiesprescriventd'era ployer ce chlorure dans la préparation de la teinture alcholique du muriate d. fer, et pour celle qui est connue sous le nom de teinture nert^ino-tonique d Bestuchef; mais en raison de l'altération et de la précipitation causée par l'ac lion de l'air, il est préférable d'employer le chlorure ferrique.
Chlorure ferrique , perchlorure de fer , trilo-muriate de fer. Par la voi' sèche , on peut l'obtenir en faisant passer du chlore sur du fer doucemeti chauffé ; le sel se sublime en cristaux rouges. Par la voie humide , on se le prc^i cure en dissolvant de l'oxyde ferrique dans l'acide hydrochlorique concenirci'
FER
FER
faisant évaporer en consistance sirupeuse et exposant le liquide sous une clo- | che, dans une capsule entourée de chaux vive. Dans l'espace de dix à quinze I jours, la liqueur se trouve entièrement desséchée et convertie en un sel rou- | geâtre , aiguillé et très-déliquescent , qu'il faut pour celte raison conserver dans un flacon fermé. Ce sel contient encore de l'eau combinée , dont on peut le priver en le sublimant dans une cornue ; mais comme il s'en décompose une partie qui se convertit en proto-chlorure , il vaut mieux le conserver et l'employer tel qu'il vient d'être décrit.
On employait autrefois , sous le nom de^eurs de sel ammoniac martiales , un produit obtenu en chauffant, dans une cucurbite recouverte d un chapiteau, nn mélange de sel ammoniac et de limaille de fer. Il en résultait un sublimé d'hydrochlorate d'ammoniaque coloré par un peu de chlorure ferreux. Bientôt après ce dernier passait à l'état d'oxi-chlorure ferrique par le contact de l'air , et colorait inégalement le sel en jaune ou en rouge. Depuis on a remarqué quoii n'obtenait jamais par la sublimation qu'un mélange variable des deux sels, et l'on a conseillé de remplacer cette préparation par un mélange évaporé à siccité de trois parties d'hydrochlorate d'ammoniaque et d une partie de chlorure ferrique. C'est ce qu'on nomme aujourd'hui hjdrochlorate d'ammoniaque et de fer.
Fer ( Citrates de ). On en connaît deux , et de même que cela a lieu pour la plupart des sels de fer , celui qui contient l'oxyde ferreux forme des cristaux verts ; tandis que celui à base d'oxyde ferrique est rouge et incristallisable. M. Béral a fuit récemment une observation fort intéressantesur ce dernier selj c'est que sa dissolution, bien saturée d'oxyde ferrique, étendue en couche mince sur du verre et séchée à l'étuve, se présente sous la forme d'écaillés ou de lames transparentes, d'un rouge hyacinthe , très-brillantes et inaltérables à l'air. Ce produit, un des plus beaux que la pharmacie puisse présenter, offre l'avantage, sur la plupart des autres sels de 1er à acide végétal , de pouvoir être exactement dosé , et de former un vin , un sirop et des tablettes d une couleur et d un goût agréables , et susceptibles d'une longue conservation.
Fer ( Cyanures de ). Il en existe deux , répondant aux oxydes ferreux et ferrique , mais qui, jusqu'à présent, n'ont pu être obtenus isolés. Ils sont toujours , ou réunis entre eux et constituant le bleu de Prusse ( cyanure ferrosolerrique hydraté), ou combinés au cyanure d hydrogène, ou aux autres cyanures métalliques , et formant des cyanures doubles. Nous avons , h l'article CyanocÈKE et Cyahtjkes, décrit les seuls composés de ce genre qui aient été appliqués j usqu'ici à la thérapeutique ; ce sont le proto-cyanure de potassium et de fer ou cyanure ferroso-poiassique (prussiate ferruré de potasse), et le cyanure ferrosoferrique ou bleu de Prusse, Nous joindrons ici un troisième composé qui a été découvert, il y a peu d'années , par M. Léopold Gmelin, et dont les propriétés actives fixeront bientôt sans doute l'attention des praticiens. Ce composé est le cyanure ferrico-polassique , formé en faisant passer un courant de chlore dans un soluté de cyanure ferroso-potassique , jusqu'à ce que la liqueur devienne rouge et cesse de précipiter les sels de peroxyde de fer. Ce sel cristallise en cristaux transparens et d'un rouge de rubis, solubles dans trente huit parties d'eau troide et dans beaucoup moins d'eau bouillante. Sa dissolution aqueuse est le meilleur réactif pour reconnaître la présence des sels à base d'oxyde ferreux, qu'il précipite en bleu 5 tandis qu il est absolument sans action sur ceux à base d'oxyde ferrique ( le prussiate de potasse ordinaire précipite les sels d'oxyde ferreux en blanc , et ceux d'oxyde ferrique en bleu). Ce cyanure ferrico-potassique est composé de deux atomes de cyanure ferrique et de trois atomes de cyanure de potassium; de telle sorte que chacun d'eux contient une égale quantité de cyanogène, autrement il est composé , pour 100 , de :
Cyanogène 47,84
. Fer 16,'18
Potassium 35,68.
