SCRUPULE
grains.
grains.
( Gdibourt).
POISONS. Voyez Empoisohnemekt.
POIVRE. Piper. Semence de plusieurs plantes du genre piper, qui appai tient à la famille des urticées , et contient un très-grand nombre d'espèces. Lj caractère qui leur est commun est une odeur et une saveur qu'on peut regarde comme le typique , et qui est connue de tout le monde. On leur reconnaît de propriétés excitantes , bien que par un bizarre préjugé, le poivre passe pou rafraîchissant , ils sont généralement employés dans l'économie domestiquée dans la médecine , où plusieurs d'entre eux sont considérés comme agissan d'i.,^e manière spécifique. JNous devons laisser aux traités spéciaux les détail relatifs à cette multitude d'espèces, et ne nous occuper que d'un petit nombr d'entre elles auxquelles on trouverait facilement des succédanées parmi le autres. Les poivres contiennent pour la plupart une huile volatile , acre , e une matière ré.sineuse qui rendent compte de leur emploi comme fébrifuges toniques , carminatifs , etc. Plusieurs d'entre eux ont été vantés contre la sy philis , dans les pays chauds d'où ils sont originaires. D'ailleurs , bien que lel semences des poivres soient la partie le plus abondamment pourvue de principe actifs , les feuilles et les racines ne sont pas inertes , et l'on emploie celles di poivre bétel et du poivre ava, etc.
Le poivre tioir, piper nigrum , le plus connu de tous à cause de son usag économique et condimentaire , et qui, dans ces derniers temps a été iiitroduii dans la pratique médicale, vient des Indes où il est l'objet d une culture imporj tante et d'un commerce immense. C'est le poivre qu'on sert sur nos tables. Tej qu'il nous est livré, c'est une petite baie desséchée et rugueuse, d'une saveuj acre, chaude et aromatique , et d'une odeur analogue. 11 paraît que la pelliculij renferme une grande partie du principe acre , puisque le poivre qui en est dé ; pouillé , au moyen d'un procédé particulier, et que l'on connaît sous le nom w poii^re blanc, est beaucoup plus doux que le poivre noir. '
Considéré sous le rapport de ses propriétés physiques , le poivre offre une sa! veur bien connue , qui n'est pas désagréable. La sécrétion fort active qu'il pro^i voque dans les fidlicules de la bouclie et les glandes salivaires explique le sem, timeiit de fraiclieur qu'il fait éprouver, de même que la menthe et autres] substances pourvues d'huile volatile. Son action n'est pas moins vive sur leS membranes muqueuses , oculaire et nasale , de même que sur la peau , surtou lorsqu'elle est dénudée.
L'analyse chimique récente y a fait découvrir une substance que sa forme cristalline avait fait prendre pour un alcali , quoiqu'elle soit d'une autre nature.j On lui a donné le nom de pipérin. Il se présente sous la forme de prismes à| quatre pans , d'une odeur aromatique , analogue à celle de l'anis , sans saveur ,| soluble dans l'alcool, insoluble dans l'eau : aucun acide ne le dissout que l'acidej acétique. Le principe qui se trouve aussi dans la plupart des autres poivres , et notamment dans le poivre cubèbe , est associé à une huile volatile concrète trcsâere, qui est bien évidemment la cause des propriétés dominantes du poivre. I Puis viennent ensuite, avec un peu d'huile balsamique, ces substances quisem-i blent destinées à servir d'excipient aux autres , telles qu'une matière gommeuse | colorante de l'extractif, de labassorine, de l'amidon, du ligneux , des acides j gallique et tartrique , et quelques sels sans importance.
Nous avons parlé de l'action immédiate du poivre sur les tissus vivans qu'il : stimule d'une manière évidente. De là il est facile de concevoir comment on le trouve associé dans les préparations culinaires aux alimens fades, pesans et com» pactes , contre lesquels l'action normale des organes digestifs resterait insuffisante. Le même motif le fait employer plus abondamment peut-être encore dans les contrées les plus chaudes de notre globe, où l'économie paraît avoir besoin d'être sans cesse touettée , en quelque sorte , pour soutenir l'influence énervante du climat. Nous observerons d'ailleurs que le poivre n'est jamais, en France du moins, employé seul, mais toujours associé au sel, au vinaigre, à l'ail, et à plusieurs espèces de condimens dont l'action se combinant avec la sienne, empêche d'apprécier nettement ses effets que l'habitude rend encore plus difficiles à saisir.
Il est à peine besoin de dire à quelles personnes convient ou nuit l'usage du poivre , et j'ai peine à croire que ce condiment pût êli'e utile à ceux à qui l'on aurait cru devoir interdire le sel , la moutarde ou l'ail , etc.
Il est assez rare qu'on emploie comme remèdes les substances qu'on voit figurer habituellement dans l'économie domestique ; cependant le poivre est depuis long' temps usité en matière médicale. On l'a généralement recommandé comme un excitant énergique qu'on a, suivant l'occurrence, qualifié de stomacliique , diurétique, etc. Dans l'Inde , on le prescrit en infusion contre la plupart des maladies ; et l'on remarque c]ue presque toutes les espèces de poivre sont conseillées contre les maladies vénériennes , sans spécifier davantage. Déjà dit temps des anciens, on avait découvert ou supposé qu'il pouvait être efficace contre les fièvres d'accès : et cette pratique s'est maintenue dans certaines localités où le poivre en grains est administré comme fébrifuge. Huit à dix grains forment la dose ordinaire qu'on répète trois ou quatre fois par jour, sans avoit égard à l'accès. Il est probable cependant , d'après ce qu'on observe en général, cju'on réussirait plus constamment en administrant le remède dans l'apyrexie. Ce serait un moyen à tenter dans les cas où l'on n'a pas sous la main du quinquina, et à continuer toutes les fois que le quinquina est plus cher que le poivre.
D'ailleurs les chimistes modernes, en s'exerçant sur cette substance , y ont découvert le pipérin qui a été expérimenté dans les mêmes cas que le poivre, et avec succès aussi. Néanmoins, on ne saurait considérer cette découverte comme un avantage bien réel pour la thérapeutique, puisque les fébrifuges ne nous manquent pas. Disons cependant que le pipérin s'emploie à la dose de un à deux grains qu'on répète autant qu'il est nécessaire. On peut en prendre beaucoup sans inconvénient.
POIVRE CUBÈBE.