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encore il a élé vanté à l'estéi ieur, surtout à l'état d'aimant naturel (fer oxydulé simple amorphe, Hatiy), ou d'aimant artificiel. Il résulte des expériences faites par Andry et Thouretdans un rapport lu à la société royale de médecine sur l'aimant, considéré comme moyen thérapeutique , il résulte , dis-je, que l'aimant a sur les nerfs une action aussi réelle qu'inexplicable, et qu'on ne saurait considérer comme de simples amulettes les barreaux aimantés qui ont fait fureur pendant quelque temps; j'ai eu quelquefois recours à ce moyen dans certains cas de dyspepsie , de gastralgie; mais je confesse que je ne leur ai trouvé d'autre avantage que celui de calmer l'imagination des malades, qui d'ordinaire ajoutent une grande confiance à toutes les applications de la physique à l'économie. Je suis persuadé que le discrédit dans lequel est tombé l'emploi du magnétisme minéral tient à ce qu'on n'a eu recours qu'à des barreaux aimantés d'une puissance trop peu énergique. J'ai entendu dire qu'un étranger obtenait en ce moment de grands succès dans le traitementdes névralgiesintermittcntes ou autres à l'aide d'un barreau aimanté d'une force prodigieuse.
§ XI. DES FERRCGINEnX DANS CERTAINES MALADIES CHRONK^UES. — Lc fcr a été
vanté dans le plus grand nombre des maladies chroniques , dans tous les cas de de cachexie, 'd'altération du sang , etc. ( Loeber, De prœstantiâ narlis in moi bis chron. , 1 75 1 ) ; et bien qu'il soit impossible d'expliquer son mode d'action et même de soumettre son application à des règles bien précises , son eificatité n'en est pas moins bien constatée dans une foule de cas où d'autres médications avaient échoué.
A. Des ferrugineux dans Vhydropisie. Je me rappellerai toujours l'observation d'une jeune fille de 18 à 19 ans , qui était affectée d'anasarque essentiel , autant qu'il fut possible de le déterminer. L'infiltration était énorme, surtout aux. extrémités inférieures. Des mouchetures avaient été plusieurs fois pratiquées ; la scille , la digitale , les hydragogues de toute espèce avaient été inutilement employés ; je crus le cas désespéré ; néanmoins je conseillai le souscarbonate de fer à la dose de 20 grains matin et soir. Vers le huitième jour, l'infiltration commença à diminuer, et en six scpiaines la malade était en convalescence. — Le fer a eu entre mes mains le même succès dans un cas d'ascite essentielle observée chez une fille réduite au plus grand état de marasme; mais, dans beaucoup d'autres cas d ascites présumées essentielles ou dépendantes d une lésion du foie , le fer a échoué comme tous lesautres moyens. C'est surtout dans l'hydropisie qu'on associe le fer avec avantage aux purgatifs dits hydragogues ; aussi l'cthiops martial ( oxyde de fer noir ), qui est généralement employé dans ce cas, entre-t-il avec la scammonée , l'aloès , la scille , le savon oflicinal l'extrait d'absinthe, l'extrait de petite centaurée, dans la plupart des préparations dirigées conirel l'hydropisie; et celte combinaison est rationellc, pourvu toutefois que l'état du canal alimentaire ne présente pas de contre-indication.
B. Du fer dans les maladies scrofuleuses. — Les ferrugineux sont parfaitement indiqués dans les maladies scrofuleuses ( De ferri in orgaiiismum agendi modo , ejjicaciam cai bonatis ferri in scrophulis imprimis respicienle, Acta not^. reg. soc. ined. Havn., 1828 ) , et il est à regretter que leur usage ne soit pas plus général. On peut les alterner avec les amers , les mercuriaux, les alkalins et les autres préparations généralement usitées, ou bien on peut les combiner avec ces diverses préparations. Je ne saurais trop recommander le sous-carbonate de fer et de potasse ; la teinture martiale alkaline deSthal qui n'est qu'un mélange
de nitrate de potasse et de sous-trito-carbonate de fer dissous dans un excès de sous-carbonate de potasse; rhydroclilorale de fer et d'ammoniaque ( en* ^nartis , fleurs martiales) ; le vin amer chaljbé , composé avec teinture de mars tartarisée , une once ou deux par livre de vin blanc ou rouge, et dans lequel on fait infuser des amers , tels que l'absinthe , l'armoise , la gentiane , l'écorce d'oranges amères , le quinquina; enfin la formule suivante , qui est à peu près celle de Barthcz.
Prenez : Sous- carbonate de fer 3 iij
Calomnel xx gr.
Aloès 13.
Extr. gentiane q. s.