Il ne contient pas d'eau de cristallisation.
Fer ( lodures de ). On en peut former deux , comme deux chlorures et deux bromures ; mais le proto-iodure ou iodure ferreux est le seul usité. On le prépare en faisant réagir, sous l'eau , de l'iode sur un excès de limaille de fer. La liqueur qui s'était d'abord colorée en brun foncé par la formation du deutoiodure , se décolore à mesure que le fer en se dissolvant ramène ce sel à l'état de proto-iodure. Quand le dissoluté est devenu presque incolore ou d'un vert très-pâle qui est la couleur du proto-iodure dissous , on filtre et l'on fait évaporer dans une cornue, à l'abri du contact de l'air. Lorsque la liqueur est suflisamment concentrée, le sel forme des cristaux verts et transparens, semblables à ceux du sulfate de fer, ce qui peut faire penser qu'il y est à l'état d'hydriodate; mais ordinairement on pousse l'évaporalion jusqu'à siccité et alors on obtient un produit brun , opaque et d'un aspect métallique , qui ne peut plus être considéré que comme un iodure. Il est très-déliquescent et altérable à l'air , ce qui oblige à le conserver dans des flacons fermés.
Fer ( Hydriodaies de ). hes hydriodates de fer ne sont que des iodures dissous ou cristallisés dans l'eau ; le seul usité est le pi'oio-hydriodate , ou hydriodate ferreux ; mais comme on l'emploie toujours à l'état sec ou de simple iodure , voyez l'article Fer ( iodures de ).
Fer ( Hydrochlorates de) . V oyez de même l'article Fer ( chlorures de ).
Fer ( Malate de ). Ce sel pourrait s'obtenir à l'état de pureté en faisant dissoudre du fer dans l'acide malique pur; mais il est inusité sous cet état; et ce qu'on nomme ordinairement malate de fer, ou plus exactement extrait de pommes ferré , se prépare en faisant digérer pendant plusieurs jours une partie de limaille de fer dans huit parties de suc exprimé de pommes aigres ; on fait en-
suite réduire à moitié sur le feu, on passe la liqueur et l'on continue l'évaporation jusqu'en consistance d'extrait. Cet extrait, outre le malate, contient du citrate et du gallate de fer, et la partie mucilagineuse et colorante du suc de pommes.
On prépare de même un extrait de mars cydoniè en employant le suc de coings en place de celui de pommes.
Fer ( Nitrates de ). Le nitrate ferreux n'a qu'une existence éphémère , en raison delà facilité avec laquelle l'acide nitrique réagit sur l'oxyde ferrique. Le nitrate ferrique s'obtient en saturant à chaud de l'acide nitrique un peu affaibli par de la limaille de fer, en faisant concentrer au bain-marie , jusqu'à ce que la liqueur ne perde plus rien par l'évaporation. On peut le dessécher par la chaux, de même que le chlorure ferrique , et on obtient une masse saline d'un rouge brun , déliquescente, très - soluble dans l'eau et dans l'alcohol. Ce sel n'est usité que pour préparer la teinture martiale alcaline de Sthal. f^oj ez Fer {carbonates de ).
Fer ( Oxydes de ). On connaît trois oxydes de fer qui sont composés de telle manière, que si on se représente le premier formé de 1 atome de fer et de 2 atomes d'oxigène, le deuxième contiendra 2 atomes 2/3 d'oxigène, et le troisième trois atomes. Or, comme le nombre intermédiaire n'est pas en rapport simple avec les deux antres, et que, d'ailleurs, l'oxyde auquel il répond se laisse facilement diviser par les précipitations chimiques , en protoxyde et en peroxyde , on en a conclu que cet oxyde intermédiaire était produit par la combinaison des deux autres, et qu'il n'existait eu réalité que 2 degrés directs d'oxydation du fer. Si, en effet , on ajoute 1 atome de protoxyde de fer = 1 de fer et 2 d'oxigène , avec 2 atomes de peroxyde = 2 de fer et G d'oxigène , on aura pour total: fet 3 -t- oxygène 8 ; ce qui équivaut au premier rapport de I à 2 2/3.