F. S. L. 40 pil. Une matin et soir.
M. Le docteur Lugal recommande beaucoup dans ce cas les pilules préparées avec iodure de fer , 1/i de grain par pilules.
C. Du fer dans la phthisie pulmonaire. On a vanté dans la phthisie tuberculeuse la mixture et les pilules de Griililh , dont la base est le produit de la double décomposition l'u sulfate de fer et du sous-carbonate de soude ou de potasse. Si d'une part il est vrai que le défaut d'hématose soit la cause de la mort de la plupart des phthisiques , si d'une autre part il est bien constaté que le fer favorise Ihémathose, on conçoit, àpriori, l'utilité du fer dans le traitement de cette maladie ; mais trop peu de faits ont été recueillis sur ce sujet pour que nous puissions arriver à quelque conclusion légitime. D'un autre ciite , tous les observateurs s'unissent pour proscrire les ferrugineux dans le cas où il existe plilegmasie et fièvre.
D. Des ferrugineux dans (e cancer. — Le docteur Carmichaël parlant d'un point de vue erroné , savoir que le cancer est dû à la présence d'un entozaire, d'une hydatide ; et d'un autre côté , ayant constaté l'efficacité du fer dans les maladies ver.nmeuses, fut conduit à essayer le fer dans les maladies cancéreuses; etl'evcnement , d.t-.l .justifia complètement ses prévisions {an Essay on the effects of carbonate of iron upon cancer, etc. Dublin , 1806 ). L'auteur administrait le sous-crbonate <le fer à l'iniérieur à forte dose , et en même temps il l'employait a l'extérieur , tantôt en poudre , tantôt incorpore dans des pomma-
des. Souvent il préférait le sulfate de fer en lotions. Cinq cas d'ulcères d'apparence cancéreuse à la face , au scrotum , à la jambe , ont cédé à l'emploi de ce moyen. Plus tard , le même auteur publia ( Annales de littérature médicale étrangère, 1808) d'autres observations dans lesquelles il préconise le phosphate oxygéné de fer comme la préparation externe la plus efficace. Mais outre que la discussion des faits rapportés par Carmichaël laisse beaucoup d'incertitude dans l'esprit sur la nature cancéreuse des solutions de continuité guéries par le fer, c'est que des résultats aussi satisfaisaus n'ont été nullement confirmés par les autres observateurs. Pour mon compte, j'ai usé et abusé de ce médicament dans les maladies cancéreuses , et cela sans la moindre apparence de succès.
Si le fer n'exerce aucune influence sur les cancers externes , à plus forte raison n'en exercera-t-il aucune sur les cancers internes. J'ai vainement administré le fer dans plusieurs cas de cancer de l'estomac ; quelquefois il diminuait ou supprimait momentanément les vomissemens; d'autres fois il les exaspérait. Le 1er a également échoné dans plusieurs cas de cancer du foie , de l'utérus.
§ XII. DES FERRUGINEDX DANS LES ALTERATIONS DU SA.NG , SUITE d'iNFLAMM ATION
DES VEINES ET DES VAISSEAUX LYMPHATIQUES. — J'ai tout récemment essayé le sous-carbonate de fer à la dose d'un demi-gros dans un cas de péritonite puerpérale chronique , avec inflammation probable des vaisseaux lymphatiques utérins, péritonite qui fut suivie de douleurs articulaires et musculaires, et d'abcès dans diverses parties du corps. La malade a marché lentement vers la convalescence , et le fer n'a certainement pas nui , à supposer qu'il n'ait pas été salutaire. Je me propose de répéter cette observation, et si mes prévisions se justifient , le fer serait un moyen bien précieux dans les cas si fréquens et si graves d'infection du sang k la suite des grandes plaies ou d'opérations chirurgicales.
§ XIII. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR l'aCTION THERAPEUTIQUE DES FERRUGI- NEUX. — Telles sont les principales circonstances dans lesquelles le fer a étémis en usage. Cherchons maintenant à analyser l'action thérapeutique de cette substance, pour en régulariser, en limiter l'emploi.
De tout temps le fer a été rangé dans la grande classe des tonicjues et des excitans , aussi est-il généralement rejeté dans toutes les maladies aiguës , et plus spécialement dans toutes celles qui présentent un caractère inflammatoire. Son action sur l'économie ne saurait être comparée à celle d'aucun autre agent thérapeutique , et on tenterait vainement de le earactériser par les expressions vagues d'astringens , d^apéritf^ , de fondans , d'emménagogues , dénominations qui ont été tour à tour ou simultanément imposées à ses diverses préparations ; à plus forte raison est-il impossible de diviser les ferrugineux en toniques , en astringens et en excitans , ainsi que l'a tenté un praticien distingué ( piclionnaire de Médecine en 2i volumes , article Fer ) ; sa grande , sa principale ac» tion , est celle qu'il exerce sur le sang , dont il modifie le crase , et par le sang sur l'économie tout entière : c'est par là qu'il mérite d'être employé dans tous les cas où il y a langueur dans la circulation générale et capillaire , dans ceux où existe une altération du sang , une ijnperfection quelconque de l'hématose . et on voit combien est grande la série de maladies ou d'états morbides auxquels s'applique une semblable médication ; aussi ai-je cru devoir admettre dans ma pratique une médication par les ferrugineux , tout comme on admet une médication par le quinquina , une médication par l'opium , etc. Mais comment agilj le fer sur le sang ? il augmente sa coloration , voilà l'efTet appréciable ; et on se I rendait parfaitement compte de ce phénomène à l'aurore de la chimie pneumatique , alors qu'on imaginait que la couleur rouge du sang était due à la petite ! dose de fer qu'il contient. Ce que nous savons, c'est que le fer pajsse dans If ' sang en quantité plus ou moins notable , car les urines des individus qui fonl^ usage de ce médicament précipitent en noir par l'action de la noix de galle. Nous voyons, sous l'action continue de cette précieuse substance, tous le; tissus se colorer , un état de bien-être et de vigueur succéder à un sentiment de malaise et de débilité. Mais les idées moyennes nous manquent pour remplit l'intervalle <Jui sépare l'introduction du fer dans l'économie de ses efTets consécutifs.
Du reste, il ne répugne nullement d'admettre que le fer, transporté dans 1( : torrent de la circulation , agit sur nos tissus comme il agit sur la bouche et sui les tissus extérieurs sains et ojorbides, c'est-à-dire en détej'minant un sentiment d'astriction et de tonicité. •
Bien que l'action du fer soit générale , puisque le sang, chargé de principes ferrugineux, remonte partout la vitalité alTaiblie, on ne saurait lui contestei ' une action spéciale sur les voies génito-urinaires qu'il excite, une action moins spéciale , piais directe , sur les voies alimentaires et annexes , et en particuliei sur le foie et sur la rate. En sorte que si j'avais à caractériser l'action thérapeutique du fer en langage linnéen, je dirais : le fer , 1" modijicateur puissant di l'hématose , qu'il élèi'c à son type normal lorsqu'elle est affaiblie , quil exalu lorsquelle esc dans l'état normal ; 2° peut être dépurateur du sang vicié ; 3° ma dificaleur spécial et excitant des organes génito-urinaires ; i° tonique des voie: digestifes ; 5" résolut f presque spécifique dans lliypertrophie de la rate.
Pour remplir les lacunes que présente la thérapeutique , sous le rapport fer rugineux , il faudi ait soumettre un certain nombre d'individus sains et malades placés dans des circonstances bien déterminées , à l'action d'une dose graduel lement croissante de préparations ferrugineuses , et ici au moins rexpérimen| tation serait sans danger. Ces expériences ont été déjà faites par Hahuemanrl (Natura Med. para , t. 2) , qui , partant de son grand principe , Nil prodes\^ quod non Icedcre possit idem , est arrivé à ses résultats accoutumes , c'est-à-dir'. qu'à la dose de ~'r^, —77-1 — ^— > tle grain . le fer produit des effets tonique
FIBREUX (CORPS)
FIBREUX (CORPS)
qui persistent pentlant vingt-quatre heures ; qu'à dose plus forte, soit à l'inlélieur , soit à l'extérieur , en bains, ses effets toniques persistent pendant un mois. Il en conclut que ce médicament n'est point du tout indifférent , qu'il ne peut pas être considéré comme un simple tonique , mais bien comme un médicament très-actif et même souvent nuisible. 11 infère les mauvais effets du fer sur l'économie de l'étal valétudinaire habituel qu'il dit être le partage des habitans du voisinage des eaux minérales ; et en outre d'expériences nombreuses faites sur ses élèves et sur lui-même , dont on peut lire les résultats singuliers dans un journal très-circonstancié qu'il a publié à cet effet. Quelle singulière pratique ! Et c'est h côté de cette doctrine des intinimens petits , qui au moins ne peut nuire c(u'eu empêchant de faire mieux , que marche une autre doctrine qui manie avec une inconcevable témérité les médicamens les plus énergiques à des doses effrayantes , tels que 20, 30 grains, un gros de tartre stibié dans vingt-quatre heures. !
Pour en revenir au fer , on cite des exemples de pléthore, d'assoupissement, d'hémon hagies , de coliques , d'anxiétés, de selles abondantes , et même de selles dysentériques survenues a la suite de l'usage trop prolongé ou à trop forte dose des ferrugineux. On lit dans la Bibliothèque médicale , tome 9, page 264 , l'observation d'une salivation abondante survenue à la suite de l'emploi de ce moyen. La dose fut portée à ÎO gros en trente-six heures. De toutes les préparations ferrugineuses usitées , le sulfate de fer est la plus active : il est encore employé comme vomitif en Allemagne et en Angleterre. Quelques auteurs l'ont même considéré comme vénéneux. ( Ceuveilhier. )
FEU, ignis. Appris les articles Calorique et Cautérisation , il semble peu nécessaire de parler séparément de l'emploi médical àafeu. Dans l'état actuel lie nos connaissances , on sait que le calorique agit sur l'économie animale en raison de la quantité qu'en renferment les différens corps qui lui servent de conducteurs , et de la facilité plus ou moins grande avec laquelle il est transmis. Ainsi , l'on sait maintenant qu'il n'y a pas de différence réelle entre l'action du calorique produit par un corpi incandescent , et celui qui résulte d'une décomposition chimique plus ou moins rapide, comme celle qui a lieu dans l'application des acides minéraux, des alcalis et de quelques sels caustiques ; et que le plus ou le moins de douleur qui se fait ressentir dans tel ou tel mode de cautérisation, dépend seulement de la vitesse avec laquelle la désorganisation a lieu,, et non pas delà nature de l'agent qui la produit.