lo. Oxyde ferreux ou protoxyde de fer. Cet oxyde s'obtient toutes les fois que le fer décompose l'eau , sans avoir le contact de l'air ; soit lorsqu'on fait passer de l'eau en vapeur sur du fer chauffé au rouge (Berzélius), soit lorsqu'on dissout le fer dans un acide étendu d'eau (sulfurique , hydrochlorique , etc.). Cet oxyde obtenu anhydre est noir; mais, précipité par un alcali de sa dissolution dans les acides, il est blanc à l'état d'hydrate , passant rapidement au vert, au noir et ou rouge par le contact de l'air. Il n'existe pas dans la nature; il est formé de 77,23 parties de fer et de 22,77 d'oxigène, ou de 100 parties du premier, et de 39,48 du second.
2°. Oxyde ferrique , peroxyde ou triloxyde de fer. Cet oxyde est très-répandu dans la nature et forme surtout , presque en totalité , les mines de fer de l'île d'Elbe. Il y est cristallisé, ayant la couleur et l'éclat de l'acier, mais fragile et donnant une poudre d'un brun rouge ( fer oligiste de Hauy ). On le trouve également en masses concrétionnces , dures , j)esantes, d'une texture fibreuse, ayant un éclat métallique brun, et donnant une poudre rouge [pierre hématite ) ; ou en masses terreuses , d'un rouge vif, contenant une certaine proportion d'argile ( sanguine ou crayon rouge ).
Les arts produisent aussi une grande quantité d'oxyde ferrique qui porte le nom de rouge d^ Angleterre ou de rouge de Prusse , lorsqu'il provient de la calcination des dépôts de sulfate de fer , et celui de co/cot/iar quand il est le résultat de la calcination de ce même sel, dans les fabriques A'acide sulfurique glacial. Enfin les anciens pharmaciens connaissaient , sous le nom de safran de mars astringent, une oxyde rouge provenant de la calcination prolongée et de l'oxydation complète du fer.
Cet oxyde est formé sur 100 parties , de fer 69,34 ; oxygène 30,66 , ou de fer 100, oxigène 44,21.
3". Oxyde ferrosoferriquc , communément deuloxyde ou oxyde noir de fer ; formé , comme nous l avons dit , par la combinaison des deux précédens , et contenant fer 71,785 ; oxigène 28,215; ou fer 100 , oxigène 39,29.
Cet oxyde existe dans la nature, et constitue le fer oxydulé des minéralogistes et l'aimant naturel. On le prépare très-facilement en pharmacie, et mettant en pâte, dans une terrine, de la limaille de fer avec de l'eau , l'agitant souvent pendant plusieurs jours , ayant soin d'ajouter de temps en temps un peu d'eau pour remplacer celle qui s'évapore ; car il se produit une chaleur considérable due à l'absorption de l'oxigène de l'air. De cette action mixte de l'air et de l'eau en vapeur , résulte un oxyde d'un noir parfait et trcs divisé, connu sous le nom d'éthiops martial.
4°. Oxyde ferrique hydraté. Ce composée existe aussi dans la nature; c'est lui qui constitue la mine de fer en stalactite , Vhémalite brune, Yœtile o\i la pierre d'aigle , la mine de fer limoneuse , Yocre brune et l'ocre jaune; ces deux dernières contiennent de l'argile. C'est encore cet hydrate de fer qui constitue principalement la rouille qui se forme sur le fer exposé à l'air humide , et le safran de mars apéritif que l'on préparait autrefois en exposant de la limaille de fer à la rosée , et séparant par le lavage l'oxyde formé du fer métallique. Enfin , c'est encore lui que l'on obtient lorsqu'on décompose le sulfate de fer par un carbonate alcalin , lavant exactement le précipité et le faisant sécher à l'air. Ainsi que nous en avons déjà fait la remarque, on désigne souvent cette préparation sous le nom de carbonate de fer, mais on a reconnu que l'acide carbonique qui , en effet , y existe d'abord tant que le précipité est au minimum ou au we- </tumd"oxydatiou, en est éliminé à mesure que l'oxyde complète son oxigénation à l'air: de sorte qu'en définitive, il n'y reste que des quantités tout-à-fait insignifiantes d'acide carbonique. Quant à l'eau qui s'y trouve aussi , elle y reste , à moins qu'on n'emploie la chaleur dans les lavages ou la dessiccation ; car alors on n'aurait plus qu'un simple oxyde rouge ou oxyde ferrique, ce qu'il faut éviter.
Fer ( Sulfates de ). 11 existe un grand nombre de sulfates de fer , qui varient
FER