Les anciens, guidés par les opinions de leur temps, et considérant le feu comme le plus subtil et le plus actif de tous les élémens , l'avaient également regardé comme le plus efficace de tous les remèdes , et pensaient qu'on devait abandonner comme totalement incurables les maladies contre lesquelles il avait échoué. La même manière de voir subsiste aujourd'hui ; mais tout en reconnaissant les avantages très-étendus que présente la cautérisation méthodique et opportune, on ne croit pas que celle qu'on pratique au moyen du feu proprement dit soit préférable à toute autre. ( Vojez Calorique, Cautère , Cautérisation , MoxA. )
La manière d'envisager le feu doit donc changer : pour nous , ce ne sera plus qu'un mode d'application du calorique, que certaines conditions morbides devront faire préférer aux autres. Pour nous aussi l'art d'appliquer le feu , dont on avait fait en quelque sorte une médecine à part , ne sera plus qu'une branche de la thérapeutique medico-chirurgicale , dont les applications pratiques seront indiquées en traitant des diverses maladies qui peuvent le réclamer.
On employait aussi jadis le feu , comme moyen hygiénique, dans l'intention de purifier l'air. Nous voyons dans les anciens auteurs que, dans les cas de maladies épidémiques , on avait coutume d'allumer de grands feux sur les places publiques , dans la vue de diminuer les ravages de la maladie. Dans les habitations particulières on faisait usage du même moyeu dans des vues de salubrité ; seulement, au lieu de regarder le feu comme un agent de ventilation propre à favoriser le renouvellement de l'atmosphère , on lui attribuait à tort la vertu de détruire les émanations malfaisantes qui s'y trouvaient suspendues. On ajoutait ordinairement aux matières combustibles employées pour cet objet quelques substances odorantes qui constituaient alors de véritables fumigations. ( Voyez ce mot. )
Les progrès de la physique et de la chimie ayant mis à même de reconnaître l'insuffisance des feux allumés en plein air, et même des fumigations faites dans l'intérieur pour corriger une atmosphère viciée, ont également enseigné les moyens plus rationels et plus sûrs dont l'hygiène publique et particulière a su faire son profit. ( F oyez Assaimissemet , Désinfection , Police médicale.)
(F. Uatier. )
FIBREUX (Corps). Corporajîbrosa. — On désigne ainsi des masses, en général arrondies, d'un tissu accidentel très-analogue à celui qui forme les ;endons des muscles , ou les ligamens des articulations.
Siège des corps fibreux. — L'utérus est sans contredit le point du corps où le développent le plus ordinairement les productions qui nous occupent ; mais )n se tromperait, si l'on croyait qu'il en est le siège exclusif; elles ont été igalement observées dans la plupart des autres parties du corps : dans les mires , entre le rectum et le vagin chez la femme , ou bien entre le même Qtestin et la vessie chez l'homme , sous la peau ; dans le sein , dans les fosses lasales, dans les parois du pharynx, dans le thymus (Meckel) , dans le corps thyroïde, au col ( Lacaze-Pélaroux ) , dans la région des doigts (Sauvages de Caen), dans l'épaisseur des paupières (Fleury de Clermont).
Historique. — Confondus autrefois , par P. d'Egine , Fabrice de Hilden , imbroise Paré et Morgagni, sous la dénomination de squirrhe avee le cancer :oramençant , et sous celle de polypes avec des productions organiques très-
DlCT. DE MÉDECINE ET DE CHIRURGIE PRATIQUES.
différentes , les corps fibreux n'ont été réellement bien connus que dans ces derniers temps. Chambon, le premier , paraît avoir apprécié la nature tie ceux de la matrice , et les a désignés sous le nom spécial de sclérômes. Walther et Baillie ont aussi évité l'erreur des anciens quant à la nature de ces corps ; mais on doit rapporter .'i Bichat et à Buyle l'honneur de les avoir décrits et considérés d'une manière convenable. Depuis , les professeurs Dupuytren , Roux, Laennec , Cruveilhier et Andral ont encore jeté un nouveau jour sur cette matière par leurs recherches, et les descriptions qu'ils ont données des corps fibreux ne laissent presque plus rien à désirer.
Composition anatoinique. — A une époque où nos connaissances en anatoraie pathologique étaient moins avancées , ou conçoit aisément que l'on ait considéré comme différens des corps fibreux, les corps moux et sarcamenteux , et les pétrifications irrégulières , que l'on voit souvent apparaître li où souvent aussi se rencontrent des corps fibreux bien reconnaissables ; mais aujourd'hui , semblable erreur n'est plus permise ; elle dénoterait une trop profonde ignorance de la marche des choses. Ces altérations organiques , en apparence essentiellement différentes, mais différentes seulement sous le rapport de la structure, naissent , comme nous le verrons , sous les mêmes influences , et représentent seulement des degrés plus ou moins avancés de la même maladie. En effet, dans leur développement, les corps fibreux, semblables aux organes normaux , parcourent un certain nombre de phases , depuis l'état mou qui les caractérise à leur origine , jusqu'à la dureté osséo-pierreuse qu'ils acquièrent souvent par suite des progrès de l àge.
De ce qui précède , il résulte que l'on peut, pour la description analomique , suivre les corps fibreux depuis leur apparition , jusqu'à leur état de complet développement; et ensuite, de cette époque de leur durée, jusqu'à celle de leur fin )du3 ou moins variable; cette marche , au premier abord , paraît la plus rationelle , et la seule convenable; toutefois ce n'est pas celle que nous adopterons, parce que, à leur origine, les altérations organiques qui nous occupent ont des caractères peu tranchés, et qu'ainsi commencer leur description à ce point, ce n'est pas procéder du plus facile vers le plus difficile ; nous prendrons au contraire pour type et pour point de départ, l'état de complet développement de ces corps ; puis ensuite nous montrerons quelles phases ils parcourent successivement pour arriver à cet état, ou pour le dépasser; nous suivrons ainsi la méthode suivant laquelle procèdent la plupart des auteurs dans les études anatomiques ordinaires.
A l'état d'entier développement, les corps fibreux présentent en général une masse arrondie, plus ou moins volumineuse, dure, et peu adhérente aux parlies voisines ; leur surface est le plus souvent lobée ; et souvent aussi leur masse, en apparence simple, résulte de la réunion de plusieurs corps qui , réellement tlistincts à leur origine, se sont réunis par la suite ; quelquefois ils sont entourés d'un kyste fibro-cellulaire dense , tandis qu'en d'autres circonstances , ils sont seulement plongés dans le lissu cellulaire, ou bien entre les fibres des organes. Le lissu propre des corps fibreux a pour base essentielle des fibres bien distinctes. Ces fibres sont en général roulées autour du centre de la masse à laquelle elles concourent, et pelotonnées, suivant l'expression reçue; elles ont une couleur blanchâtre , une apparence nacrée , leur résistance à la traction est fort grande , et elles manquent complètement ou presque complètement d élasticité. En un mot, elles ressemblent tout-à-fait à celles qui forment les tendons, et la plupart des ligamens articulaires. Toutefois , ces fibres ne forment point seules la substance des corps fibreux ; en effet , autour d'elles existe une substance grisâtre , plus ou moins humide , surtout au centre, et offrant quelque analogie avec celle qui infiltre le tissu des fibro-cartilages inter-verlébraux ; il faut convenir en effet que la coupe d'un corps fibreux , de ceux de l'utérus en particulier , offre une frappante analogie avec celle des fibro-cartilages inter-verlébraux : même mollesse, même couleur grisâtre, même direction de plus en plus excentrique des lames élémentaires , même solidité, même résistance. Au reste, celte analogie a été notée par plusieurs observateurs, Meckel et M. Roux ; celui-là , en particulier, donne aux masses que nous décrivons ici le nom de productions Jibro-cart'dugineuses ; et nous devons convenir que cette qualification nous paraît préférable à celle que l'on a le plus généralement adoptée. Les vaisseaux des tumeurs fibreuses sont peu considérables , quelquefois seulement ils se dilatent dans le milieu de la tumeur, et y forment des espèces de sinus. Les veines sont surtout exposées à présenter cette disposition.
A leur début les corps fibreux sont mous et comme charnus , on dirait de la fibrine rougeâtre et pelotonnée. Leur couleur varie au reste à celle époque : ils sont d'autant plus pâles qu'ils ont plus de densité, c'est-à-dire qu'ils sont plus éloignés de leur formation première ; d'abord rouges comme la chair musculaire, ils deviennent successivement gris, blanchâtres ou jaunes. Le tissu cellulaire qui réunit alors les fibres de ces corps , est très-mou , et il offre tous les caractères que présente ce tissu à l'état natif.
Après avoir duré un temps plus ou moins long, les corps fibreux devenus de plus en plus denses, par lu résorption de ce tissu mou qui infiltre leurs aréoles dans les premiers temps , revêtent un dernier état , que l'on peut considérer pour eux, comme le dernier terme de l'organisation, ils s'ossifient; celte transformation atteint d'abord les parties les plus dures, soit au centre, soit à la circonférence du corps fibreux; elle s'établit par une foule de points aux noyaux isolés , que l'on retrouve encore distincts dans l'état le plus avancé; alors , en effet , il semble que le corps fibreux est formé par une aggrégation d'une foule de petites pierres plus ou moins arrondies, unies entre elles par quelques points, et séparées par un certain nombre d'aréoles, dans lesquelles
FIBREUX (CORPS)
FIBREUX (CORPS)
persiste encore le tissu premier de toute la masse ; cette ossification au reste , est loin de reproduire dans toute sa pureté l'ossification normale , c'est plutôt une pétrification qu'une ossification véritable ; le tissu en est plus dur que celui des os , on n'y trouve pas de fibres, même au début ; et si on traite par l'acide hydrochlorique ces concrétions , on les dissout presque entièrement dans ce menstrue ; à peine reste-t-il après cette expérience un peu du tissu muqueux qui était combiné avec la matière crétacée.
Les corps fibreux varient singulièrement sous le rapport du volume; nous en avons disséqué plusieurs qui offraient le volume de la tête d'un fœtus; on eu a rencontré de plus conoidérables encore ; ils adhèrent excessivement peu à l'organe au sein duquel ils sont nés ; le plus souvent ils se développent prolondément dans le tissu de celui-ci, et ce n'est qu'au bout d'un certain temps, lorsqu'ils sont devenus très-gros , qu'ils deviennent saillans à sa surface , à la manière des polypes. Dans cette circonstance , le corps fibreux pousse devant lui la substance de l'organe quel qu'il soit, dans lequel il s'est formé, et s'en entoure eu manière de kyste; cependant bientôt celte substance, distendue par la tumeur dont le volume va toujours croissant, s'amincit sur sou sommet, et finit par se rompre , de façon a laisser sortir parfois le corps fibreux tout entier- Ce travail d'élimination des corps fibreux , que l'on doit considérer comme une salutaire tendance de la nature, peut amener la chute du corps fibreux au dehors, si la cavité dans laquelle il proéminait communique avec l'extérieur, comme celle de la matrice du vagin, etc. ; ou bien il n'aboutit qu'à le détacher de l'organisme dans une cavité intérieure , celle du péritoine , par exemple ; les diverses concrétions fibreuses ou pierreuses trouvées libres dans le péritoine, ou dans la matrice , etc. , ont eu presque toutes l'origine que nous venons de signaler; les calculs de la matrice décrits par les auteurs, ne sont certainement rien autre chose; quelques môles sont de ce genre, mais ce sont les fausses môles ; les véritables ont une tout autre origine. ( f^oj. ce mot. )
La plus profonde obscurité règne encore dans la science touchant l'étiologie des corps fibreux ; ceux de la matrice qui ont été plus spécialement étudiés , ne se développent qu'à un âge déjà avancé. Bayle assure qu'ils ne paraissent jamais avant trente ans ; le célibatparaît favoriser leur apparition. Au rapport de Bayle, plusieurs des femmes sur lesquelles il a trouvé de ces productions accidentelles avaient l'hymen tellement intact , qu'à peine elle permettait l'introduction du petit doigt dans le vagin. Les femmes mariées qui n'ont pas eu d'enfans, et celles qui n'en ont eu que très-peu , paraissent aussi plus exposées à cette affection ; toutefois, ces données, bien que généralement exactes, souffrent de remarquables exceptions. Nous avons trouvé dix corps fibreux de volumes différens , sur une femme qui nous avait rapporté avoir eu six enfans à terme , et trois fausses couches. De ce qui précède , il résulte que la formation des corps fibreux dans la matrice semble nécessiter un certain développement de cet organe, et surtout qu'elle est en raison inverse du régulier accomplissement de ses fonctions; aussi sommes-nous portés à croire que ces corps, dans la matrice, sont produits par l'organisation de caillots fibrineux qui se forment dans les veines anfractueuses de cet organe ; l'clat charnu de ces corps à leur début, est sans contredit un argument en faveur de cette théorie, qui est encore fortifiée par cette considération , que la difficulté de la menstruation et l'inaction génitale y disposent d'une manière non-douteuse. De la sorte , semblables aux tumeurs hémorroïdales , les tumeurs fibreuses , celles de la matrice au moins , auraient pour cause un molimen hemorrliagicum sans effet ; la disposition ramassée de leurs fibres, reproduit en effet parfaitement celle des filamens des caillots fibrineux que l'on trouve dans certaines tumeurs variqueuses. Ajoutons que les tumeurs fibreuses se manifestent surtout dans les organes vers lesquels des congestions sanguines s'établissent fréquemment, dans le tissu de la matrice, par exemple; peut-être également les polypes fibreux des fosses nasales ont-ils la même origine que ceux de l'utérus ; aussi bien, ils paraissent encore dans un lieu très-sujet aux congestions s.Tnguines.
Les corps fibreux se comportent de manières différentes , suivant l'organe ou le lieu de l'organe dans lequel ils sont nés; déjà nous avons dit qu'ils ont une grande tendance, par leur accroissement, à faire saillie sur une surface; nous devons ajouter ici que dans les organes à parois épaisses, comme l'utérus , ils se développent quelquefois long -temps avant de proéminer au dehors de lui lorsque , par exemple , ils se sont formés à une grande distance de sa surface ; tandis que dans d'autres cas , et précisément parce qu'ils sont placés très-près de cette surface, ils deviennent de bonne heure saillans. Si l'organe où s'est formé le corps fibreux a deux surfaces , comme l'utérus : tantôt ce corps se porte vers l'une ou vers l'autre , suivant qu'il en est plus ou moins voisin ; mais si au contraire l'organe affecté n'a qu'une face libre, comme la pituitaire, le corps fibreux se porte toujours de son côté ; et dans le cas que nous venons de rapporter, la chose arrive d'autant plus rarement, que la membrane est soutenue en dehors par un plan osseux inflexible. Lorsque les corps fibreux font saillie dans une cavité muqueuse, ils forment une tumeur que I on a confondue , à tort sans doute, mais que l'on a confondue avec les polypes, ce sont les polypes durs , fibreux des auteurs , dont il sera fait mention plus tard {voy ez Polypes). Qu'il nous suffise ici de rappeler, pour ces prétendus polypes, ce que nous avons déjà dit à l'égard de toutes les tumeurs fibreuses : savoir, qu'eu se développant, ils poussent devant eux le tissu propre de l'organe qui les a vus nailre , qu'ils s'en enveloppent , qu'ils en constituent leur kyste et leur pédicule , et qu'ainsi , quand on fuit une ligature sur ce dernier, ce n'est pas la tumeur fibreuse elle-même que l'on attaque, mais bien l'organe voisin. Quoique les tumeurs fibreuses soient formées d'un tissu bien différent de celui dti squirrhc, nous devons dire cependant (ju'il leur arrive parfois de subir la dégé-
nérescence cancéreuse; au moins nous en avons vu plusieurs subir un rammollisement considérable, et se réduire à l'intérieur en une bouillie analogue à celle de certaines tumeurs carcinomateuses.
Les symptômes des corps fibreux varient singulièrement, suivant le lieu et l'organe qu'ils occupent ; ils se déduisent toujours de l'altération des fonctions de cet organe, et de la sensation qu'ils donnent au toucher. Les corps fibreux de la matrice que l'on a principalement étudiés , ne fournissent que des symptômes obscurs , quand ils siègent tout-à-fait au dessous du péritoine; seulement alors, quand ils deviennent volumineux, ils gênent les parties voisines , produisent du malaise dans la région hypogastrique ; quand ils ont acquis la grosseur du poing ou plus , on les découvre aisément en palpant avec soin le bas-ventre; leur tumeur est arrondie et mobile, tantôt enfoncée dans le bassin, et tantôt saillante hors de cette cavité. Souvent les règles ne sont point dérangées , et la malade n'éprouve qu'une gêne profonde et une pesateur considérable vers l'utérus ; dans tous les cas , la marche et la station verticales sont très-pénibles, la malade préfère se tenir couchée ; si le corps étranger appartient à la face antérieure de la matrice, il entraîne souvent cet organe en avant vers la vessie, il produit une antéversion de la matrice, et du dérangement dans les fonctions de la vessie; si au contraire il appartient à la face postérieure de la matrice , il déprime parfois le rectum, entraînant la matrice de ce côté, et produit ainsi une rétroversion de cet organe et une constipation opiniâtre. Dans ces deux cas, tantôt la sonde introduite dans la vessie, tantôt le doigt porté dans le rectum , ont fourni d'utiles renseignemens pour le diagnostic.
Les corps fibreu.x développés en dedans de la matrice produisent toujours un dérangement menstruel considérable ; en général cet écoulement devient plus abondant que d'ordinaire, et il perd de sa régularité; des fleurs blanches très -considérables surviennent; la malade eu est affaiblie ; elle devient pâle et jaunâtre, presque comme dans les cancers avancés, et il se manifeste souvent un état de bouffissure générale très-digne de remc^que ; bientôt le corps fibreux devenu plus saillant, gêne davantage par son poids, il tend à se porter au dehors , et tous les symptômes qui seront décrits à l'occasion des polypes se manifestent. Quelquefois pourtant les corps fibreux de la matrice ne se portent dans le vagin, qu'après s'être considérablement accrus à l'intérieur de la matrice; Us développent celle-ci de manière à simuler une grossesse , et leur passage a travers le col de l'utérus se fait violemment, comme le passage de la tête de l'enfant pendant l'accouchement, et en s'accompagnant des mêmes symptômes. Tout récemment, nous avons extirpé une tumeur fibreuse de ce genre, grosse comme la tête d'un foetus, et nous avons été dans la nécessité de l'attirer au dehors avec le forceps, avant de couper son pédicule.
Les fréquentes hémorrhagies auxquelles donnent lieu les corps fibreux de la matrice en particulier , ont fait naître l'idée de la grande vascularité de ces corps; rien n'est moins exact : la matière de ces hémorrhagies n'est jamais fournie que par la matrice, dont les sinus, développés comme dans la grossesse , ont leurs ouvertures utérines béantes. Au reste , les tumeurs fibreuses des autres parties du corps ne donnent pas lieu à ces hémorrhagies, parce que les organes où elles sont développées n'ont rien de la vascularité de l'utérus.
Les corps fibreux qui ne forment encore qu'une médiocre saillie , et qui sont véritablement renfermés dans le milieu de l'organe qui leur a donné naissance , ne se traduisent à l'observateur que par le dérangement des fonctions de l'organe qui les porte , et , on le sait , ces dérangemens reconnaissent fréquemment des causes différentes; aussi le diagnostic, dans ce cas, est-il fort obscur. A l'occasion des polypes, nous apprendrons à distinguer sûrement les tumeurs fibreuses saillantes sur les surfaces muqueuses, des autres productions avec lesquelles elles pourraient être confondues. Les tumeurs fibreuses de la matrice qui paraissent du côté du péritoine, sont faciles à confondre avec certaines tumeurs de l'ovaire : mais la méprise est d'autant moins grave que les mêmes soins sont indiqués dans les deux cas.
Le pronostic des tumeurs fibreuses est tout-à-fait subordonné à leur lieu et à leur volume : sous la peau , elles sont peu graves , tandis qu'il en est autrement pour celles qui sont profondément placées ; celles de la matrice sont moins graves, quand elles proéminent au dedans , que quand elles séjournent longtemps dans le tissu utérin , parce qu'elles admettent la ressource d'une opération souvent heureuse ; il n'en est pas de même de celles qui fout hernie, en quelque sorte , du côté du péritoine ; toutefois , nous ne devons pas dissimuler que souvent les corps fibreux ne déterminent que peu de gêne ; un grand nombre de vieilles femmes en ont présenté sans en être notablement incommodées ; quelques-unes sans qu'on en ait même soupçonné l'existence.
Le traitement général des corps fibreux est très-simple, et seulement palliatif dans les premiers temps. Ainsi, placer le malade ou la malade dans une position telle que la tumeur ne gêne pas par son poids, et remédier aux accidens qu'elle produit; mais dès le moment que la tumeur est devenue saillante , elle tombe dans le domaine chirurgicale , comme on le verra à l'occasion poly pes. Toutefois , ici nous ne saurions trop engager les praticiens à ne pas perdre de vue ce fait , que les corps fibreux polypiformes de la matrice , ont un pédicule formé du tissu de cet organe, et qu'ainsi , une ligature de ce pédicule est une ligature s^ur la matrice ; cette circonstance doit engager à employer de préférence l'instrument tranchant, en usant des précautions que nous relaterons plus tard avec soin.
Il importe aux jeunes femmes qui ont des corps fibreux de la matrice, de ne pas devenir mère : d'abord , parce que le plus souvent elles auraient à supportei les périls de l avortement , et en second lieu , parce que si l'enfant venait a terme, lu tumeur fibreuse pourrait apporter des obstacles considérables
FIEVRES
FIEVRES
i l'accouchement, comme Chaussier en a rapporté plusieurs exemples.
(Ph.-Fréd. Blakdin. )
Fie. f^OjeZ ExCROISSAKCES.
FIÈVRE, FIÈVRES. Le mot Bèvre (su^.-tcs des Grecs ,/e6m des Latins) , luivant la plupart des auteurs , tire son origine de fervor ^ fervere, expression jui indique a la fois l'augmentation de la chaleur d un liquide et l'agitation que !et accroissement de chaleur y détermine , double phénomène que nous offre e sang chez les individus atteints de fièvre. D'autres pyrétologistes prétendent jue le mot fièvre vient de l'expression sabine fehruo , qui signifie je purifie , la furijïcation des humeurs et du sang en particulier étant, selon ces auteurs , un les principaux phénomènes de la fièvre.
Quelle que soit son étymologie , que l'on prenne ce substantif au singulier )u au pluriel , le mot fièvre n'en est pas moins un de ceux qu'il n'est pas permis ;ncore de définir d'après la connaissance de la nature intime de la chose qu'ils lésignent. Sous ce point de vue, le mot fièvre est pour les médicins un signe jui répond à ceux par lesquels les mathématiciens indiquent des quantités inîonnues. Mais si nous ne possédons presque aucune donnée sur l'essence même le la fièvre , nous rattachons à ce mot un certain nombre de phénomènes qu'il 3st facile d'observer et de décrire. De toutes les révolutions que les progrès de a science ont successivement amenées dans la doctrine pyrétologique , la plus mportante est, sans contredit, celle qui appartient à notre siècle, et dont M. Broussais est le célèbre auteur. Cette révolution qui a remué l'édifice pyré- :ologique jusque dans ses derniers fondemens , constitue donc une grande ère lans l'histoire de cette partie de la médecine. Nous discuterons cette nouvelle loctriiie dans le cours de ce travail , que nous diviserons en trois parties : la première sera consacrée à la fièvre et aux fièvres continues ; la seconde traitera le la fièvre et des fièvres intermittentes ; la troisième aura pour sujet les fièvres "émittentes.